(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Dodone et ses ruines"

Google 



This is a digital copy of a book that was preserved for generations on Hbrary shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's books discoverable online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose legal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia present in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journey from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we liave taken steps to 
prevent abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use these files for 
personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do not send automated queries of any sort to Google's system: If you are conducting research on machine 
translation, optical character recognition or other areas where access to a large amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for these purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogXt "watermark" you see on each file is essential for informing people about this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it legal Whatever your use, remember that you are responsible for ensuring that what you are doing is legal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can't offer guidance on whether any specific use of 
any specific book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full text of this book on the web 

at |http : //books . google . com/| 



Google 



A propos de ce livre 

Ccci est unc copic numdrique d'un ouvrage conserve depuis des generations dans les rayonnages d'unc bibliothi^uc avant d'fitrc numdrisd avcc 

pr&aution par Google dans le cadre d'un projet visant ii permettre aux intemautes de d&ouvrir I'ensemble du patrimoine littdraire mondial en 

ligne. 

Ce livre dtant relativement ancien, il n'est plus protdgd par la loi sur les droits d'auteur et appartient ii present au domaine public. L' expression 

"appartenir au domaine public" signifle que le livre en question n'a jamais €l€ soumis aux droits d'auteur ou que ses droits Idgaux sont arrivds & 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombc dans le domaine public peuvent varier d'un pays ii I'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le pass6. lis sont les t^moins de la richcssc dc notrc histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine ct sont 

trop souvent difRcilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte prdsentes dans le volume original sont reprises dans ce flchier, comme un souvenir 

du long chcmin parcouru par I'ouvrage depuis la maison d'Mition en passant par la bibliothi^uc pour finalcmcnt se retrouver entre vos mains. 

Consignes d 'utilisation 

Google est fler de travaillcr en partcnariat avcc dcs bibliotht^ucs ii la numdrisaiion dcs ouvragcs apparicnani au domaine public ci dc les rcndrc 
ainsi accessibles h tous. Ces livres sont en effet la ptopri€t€ de tons et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
D s'agit toutefois d'un projet coflteux. Par cons6^uent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources in^puisables, nous avons pris les 
dispositions n&essaires afin de prdvenir les dventuels abus auxqucls pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes tecliniques relatives aux rcqufitcs automatisdcs. 
Nous vous demandons dgalement de: 

+ Ne pas utiliser lesfichiers & des fins commerciales Nous avons congu le programme Google Reclierclie de Livres ^ I'usage des particulicrs. 
Nous vous demandons done d'utiliser uniquement ces flcliiers ^ des fins personnelles. lis ne sauraient en effet Stre employes dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas proc^der & des requites automatisees N'cnvoycz aucune requite automatisfe quelle qu'elle soit au syst^me Google. Si vous cffcctuez 
des reclierclies concemant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractferes ou tout autre domaine ndcessitant dc disposer 
d'importantes quantitds de texte, n'lidsitez pas ^ nous contacter Nous encourageons pour la realisation dc cc type dc travaux I'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serious lieureux de vous Stre utile. 

+ Ne pas supprimerV attribution Le flligrane Google contenu dans cliaque flcliier est indispensable pour informer les intemautes de notrc projet 
et leur permettre d'accMer h davantage de documents par Tinterm^diaire du Programme Google Rccherclie de Livres. Ne le supprimcz en 
aucun cas. 

+ Rester dans la Ugaliti Quelle que soit I'utilisation que vous comptez faire des flcliiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilitd dc 
veiller h respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public amdricain, n'en dMuisez pas pour autant qu'il en va de m£me dans 
les autres pays. La dur& legale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays ^ I'autre. Nous ne sommes done pas en mesure de rdpertorier 
les ouvrages dont I'utilisation est autorisfe et ceux dont elle ne Test pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afflcher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifle que celui-ci pent Stre utilise de quelque fa§on que ce soit dans le monde entier. La condamnation h laquelle vous 
vous cxposcricz en cas dc violation dcs droits d'auteur peut £tre s6vtre. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et Facets ^ un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le fran9ais, Google souhaite 
contribuer h promouvoir la diversity culturelle gr§ce ^ Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres pcrmet 
aux intemautes de d&ouvrir le patrimoine littdraire mondial, tout en aidant les auteurs et les dditeurs ^ dlargir Icur public. Vous pouvez effectuer 
dcs rccherches en ligne dans le texte integral de cet ouvrage ^ radresse fhttp: //books .google. com| 



I 



\56 K \S 



( 1 



i 



\56 K \S 



1 



i 



\55 K \S 



1 



i 



\S5 K \5 



1 



!>*■«■» 









f fc '■ . •T'Zf t^iiK^ -.m A 



*^ • .^v-- 



• * 



N » 



DODONE 



ET 



SES RUINES 



PARIS 

TYPOGRAPHIE GE^ORGES CHAMEROT 

19, RUB DBS 8AINT8-PBRBS, 19 



*. 



DODONE 



ET 



SES RUINE 




PAR 



GONSTANTIN CARAPANOS 



•^MMMM^M^nM<W«^ 



TEXTE 



^>*^f*0*^^^^^^0^m 



PARIS 

LIBRAIRIE HACHETTE ET G"^= 

79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79 



1878 



t /v 



<i^ 






Plusieurs historiens modenies considerent les evenements de 
r^poque h6roIque de la Grece commc un tissu de mythes et 
de fictions. D'autres ^crivains^ non moiiis distingues, acceptent 
comme des faits historiques les recits relatifs a ces Evenements 
avee presque tons leurs details. La verity, je crois, se trouve 
entre ces deux opinions extremes. II y a de nombreuses fictions 
dans les recits des mythographes et des poetes qui ^ nous out 
conserve quelques - unes des traditions de cette epoque, mais 
il s'y trouve aussi beaucoup de choses vraies et de faits reels. 



Parmi les Veritas historiques, on pent classer d'une maniere 
certaine 1' influence exceptionnelle et presque unique que loracle 
de Dodone a exerc6e sur les divers peuples qui habitaient alors les 
contr6es helleniques, influence qui a conserve la communaut6 des 
sentiments et Tunite nationale de ces peuples, dont les habitudes 
Etaient contraires a Fidee d'une union politique. 



— VI — 



Ce n'est pas seulement pendant I'^poque herolque que Foracle 
de Dodone a exerc6 un grand ascendant sur les populations de 
la Grece; son influence a ete egalement considerable pendant 
Fepoque historique, de sorte que son existence et les questions 
qui s'y rattachent sont intimement liees avec la naissance et la 
vie tout entidre de la nation hell6nique. 



D^sirant provoquer et faciliter T etude de ces questions, j'ai 
t4che de r6unir dans le present ouvrage, non-seulement tout ce 
que j'ai d6couvert dans mes fouilles sur remplacement des mines 
de Dodone, mais aussi tout ce que les auteurs anciens nous ont 
conserve sur son oracle et sur ses temples. Je ne pretends pas 
offrir au public un traite complet sur Dodone ; ma pensee a 6t6 
d'en donner une simple 6tude, et une serie de documents et de 
faits coordonnes qui pourront servir aux progres de la science 
archeologique et a la connaissance de Thistoire, et engager les 
hommes comp6tents k faire de nouvelles recherches en se livrant 
a un examen plus approfondi des questions que je signale tres- 
brievement. 



Des savants qui occupent une position 6minente dans le monde 
scientifique, et dont Topinion fait autoritd, ont deji bien voulu 
s'int^resser a ces questions. Je suis tr^s-heureux de pouvoir expri- 
mer ici mes sinceres remerctments aux membres distingu^s 
de rinstitut de France, MM. le baron J. de Witte, E. Egger et 
L. Heuzey, pour le concours pr^cieux gu'ils ont bien voulu me 



— VII — 



preter en decrivant et en commentant une partie des objets trou 
v^s a Dodone, dans les notes annex^es au present ouvrage. 



Je dois aussi les memes remerciments k M. P. Foucart, F Emi- 
nent professeur d'£pigraphie Hellenique au College de France, 
qui a bien voulu m'accorder sa pr^cieuse cooperation pour le 
d^chiffrement et le commentaire des inscriptions de Torade. 



DODONE ET SES RUINES 



LES FOUILLES 



Le temple de Dodone, malgr6 sa c61ebrite, 6tait jusqu'ici 
presque inconnu. Les auteurs grecs et latins ne nous fournissent 
que des renseignements tres-incomplets, et qui ne suffisent ni pour 
nous donner une idee de ce qu'il etait, ni pour nous indiquer le 
lieu exact de sa situation. Des monuments epigraph] ques ou figu- 
res , ayant rapport a ce temple, et qui auraient servi k supplier au 
silence des auteurs anciens ou a completer leurs renseignements, 
nous manquaient ^galement. 

Tons les voyageurs qui ont cherche Dodone a difforentes 6po- 
ques, n'ont rien pu decouvrir qui prouv4t positivement son em- 
placement. Us la plagaient un pen dans la plupart des mines hel- 
leniques d'une certaine importance qui se trouvent en Epire. 
Appuyes sur de simples conjectures, ils n'ont 6mis que des opinions 
negatives, si je puis m'cxprimer ainsi: ils pr6f6raient tel endroit 
par la raison qu'ils n'en pouvaient pas trouver un autre s'adaptant 



2 LES FOUILLES. 

d'une facoii plus satisfaisante aux renseignements incomplets qui 
nous sont parvenus sur cette celebre localite. U y en a meme qui 
ont eu recoups a des interpretations tout a fait arbitraires des an- 
ciens textes afin de les adapter k leur opinion K 

Pendant les voyages que j'ai eu Toccasion de faire ces dernieres 
annees en fipire, j'etais constamment preoccupe de I'idee du temple 
de Dodone. J'avais un grand desir de decouvrir ce temple qui, le 
premier celebre dans le monde hellenique, continuait a se derober 
aux recherches des voyageurs et des arch6ologues. Je cherchais 
quelque preuve de son emplacement dans toutes les localites offrant 
des ruines que j'avais Foccasion de visiter. J'en avals deja fouille 
plusieurs lorsque, dans Tete de 1875, etant a Jannina, j'appris que 
les villageois du district de ^Tcharaco vista decouvraient tres-sou- 
vent d'anciennes monnaies dans les ruines que la plupart des 
voyageurs croyaient etre celles de Passaron, capitale de la Mo- 
lossie. Ces renseignements et Tetendue de ces ruines, dont j'avais 
deja plusieurs fois entendu parler, me donnerent I'idee que des 
fouilles y mettraient probablement a jour d'anciens monuments 
qui pourraient contribuer a eclaircir quelques-uns des points obs- 
curs de la topographic de I'fipire. 

Pousse par cette id6e et par le desir de trouver Dodone, j en- 
voyai des ouvriers a Tcharaco vista et j'y fis faire des fouilles en 
plusieurs endroits ^. 

A mon arrivee sur les lieux, le theatre et I'enceinte fortifiee 
etaient en apparence les ruines les plus importantes. Au sud-est 

* Les ruines, qui dtaient consid6r6es jus- layet de Jannina, qu'Akif-Pacha , gouver- 

qu'i present par la plupart des voyageurs neur g6n6ral d'Epire et de Thessalic , avaiL 

comme appartenantii Dodone, 6taient celles bien voulu mettre h ma disposition pour 

de Castritza, situ6es h quatre kilometres en- mes recherches arch6ologiques, et dont je 

viron au sud-est de Jannina. me plais k reconnaitre Taidc qu'il m'a pr6- 

' J'ai fait diriger ces premieres fouilles t6e pour Tex^cution de ces premiers tra- 

d'essai par M. Mineyko, ing6nieur du Vi- vaux. 



LES FOUILLES. 3 

et au pied de la colli ne qui portait cette enceinte, on voyait aussi 
plusieurs restes de murailles au niveau du sol , et quelques tam- 
bours de colonnes, que Ton attribuait generalement au temple de 
Jupiter Martialis *. 

Plus bas et toujours au sud-est, il y avait egalement quelques 
pans de muraille isoles , qui s elevaient a une hauteur de trois 
metres environ au-dessus du sol. Ces murailles etaient attributes 
a X agora que les villageois appelaient le bazar. 

L' aspect de ces restes d'anciens Edifices places a c6te d'un si 
grand theatre me fit beaucoup d'impression ; mais ce qui me frappa 
le plus , ce fut la situation de la valine dans laquelle se trouvaient 
ces ruines. EUe me parut plac6e entre laThesprotie et la Molossie; 
la Thesprotie a Touest, du c6te de Paramythia, et la Molossie a Test 
et au sud-est, du c6te de Jannina et des montagnes des Cinq-Puits. 

Dans cette supposition, je pensai que les ruines que j'avais de- 
vant moi ne devaient pas appartenir a la capitale de la Molossie. 
II me parut difficile d admettre que les Molosses eussent plac6 le 
siege de leur gouvernement dans une vallee presque ouverte du 
c6t6 de la Thesprotie, et separee de leur propre pays par des mon- 
tagnes et des ravins. Tel serait pourtant le cas de la vallee de 
Tcharaco vista d'oii Ton pent aller a Paramythia par des chemins 
relativement faciles , tandis qu il faudrait passer par des endroits 
difficiles pour aller a Jannina et surtout aux Cinq-Puits. 

Cette reflexion et les quelques debris d'objets en bronze que mes 
fouilles d'essai avaientmis au jour me firent penser que ces ruines 
devaient plut6t appartenir a Dodone. Pour m'en assurer, il fallait 
entreprendre des fouilles en regie, et ceci ne pouvait se faire qu'en 



* Plut., in vita Ptjn'hi, V. HicetpwTai; xxl dpxCi^stv, aOxol |i.iv fip^stv xaxA 

MoXoTTiSo;, ApsCtp Ait O'^jav-s; 6pxcij|jL0T£tv Tot; ^s^v xaTx tou; v(5jio'j;. 



i LES FOUILLES. 

vertu d'une autorisation reguliere dii gouvernement imperial otto- 
man. Je suspendis done mes travaux d'essai , et, de retour a Cons- 
tantinople, je demandai et obtins cette autorisation. 

Mais, pendant que j'6tais occupe a Constantinople par les forma- 
lites qu'exigeait Tobtention de cette autorisation , dautres per- 
sonnes fouillaient a mon insu remplacement du temple* et de- 
couvraient plusieurs ex-voto en bronze et autres metaux sans se 
douter que ces objets provenaient du temple de Dodone. 

Je n'ai pas eu de difficult^ pour acqu6rir la partie de ces objets 
qui se trouvait chez les personnes qui avaient fait ces fouilles pen- 
dant Fhiver. Ces messieurs me les out volontiers cedes moyennant 
payement de leurs d^penses. Mais j'ai eu beaucoup de peine k 
recueillir les pieces, qui se trouvaient dispersees entre les mains 
de plusieurs habitants de Jannina et de quelques villageois de 
Tcharacovista. Pour y arriver, il m'a fallu beaucoup de d-marches 
et de sacrifices. J'espere pourtant avoir reussi a reunir dans ma 
collection la presque - totalite de ces restes des offrandes dodo- 
n^ennes, que la terre nous a conservees en les cachant dans son 
sein. 

Ces ex-voto et le r^sultat des fouilles , que j'ai continuees en 
vertu de Fautorisation du gouvernement imperial ottoman, ont* 
prouv6 la justesse de mes suppositions. Les mines que j'ai d6cou- 
vertes et les nombreuses offrandes qui s'y trouvaient diss^min^es 
ne pouvaient appartenir qu'au temple le plus important de I'fipire. 
Mais, en dehors de ces preuves qui pourraient laisser encore sub- 
sister quelque incertitude sur la veritable situation de Dodone, j'y 

^ Monr^gisseur, M. S.Lecatza, quej'avais tion des fouilles , n'a trouvi intactes, sur 

envoy6 de Constantinople avant mon retour Templacement du temple, que quelques 

en j^pire, et qui, pendant mon absence, parcelles de terrain qull a fouill6es avant 

ex^cuta avec beaucoup de z51e et d'intelli- de commencer les travaux sur la sc5ne du 

gence mes instructions relatives k la direc- th^&tre et les champs appel^s Tagora. 



LES FOUILLES. 5 

ai trouve 6galement de nombreuses inscriptions ayant rapport h 
Jupiter Nalos et a Dione, les deux grandes divinites dodon6ennes, 
et k leur oracle. Ces inscriptions me paraissent ne plus devoir 
laisser aucun doute sur Vemplacement du sanctuaire et de Toracle 
de Dodone. 

Je crois inutile de m'etendre sur les details de mes fouilles. II 
suffira de dire que je les ai fait continuer pendant plus de dix mois 
sur une grande 6chelle et que I'espace que j'ai creus6 , k une pro- 
fondeur de 2",50 en moyenne, d^passe 20,000 metres carres. Je 
n*ai interrompu mes travaux que lorsque, apres plusieurs essais, 
j'ai eu presque la conviction qu'il serait inutile de les continuer 
davantage. 

Voil^ en pen de mots tout Thistorique de mes fouilles, et je passe 
a la description et a Texamen du pays et des monuments et objets 
que j'ai d^couverts et qui , je pense, contribueront non-seulement 
a la solution definitive de la question de Templacement de Do- 
done , mais encore a r^claircissement de differents points rela- 
tifs a la religion et a Tart bell^nique ainsi qu'^ la geographie et 
k rhistoire de I'Epire. 

Pour simplifier mon travail, je Tai divis6 en deux parties. Dans 
la premiere, je donnerai la description du pays et des mines 
telles qu'elles existent actuellement, ainsi qu'un catalogue des 
objets en bronze et autres matieres qui out ^t^ trouv6s dans ces 
mines; dans la seconde, j'essayerai de donner succinctement une 
6tude historique sur tout ce qui concerne les temples et I'oracle 
de Dodone et sur Tinfluence qu'elle a exerc6e dans le monde helle- 
nique, en me basant sur les auteurs anciens et sur les r^sultats 
de mes fouilles. 



V 



PREMlfiRE PARTIE 



£tat agtuel du pays et des ruines de dodone 



I 



VALLfiE DE DODONE* 

La vallee de Dodone, aujourd'hui vallee de Tcharacovista , est 
situ6e k iS kilometres environ au sud-ouest de Jannina et presque 
au milieu de Vfipire. Elle a une longueur du nord-ouest au sud-est 
de 12 kilometres a peu pres et une largeur qui varie entre 300 et 
1800 metres. Elle pent etre divisee en deux parties : celle du nord- 
ouest, dont la surface presente plusieurs in6gaUt6s de terrain , et 
celle du sud-est, dont le sol est beaucoup plus uni. 

La premiere, qu'on pent appeler la partie haute, est longue 
d'environ 7 kilometres et n*a qu'une largeur de 400 metres a peine. 
A son extremity nord-ouest, elle se lie avec la vall6e de Courenda, 
qui se prolonge au nord vers le fleuve Thyamis, et qui, en con- 
tournant la montagne d'Olytzika, va se r^unir avec les vallees de 
Souli et de Paramythia. 

La seconde partie , qu'on pent nommer la vallee basse , et qui 

' Voir planche I. 



8 ETAT ACTUEL DU PAYS ET DES RUINES. 

nous occupera plus particulierement, a une longueur de cinq kilo- 
metres k peu pres. Sa largeur est de sept cents metres en moyenne. 
EUe aboutit, au sud-est, au passage etroit et pittoresque de Copa- 
nous que Ton doit franchir pour aller au plateau des Cinq-Puits. 

Toute cette vallee est entour6e a Test-nord-est d'une chaine de 
coUines, qui porlent plusieurs noms dont les plus connus sont ceux 
de Manoliassa et de Gosmira. Cette chaine la s6pare de la vallee de 
Jannina. A I'ouest-sud-ouest, elle est dominee par la montague 
d'Olytzika qui la s6pare du pays des Souliotes. 

Les collines de Cosmira sont une continuation de la chaine de 
montagnes appelee Xerovouni, qui horde la rive droite de I'Ara- 
chtos. Ce sont des collines arides tres-souvent entrecoupees par 
des valines profondes qui, a de rares intervalles, pr6sentent de 
mauvais petits champs lahourahles. Quelques bouquets de chenes 
verts couvrent parfois les sommets de ces collines, et servent 
d ahri aux troupeaux de moutons et de chevres, qui sont la prin- 
cipale ressource des habitants de ces contrees. 

Le mont Olytzika, le Tomaros* des anciens, est, apresle Pinde, 
la montagne la plus elev6e de la basse fipire. Haute d' environ 
2,000 metres au-dessus du niveau de la mer, elle domine toutes 
les autres montagnes qui Tentourent. Son sommet, d'un aspect 
majestueux et pittoresque, n'est qu'un roc nu et sillonn6 par le lit 
de nombreux torrents. Une ceinture de forets de sapins, large de 
cent metres a peine, separe le sommet du Tomaros de sa masse 
inf6rieure qui ne commence a etre accessible qu'a quelques cen- 
taines de metres au-dessous de cette foret. 

Cinq villages, entour^s de bosquets de chenes verts, de poi- 
riers sauvages et de noyers, sont situes au pied du Tomaros, 



* Voir planche II. 



VALLEE DE DODONE. 9 

dii sud-est au nord-ouest. lis se nomment Milingous, Alpocbori, 
Tcharacovista 5 Dramechous et Plessa. Ces villages, habitus envi- 
ron par denx cent cinquante families grecqnes, se partagcnt toute 
la yallee de Tcharacovista. Immediatement apres les villages com- 
mencent les terrains cultivables qui, d'une nature inegale et pier- 
reuse d'abord, s'etendent, apres une centaine de metres, parune 
serie d^ondulations dans la premiere partie de la vallee, et tout a 
fait en plaine dans sa partie sud-est, jusqu an pied des collines de 
Cosmira et de Manoliassa. 

Les terres de cette derniere partie sont submcrgees presque en 
entier pendant Thiver par les eaux des sources qui surgissent au 
pied dn Tomaros. Une grande partie de ces sources ne tarissent 
pas, meme pendant Fete, et, d'apres le temoignage des villageois, 
la moitie de la plaine ne formait , il y a une trentaine d'ann6es , 
qu'un marais permanent. Ce n'est que depuis quelques annees 
qu'ils sont parvenus a en dessecher la plus grande partie en net- 
toyant, pour donner une issue aux eaux, un gouffre (yojveuTpa) si- 
tu^ au pied des collines de Manoliassa et au milieu presque de la 
vallee basse. II ne reste actuellement du marais qu'un on deux hec- 
tares a peine autour des lieux dans lesquels jaillissent les sources, 
et tout Ic reste de la plaine est desseche €ft cultive en ete. 

Le petit ruisseau form6 par les eaux des sources qu'il conduit 
pendant toute Tannee au gouffre parcourt du nord-ouest au sud- 
est la plus grande partie de la vallee basse. Gelle-ci est en meme 
temps travers6e, presque dans le quart de sa longueur par le lit 
d'une riviere qui coule du sud-est au nord-ouest, et parcourt la 
vallee haute dans toute sa longueur. Cette riviere , a sec en ete, 
est un torrent impetueux en hiver et forme une des sources du 
Thyamis dans lequel elle verse les eaux do la partie septentrionale 
de la vallee de Dodone et du Tomaros. 



10 ETAT AGTUEL DU PAYS ET DES RUINES. 

Se trouvant a uue elevation de 500 metres environ au-dessus 
du niveau de la mer et domin6e par de hautes raontagnes cou- 
vertes de neige pendant une grande partie de I'annee , la vallee 
de Dodone a un climat beaucoup plus froid que celui que com- 
porterait sa latitude geographique (39'', 33' lat. N.). C'est un vrai 
pays a hi vers rigoureux (Sua/^ctixepo;)- Jamais Toranger ni Folivier, 
qui prosper ent a quelques kilometres au sud-est et a I'ouest (a 
Arta et a Paramythia), n'ont pu fleurir a Dodone. 



II 

RUINES DE DODONE 

Un prolongement des collines de Cosmira formant une sorte de 
promontoire * s'avance presque a I'extremite de la vallee basse et 
traverse la plainc sur la moitie environ de sa largeur. Ce prolon- 
gement, long de 1,200 metres, large de 400 metres environ et 
liaut de 30 metres en moyenne , separe cette vallee en deux par- 
ties inegales: celle du sud-est, qui est la plus considerable, et 
celle du nord-ouest , qui borde la vallee haute et n'a que 400 a 
500 metres de longueur. 

Au bout de ce promontoire, et faisant face a Torient et au midi^ 
sont situees les mines de Dodone ; elles se composent de trois par- 
ties distinctes : la ville (ou acropole), le theatre et V enceinte sacree. 

A. LA VILLE ^. 

La ville, construite sur le sommet de la coUine a une hauteur 
de 30 metres environ au-dessus de la plaine, a la forme d'un 

^ Voir la planchc I. — ' Voir Ics planches III et IV. 



HUINES DE DODONE. 11 

carre jrregulier, a peu pres celle d'un quart de cercle. L'angle en 
est form6 par les deux c6tes allant de Test au sud-ouest et de I'est 
au nord, et Tare par les deux autres qui font face au sud-ouest 
et au nord-ouest. Les murs helleniques qui Tentourcnt ont une 
largeur de 3", 25 au sud-est et sud-ouest, de 4 metres au nord-est 
et de 5™, 80 au nord-ouest. Leur hauteur actuelle ne depasse pas 
3 metres^. 

Le c6te sud-est de I'enceinte, long de 198 metres, est un mur 
qui s'etend en ligne droite. La muraille nord-est, qui separe la ville 
du reste du plateau, ne forine pas une ligue droite, comme la pr6- 
cedente, mais bien une ligne bris6e presentant une serie de redans 
s'adaptant aux inegalites du terrain. Sa longueur totale est de 
168 metres. Au point le plus haut, eloigne de 32 metres de Tangle 
nord, se trouve la seule porte donnant acces a Tinterieur de la 
ville; son ouverture est de 4 metres, et elle est flanquee de deux 
c6tes de tours rectangulaires de 11 metres sur 7. 

Les deux c6tes qui forment Tare ont un developpement total de 
325 metres, Leurs murs sont flanques de sept tours reparties a 
intervalles a peu pres egaux et ayant une saillie de 5 metres en- 
viron sur une largeur de 8 a 10 metres. Les trois tours placees 
aux extremites et au sommet de Tare sont plus grandes et de plan 
plus irregulier que les quatre inter mediaires, qui sont plus petites 
et d'une forme presque trapezolde. 

La courtiue des murailles, visible de Fenceinte sacree et du 
theatre, est construite en pierres quadrangulaires bien taillees, 
tandis que les autres murs de la ville, en appareil polygonal, 
paraissent avoir ete construits avee moins de soins parce qu'ils 
faisaient face a des endroits non habites. II ne serait pourtant 
pas impossible qu'ils fussent des restes d'anciennes construc- 
tions pelasgiques, qui, se trouvant moins en evidence, n'au- 



12 ETAT ACTUEL DU PAYS ET DES RUINES. 

raient pas ete remplacecs par des murs plus soigneiisemeht 
construits. 

Tout Fiiiterieur de la ville est entrecoupe au niveau du sol par 
des murailles helleniques qui divisent le terrain en plusieurs par- 
celles de formes et de dimensions diffe rentes et paraissent marquer 
des limites dliabitations antiques. Les fouilles que j'y ai fait faire en 
divers endroits n'ont donne d autre resultat que la decouverte de 
nouvelles substructions et d'un grand nombre de pierres de taillc 
detachees. Je n'y ai trouve aucun objet travailI6 en pierre on en 
metal. Une petite chambre souterraine de 4",S0 de longueur sur 
2", 80 de largeur et 2™, 50 de profondeur est le seul reste de cons- 
truction qui se distingue parmi les lignes uniformes des murailles. 
Cette chambre , qui est en partie taill6e dans le roc, forme une 
espece de citerne couverte par de grandes dalles appuyees sur des 
piiiers quadrangulaires en pierre brute, et dont deux restent encore 
debout*. Des voyageurs du commencement de ce siecle disent avoir 
vu des chouettes sculptees en plusieurs endroits des murailles ^. Je 

les ai vainement cherchees. 

» 

En sortant de la ville par Femplacement de la porte antique, 
on voit sur le sommet de la coUine plusieurs tombeaux ayant une 
longueur de l^jGO environ sur 0",60 dc largeur, et moins d'un 
metre de profondeur. Us sont formes de grandes dalles brutes 
dont on apergoit les extremites a la surface du sol. Des tombeaux 
pareils se trouvent egalement derriere le theatre sur le versant 
sud-ouest de la coUine. J'en ai fait ouvrir plusieurs dans lesquels 
je n'ai trouve autre chose que des ossements. 

' Voir planche III, n"* i. — * Pouqueville, Voy. dans la Grece^ t. I, ch. xxviii, p. 414. 



RUINES DE DODONE. 13 



B. LE THEATRE*. 

Au sud-ouest de la ville, et separe d'ellc et de Teiiceinte sacr6e 
par iin passage large de 16 metres environ, est sitae le theatre. 
C'est nn des plus grands et des raieux conserves parmi les anciens 
theatres helleniques. Adosse a la montagne suivant Fusage habi- 
tuel des Grecs , il est soutenu des deux cdtes de la cav6a par un 
massif considerable en pierres quadrangulaires posees sans ciment 
et jointes avec beaucoup dart. 

La cavea presente une forme presque reguliere de demi-cercle. 
Sa hauteur en ligne oblique est de 45 metres a partir du sommet jus- 
qu'au dernier gradin qui se trouve sous terre. Mesuree verticale- 
ment, cette hauteur est de 22 metres. Quoique Fedifice soit assez 
bien conserve , il est difficile de constater exactement le nombre des 
gradins, parce que les pierres dont les sieges etaient composes sont 
en grande partie d6placees et forment une masse confuse. D'apres 
ce que j'ai pu calculer, il doit y avoir en tout quarante-neuf gradins, 
dont j'ai deblaye les trois derniers enfouis dans une couche de terre. 

Une galerie large de 3"",20 couronne r<§difice; elle est entour^e 
exterieurement d'une balustrade qui servait d'enceinte au theatre. 
La cav6a est s6paree horizontalement par une pr6cinction (Sta- 
^cojjia), large de 2^,40 environ, en deux parties inegales dontFinfe- 
rieure contient vingt-neuf gradins et a une hauteur presque double 
de celle qui la surmonte. On distingue aussi les escaliers larges de 
0",85 qui rayonnent sur toute Fetendue de la cav6a et la divisent 
verticalement en cunei ()csp}ctS£<;). H y en a huit a Fetage inf6- 
rieur et seize a Fetage superieur. 



^ Voir les planches III et V. 



14 ETAT ACTUEL DU PAYS ET DES RUINES. 

Les gradins des sieges ont une hauteur de 0",40 sur 0",85 de 
profondeur a la partie inferieure, et 0™,6S a la partie superieure; 
les marches des escaliers out 0",20 de hauteur sur 0",40 de pro- 
fondeur. 

Le contour de I'hemicycle au somtoet de la cavea est de 
155™, SO; Tetendue circulaire a la base du dernier gradin^ qui 
indique le sol ancien, est de 66", 70 et de 73", 40 au niveau du sol 
actuel. La corde de Tare entre les deux extremites de Torchestre 
etant, a ce dernier niveau, de 35", 30, il s'ensuit que Forchestre, 
au lieu de presenter une demi-circonference , est forme d'uu seg- 
ment de cerclc plus grand. 

Un mur demi-circulaire , place a une distance de 1",50 du 
gradin inferieur, separe la cav6a de Forchestre. Ce mur, epais de 
0",40, s'enfonce a une profondeur de 2", 07 en contre-bas du 
dessus du dernier gradin. 

Des deux extremites de Fhemicycle partent les massifs dont j'ai 
parle qui soutenaient la cavea. Ces massifs forment de chaque 
c6te de la scene comme un mur arme de contre-forts dont la saillie 
est de 3 metres en moyenne. Leur developpement total est de 
48 metres de chaque cdte, et la hauteur de la partie conserv6e 
depasse en quelques endroits 4", 50. Deux murs longs de 14 me- 
tres et eloignes de 24", 25 du centre de Forchestre se detachent des 
massifs pour limiter a droite et a gauche Fespace que devait occu- 
per la scene. De Fextremite du mur tourne vers Fest part, dans la 
direction de Fouest a Fest, un nouveau mur qui se prolonge sur 
un developpement de 45 metres, puis se retourne a angle droit 
pour rejoindre , apr^s un parcours de 6 metres du sud au nord ^ 
Fextr6mit6 du gros massif. 

II se forme ainsi entre le massif de Fest et le mur de 45 metres 
une sorte d'enclos rectangulaire qui indique probablement Fern- 



IIUINES DE DODONE. 15 

placement des portiques attaches au th^Atre. De T extremity de cet 
enclos se detache un nonveau petit mur qui s'avance vers le sud 
I'espace de 3", 50, tourne au sud-est, va rejoindre le premier Edi- 
fice de I'enceinte du temple, et ferme le passage qui separe le 
theatre de la ville et de Tenceinte du temple. 

A Touest, en dehors du mur qui horde la scene, il n*en existe 
pas d'autre actuellement. II est pour tan t probable que, de ce cdte 
aussi , il y avait un enclos rectangulaire qui repondait a celui qui 
vient d'etre decrit. 

Tons ces derniers murs n'arrivent a present que jusqu'i la sur- 
face du sol, a peine ; mais ils s'enfoncent sous terre jusqu'a une 
profondeur de 2", 50. 

L'emplacement de I'orchestre et de la scene est actuellement 
transforme en un champ laboure que j'ai fait fouiller k une pro- 
fondeur de 4 metres environ. En dehors du mur demi-circulaire 
qui separe la cavea de Torchestre, et dont je viens de parler, j y 
ai trouve, a Textremite ouest de la scene, une construction sou- 
terraine* et, a I'extr^mite opposee, les restes d'une porte qui, 
selon toute probabilite, appartenait a un mur qui separait la scene 
du postscenium ^. 

Les restes de cette porte ^, dont I'ouverture est de 1°,50, sont 
travailles avec tout Tart et toute Telegance d'une bonne 6poque 
grecque. Le seuil en est convert d'une seule grande dalle longue 
de 2 metres et large de 0",95. Les montants 6taient formes de 
deux fortes dalles calcaires larges de 0",85 et orn6es aux coins 
de sculptures en forme de festons. La hauteur de ce qui en reste 
actuellement n'est que de 0",50. Taut du cdt6 de la scene que du 
c6t6 du postscenium, les deux montants etaient flanqu^s de quatre 

* Voir planche III, u« 2. — « Voir planche III, n'* 3. — ' Voir pi. VII, n« 18. 



i6 ETAT ACTUEL DU PAYS ET DES RUINES. 

demi-colonnes cannel6es de style ionique et d'un diametre de 0",4S. 
Le fragment qui en est conserve ne depasse pas en hauteur 0°,90. 
Elles sont posees sur des piedestaux egalement bien travailles, 
et qui out une hauteur de 0",15 et un diametre de 0™,70 en 
moyenne. Un fragment de chapiteau ionique et un petit morceau 
de pierre calcaire representant un dauphin en relief ont 6te trou- 
ves pres de cette porte * . 

La construction souterraine est une espece de petite chambre 
ronde situ6e a environ 10 metres au-dessous du sol actueL On y 
descend par une sorte de puits de 2", 50 environ de circonference. 
Le diametre de la chambre ou ce puits aboutit est d' environ 6 me- 
tres. Le sol est pave de grandes dalles. TiCS parois en sont telle- 
ment bouleversees et Tinterieur tellement encombr6, qu'il a 6te 
impossible de determiner la veritable relation qui existait entre 
elle et le theatre. Je ne saurais par consequent dire si elle servait 
a quelque jeu de machines du theatre , ou bien si ce n etait qu'un 
reservoir ou un conduit pour les eaux. 

C. l'enceinte sacree ^. 

L'enceinte sacree , situee a Test du theatre et au sud-est de la 
ville, a une forme oblongue tres-irreguliere. S'6tendant du nord- 
ouest au sud-est, elle a une longueur totale de 225 metres sur 
130 metres en moyenne de largeur , et contient differents edifices. 

Pour en faciliter la description , je la separerai en deux parties : 
celle du nord-ouest, qui est placee sur un plateau form6 par le pro- 
longement de la coUine de la ville et que je nommerai \ enceinte 
du temple y et celle du sud-est, qui s'etend sur la plaine et que, 
pour plus de simplieito. j'appellerai le temenos. 

• Voir pi. Vll, n«* 19 ct 20. — • Voir pi. HI et IV. 



RUINES DE DODONE. 17 



1. U Enceinte du temple. 

L'enceinte du temple est limiteo au nord-est par im mur helld- 
nique qui part du point de la ville, representant le centre du cercle 
dont elle figure le quart, et se prolonge au sud-est en ligne droite 
Fespace de 84",50; ce mur, forme par un seul parement de pierres 
de taille larges d'un metre, aboutit a un passage donnant acces 
a I'enceinte du cdte nord-est. A cette • extremite , le mur forme 
un T, dont la branche transversale , longue de 8 metres , fait pa- 
rapet le long du passage et se termine par de petits murs de retour 
longs, Fun de 3",50, I'autre de 6",50. Ces debris paraissent pro- 
venir d'une double tour^ servant a defendre ou a garder I'entr^e 
des temples. 

Au sud-ouest, Tenceinte est s^paree du th6&tre par le passage 
dont j'ai deja parle, et qui a une longueur de 88 metres. On y 
remarque plusieurs restes d'une construction hell^nique adoss^e 
au th6Atre et qui servait probablement a le soutenir. 

Au nord-ouest, elle est limitee par le mur de la ville; au sud- 
est, oil elle a un developpement de 180 metres, elle est separ6e 
du temenos par une pente rocheuse, dernier contre-fort de la col- 
line , et qui a une Elevation de 6 metres environ au-dessus de la 
plaine. 

Toute cette enceinte pent se diviser en deux parties : celle du 
rocher, qui vient imm^diatement apr^s la ville, et celle du plateau 
proprement dit, qui se developpe au pied de ce rocher, et sur 
lequel 6tait hkii le temple. La premiere partie a une largeur va- 
riant entre 40 et 45 metres et une elevation de 12 metres environ 
entre le plateau et le mur de la ville. Les blocs de pierre calcaire 
dont est form^ le rocher me paraissent avoir 6t6 conserv6s ici 



18 ETAT ACTUEL DU PAYS ET DES RUINES. 

dans leur etat natnrel; je ii'y ai remarqii6 aucune trace de travail. 

Le plateau, long de 180 metres, a une largeur qui varie entre 
45 et 50 metres; sa surface est plate, elle ne presente que des 
inegalit^s insignifiantes et formees, selon toutes probabilites , par 
les mines des anciennes constructions. Au milieu de grands amas 
de pierres, on y voit tres-distinctement les mines de trois edifices 
dont les murs n'arrivent a present que jusqu'au niveau du sol. 

Le premier (pi. Ill, n"" 4) est le temple de Jupiter, recons- 
truit et transform e en eglise chretienne. II a une longueur de 
40 metres sur 20", 50 de largeur. On y voit plusieurs separations 
qu'on pourrait attribuer : au pronaos, long de 10", 80 sur 8 me- 
tres, et regardant a Test; au naos (cella), ayant la forme exacte 
d'un carre de 20",50 de c6te; et a Topisthodome, longde 20",50 
sur 7 metres. Trois absides elliptiques dont le rayon est de 6",60 
ont 6te ajoutees sur les trois faces libres du pronaos, qui avaJt ete 
transforme en sanctuaire de I'^glise. 

Le naos est traverse de Test a Touest par deux murailles dis- 
tantes de 10", 80 Tune de Tautre et qui supportaient deux series 
de colonnes d'ordre interieur, construites en tiif. Huit tambours 
de ces colonnes, hauts de l'",05 a 1",20, restent encore sur place, 
lis ont une circonference , les uns de 2", 40, les autres de 2",65. 
lis sont tellement rong6s, qu'ils ne conservent aucune ornementa- 
tion pouvant indiquer le style architectural des colonnes dont ils 
faisaient partie. Le manque d'ornementation et la nature fragile 
de la pierre dont elles sont faites feraient pr6sumer que ces co- 
lonnes 6taient originairement revetues de stuc. 

Les mines des murs hell6niques se confondent ici avec des 
murailles plus recentes construites en petites pierres et en chaux, 
et il serait difficile de dire exactement si, lorsqu'on a constmit 
r^glise, on a maintenu toutes les parties qui composaient le temple 



RUINES DE DODONE. 



19 



el toutes ses separations. Tous ces murs ont une largeur de 0",90 
et s'enfoncent sous terre de 2", 50 environ*. 

Au nord du temple et appuy6e sur la facade exterieure de la 
muraille du naos , se trouve une petite chambre rectangulaire de 
5 metres sur 4 metres. Elle est aussi construite de petites pierres 
et de chaux, et ses murs, converts par la terre et dont la hauteur 
est r^duite actuellement k l^jbO, reposent sur un pave de grandes 
dalles calcaires. 

Un grand nombre d'ex-voto en bronze , et notamment les ob- 
jets iiepr6sentes aux planches IX , X , XI et XII , et la plupart des 
inscriptions sur plaques de bronze et de plomb, ont et6 trouves, 
eparpilles dans ces mines, a une profondeur de 3 metres environ. 
Une inscription en pierre calcaire y a ete aussi decouverte parmi 
les pierres detachees des murailles ^. 

Plusieurs debris d'objets en bronze ont 6te egalement trouves 
dans la petite chambre rectangulaire a une profondeur de 0"*,60 
environ au-dessous des dalles sur lesquelles reposaient les fonde- 
ments de ses murs. 



* Au commencement de ce si6cle, une par- 
tie du temple avait 6l6fouillee. Pouqueville 
(Voyage dans la Grece, 1. 1, eh. xxviii, p. 412) 
fait mention de ces fouil^es, et lorsque, en 
4875 , j'ai visits les lieux pour la premiere 
fois, j'avais aussi remarqu6 les traces de tra- 
vaux ant6rieurs. L'existence de plusieurs 
debris de I'ancien temple qui ont disparu est 
aussi mentionn^e dans la description sui- 
vante qu'en donne Leake [Trav, in North 
Greece, t. I, ch. vi, p. 267) : 

« But of the lower temple which is near 
the north-eastern end of the peribolus, or 
wall of the temenus , the lower parts of 
most of the columns are extant amidst the 
ruins. It was a tetrastyle, with at least 
10 columns in the sides, about 70 feet long, 
and 26 broad , built of a coarse limestone 



which is much injured by time. Atone end 
of the temple, among the ruins, lies apiece 
of the frieze ornamented with small capita 
bovis connected by garlands formed of an 
intermixture of the vine with oak-leaves, 
acorns, and ears of corn : the relief is very 
low, and roughly executed. » 

Les dimensions que Leake donne au tem- 
ple sont inexactes. Les murs ext^rieurs, qui 
en prouvent la longueur et la largeur r6el- 
les, rtaient enfouis sous terre avant mes 
fouilles. Leake s'est tromp6, n'ayant vu que 
les murs int^rieurs sur lesquels reposent les 
tambours des colonnes et qu'il a pris pour 
des murs ext^rieurs. — Ni Leake ni Pou- 
queville, qui ont d^crit ces mines, n*ont 
pas pens6 qu'elles appartenaient h Dodone. 

* Voir au catalogue, p. 11 4, n° 2. 



«0 ETAT ACTUEL DU PAYS ET DES RUINES. 

Le second 6difice (pi. Ill, n^ 5) , situ^ a une dizaine de metres 
environ au sud-ouest du temple, est une cojistriiction presque 
carree de 19", 50 sur 18 metres. Quatre murs interieurs la divi- 
sent en diverses pieces , qu'on pourrait appeler deux chambres 
rectangulaires, et trois corridors. Tons les murs sont ici en appa- 
reil hellenique. lis se composent d'un seul parement de pierres de 
taille larges de 0",60. Leur profondeur sous terre est de 2", 50. 

A une distance de 48 metres, et a I'ouest de ce dernier, est 
plac6 le troisieme edifice de Tenceinte du temple (pi. Ill, n** 5 bis). 
C'est une construction trap6zoide de 42",50 sur 32 metres. Deux 
de ses murs (S.-O. et N.-O). sont formes d'un seul parement de 
pierre de taille, large de 0",55, et les deux autres (S.-E. et N.-E.), 
larges de 1",05, sont composes de deux parements pareils. L'in- 
terieur de cet edifice est comble de grandes pierres detachees, et 
aucune muraille de separation n'y a ete d6couverte. Les fouilles ont 
pourtant mis au jour un escalier appuy6 au mur nord-est et dont il 
reste quatre marches hautes de 0'°,15 sur 1",50 de largeur et 
0™,33 de profondeur. D'une construction moins soignee que le 
mur qui lui sert d'appui, mais toujours hellenique, cet escalier 
indique une reparation de T^difice k une epoque anterieure a celle 
dans laquelle le temple a 6t& transforme en eglise. Peut-etre con- 
duisait-il a un 6tage superieur. Mais I'hypothese qu'a Fepoque oil 
cet escalier fut construit, le sol de cet Edifice ^tait en contre-bas de 
0",60 au moins de celui des deux precedents, me parait plus pro- 
bable *. 

A sa facade exterieure, le mur sur lequel Fescalier s'appuie pr^- 
sente sept contre-forts d'appareil heUenique, places a une distance 

* C'est ici , que Leake (Trav. in North, supposer qu*il y avait un second temple. 
Greece, tome I, chap, vi, p. 267) dit avoir La forme pourtant de cet Edifice n*est pas 
vu une ou deux colonnes, ce qui lui fait celle d*un temple. 



RUINES DE DODONE. 21 

de 4", 45 Tun de Tautre, et n'ayant actuellement qu'une saillie de 

0™,90. 

II m'est difficile de determiner positivement la destination de ces 
deux derniers edifices. Ce qui me parait le plus probable, c'est 
qu'ils 6taient affect6s aux differents moyens de divination employes 
par Foracle de Dodone. Leur situation et leur forme, d'une part, 
et, de I'autre, le grand nombre de monnaies de bronze decou- 
vertes dans le premier de ces edifices , et la grande quantity de de- 
bris de differents objets en bronze trouv6s dans tons les deux, 
seraient , je pense, des arguments qui pourraient venir a I'appui 
de cette opinion. 

Toute la surface de I'enceinte du temple*, qui n'a jamais 6te 
remu6c par la charrue, est couverte d'une terre compos^e en tres- 
grande partie de petites pierres prove nant des debris des anciennes 
constructions. La quantite relativenient petite de fragments de 
briques qu'on y rencontre , et T absence de toute trace d'incen- 
die, me font supposer que les trois Edifices susmenlionnes etaient 
entierement en pierre, et que le bois, si meme il y en avait, ne 
dut entrer qu en tres-faible proportion dans leur construction. 

2. Le Temenos. 

Jije peribole, que j'ai appele le t^m^nos, ayant en moyenne 
une longueur de 110 metres sur 105 metres de largeur, est situ6 
au sud-est et en contre-bas de 6 metres environ de Tenceinte du 
temple. En face du troisi^me edifice de cette enceinte, et sepa- 
rees par un passage servant d'entr6e a Tenceinte du c6t6 sud-ouest 
et dont la largeur varie entre 8 et 12 metres, se trouvent les 

' On remarque aussi dans cette enceinte lesquels il m*est difficile de dire s*ils appar- 
quelques autres debris de murailles pour tiennent ou non aux trois Edifices d6crits. 



22 ETAT ACTUEL DU PAYS ET DES RUINES. 

ruines d'un autre Edifice. Tout en etant annexe au t^m^nos, cet 
edifice fait une saillie de 25™, 30 en dehors de la ligne de son 
enceinte. II a une forme polygonale tres-irreguliere. Sa face nord- 
ouest, qui regarde T enceinte du temple, est en ligne droite et a une 
etendue de 33°,10. Celle du sud-ouest forme une ligne bris6e ay ant 
un developpement total de 42°"^ 60. Le cdte sud-est est en ligne 
oblique longue de 25"", 30, etcelui du nord-est est ferme en partie 
par deux pans de mur, dont Tun hellenique de 10 metres, et 
I'autre de 7 metres, b4ti en petites pierres et avec mortier. Celui-ci 
se d6tache du premier et s'avance en ligne parallele. Un espace de 
14 metres, laisse libre a Textremite de ce dernier pan de mur et 
oil il n'y a aucune trace de muraille, etait probablement toujours 
ouvert et servait de communication entre cet edifice et Tinterieur 
du tem^nos. Un autre edifice presque carre de 12"*, 20 sur 12 me- 
tres se trouve entierement enclave dans le premier du cdte sud- 
ouest. Toutes les murailles sont ici form6es d'un seul parement de 
pierres de taille larges de 0™,70. Elles ont une profondeur sous 
terre <le 2 metres. 

A Tangle est de cet edifice se detache le mur qui, avan^ant 
en ligne droite au sud-est d'abord et au sud ensuite, I'espace de 
121 metres, ferme le cdt6 sud-ouest du temenos. Sa largeur, for- 
mic dune seule pierre de taille, est de 0"*,75. La premiere partie de 
ce mur, longue de 77 metres, s'eleve en quelques endroits a une 
hauteur de 3 metres environ au-dessus du sol. G'etait la seule mu- 
raille du temenos apparente au-dessus du sol avant mes fouilles. 

A Tint^rieur du t6m6nos, il y a un second mur qui court dans 
la meme direction et paraJlelement au premier avec lequel il forme 
un corridor large de 10™, 60. Ce second mur, forme de deux pare- 
ments de pierres de taille et large de 1™,60, aboutit, au nord-ouest, 
k un escalier long de 9 metres. Place a une distance de 6 metres 



RUINES DE DODONE. 23 

et en face du pan de mur construit en petit appareii dont j'ai d6ja 
parle, cet escalier eonsiste en deux marches construites en dalles 
larges de 0",29 sur 0'",20 de hauteur, et posees sur un rang de 
grandes pierres de taille servant de fondement. A Textremite op- 
pos6e de Tescalier commence un autre mur, long de 10™, 1 '^5 q^^i va 
se reuniravec la muraille nord-ouest de Fedifice d6crit plus haut. 

Un mur de refend , situe vers F extremity sud-est du corridor, 
en detache un petit edifice rectangulaire de 26 metres sur 10™,60, 
ferme de tons les c6tes et dont le sol , convert de pierres , n'avait 
jamais 6te cultive. An milieu presque de cet edifice, ily a un petit 
autel on piedestal de grande statue , rond et form6 de trois assises 
de pierres superposees (pi. VII, n"" 17). La premiere assise, compos^e 
de deux pierres demi-circulaires , a une circonference de 8 metres 
sur 0°,20 de hauteur; la seconde, d'une seule pierre, a 4%10 de 
circonference sur 0™,20, et la troisieme, 3",33 sur 0"*,20. 

Parmi les debris de divers objets d6couverts autour de cet autel, 
je citerai deux yeux en pierre calcaire ayant appartenu a une 
grande statue en bois (pi. LX, n"" 6) et une roue en bronze avec 
inscription d^dicatoire k Aphrodite (pi. XXVI, n** 1 ), qui prouve que 
ces constructions appartenaient k un sanctuaire de cette deesse^ 

Outre I'escalier deja mentionn6 , il en existait trois autres par 
lesquels on descendait an tem6nos. L'un, appartenant au corridor, 
est compose de trois marches dont la premiere, celle d'en has , 
a une largeur de 2"',96 sur O^^jSG de profondeur et 0",26 de hau- 
teur; la seconde, 2"^,73 sur 0",39 et 0™,25, et la troisieme ,2",43 
sur 0°',45 et 0'",22. Les deux autres appartiennent au sanctuaire 
d' Aphrodite et sont adosses , Tun au mur faisant face au nord-est, 
et I'autre a celui qui fait face au sud-est. Le premier eonsiste en 



* Voir planche III , n® 7 . 



44 ETAT ACTUEL DU PAYS ET DES RUINES. 

quatre marches, doiit la premiere est large de 3™, 10, la deuxieme 
de 2",70, la troisieme de 2",30 et la quatrieme de 1"^,90. Elles 
ont toutes les quatre une profondeur de 0"",32 et uiie hauteur de 
0'",20. Le second escalier presente six marches ayant toutes une 
profondeur de 0°',32 sur 0^",22 de hauteur, et une largeur de 6",20 
la premiere, 6"", 10 la deuxieme, 5"',85 la troisieme, 5™,45 la qua- 
trieme, 4", 60 la cinquieme, et 3"*,77 la sixieme. 

L'existence de ces escaliers indique que le sol du temeuos, 
ayant une penle douce, etait en contrc-bas des edifices affectes au 
culte d' Aphrodite de 0™,40 a Fendroit oil se trouve Tescalier a 
deux marches, cite plus haut, et de 1",35 environ a Tendroit du 
dernier escalier de six marches. 

La seconde partie du mur, qui ferme le c6te sud-ouest du teme- 
nos, a une longueur de 44 metres et aboutit a une tour rectangu- 
laire longue de 8", 85 et large de 5 metres. Au milieu presque 
de ce mur, il s'en detache un autre qui, se dirigeant au nord, 
forme un angle aigu avec le premier. Ce dernier mur, long de 
21 metres, aboutit a un pilier car re form 6 d'une pierre haute 
d'un metre et large de 0",85 sur 0",55. A une distance de 11",50 
au nord-est de ce pilier se presente un autre pilier de nieme 
forme, mais de moindres dimensions; il est haut de 0"*,63 et 
large de 0",65 sur 0"',50. Ce second pilier est appuy6 sur une 
muraille longue de 29 metres qui, se dirigeant vers le sud-est, 
aboutit au mur qui ferme de ce cdt6 le tem6nos. L'espace qui se 
trouve entre les deux piliers est convert d'une serie de dalles larges 
d'un metre et posees sur une couche de mortier. 

En face de la susdite tour rectangulaire, k Test, et a une dis- 
tance de ir°,80, s'en trouve une autre de la meme forme et de 
7",80 sur 5™,30. Une porte ayant une ouverture de 1",05 donne 
acces a cette seconde tour de I'int^rieur du t6m6nos. 



RUINES DE DODONE. 23 

Deux tambours de colonnes en tuf sans aucun ornement et en 
mauvais etat ont ete trouves debout entre les deux tours, lis ont 
une circonference de 2", 60 et une hauteur de 1"*,50. 

La disposition de toutes ces murailles et petites constructions me 
fait supposer que le passage situ6 iciformait une sorte de propylee, 
qui servait d'entree principale au tem^nos et aux temples*. II ne 
serait peut-etre pas impossible que les deux piliers carr6s, on plu- 
tdt les colonnes placees entre les deux tours, aient servi de base a 
la statuette et au bassin d*airain qui rendaient des sons fatidiques ^. 

Le c6t6 sudest du t^menos est ferme d*un mur large d'un metre, 
qui, partant de la seconde tour rectangulaire , forme une ligne 
brisee longue de 88 metres. Un autre mur, long de 105 metres 
et formant angle droit avec le premier, se dirige, au nord-ouest, en 
ligne droite et ferme le tem6nos ducdte uord-est. Au bout de ce mur 
un pan de muraille, long de 9"", 50, avance dans Tinterieur du ter 
menos du nord-est au sud-ouest et, faisant face au petit pai'apet 
situe au cdt6 droit de I'entree nord-est du temple, borde le cdte 
oppose de cette entree. 

Deux murailles int^rieures, larges de 0",80, et dont Tune est 
longue de 77 metres et Tautre de 11"",75, s'etendent parall^le- 
ment aux murs qui ferment le tem6nos au nord-est et au sud-est 
et forment un second corridor large de 6",50. 

A Textremit^ nord de ce corridor, et a une distance de 5°*,60 a 
I'ouest, on voit dans Finterieur de I'enceinte deux autres murailles 
formant angle aigu. La plus longue , celle qui se dirige de Test a 
Fouest, a un developpement de 34", 40; Fautre, se dirigeant du 
sud-est au nord-ouest, n'a qu'une longueur de 9 metres. II serait 
difficile de determiner la destination de ces murailles qui pour- 

* Voir planche m, n» 8. — * Voir p. 167. 



\ 



26 ETAT AGTUEL DU PAYS ET DES llUINES. 

raient appartenir a quelque edifice entierement d6moli; elles 
pourraient aussi n'etre que des murs de soutenement du plateau 
sur lequel est bati le temple • 

Tous les murs du tem6nos, excepte le petit pan construit en pe- 
tites pierres et en chaux ct dont j'ai dej5. parle, sont d'appareil 
helli^nique et ne presentent pour la plupart qu'un seul parement 
do pierres de taille. lis ont une largeur qui varie entre 0™,60 et 
l'",60; a Fexception de la partie qui s'eleve a 3 metres environ 
au-dessus du sol, ces murs arrivent a peine jusqu'a la surface du 
sol actuel, mais ils s'enfoncent sous terre a une profondeur va- 
riable entre 1™,50 et 3 metres. 

A I'interieur du temenos, il a ete d^couvert, a une profondeur 
qui varie de O'^jTS a 1",50, deux series de petites constructions, 
dont Tune devant le sanctuaire d' Aphrodite et le corridor qui y 
fait suite , et Tautre an c6te oppose devant le second corridor. La 
premiere serie est la plus importante. Les constructions qui la 
constituent sont an norabre de vingt-cinq ; elles sont de formes tres- 
variables et faites chacune de deux on de plusieurs pierres calcaires. 
Parmi ces constructions, il y en a dont la forme carree, rectan- 
gulaire on ronde, donne immediatement Tidee qu'elles servaient 
de base h des colonnes ou de piedestal a des statues ; et 
d'autres dont la forme semi - circulaire indique des niches qui 
contenaient des statues ou autres offrandes faites aux dieux, Toutes 
ces petites constructions , dont la plupart se composent de pierres 
travaillees avec beaucoup d'art et de soin , sont reproduites a la 
planche VI *• Une description sommaire de leurs formes et dimen- 
sions est donnee a la fin du catalogue des objets trouves a Dodone 
(voir page 12o). 

La scconde serie contient seize de ces petites constructions, qui, 

' Voir aussi pi. Ill, n^' 9 ct 10; pi. IV, n» 5, et pi. Vill. 



RUINES DE DODONE. 27 

tout en differant entre elles dans les details et les dimensions, ont 
toutes la meme forme rectangulaire (voir pi. VII et page 128) ^ 

Un grand nombre de debris de vases, de statuettes et d'autres 
objets en bronze, en cuivre et en fer, plusieurs fragments d'ins- 
criptions sur des plaques de bronze et de cuivre et quelques ins- 
criptions sur des plaques de plomb ont ete trouves autour de ces 
pierres, et notamment de celles de la premiere serie. La decou- 
verte de ces debris d'ex-voto et la variete des formes de ces cons- 
tructions me font supposer qu'ellcs etaient des monuments votifs sur 
lesquels des statues et autres objets d'une grande dimension etaient 
places, en meme temps que des offrandes de dimension plus petite • 

A une trentaine de metres an nord-est de la premiere serie de 
monuments votifs et a une profondcur d'un metre environ , il y 
avait un tombeau, long de 2 metres et large de 0''',55. Il.etait 
forme de grandes dalles et renfermait une grande quantite d'osse- 
ments. Deux paires de boucles d oreilles (voir planchc L, n^* 11 et 
12), qui y ont 6te trouvees, me font supposer que ce tombeau a 
servi de sepulture k plusieurs femmes. 

Tout le temenos, a Texception du sanctuaire d' Aphrodite, est 
actuellement une terre labouree. II est convert par une premiere 
couclie de terre d'alluvion qui, prcs des murs, contient une grande 
quantite de petites pierres, debris de ces murs. A une profondcur 
d'un metre environ , commence une seconde couche composee en 
grande partie de debris de briques et en partie d'une terre noire, 
contenant beaucoup de traces de bois brul6 et de charbon en 
poudre. Cette terre domine presque les autres Elements qui com- 
posent la couche inferieure autour des monuments votifs de la pre- 
miere s6rie. Tous ces indices d'incendie me font supposer que le 
temenos a contenu des edifices construits en bois et detruits par 

' Voir aussi pi. m, n« 10 bis, et pi. IV, n« 5. 



2S ETAT ACTUEL DU PAYS ET DES RUINES. 

le feu. Qiielques ossements Immains meles a des ossements d'aiii- 
maux, qui y ont ete trouves, pourraienl meme faire supposer 
qu'une certaiue resistance doit avoir ete opposee aux assaillants 
par les personnes qui se trouvaient dans les temples , et qui ont 
6te ensevelies sous les decombres des Edifices ineendies. 

Au sud-est dutemenos, et hors de son enceinte, se trouve une 
construction parallelogramme longue de 144 metres et large de 
13", 50. Ses murs, qui arrivent jusqu'au niveau du sol actuel, ont 
une profondeur sous terre de 2", SO environ. Leur largeur, form6e 
d'un seul parement de pierres de taille, est de 1",40- Commengant 
a r entree principale du temenos , elle s'etend , en suivant une 
direction presque parallele au mur de Tenceinte, dont elle est 
distante de 3 metres au point le plus rapproche et de 13", 60 au 
point le plus eloigne. Cette construction pourrait etre consideree de 
prime abord comme affectee aux jeux Nalens c61ebres a Dodone, 
et destinee au jeu de pancrace ; mais la grande proximite du mur 
du tem6nos, qui aurait gene Ic mouvement des lutteurs et des 
spectateurs, me fait supposer qu'elle appartenait plutdt aux temples 
et servait a quelques pratiques religieuses. 



III. 



RUINES DEGOUVERTES AUTOUR DES EDIFICES DE DODONE. 

En dehors de T enceinte, au S.-O. du temenos et au S. du theatre, 
j'ai fait creuser plusieurs tranchees de trois metres environ de 
profondeur, sur une etendue de plus de 12,000 metres carr6s. Le 
resultat en a 6te la decouverte de plusieurs pans de murailles by- 
zantines construites en petites pierres et en chaux, et qui ont actuel- 



RUINES DE DODONE. . 89 

lement une profondeur de 2"", 50 environ sur 0"*^50 de largeur (voir 
pi. Ill, n^® 6 et 6 bis). Ce n'est que tout pres du mur ext6rieur du 
t^menos que mes fouilles ont mis au jour des murailles plus consi- 
derables de meme nature, et qui forment les trois petites construc- 
tions que Ton voit dans le plan des mines de Dodone (pi. Ill, n* 6). 

II serait difficile de dire d'une maniere categorique si ces cons- 
tructions faisaient partie de quelque edifice ^ ou si elles n'6taient 
que de simples habitations. Leur forme servirait plutdt a Tappni 
de cette derniere hypothese. 

J'ai fait aussi ouvrir des tranchees a differents points dans les 
champs situes au sud-est et au nord-est du temenos , mais je 
n'y ai trouve aucun vestige de constructions. 

A la distance de 300 metres environ, au sud-ouest des mines que 
je viens de decrire, et de lautre c6t6 du misseau qui traverse la 
vallee, se trouve, a I'ombre d une quinzaine de grands platanes et 
d'ormes, une petite 6glise d6diee a Saint- Nicolas , construite sur 
une elevation formee d'anciennes ruines. J'ai fait fouillerla plus 
grande partie de cette Elevation ; mais je n ai pu y trouver aucun 
indice qui put me guider pour determiner le caractere de F^difice 
qui s'elevait autrefois en cet endroit. Je n'y ai trouve que quelques 
restes de murailles helleniques tellement confondues avec des amas 
de pierres d6tach6es, qu'il ma ete impossible d'en suivre la direction. 

Tant de ce c6te que de Vautre cdte du ruisscau et dans le voi- 
sinage de 1' enceinte sacree et du theatre, il se pourrait qu'il exis- 
t4t d'autres restes d'edifices; mais, pour m'en assurer, il eut fallu 
faire des fouilles d'essai sur une grande partie de la vallee. Le 
temps m'a manque pour entreprendre ce travail , et je souhaite 
qu'il se presente des occasions favorables, soit a d'autres, soit a 
moi-meme, pour chercher et trouver tout ce que la terre pourrait 
encore nous cacher des edifices de Dodone. 



CATALOGUE 

DES OBJETS TROUVfiS DANS LES RUINES DU TEMPLE 

ET DU TfiMfiNOS DE DODONE. 



En donnant ce catalogue, mon but n'est pas d'entrer dans une 
etude scientifique des objets qu'il contient; mais, ayant fait graver 
les plus importants dans les planches qui suivent, jc me propose 
d'en donner ici une classification, et de mentionner aussi ceux que 
je n'ai pas fait graver, afin d'offrir aux hommes competents qui 
voudraient s'en occuper un ensemble de tons les ex-voto et autres 
objets trouves a Dodone. 

Les exigences d'une disposition convenable des planches m'ont 
presque mis dans Fimpossibilite d'etablir un ordre rigoureux, soit 
chronologique, soit par sujets, dans le classement des objets. Je 
suivrai done I'ordre etabli dans les planches, en le soumettant 
toutefois a la division des objets par matieres et k Tordre des cate- 
gories d'apres lesquelles j'ai divise ces objets. 

OBJETS EN BRONZE, EN CUIVRE ET EN PLOMB*. 

Les ex-voto et autres objets en bronze et en cuivre sont les plus 
nombreux et les plus importants. La plupart sont converts d'une 
tres-belle patine bleue on verte, qui a presque le vernis et la 
couleur de la malachite et de la turquoise. Pour en faciliter le 
classement, je les diviserai en dix-sept categories. 

' Les seuls objets importants en plomb sent paragraphe et plac6 les inscriptions 

6tant les inscriptions de Toracle, pour de Toraclo gravies sur plaques de plomb 

ne ^pas interrompre la seric des inscrip- h, la suite de cellcs grav6es sur plaques 

tions, j'ai mis ces objets dans le pr6- de bronze et de cuivre. 



STATUETTES EN BRONZE. 31 



Premise categorie. 



20 Statuettes en bronze , dont les douze premieres de style 
archalque et les huit dernieres de style plus recent * : 

1 . Satyre ithyphallique dansant. 

PI. IX, n^* I et I bisy h. o™,20. 
Le n* 2 repr6sente une queue do cheval, qui est peut-6lrc celle de ce satyre. 

2. Joueuse de double fldte (AuX-^Tpta). 

PI. X, n^* I et I bis^ h. 0,12. 

3 . Personnage royal (P61ops ?) . 

PI. X, n^* 2 et 2 bis^ h. 0,08. 

4. Atalante courant. 

PI. XI, n**' I et I bis, h. 0,12. 

8. Tete de divinity posee sur une tige (fragment de dossier de 
siege). 

PI. XI, n" 2 et 2 bis^ h. totale o,3o, h. de la tSte, 0,04. 

6, Jeune cavalier. 

PI. XI, n^ 3 et 3 bis, h. 0,10. 



^ Pour les objets compris dans la pre- (annexe A). Je ne fais que r^pMer ici le 

mi^re et la seconde categorie, ainsi que nom de chaque objet, afin que mon ca- 

pour le n"" 1 de la troisi^me categorie, talogue pr^sente Tensemble des objets trou- 

voir la description de M. le baron de Witte v6s & Dodone. 



32 CATALOGUE. 

7. Pallas. 

PI. XI, n"4, h. o,ip-. 

8. Apollon (maiiche de miroir). 

PI. XII, n** I, h. 0,17. 

9. Meme siijot. 

PI. XII, n^'3ct 3 6?>, h. 0,17. 

10. Apollon assis. 

PI. XII, !!''• 2 et 2 biSy h. 0,10. 

11. Jeune conducteur de cheval. 

PI. XIII, n** 1, h. 0,12. 

12. Le fie uve Acheron (agrafe). 

PI. XIII, n"^ 2 et 2 bis^ h. o,o4- 

13. Jupiter lan^ant la foudre. 

PI. XII, n^ 4, h. 0,11. 

14. Acteur comique. 

PI. XIII, n« 5, h. 0,10. 

15. Aphrodite. 

PI. XIII, 11^3, h. 0,12. 

16. Personnagc barbu (travail primitif). 

PI. XIII, n^ 4, h. o,i3. 



BAS-RELIEFS SUR PLAQUES DE BRONZE. 33 

17. M6iiade. 

PI. XIV, n« I, h.o,io. 

18. Berger (Mandylas? Voir dans la page 165, note 1, Fhistoire 
racont^e par I^roxene.) 

PI. XIV, n^2,li. o,ii. 

19. Ephebe nu (Taras?). 

PI. XIV, n^ 3, h. 0,09. 

20. fiphebe nu (athlete ?) . 

PI. XIV, n^ 4, h. 0,08. 



Deuxidme categorie. 



31 Bas-reliefs representant divers sujets travailles au re- 
pousse, sur des plaques de bronze, dont quelques-unes sont tres- 
minces et mal conservees * : 

1. Pollux terrassant Lync6e (geniastere [jugulaire] de casque 

votif). • 

PI.XV, h. 0,17. 

2. La Dispute du trepied de Delphes entre ApoUon et Hercule 
(ornement de cuirasse). 

PI. XVI,nM,h. 0,11. 

3. Meme sujet (mal conserve). 

4. Meme sujet (id.). 

* En dehors de ccs trente et une pieces, ques de bronze representant des sujets dif- 

j*ai trouv6 aussi plusieurs fragments de pla- ficiles h determiner. 

5 



U CATALOGUE. 

5. Deux scenes de combattants (sujets homeriques?). 

PI. XVI, n^ 2,h. o,io. 

6. Scene de sauvetage (fragment). 

PI. XVI, n^3, h. o,o4. 

7. Hercule terrassant le taureau de Crete. 

PL XVI, n^ 4, h. o,o8. 

8. Guerrier blesse ayant Tepaule droite perc6e par une lance 
(fragment de style archalque) . 

PI. XVII, nM, h. o,o6. 

Oji pourrait y voir Hades , ventint se plaindre a Jupiter et por- 
tant sur Tepaule la lance avec laquelle Hercule I'avait blesse, selon 
le r6cit que Dione fait a sa fiile Aphrodite. Horn., Iliad., E, v. 395* 

i\fzi (/.iv (ouTo; avYjp, ulo; Aioc aiyioyoio, 
£v nii>.(t) gv vexue(7(Ti PaXwv o^'Jvvjdiv e^coxev. 
AuTap 6 pTi TTpo; ^cojxa Ato; xai [Axxpov 'OXujjlttov 
xf,p ajr^ewv, oSuvyjffi ireirapjJLevo; * auTap o'l^ro? 
c5(jt.w evt (jTi6apw rM'koLTO^ X7)^e ^e 6u[jl6v. 

Mais la jeunesse du personnage repr6sent6 ici fait que j'h6site a 
lui donner le nom d'Had^s. 

9. Tete barbue de Jupiter. 

PL XVII, n^2,h. 0,07. 

10. Tete d'Omphale. 

Pl.XVn, n^4,h. 0,17. 



BAS-RELIEFS SUR PLAQUES DE BRONZE. 35 

11. Meme sujet. 

PI. XVII, n^ 8, h. o,o3. 

12. M^me sujet (firagment^). 

PI. XVII, n» lo, h. o,o6. 

13. Tete casqu^e de Pallas (agrafe). 

PI. XVII, n" 5, h. o,o3. 

14. MSme sujet. 

PI. XVII, n"'7,h. o,o3. 

15. Le has du corps d'une femme assise (Thetis tenant une 
cn6mide de la main droite?). 

PI. XVII, n' 6, h. o,o6. 

16. T^te de satyre (applique d'une anse de vase). 

Pi. XVII, n" 9, h. o,o8. 

17. Tete de jeune femme (Dion6?). 

PI. XVII, n" ii,h. o,o6. 

18. Meme sujet (mal conserve). 

19. Scylla. 

PI. XVIII, n» I, h. 0,09. 

20. Deux griffons en face Fun de 1' autre. 

PI. XVIII, n» 2, h. 0,08. 



36 CATALOGUE. 

21. Meme sujet (mal conserve). 

22. fichidna. 

PI. XVIII, n^ 3, h. 0,09. 

23. Quadrige conduit par deux guerriers casques. 

PI. XIX, n*" I, h. 0,07. 

24. Fragment de quadrige conduit par une Victoire. 

PI. XIX, n^4, h. 0,07. 

25. Bige conduit par une Victoire. 

PI. XIX, n' 3, h. o,o5. 

26. Fragment de bige conduit par une Victoire. 

PI. XIX, n*" 2, h. 0,06. 

27. Centaure (le haut du corps manque). 

PI. XIX, n^ 5, h. 0,06. 

28. Fragment d*un buste drape representant une menade. 

(Non grave.) 

29. Corps de lion (fragmente). 

Pi. XX, n^ 7,1. o,o5. 

30. Tete de taureau (fragmentee). 

PI. XX, n" 6, h. 0,08. 

31. Tete de beiier (fragmentee). 

(Non grave.) 



STATUETTES D'ANIMAUX EN BRONZE. 37 



Troisieme categoric. 

16 Statuettes d'animaux en bronze : 

1. Sphinx male (travail archalque) *. 

PI. XX, n^ I, h. o,o6. 

2. P6gase volant. 

La crinLere est tressee en touffe au sommet de la tete; deux 
meches s'en detachent et tombent sur les tempes. 

Applique d'un grand ustensile auquel il 6taii attache par Ics deux morceaux dc 
m^tal supportant les pieds de devant et de derrifere. 

PI. XX, n^2, 1. o,i5. 

3. Lievre con rant. 

Applique de quelque ustensile sur lequelil 6tait attach^ par le fragment de m6tal 
qui lui sert de support. 

Pi. XX, n^3, I. o,o4. 

4. Taureau debout. 

Sousle support, on distingue une marque TT. 
PI. XX, n^ 4, 1. o,o6. 

5. Cerf courant, la tetetourn^e en arriere. 

n faisait probablement partie d*un groupe de Diane. La lettre E , grav6e sur le 
ventre, indique peut-etre son num^ro d'ordre dans le groupe. 

PI. XX, n« 9,1. o, 1 3. 

* Voir Annexe A. 



38 CATALOGUE. 

6. La tete et le devant du corps d'un lion portant un collier. 

PI. XX, n^8, h. o,o3. 

7. Jument marchant. 

Applique d'un ustensile. 

PI. XXI, n^ I, I. o,o6. 

8. Bouc assis. 

PI. XXI, n"" 2, 1. 0,07. 

9. £pervier tenant dans ses griffes un serpent. 

M6daille d'ornementatioa en applique. 

PI. XXI, n** 3, diam. 0,06. 

10. Colombe pos^e sur une main de femme qui luidonnait le vol. 

Fragment d'une statuette. 

PI. XXI, n^* 4 et 4 bis, h. o,o5. 

11. Colombe volant. 

PI. XXI, n^' 5 et 5 bis, h. o,o5. 

12. Oie. Travail primitif. 

PI. XXI, n^6, h. o,o3. 

13. Serpent (fragmente). 

PL XXI, n** 7, 1. 0,09. 

1 4. Serpent, ayant le milieu du corps enroul^ en forme de bague. 

PI. XXI, n^8, 1.0,07. 



EX-VOTO EN BRONZE AYEC INSCRIPTIONS. 39 

15. Serpent. 

PI. XXI, n^ 9, 1. o,o8. 

16. Serpent. 

Manche d'un ustensile . 

PI. XXI, n*» lo, h. o,o5. 



Quatriime categorie. 



24 Divers ex-voto et fragments d'ex-voto en bronze portant 
des inscriptions d^dicatoires a Jupiter Dodon6en et Nalos et a 
Dione, et un a Aphrodite. Ces inscriptions sont gravies en fac- 
simile dans les planches qui les reproduisent. 

1. Plaque de bronze, portant un phallus conime embleme. 
L' inscription suivante, dont les lettres indiquent le quatrieme 
siecle av. J.-C, couvre toute la surface*. 

0so<; : Tu/a 

(ov TO Ss arot Sdipov tuI- 
(luco Tuap' e(xoO : AyaQoiv 
Ej^s^uXou 3cal yeved 
upo^evot Mo^oarawv 
xal au(jL(/.a/(ov sv t- 
pid>covTa Y6veat(; 

* Pour cette inscription et celles de la voir les commentaires de M. E. Egger (An- 
cinqui5me categorie, n" 1, 2, 3, 4 et 5, nexe B). 



40 CATALOGUE. 

Ia Tpaia?, Kaaaav- 

Dieu; Fortune. Jupiter souverain de Dodone, je t'envoie ce present de ma part, 
moi Agathon, fils d'Lch6phylos, ct ma famille, proxfenes des Molosses et de leurs 
allies durant trente generations depuis Troie ; generation de Cassandre ; Zacynthiens. 

PI. XXII, h. 0,2 1, epaisseur, o,oo3. 

2. Petit vase (fragmente). 

II porte llnscription suivante a Text^rieiir du col : 

^CkoyOiZ^OLO AajjLOcptXciu Aeu>caSto^ At Natot. 
Philociedas, fils de Damophilos de Leucade, h Jupiter Naios. 

La forme des lettres et Forthographe de cette inscription indi- 
quent une epoque tres-ancienne , peut-etre le cinquieme ou le 
sixieme siecle avant notre ere, 

PI. XXIII, n""' I et I his^ h. o,o4, diam. 0,10. 

3. Trepied, L'inscription suivante est gravee a Texterieur de 
sa bordure. 

Tep^tJcXij? T<S At Nafw pa^co^o; dveOviXS. 
Terpsiclfes le rhapsode a dedie k Jupiter Naios. 

Get ex-voto ajoute un nouveau nom a la liste pen nombreuse 
des rhapsodes conniis. La forme des lettres de Tinscription est 
du cinquieme siecle av. J.-G. Dun autre c6te, Femploi des lettres 
longues 7) et (0 indique que Terpsicles est un lonien. 

PI. XXIII, n""* 2 et 2 his^ h. o,o5, diam. 0,12. 



EX-VOTO EN BRONZE AVEG INSCRIPTIONS. 41 

4. Deux piEDS DE TREPiED, doot Fuii porte cette inscription: 

Alt $6)pov aveGinxs %6\iq 

et Tautre celle-ci : 

Ae/^(Oio)v . 

Present d6di6 k Jupiter par la ville des L6choiens. 

L'identit^ de la forme et des dimensions de cos deux pieds 
me fait supposer qu'ils ont appartenu a un meme trepied que 
la ville des L6cholens (?) a offert k Jupiter. 

PI. XXIII, n^ 3 614,1.0,17. 

5. BoRDURE D UNE GRANDE PATERE, EUe porto cette inscription 
k Text^rieur des levres : 

2(j>Tatpo? (£v£6T,>ce Att Nacw. 

Sotaire a d6di6 k Jupiter Naios. 

Les lettres de cette inscription ainsi que de celles qui vont 
suivre, a T exception des n"*' 15, 16, 17 et 20, sont du quatrieme 
ou du troisieme siecle avant notrc ere. 

PI. XXIII, n** 5, h. 0,02. diam. 0,28. 

6. Phiale a OMBiLiG. EUc porte cette inscription autour et^ 
Tinterieur des levres: 

AwpdSto? Att Naot dveOYix,£ a AiotusGti? eO^axo. 
Dorobios a d6di6 k Jupiter Naos pour acquitter le voeu fait par Diop6thfes. 

AtoTueGTi? (Diopethes) ne doit etre qu une forme diff^rente du 

6 



42 CATALOGUE. 

nom de AiotcsiOti? (Diop6ithes). Divers personnages avaient port6 
ce iiom. Parmi eux , il y avait un devin c61ebre k Sparte. 

*Hv Se AiOTreiflyj; avY)p ypY)(7[jLo>.6yo; ev SirzpTY), (jiavTciwv re iraXaiGv ixoTT^ew; xal Soxcov 
repl Ta 8eia co^o; elvai xal xfipiTTo? • outo? oux e^Y) Sejaitov elvai ycoXov yeveeiOat rn; Aa- 
xeJaijAOvo? paci>.6a y,ai ypri<j»xov ev ty) Sijct) toioStov aveyivctXTite* 

^pa^go Jy), SiwipTY), xatTwCp |xeya>.auj(^o; eouaa, 
[AY) ceOev apTtTTo^o; pXacTY) j(^<o>.Yi paaiXeia. 
Arpov yap vouffot ce xaTa<>jrY)'youffiv agXirroi 

^Gt(7t6p6TOU t' £771 XU[JLa XU>.tvS6(JL€V0V 7rO>.£[/.OlO. 

(Plut., Vitse A gesilai Illy et Fite Lysflrwrfri XXII.) 

Par la forme et le style, cette reponse de Foracle, que Diopeithes 
a lu devant le tribunal de Sparte, resse ruble beaucoup a celle que 
les Atheniens avaient regue de Dodone relativement aux suppliants 
(Pausan., VII, 25, 1. Voir pages 142 et 143, note 1). U ne seraitdone 
pas improbable qu'elle fut aussi une reponse de Toracle de Dodone. 

Dans ce cas, on pourrait supposer que le c61ebre devin de Sparte 
etait en relation avec Foracle de Dodone, et que c'est peut-etre lui 
qui avait fait le voeu pour raccomplissement duquel le present 
ex-voto fut dedie a Jupiter Naios. 

PI. XXIII, n*" 6, h. o,o3, diam. 0,22. 

7. Base d'un petit vase, avec inscription incomplete au fond: 

VJTZO 

PI. XXIII, n** 7, h. 0,01, diam. o,o3. 

8. Plaque (fragment de grande phiale ou de bassin), avec cette 
inscription incomplete : 

PI. XXIII, n»8, diam. o,i4. 



EX-VOTO EN BRONZE AVEC INSCRIPTIONS. i3 

9, Plaque rectangulaire ; elle 6tait attach^e a quelque ex-voto 
qu'on ne peut pas determiner ; elle porte cette inscription : 

. . aXoq Att Naw Scopov. 
Pr6sent fait h Jupiter Naos par 



PI. XXIV, nM,I. 0,11. 

lO, Passoire. Elle servait peut-etre pour passer des liquides 
employes aux sacrifices ou a d'autres pratiques religieuses. 

Les traces d'une plaque mince et regulierement perc6e , qu'on 
voit au revers et tout autour du fond maintenant brise , me font 
supposer que cet ex-voto etait une passoire. 

Elle porte cette inscription au manche : 

« 

Au Natw. 

A Jupiter Naifos. 
PI. XXIV, n"^ 2, long. o,25, dlam. o,io. 

!!• Plaque regtangulaire, fragment d'une petite boite (com- 
parer pi. LIV, n^ 8). 

Elle porte cette inscription : 

Alt Natw {sic) ^t^ivoQ A97ivato?. 
Philinos TAth^nien k Jupiter Naios. 

Plusieurs personnages d'Athenes ont porte le nom de Philinos. 

Parmi eux il y a un cotrierarque de Demosthenes (Mid., 161), 
xal auvTpi';Qpap;(^o? tiv jxot cjH^tvo^ 6 Ntz-oaxpaTou , et un orateur cit6 
par Ath^nee (X, 425 6), a)(; 6 pTQXwp cpr.al OtXtvo? ev t^ KpoxwviSaiv 

PI. XXIV, no3, l.o,ii. 



44 catalogue. 

12. Petite phi ale. 

EUe porte cette inscription autour des parois int^rieures : 

AuTayaO'-Sa^ Act Natcp 
AuTO}cpaTiSa; At {sic) Naw {sic). 

Autagathidas a Jupiter Naios. 
Aulocratidas h Jupiter Naos. 

La ressemblance dans la formation des noms d' Autagathidas 
et Autocratidas semble indiquer deux membres d'une meme fa- 
miile. II faut aussi remarquer la difference d'orthographe Al Naw 
et Att Naico, qui montre Temploi simultane des deux formes k 
I'6poque de cette inscription, laquelle, a en juger par la forme des 
lettres, est probablement le quatrieme siecle av. J.-C. 

PI. XXIV, n"* 4? diam. o,i4, h. 0,02. 

13. Petit vase (fragmente). 

II porte cette inscription autour et a Finterieur des levres : 

B7i(/.ato? <p\)Xkioq Au Nato) ^capov. 
Present de Bemaios, fils de Phylleus, k Jupiter Naios. 

PI. XXIV, n** 5 et 5 bis^ h. 0,07, diam. 0,07. 

14. Bandelette (xaivta); elle doit avoir servi, soit comme dia- 
d^me d'une statue, soit comme ornement d'un vase ou de quelque 
autre ex-voto. 

Elle porte cette inscription : 

TlcLktlq Alt Naci). 

Les Fallens k Jupiter Naos. 

[laXTi 6tait une ville de Tile de C6pball6nie. 



EX-VOTO EN BRONZE AVEC INSCRIPTIONS. 45 

IloLkti<;y Y) TerapriQ KtffOLXkri^ta^ p.oipa. (Paus., VI, 15, 7.) 

nXTjGiov 4' ei<7i Twv (rrevwv ev x6>.ir(j) Kpaviot te jcal Ilx^er;. (Strab., X, 2, 18.) 

PI. XXIV, n^ 6 et 6 bis^ diam. o, 1 1 , h. 0,02. 

15. MmoiR. 

L'inscription suivante en tient toiite la surface : 

rioXu^eva 

Tays 

V (sic) avTtOYi 

Tt TOl Ai 
Polyxfene a d6di6 ceci et de Targenl k Jupiter. 

L'orthographe de cettc inscription indique le cinquieme siecle 
avant J.-C. 

Dans la traduction , je considere le v comme euphonique. On 
pourrait pourtant y lire Tayev pour TayiQv = xara StaTayriV, comme 
z\))[7i^ pour xaT z\))(Jiy. 

PL XXV, n"* I, diam. 0,1 3. 

\6. Grand vase, ayant la forme d'un ascos; il reposait sur un 
support rond figurant une petite lampe allumee. 

n porte sur le bord interieur du versoir Finscription suivante : 

Eto aycovoOera Ma/^dcTa IlapOatou Att Naou (sic) y»cd Atova {sic). 
A Jupiter Naos et k Dion^, Machatas le ParthSen dtant agonothbte. 

L'emploi des mots Naou et Atova, au lieu de Naot et Awiva, me 
parait une faute du graveur antique. 

Le fils de Charops premier, un des personnages les plus impor- 
tants de I'fipire, au second siecle av. J.-C, portait le nom de Ma- 



46 CATALOGUE. 

chatas. Charops 11 , alli6 des Remains et c61ebre par les persecu- 
tions qu'il a exercees contre les fipirotes, etait fils de ce Machatas. 

OuTo; (6 TTpecS'JTcpo; Xapo^J^) utov e-Tye Mayaxav, oil Xapo^ eyeveTO. (Polyb., XXVII, 
13, 3.) 

FvcocTY.v &e TV); TzicTtio^ TTapeij^ovTo xat PeSaiwTTjv Xiporx tov Maj^otra^ rpwTeuovra 
[/iv 'IlTretpwToJv, eCfvouv 8e 'PcojjLaioi; ovTa xal xpu^a ^oSw to'j $i>>t7rrroii CTivaycovi^of^vov. 
(Plut., FiV^B n/iIV.) 

Le nom riapOaiou n'cst probablement qu'une forme differente de 
ITapOivou, et indiqiie le pays d'origine de Machatas. Les IlapOTvot ou 
IlapOriVot etaient un peiiple habitant au nord de Tfipire et consider^ 
tant6t comme Epirote, tant6t comme lUyrien ou Macedonien. 

MtjS* elvxi 'PcojjLatou? xupiou; Kepxupaicov^ (jltqS* *A7ro>.^a)viaTwv xal *E7:i^ajjLVi«v, [xyj& 
4>xpou, [X7)^e AtjjLaXn; seal IlapOtvcov, pLT<^' 'Arivravix;. (Polybii VII, 9, 13.) 

To ^e Auppayiov ev ttj y*0 t^ rpoxepov piv 'lX>.upuov Taiv IlapOiQVcoVy vuv &c xal tote ye 
ft^'/i Maxe^ovia; vevojAicaivri xetTat. (Dionis Cassii XLI, 49.) 

Ty;? yap 'ExiSxavoii xxi Tvi; *AT:o>.>.(ovtX5 ftey^pt tcov Kepxuvioiv uTcepotxoDai Bi»>.^iove; Te 
xxi Tau>.avTioi, xxi JlxpOTvoi, xxt Bp'jyoi. (Strab., VII, 7, 8.) 

PI. XXV, n"* 2, h. o, 34, circonf. 0,72. 
Le n"* 2 bis de la meme planche represente le support du vase. 

17. Vase tout a fait pareil au precedent. L'inscription de ce 
vase est correcte aussi pour les mots Naot et Atwva, dans lesquels 
rinscription de Tautre conlient une erreur du graveur antique. I^e 
graveur moderne de la planche a reproduit ici par erreur la faute 
du vase precedant en gravant Naou au lieu de Naot. 

PI. XXV, n^ 2 for. 

La forme des lettres des inscriptions des deux vases est du 
deuxieme siecle avant notre ere. 



EX-VOTO EN BRONZE AVEG INSCRIPTIONS. 47 

18, Petit gandelabre (fragments). 

II porte autour de sa base inf6rieure F inscription suivante : 

rXauKwv Alt Nato) Aiaiviq. 

Glaucon a Jupiter Nai'os et h Dion^. 

PI. XXV, n«3et3Ai>, h. o,i4. 

19, Petite roue, 

EUe porte cette inscription : 

^(peXicov AQpoScTO. dve9iQx,e. 
OphSlion a A6ii& k Aphrodite. 

PI. XXVI, n^ I, diam. o,ii. 

20. Deux fragments de bandelette, qui s'adaptent bien et por- 
tent une inscription indiquant un monument public 61ev6 apt^ds 
une victoire navale : 

Les lettres de cette inscription sont du cinquieme sii^cle avant 
notre dre. II est a regretter que le nom du peuple vainqueur ne 
soit pas eomplet. ' 

PI. XXIV, n» 2, 1. o,i6. 

21. Petite pmALE. 

EUe porte au fond une inscription laissee probablement inache- 
v6e par celui qui en avait commence la gravure : 

Aicovqp i% 
A Dioii6. 

Pi. XXVI, n'^S, diam. o,ii, h. 0,02. 



48 CATALOGUE. 

22. Anse de vase, figurant uii mascaron de lion. Un fragment 
du vase (en plaque de bronze mince) y est encore attach^ et 
porte les lettres suivantes, restes d'une inscription d^dicatoire h 

Jupiter : 

tc Aio. 

PI. XXVI, n^ 4 et 4 bis, h. o,i4. 

23. Grand anneau sur lequel est ecrit le mot 

Force. 

PI. XXVI, n^6, diam. o,o5. 

24. Couvercle d'un petit vase portant h la surface superieure 
ces deux lettres : 

p a 
PI. XXVI, n^'y, diam. o,o5. 



Cinquieme categorie. 

45 Inscriptions et fragments d'inscriptions sur des plaques 
de cuivre et de bronze ay ant a peine une epaisseur d'un demi- 
millimetre , et la plupart mai conserv6es. Parmi ces inscriptions, 
il y a des decrets de Tassembl^e des Epirotes, emis pendant le 
r6gne des fiacides, et d'autres apres T extinction de la royaute, qui 
conferent la dignite de proxenie, le droit de cite en fipire, des 
franchises, etc., et des contrats d' achats, d'affranchissements d'es- 
claves, etc. Tons ces actes avaient ete deposes dans le temple de 
Jupiter Naios, conform6ment a Fusage generalement pratiqu6 par 
les Hellenes, de donner a leurs conventions plus de publicite par 



INSCRIPTIONS SUR PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 49 

le dep6t qu'ils en faisaient dans nn temple, et de les revetir ainsi 
d'un caractere sacr6 qui rendait plus certaine leur execution. Une 
partie de ces inscriptions ont et6 trouvees en fragments, que j'ai 
rassembl^s et rajust^s *. 

1. Inscription au pointill6 sur plaque de bronze. 

0eo? Tu/^[a] [K]>.eo(JLd;(^(o ATcvxavt ol ou- 
{jLfxa/^ot TO)v ATueipwTav sS(0)cav e- 

TTi PaatXeco? Nsotito- 

ItzI 7up6aTa (sic) Aepxa Mo- 

Acte par lequel les allies Epirotes accordent des droits de franchise en Epire k 
i*A.tintanien Cl^omaque sous le rfegne de N6optolfeme, fils d'Alexandre; Derca 
6tant prostate des Molosses. 

II y a deux rois d'fepire qui portent le nom de Neoptol^me. L'un, 
c'est le pere d'Olympias, mere d'Alexandre le Grand ; il a r6gn6 
vers le milieu du quatrieme siecle avant J.-C. (Diod. Sic, XIX, 51 , 
6.) Ce N6optoleme, etant fils d'Alc6tas, ne pent pas etre celui de la 
pr6sente inscription, qui est fils d'Alexandre. (Pans., I, 11, 1.) 

L autre Neoptoleme, qui est probablement celui de cette ins- 
cription, a regne vers la fin du quatrieme et le commencement 
du troisieme siecle, seul et avec Pyrrhus, par lequel il fut mis h 
mort vers I'an 295 avant J.-C. (Pint., Vitce Pyrrhi V.) 

Neoptoleme ^tant nomme ici seul roi, I'inscription doit etre an- 
t6rieure ^ son association avec Pyrrhus. 

* En dehors des quarante-cinq inscrip- hesou des lettres'isol^es.Malgr^mes efforts, 
tions gravies, j*ai trouv6 aussi plusieurs je n*ai pas purajuster ces fragments de ma- 
fragments qui ne contiennent que des sylla- ni^re \ former quelques mots intelligibles. 



50 CATALOGUE. 



La mention d'un prostate (protecteur) des Molosses, comme un 
chef 6pohyme a c6te du roi, confirme ce que disent Aristote et 
Plutarque du earactere tempore de la royaut6 chez les fipirotes. 

Aia yotp 'TouTO (5ia to ttjv ^x<5\kti7M ayeiv iiii to (/.eTpiwTepov) xal v) wept MoXottouc 
wo>.uv j^povov paGt>.eia 8i£[«ivev. (Arist., Pol. V^ 9. 4, ap. Miiller, Fragm. hist, gr., 
t. II, p. 148). — (Plut., Vit3e Pyrrhi V, voir page 3, note 1.) 

II y a plusieurs fautes du graveur antique : Tupoara. pour Ttpoa- 
TaTa. Les mots >oat evTsXetav, qui devaient etre places apres dxe- 
>.etav, doivent avoir ete oubli6s, et ajout6s a la fin. 

PI. XXVII, n^ 1,1. o,2o. 

2. Inscription au pointille sur plaque de cuivre*. 

[A7Us]Xuaav Tpuiuwva TOtSe ^evt- 
[)c]a[t x.p]t«t ©eoSoTO? k)^t^i}XfXjpq 
2-a . . u 0aYa>.atOo; Sevuq. MapTu- 
peq Mo^oaadiv AvSp6)cxa? AwSw- 

Swvato?, ApatT^o; Aco^covato;, kr^Cktiio^ A(o- 
Swvato?, Kpatvu? ^otvaTO?, AfxuvavSpo? Aco- 
Swvaio?. ©peauwTciv (5/^) ol$e Adxtfio? Aaptaaio?, 
Ileidvapo; E>.eato?, Alevav^po^ Ttato<; A>.e^a- 
vSpo? Ttato?, Aetvwv ©o^ou^^dpou, 4>t>.iT:iro?, 
^t>.(ov, OvdTTspvo?. ^Tcl irpo<JTdTa Ot^o^- 
evou Ovouepv[ou Ato?] Ndou Aicova;. 
Pl.XXVU, n^2, 1, 0,23. 

3. Inscription au repouss6 sur plaque de cuivre. 

[BaadeuovJTO? [AXje^dvSpou, 67c[t] 
[Ss 7cpo(jTdTa] Mo>.o[aad)]v 

* Cette inscription a kik compl6t6e par M. Egger de la mani^re la plus heureuse (voir 
Annexe B). 



V 



INSCRIPTIONS sua PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 51 

A ^i(t[to]il6l)(o\j 6{JL^a- 

[Xou iizl Ypajx]{xaTe[o(; S]e MevsSajJiou 

[eS]o^e T[a]V vAkyinia. [sic) Twv 

[AiretpcoTav] Ktiqctwv euepyeTa? e- 
[cov StaTe)vet] Tzokziztioiy (sic) Kttqcjo)- 
[vt SoDvat x.al] yevsa. 

D6cret de Tassemblfie des fipiroles , conKrant le droit de cit6 k Ctfison et k sa fa- 
mille^ 6mis sous le rfegne d' Alexandre; Aristomaque 6tant prostate des Molosses. 

Le plus c61ebre des rois d'Epire qui porterent le nom d' Alexan- 
dre est le fils de N6optoleme, le frere d'Olympias, qui fut tu6 en 
Italie, vers 332 av. J.-C. (Diod. Sic., XVI, 91, 4.) 

Pourtant, d'apres la forme des lettres, cette inscription parait 
moins ancienne que celle sub n"" 1 . II est done probable qu'il s'agit 
ici d' Alexandre II, fils de Pyrrhus, qui a regn6 dans la premiere 
moiti6 du troisieme siecle avant notre ere. (Pans., IV, 3S, 3.) 

Le meme nom du roi Alexandre se repete k Finseription sub 
n^23. 

Pi. XXVII, n« 3,1.0,17. 

4. Inscription au repouss6 et au pointille sur plaque de cuivre. 

[0]eo? TuM 
[0£]6Sa)pov 2TO(xtou Av- 
. . OiTi Moko<7(jol ii:p6^ev- 
[ov] sTToiTiaav auTOv xat [a]- 
[Te^etav] )cat dacpaXetocv Iv 
[A7uetp]a> auT6) xal 6)c[y6]- 
[votg e$(o>cav e](x ^o^efxco [xal] 
[£v etpava]. 

D6cret des Molosses accordant la dignity de proxfene et les privileges y attaches 
k Theodore, fils de Stomios, et k ses descendants. 



52 CATALOGUE. 

Un fragment d'oraement, qu'on voit au-dessus de rinscription, 
indique que sur la partie brisee de cette plaque il y avait une 
representation au repouss6 d'un sujet que le fragment conserve 
ne suffit pas a determiner. 

PI. XXVIII, n^ 1,1. 0,2 1. 

5. Inscription au pointille sur plaque de bronze : 

[0£o;] Tu/^a ayaOa 
[ItzI TcJpoaraTa Aeu- 

V iTUTUoaQeveoc;, Tei- 

vto?, eSo^e Tot; 
MokoatTolq -rcpo- 
^eviav Sofxetv 
Tot? A)cpaYavTi- 
vot;. 

Cette inscription contient un fait interessant pour Fhistoire de 
la prox^nie, et dont il ny a pas d'exemple connu. Les Molosses 
accordent le titre de proxene, non pas a un individu, mais k tons 
les citoyens d'Acragas (Agrigente). 

PI.XXVIII, n«2,I. 0,16. 

6. Inscription au pointille sur plaque de cuivre. 

SiScoTi • . • • 

atxa iizl izokoL (sic) 



INSCRIPTIONS SUR PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 53 

ocTuavxa apou- 
pav, Ayxoaao) 

aOepiw ajjLTce- 
Xou?, riapxdTa 

0t)c67U£S0V 

[Mv]aacovo5 
[Kt]XatOou. 

Acte de donation de divers immeubles donnas h trois personnes par les villes 
alli6es (de Ffipire). 

Par erreur le graveur antique a 6crit Twpoorra an lieu de TcpoaTaxa. 
Pl.XXIX, nM,h. 0,23. 

7. InscriptioQ au repousse sur plaque de bronze : 

[060? Tu^a] 
[2Tpa]TaYo[0vTo; ATCet]po>- 
[rav A]vTtv6o['j] • . . . too Xa- 

01:10 VtOXOQ 

Ae^avSp[ou] . . . [Sweat] wjjLa 
Ypa^a[(JLevou 7:o]tI Tav ex- 
yX[ri(j]ioLy [AajJiapyJou toO Aa- 
(Jt.e[a] k'/j)Li[o\} )cal aijTouas- 
vou 'TCO>.iTe[iav eSoj^s TOiq 
ATceipwTai; [7i:o>.tTa]v er^xev 
[A]ajxap;(^ov [A;^aio]v 3ca- 
[t] ojjLotov Tot? [aXXoic AtcJsi- 
porrai;. 

Dicret de Vassembl6e des ^irotes, pendant la strategic d'Antinoiis, conKrant le 
droit de cit6 h TAchien Damarchos, fils de Dam^as. 



54 CATALOGUE. 

Le stratege Aiitinoiis 6tait un personnage distingue et un des 
derniers g6neraux de Tfipire. II 6tait k la tete des fipirotes avec 
Theodotos et C6phalos, lorsque les Romains entreprirent leur cam- 
pagne centre Persee, roi de Macedoine (vers Fan 170 av. J.-C). 
Accuses par Charops le jeune d'etre ennemis de Rome, ils s'al- 
li^rent avec Persee et tomberent en combattant centre les Ro- 
mains pour Findependance de leur patrie. 

Ta; [Jiev o'jv ap^^a; oO^el; xv aOrou (de Charops) \6yoq' ilV oi irpoxxT^^^ovTc? xal tai? 
•f;>.ixiai; xal Tai; ^o^at;, oi xepl tov 'Avtivouv, eycipi^ov Ta xotva xara Ta; auToiv yvcdjiLa^. 
(Polyb., XXVII, 13, 7.) 

MeTeppuj/av rpo; ITepaea to tc5v MoXottojv eOvo; xal 'Avxtvou; xal QeoSoTo; xal Kcopa— 
^o;, (JieT* auTcov • (oi tcSv TTpayfAaTwv) avTiTredOVTcov txi; eTriSoXai^ auToiv 6Xo(Tyep<o;, xal ire- 
pwnravTO? tou xtv^uvou, xal CTiveYyi^ovTo; tou SeivoO, iravTe? 6ji.6<ye yopviaavTe; toi; raoooaiv 
fltTU^Oavov ygvvaicog * ^lorep a^iov eTuaivetv tou; avJpa; ettI tw [at) 7rpoe(70ai (x.7i^4 irepii jeiv 
a^a? auTou; ci; ava^iav ^ladeciv ep-TucffovTa; to*j irpoyeyovoTo? ^lou. [Idem, XXX, 7, 2.) 

• 

Cette inscription ainsi que celles sub n"** 13 et 14 et celle sur 
pierre calcaire (pag. 114, n"" 2) nous apprennent qu*apres Fex- 
tinction de la royaut6, le chef des peuples allies de Ffipire, qui en 
etait aussi le magistrat 6ponyme, portait le titre de stratege^ et que 
la p6riode de chaque sirategie servait de chronologic pour les 
actes publics en fipire. 

■ La dignite de strat6ge doit avoir pris naissance vers la fin du 
troisieme siecle avant J.-C, lorsque Deldamia, arriere-petite-fille 
d' Alexandre, fils de Pyrrhus, morte sans enfants, a 16gue le pou- 
voir au peuple. 

A'/)i$a(JL6ia yap TY) IIup^ou (le troisifeme) TraiiJe; oix iyevovTo, aXXa (b; Te^euTav i^uXkt^y 
eiriTffiTTei tQ JY;|7.tp Ta 7rpiy|;.aTa. (Paus., IV, 35, 3.) 

En dehors des strateges, il y avait ^galement une autre magis- 
trature eponyme, celle des prostates (protecteurs), pour les Mo- 



INSCRIPTIONS sua PLAQUES [DE BRONZE ET DE CUIVRE. 55 

losses, et probablement aussi pour chacun des autres peuples de 
rfipire (voir les inscriptions sub n""' 5, 6, 8, 11, 12, 14, 15, 19, 
24, 25, 28, 29 et 31). Cette dignite existait de m^me sous les 
rois fiacides (voir les inscriptions sub n*** 1, 3 et 23). 

Tant sous les rois que sous les strat^ges, il y avait aussi en 
fipire la charge des secretaires (ypafj^fjiaTeuovTe?) . Ceux-ci prenaient 
rang imm6diateiiient apres les prostates , comme Tindiquent les 
inscriptions sub n*^^ 3, 23 et 30 et celle gravee sur pierre 
(pag. 114, n^ 2). 

Cette hierarchic nous doime les principaux elements du gou- 
vernement et de T administration sup6rieure de I'fipire pendant la 
rpyaut6 et apres son extinction. L' identity des magistratures 6po- 
nymes sous la royaute et pendant la strategic, et d'une autre part 
Texistence, dans ces deux p6riodes, d'une assembl^e d^lib^rant et 
exergant conjointement avec les rois et les strat6ges le pouvoir 
souverain, nous fournissent une nouvelle preuve du caractere 
constitutionnel du gouvernement de Tfipire et confirment ce que 
disent Aristote et Plutarque (voir inscr. sub n^ 1). 

PI. XXIX, n"* 2, h. o,i2. 
8. Inscription au pointill6 sur plaque de cuivre. 

IIo[XuQevov £^e7i:piaT0 

[ajpyuptou. MapTupe^ 
AXe^avcop, FaxTtSa; 
..OTcaTo?, EuxWtSa?. 
[eJTcl vaiap^rou Meve/^ap- 
[(jLOu], iw. TCpoaamTa (sic) Mo>.- 



56 CATALOGUE. 



m, ' 



Achat d'un esclave Polyx6nos au prix d'une mine d'argent, M6n6charme 6lant 
naiarque, et Aghellys prostate molosse. 

Une marque ou im petit ornemenl precede le mot Ootvaxot. 

Le mot vatap/ou, etant au g^nitif, ne peut pas se rapporter aux 
noms des temoins qui sont tous au nominatif ; il doit done desi- 
gner un magistrat eponyme, et nous revele ainsi I'existence dune 
nouvelle dignite epirote, qui, par la composition du nom de naiar- 
que (vatapyou), indique I'archipretre de Jupiter Naios. 

n faut aussi remarquer qu'ici Aghellys est nomm^ prostate 
molosse au lieu de prostate des Molosses^ comme les prostates sont 
qualifies dans les autres inscriptions. La forme des lettres et la 
presence du digamma pourraient bien indiquer le quatrieme 
siecle comme date de cette inscription. 

Le graveur antique a ecrit probablement par erreur le mot Tcpoa- 
TttTa avec deux a; mais, cette erreur etant repetee dans plusieurs 
autres inscriptions, on serait tent6 de croire que c'est peut-etre 
une orthographe particuliere en fipire. Cette hypothese pourrait 
etre aussi justifiee par la prononciation prolongee du a, qu'on 
rencontre actuellement dans plusieurs cantons de I'fipire. 

PI. XXIX, n^ 3, 1. o,2o. 

9. Inscription au repousse sur plaque de bronze : 

at Natot 

[>cal At]cova 

PI. XXIX, n^ 4, 1. 0,12. 



INSCRIPTIONS SUR PLAQUES DB BRONZE ET DE CUIVRE. 57 

10. Inscription au pointing sur plaque de bronze : 

[0]£oc; [Tu]/^a dyaOa llo. . . . 

Oopjxtovo? fe/^£vi)ca AjJL 

^'kvjyjb} eXsuOepav a(p{£v[Tt au]- 

Tot ain' auToiv xal tcov £)cyo[v6)v au]- 

Tdv y.al Y£vo^ va Y£V£d?. . . [<I>op;J^i]- 

fjT.oq ;cat Aafivaydpa T£X 

covTt x.al <I>opjjt.to'3co; "jq Ba. . . . 

£<; Adyopoc Bari^w. . . . 

Xatvo; 2tjxia? K£>.a 

Acte traffranchissemeiit. . 

PI. XXX, n'' I, h. o,i4. 



11 . Inscription an pointille sur plaque tie bronze : 

Eto TZ^oaaroLTOL (sic) Mo-' 
>.oaa'o)v KficpdXou 11- 
£''a>.o; dcpTix,e HpaL>cJ- 
A£iSa^ 2to7raTpo[v] 
Tottxay^ov £^£uO£[p]- 
[o]u<; xal auTouq /c[at] 
[£)c]y6vou;. MdpT[u]- 
[p]£? n£X£(ov Xepa. . 
. . ? AyeXao? Mev. . . 
. . jxvo? AajXotTa?. X. • 
. . Spo? 0£uSoTO? X. . 



5S CATALOGUE. 

Actc d'affranchissement, Cephalos etant prostate des Molosscs. 

Cephalos etait un des trois generaux qui sont tombes en com- 
battant contre les Romains pour I'independance de FEpire- (Voir 
ee qui est note a Finscription sub n^ 7.) 

otx.iav, t6t€ ^e ^ti twv Trpay[AXT(ov Tivx-jaaG'JLevo; alpetcOat Ta toO Ilep^jea): 

. . . 6 ^e Ke<paXo;, Ta)Aa T£ ^poviao; xai cTaciao; avSpwro; xal xxTa to'j; xatpo'j; to'j- 
TO'j; e77t r?5<; apwTv;; ux/.pye yvwfxr,: (Polyb., XXVII, 13, 1, 10.) 

PI. XXX, n^ 2, h. o,i4. 

12. Inscription an pointille siir plaque dc bronze : 

[0eo? T]u/^a ettI '7rpo(iT[aTa] . . . 

. . . . ? AptaTO&o6>.a ;ca'- 

. . . . q <DtXiT:ov (^/c) eX80[6£pov]. . . . 

. . . av.. iMapTup£(; A 

10? Aajxiorjco; Ajxo. 
aapyt. . . . Aarx 



Acte d'airranchissement. 

PI. XXX, n^ 3, 1. o,i4. 

13. Inscription au pointille siir plaque de bronze 

AyaOa Tiiya 
STpaTayoOvTo; ATreipcoxav Av- 



INSCRIPTIONS SLR PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 51) 

e>euOspav OtXtarav Net- 
>cavSpo; AvspoiTO, TaXat- 
dv dxexvo?, MdpTups? Ao- 
>ci{jLo; Boiaxou, Eupuvou; 
A£p)ca, AvTto/^o? Meve- 
cpuXeu (^/c), Avopox.0? Ni>co- 
[xd/ou, Ta>,atdvi(;, Bo- 
1(7X0? Netzdvopou Ottou- 

0?. 

Acte d'affranchissemcnt pendant la strategic d'Androniquc. 

Par erreur, le graveur antique a ecrit Akveqpj^is'j au lieu de Msve- 
tpuXou. 

Nicandre, qui affranchit Philista, ainsi que les temoins, a Fex- 
ception du dernier, sont qualifies de TaXatavs^;. Get adjectif indique 
certainement leur pays. Je n'ai pu trouver dans aucun auteur grec 
une con tree ou une ville de I'fipire portant le nom de ToIol on 
Td^aia, dont deriverait Tadjectif TaXatdv. Je pense done qu'il 
s agit ici d'un pays d'Epire dont nous ne connaissons pas le nom. 
(Serait-ce une autre forme dialectique ou la veritable orthographe 
des Td>,ap£(; de Strabon ?) 

La meme observation est applicable a plusieurs autres noms de 
pays mentionnes par mes inscriptions et que les auteurs grecs ne 
citent pas; par exeuiple : 

OtcoOo?, de la presente inscription, 
Tialo?, de Finscription sub n"" 2. 
KokTzoLf.oi; , de I'inscription sub n"^ 14. 

PI. XXX, nVf, h. 0,17. 



60 CATALOGUE. 

14. Inscription aii pointillc sur plaque de bronze : 

AyaGa Tu;(^a. ilTpaTayoOvT- 

o; AT^eipwTav Auaavta Kaptozou 

TTpooraTS'JovTO!; IM o>.o(ra(bv Vj/iKolom 

riapcopou^ d(p7)5C£ AvTiSoAo; Ntxavopoq Ao- 

eaaToq eAeuOepov AvSpofJisviri tov auToO 

[axjexvo; cov. Mapxupe; AY£>.ao? ATt6//ju (^/c), Auxocppwv 

[AT]t6/^ou, As^avSpoq KeyaXou, AY£>.alo; 

.... ty-arou, Ko>,7:atot. 

Les slrateges^ Lysanias, de cette inscription, et Andronique, de 
I'inscription prec6dente, ne sont pas connus. Je n'ai trouve leurs 
noms dans aucun des auteurs anciens qui parlent de TEpire , et 
je pense que ces inscriptions sont Ics seuls documents qui prouvent 
leur existence. 

PI. XXX, nV5, 1.0,19. 

15. Inscription sur plaque de bronze presentant un melange de 
lettres au trait et d'autres au pointille : 



0.1 

[7upo(TTaTs]6ovTO? SaS'up 

. [Mo>,o](ja(Sv Ovo7;;epvou . . . 
. Tou A(/.0{/.v(ov Ae$[dvSpo'j]. . . 

. . cpiTiTi FecSuq 

[eXjeuOepov tov a[uToO]. .... 
. [MdpT]up£q S 

. . . r£>,ci)v 

. . • . oq Eup(07U'-[o?] 



INSCRIPTIONS SUR PLAQUES DE BRONZE ET DB GUIVRE. (51 



aio? 

IP 

Fragment d'un acte d'affranchissemcnt. 
PI. XXXI, n** I, 1. o,iii. 

16. Inscription sur plaque de bronze au trait et au pointille 

CO. oi^ca 

TUtpCi) 

OVT 

[iyajea Tu/a 

fXTf.. [KXjsoTuaTpa n. . 

.... [!Mo>,]oaao'. Ofx^pa^e? Xtfxo- 

[>.toi] [xji iSta G-tojjLaTa yuvai- 

[x.0?] apa ol? ovojxaTa 4>t.>.(0(x- 

ava eAeuGspa. MdpT- 

[ups?]. . . . [Djauaavia^ ExTWf* AvSp- 

[EjjcTopo;, AX)ci[&.aSYi?] 

? N'//.av ApcpiStT (?)... 

..... [M]£V£Aao'j Mo>.oaol (^iV) 
. . . [0{x^a^]£q X i{JL(o>,iot . 

Fragment d'un acte d'affranchissement. 
Pi. XXXI, n^ 2, h. o,i3. 

17. Inscription au pointille sur plaque de cuivre : 

[AyaOy] Tu]/^yi. Bao'rA£uov[To;] 

Y*ti^ Se A[Jt.uvavSpo[u] . a. . . . 

\\c, KavOapav e>.[euO]£pav. ... 



62 CATALOGUE. 



[aTcaJvxa /^povov [jlt) e5£(X(rr[t] (sic). 
. aa? KpaTspaiou 0'JYaT[epa]. . . . 
[aOjxac Y) xa? yevea? 

- . . [vJdjJLOU? TCOV to 

• . . auTol xat Ye[vea] 

. . [ajuxa? Y) eYY6vo)[v] 



Fragment d'acte d'affranchissement. 

Le nom d'Amynandre rappelle iin roi connu des Athamanes, 
qui, au commencement du second siecle avant J.-C, jouerent un 
des principaux r61es parmi les peuples de TEpire. 

xoTcov, xxl (JLfiT* 'AjAuvavJpo'j ToO pa(ii>.e<o; A'Jvxuliv xxTaa3C6ux9a[iLevoi. (Strab., IX, 4, 11.^ 

''On raXaicTY/; Tt; 'A6x[i.iv to yevo;, ulo; Se 'AjxuvavSpo'j to'j ^eSxai^euxoTo; 'AOxjjlxvcov, 
yevei xxt tt^o'jtw xxi S6$Tp iro^u irpoeywv twv ojJLoeSvfeiv Eyevero f iXo; nToXej;.xioii toIj ^i^o- 
[x/Topo; (Diod. Sic, XXXIII, 20.) 

Pourtant T^tat de Finscription, qui est tres-fragmentee, ne me 
permet pas de dire si le nom d' Amynandrc se rapporte de quelque 
maniere au mot Paa'AeOovTor. 

PI. XXXI, n«3, l.o,i2. 
18. Inscription au pointille sur plaque de cuivre : 



ev S 



'^g •i/S\i9i 



• •• b»«»«c VcVSOC* • • • • • 

. . * [Ka]v6apaq (XYjOeva (sic) ymtol. 
• • . [sXjeuOlpa? etav (sic) Ss Tiq £^a. 






INSCRIPTIONS SUR PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 63 

yevea yiveaOw xam v6(i[ou?]. . 

{xsvwv fjLTiTe ZTTQjxaTa a>,>,[a]. . 

aav yj aura? KavOapa?. . . . 

• • • • •X\ZfXJ*m' 

Fragment d'un acte d'affranchissement. 
PI. XXXI, nM, 1. o,i3. 

19. Inscription au pointille sur plaque de cuivre : 

[iVl]sv£>,ao[u]. . . . 

ov d7r£>,u[a£v] . . 

. . [eTui] TupoaTaxa TCoXtx- 
[eta?] ^£cSo>,aou. Map- 
[xjupec, ApfJLsvo?, A)i^- 
av$po(;9 AvS. . . . 

AcoTCotX'jo; . . . 0? 
Actc d'affranchisscment. 

Le mot Xuae'tTptov , dont le commencement se repete aussi a 
inscription suivante, pourrait etre iin mot local synonyme de 
>.uTpov = raugon, 

PL XXXII,n^i,h.o,i4. 

20. Fragments d'inscription au pointille sur plaque de bronze* 

PI. XXXII, n^si, li.o,i/|. 



6i 



CATALOGUE. 



21. Fragment d'inscription au pointille siir plaque de cuivre : 




. . V dY(j)voOc[TojivTo;] 
[Av]Spo{/.a/^ou 

[t]c5v 0£<77i:p(OT[o)v] 



. . Toi Naixot £U. .. . . 



£/-a 



Ce fragment nous fournit un nouveau nom d'agonothete pour 
les jeux Naiens, eelui d'Andromaque, qui etait probablement un 
Thesprote. 

PI. XXXII, n« 3, 1. o,o5. 

22. Fragment d'inscription au pointill6 sur plaque de bronze : 

0S9; T'j/^a. Iffxfvio? Aua[avta]. . 
tova Epjxcov nTo[>.£{xaiouJ. . . . 

^£vi x,at Au<7i[x[a/w] 

MapTup£?, A'^i\[pLOc]. . . . 
. . 'kKJioi AafJLo; 

PI. XXXII, nVi, I. II. 



23. Fragment d' inscription au pointille sur plaque de bronze : 

[EtiI pa(n>.£(o]^ x\>,£^[av&pou, iizl Tcpo-] 

[(TTaTa ]MG>.oa]a(ov Ha/^ 

[Ypaa{jLaT£uo]vTo? Ss 2;u[v£Spot;]. . . 

.... [to 5C0lV0]v TCOV iMo[>,00'(Tdiv]. . . 
.... [SlStOTt] 7C0>.£T£'.aV [s?c)* . . - . 

PI. XXXII. n^ 5, 1. 0,07. 



INSCRIPTIONS SUR PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 65 

24. Fragment d*inscription au pointille et au repousse : 

[Eto TcpodTotTa Moj^oaatov 22 

yevst ©paa 

. vTi £v A(oS[(li)va]. . 

a; e$(oxe. . . 

V TuoXtxepav]. . . . 

Tov (£7t[avTa]. . . . 

PI. XXXII, n^ 6, h. o.o8. 

25. Fragment d* inscription au pointill6 sur plaque de cuivre : 



axop 



auTol )cac cl. . . . 



iizi 'TCpoGTaLTaJ. • . . 

o:; Si(s)>.ea [AvTt] 

o/oq 6ptaT[7i(;.^] 

op(i)v eTCi 

[0e]6? Tu;^a 

Pi. XXXII, n^ 7, h. o,ii. 

26. Fragment d'inscription au pointille sur plaque de cuivre : 

PI. XXXII, n« 8, h. o,o6. 

27. Fragment d'inscription au pointille sur plaque de cuivre : 

PI. XXXII, n^ 9, 1. o,o3. 

28. Fragment d'inscription au pointille sur plaque de cuivre : 

A(o$- 

[ScovTiv] Twvo;, irpoa- 

[xaxa] [Kt]Xat6ou Map- 

9 



6(i CATALOGUE. 



[xups^] (jzol[lSuz Kzk' 

zioLq K'AaiOo?. 

PI. XXXIII, n^ 1,1.0,07. 
29. Fragment cVinscription an trait sur plaque de bronze 



o-s Tuy^o. [eSo^e TOt; A]- 

TOfwTat? (sic) [Sojxe]- 

tv auTo[tc] [e]- 

utYa(xi[av] 

(TOikoc; £ 

AXkoq [^irX 7:]- 

po7T[aTa] 

PI. XXXIII, n^ 2, h. 0,06. 

30. Fragment d'inscription au pointill6 sur plaque de cuivre : 

? tlJTZkz. . . 

pvou KapTa- 

ou Ypa(jt.(jt.a- 

[xeuovTo?] ayevuatou. 

PI. XXXIII, n« 3, I. o,i3. 

31. Fragment d'inscription au pointille et au repousse sur 
plaque de bronze : 

a 

. . . [ItzI TcpodTaTa Mo>.]oa(Tojv 

xTavo 

av ]Mo 

[>.o(X(xot] [Tc]o>,tT£t[av] . . 



r 



INSCRIPTIONS SUll PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 67 

< [nap]o)poj 2 

G). 

PL XXXIII, n« 4, h- o,ii. 

32. Fragment d'inscription sur plaque de cuivre contenant un 
acte d'affranchissement. 

PI. XXXIII, n^5, h.o,io. 

33. Fragment d'inscription sur plaque de cuivre: 



[7Co>,t]T£tav 0eu- 

[SoTo;] o; Maxe- 

[S6v(ov] V x,al o{jLot- 

M 

Le nom de Theudotos et des Macedoniens pourrait rattacher 
['inscription dont provient ce fragment aux fails racontes par Po- 
lybe et mentionn^s a 1' inscription sub n"* 7. 

Pl.XXXIII,n^6, 1.0,07. 

34. Fragment d'inscription au pointille sur plaque de cuivre. 

PI. XXXIII, n» 7, h. 0,08. 

35. Fragment d'inscription au pointing sur plaque de cuivre. 

PI. XXXIII, n» 8 h. o,o5. 

36. Fragment d'inscription au pointing sur plaque de cuivre. 

PI. XXXIII, n» 9. 1. 0,06 

37. Fragment d'inscription au pointing sur plaque de cuivre. 

PI. XXXIII, n» 10, 1.0,06. 



68 CATALOGUE. 

38. Fragment d' inscription au pointille sur plaque de cuivre. 

Pl.XXXIII,nMi,l.o,o5. 

39. Fragment d'inscription au pointille sur plaque de cuivre. 

Pl.XXXni,n^ 12, 1. o,o3. 

40. Fragment d'inscription au pointille sur plaque de bronze, 

PI. XXXin,nM3, 1. o,o4. 

41. Fragment d'inscription au pointille sur plaque de cuivre. 

PI. XXXlII,n^ i4, 1. o,o5. 

42. Fragment d'inscription au pointille sur plaque de cuivre. 

Pl.XXXIII,nM5, 1.o,o3. 

43. Fragment d'inscription au pointille sur plaque de cuivre. 

PI. XXXIII, n^ i6, 1. o,o5. 

44. Fragment d'inscription au repousse sur plaque de bronze. 

PI. XXXIII, nM8, h. o,o3. 

45. Fragment d'inscription au repouss6 sur plaque de bronze. 

PI. XXXIII, nM9,l.o,o3. 



Sixieme categoric. 



84. Inscriptions entieres et fragmentees sur des plaques de 

plomb, d'une epaisseur variant entre 0",001 et 0"003 millimetres. 

EUes contiennent des demandes et des prieres adressees par des 



INSCRIPTIONS sua PLAQUES DE PLOMB. 69 

peuples et par des particuliers a Toracle de Jupiter Nalos et de 
Dion6, et quelques r6ponses de cet oracle *. Ces inscriptions, qui 
ne sont certainement qu'une faible partie de la collection qui etait 
conservee dans les archives de I'oracle , forment une s6rie unique 
jusqu'ici et des plus interessantes pour la science. Les demandes 
des particuliers out surtout un int^ret plus piquant pour nous. 
Elles nous fournissent un coin de la vie antique sans alteration et 
sans intermediaire. 

Plusieurs de ces lames sont couvertes d'ecriture des deux c6t6s, 
et d'autres contiennent jusqu'a quatre ou cinq inscriptions d'6po- 
ques differentes et parfois eloign^es. Quelques-unes de ces inscrip- 
tions sont tellement enchevetr6es les unes dans les autres que leur 
d6chiffrement presente des difficult^s tres-souvent insurmontables 
a cause de la couleur du plomb, de Fusure et des fissures qui 
existent dans les lames. 

M. P. Foucart a bien voulu me preter son concours pour la 
lecture et F explication de ces inscriptions, et nous n'avons neglige 
aucun effort pour donner les textes le plus fidelement possible. 
Chacune des pieces a et6 examinee bien des fois a Foeil nu et a la 
loupe. Nous n'avons pourtant pu lire que les inscriptions tracees 
sur les 42 lames reproduites en fac-siniile et en grandeur naturelle 
dans les planches XXXIV jusqu a XXXIX. 

II aurait et6 inutile de donner tons les textes mutiles , et nous 
ne transcrirons que ceux dont la lecture et Fexplication nous pa- 
raissent certain es. 

Le fac-simile des planches ne montre pas assez la difficulte du 
dechiffrement. La reproduction par la photogravure dans la plan- 
cheXL de quatre lames donne une idee de cette difficulte, et montre 

' Les inscr. sub n**" 9, 15 (nM bis) 25, 26 sub n** 27 et k celle de la PI. XL, n« 3, me 
et les petits fragments adherents k Tinscr. paraissentcontenirdesrtponsesderoracle. 



70 CATALOGUE. 

en meme temps Taspect reel de ces pieces. Le n"" 1 de cette plan- 
che reproduit rinscription grav6e en fac*simile dans la plan- 
che XXXVIII, n"* 2, le n*" 2 reproduit celle gravee dans la plan- 
cheXXXVn, n"" 4 bis^ etle n^ 4est une de celles qui n'ont pas encore 
6te dechiffr^es, ainsi que le n^ 3, qui represente une des lames 
doubles et adherentes dont il sera question a Finscription sub n"" 27 * . 

1. PI. XXXIV, n« I. 

[0ed)]t Tu/a ayaOa 
[67uep<i)Ta a izojkic d Toiv Tapav- 

[tivwv t6v A]ia tov Naiov )cai t- 

[av Auovav Tuept] OavTuy^taq (?) xal tc- 

[ept] .... pco 5cat Tiepl twv 

Dans la deuxieme ligne, nous n avons pas tenu compte des deux 
traits crois6s qui sont apres les lettres ^tc. 

La ville de Tarente consulte I'oracle sur divers sujets que la 
mutilation de Finscription ne permet pas de determiner. 

2. PL XXXIV, n^ 2. 

EireptOTWVTt TO JCOIVOV T(i)V . . . 

cov \i(t Naov kolI Aicjvav xa[Ta] 
Ti auTot; au{A7coXeiTeuou(jt[v] 
(jLSTa MoXoaa'ov da(pa>.7] t^* 

Exemple remarquable de Fecriture en caracteres cursifs. L'ins- 
cription est cependant anterieure a la conquete romaine. 

* Les seules inscriptions, h ma connais- ion a ddcouvertes dans le lemple de D6m6- 

sance, qui pr6sentent une certainc analo- lev h Guide, ct qui contienncnt des mal^- 

gie, non pas dans leur contenu, mais dans diciiouB (xaTdtSevjioi). (G.-T. Newton/A/iVror- 

leur ex6cution, avec ccUes de la pr6sente nassus^ Cnidm and Branchid(p, T. II, part. 2, 

cat6goriQ, sont les inscriptions que M. New- annexe III.) 



INSCRIPTIONS SUR PLAQUES DE PLOMB. 71 

Un peuple donl le nom a disparu, sauf les deux dernieres lettres, 
mais qui devait etre voisin des M olosses, demande h Toraele com- 
ment il pourra garautir sa sdrete en s'alliant avec les Molosses. 

3. PI. XXXIV, n^ 3 et 3 bis. 

Spoc >cat d yuva tw Aiet (sic) tw Ndto 5cat Ta Ai- 
wva Ttvt xa <p£wv (^eV), ri TQptocov, vi Sat{x.6vcov 

V Trpdao-otsv zal aOxol /-at d oi/CTidi^ /-at vOv 
5cai t; (*/c) Tov dTuavra /^cdvov. 

L' inscription est d'une lecture certaine. cpswv et (f^uovxe? sont des 
formes dialecliquos pour Oswv et O^jovts?. La forme des lettres et le 
soin d'ajouter W adscrit indiquent une bonne epoque. 

La demande adressee par Eubandros et sa femme ne porte pas 
sur une affaire particuliere ; elle a pour but de connaitre les sacri- 
fices et les vcBux qui pourraient leur assurer la protection des dieux, 
des demons ou des heros. 

Les mots era zoivi^Ta et iizl >cotv(ovTa, qui se trouvent aussi dans 
trois autres inscriptions de la pr6sente categoric (n""* 4, 7 et 16), 
paraissent etre un terme consacre pour les demandes adressees a 
Toracle par plusieurs personnes en commun. 

Sur Tautre face de la plaque (n"" 3 bis) est une autre demande 
adressee par un peuple ; quelques mots seulement sont intelligibles. 

Au commencement de la premiere inscription, en plus grandes 
lettres, ap, et a la fin ef{jL[e]v. 

A Textremite, et perpendiculairement a rins6ription de Fautre 
face, en plus grandes lettres, 6galement 

Euav 



72 CATALOGUE. 

C'est lie commencement d'EuavSpo?, nom du personnage qui adresse 
a I'oracle la demande de I'autre cdte. On pent en deduire qu'une 
partie des lettres et des syllabes isolees, qui se trouvent sur plu- 
sieurs lames, indiquent les noms des personnes qui s'adressent a 
I'oracle. 

4. PI. XXXIV, nM. 

0e6v T[0]/^av ayaOav 
e7r[t] >coiva)VTa toi K[o]p/.uGa[tot tg) At tw] 
Naoj xat Ta A[t]wva tiv» x.d [Ostov fj 
iQpcooiv Guov[t]s(; 5cat eu/^[6(jLevo'.] 
ojxovootev i\iz]i TcoyaOov. 

Demande des Corcyreens sur les sacrifices et les voeux a faire 
pour obtenir les bienfaits de la Concorde. 

5. PI. XXXIV, rr'yclb bis. 

[Eto x,oivoiVT]a Kopx[upaiGi tw At tw ISaco] 
[xat Ta Auova Tt]vt x.d Oeoiv [tq "i^pcocov OuovTe? xat] 
[eu/^6u.£vot 5caA]>.to-Ta x,at a[o'(pa>£<JTaTa x.al] 
[vOv /,at s'jisiTa] Fot>clo'.£[v] . 

Autre demande des Corcyreens, qui se restitue d apr^s la pr6- 
c^dente et les for mules analogues. 

Au revers (n^ ^ bis)^ le monogramme A. 

fi. PI. XXXV, n^ I. 

[tov] Ata Kat ttiv AtcovTiv 

TOV Osov e7wepci>Ta 

sx TT)? yuvatKd?. 



INSCRIPTIONS SUR PLAQUES DE PLOMB. 73 

Inscription complete k droite, bris6e a gauche ; elle etait com- 
pos^e de trois lignes. II n'y a aucune des formes dialectiques 
que pr6sentent la plupart des autres inscriptions, Elle est cependant 
aussi ancienne; mais la demande est faite probablement par un 
Ath^nien ou un lonien des Cyclades. 

Dans r autre sens , il y a plusieurs lettres qui indiquent une 
seconde inscription effac^e. 

Au revers, il y a deux inscriptions; dans la premiere, dont 
nous n'avons que le commencement des lignes : 

H ziq E^tvav Tcepl s^o. . . . 
ri zic, Ava>tT6ptov . . . 
Ti TCcoXoOvTe? TOV. . . . 

Plusieurs consultants demandent k loracle de designer quel 
parti ils doivent prendre des trois entre lesquels ils h6sitent. 
fe^tva parait etre le nom d'une localite. 

Dans la seconde , a I'autre sens , nous avons la fin d'une de - 
mande. 

[ETCspwTa ] a Ttvt Oewv Ououaa 

[>cat eu/^o{JLsva a{xetvov] TUpaaaoi xa't z6Lq "^otroij 

Une femme demande Tindication des sacrifices a faire pour 
reussir k se gu6rir d'une maladie. 

7. PI. XXXV, n^ 2. 

[Tcp All Tco Natjco xal Ta Attova 2c«)x.paTyi? im xoi- 

[vTQTo. Tt xa] epya^dfJievo; Xonov /.at ajxetvov 

[Tcpaaaot auT]oq x,at auToi >cat yevea. 

10 



74 CATALOGUE. 

Sur Tautre face, quelques lettres l^gerement trac^es : 

[Eto xotvcuvJTa Ati }cai At[(ova] 

et en caracteres plus grands et plus profonds : 

« • . lot YsCfX afxa Ti ^syofxe; 

. • . . [tZ][xe? YV<i(jL6v TO aXaOe?. 

8. PL XXXV, n^ 3. 
Commencement de trois lignes : 

H a&Te(0{jt.ai tAv 



Tco^iTstav ItzI TauT[a]. . . 



TQ ToO ettnovTO?. 



Sur le revers, seulement la fin des lignes : 

Atoq ToO Na- 

[ou] TiG-aaGat et (xiij 

..... [auT]a> xal toL oc>c'yi(ret 

[TcdJTepa OtX6Tav xai 

yevetav xal 0tq- 

....... 6 -TuaTYip ev uav- 

[ti] V yevecxOat Toi 

(JLsv oTt aeV 



9. PL XXXV, n^ 6. 

[t6> 7ct](TT6uovTt Tt d[^]aGe[?]. 

La ressemblance de formes avec les lames de la planche XXXVIII^ 
n^' 5 et 6, et le sens de ce qui reste de I'inscription peuvent la 
faire classer parmi les r6ponses de T oracle. 



INSCRIPTIONS sua PLAQUES DB PLOMB. 75 

10. PL XXXVI, n^ I. 

^TueptoTeT Ayt? Ata Naov [>cal Aiwvav] 
UTOp Toiv oTpo)(/.aT(ov x.[al Tfiv Tcpoa]- 
/.e^aWcov, Ta d7C(o^oX[6V auTo;] 
ri Tdiv £$(o96V Tt? Av e)c[Xe<|^6]. 

Agis demande k Toracle si ses couvertures et ses oreillers dispa- 
rus ont ^t^ perdus ou vol^s. 

Au revers, les deux initiales du nom d'Aytq. 

11. PL XXXVI, n« 2. 

EpwTi] Auaa- 

vtaq Ata Natov 

)cal ATjcovav (sic) ri ou- 

X eoTt e$ auToO 

TO 'KatSaptov 

8 olv NuXa xuet. 

Lysanias demande si Fenfant que Nyla porte dans son sein n'est 
pas de lui. 

Des questions du meme genre paraissent avoir ^t^ adress^es k 
Foracle dans quelques autres fragments. 

Au commencement de la cinquieme ligne^ il y a un signe qui 
pourrait etre pris pour un symbole ithyphallique. II se pent aussi 
que ce signe ne soit autre chose que deux lettres ot, ^crites par 
^rreur et effacees au moyen de deux traits. 

12. PL XXXVI, n^ 4. 

.... Auaia; \ol[l6\%. . . * 

naerla; A[xa. ... 

at 7U0{Jt.iraTta (?).... 



76 CATALOGUE. 

II ne paralt y avoir que des noms propres , au moins dans les 
deux premieres lignes. 
Au revers : 

[060(5 vjyjx^^ ayjaOav. HdyzpoL Tuv/Javoitxt] 
sTav eaA^av oixea. • . . 

II est curieux de trouver dans cette demande le mot eaX^av qui 
figure dans une r6ponse de Foracle (pi. XXXVUI, n^ 6), etdontle 
sens est difficile a determiner. • 

Sur ce meme c6te, on avait grav^ deux autres demandes k une 
6poque differente ; quelques lettres de la premiere sont distinctes 
entre les deux lignes; la seconde etait tracee dans Tautre sens, 
et en traits moins profonds. 

i3. PI. XXXVI, n^ 5. 



Att Naco x,at A')n[a)va] 
Tiepl uyuta? auToO [xat] 
Toiv uTrap/^dvTwv [xal vOv] 
xai et? Tov eTuetxa [x,p]- 
6vov, Ttvac; Oediv [t]- 
^aciCojJLSvos ^totov 
Kal afjLStvov 7Upa[(r(70t]. 



Demande d*un habitant d'Ambracie pour connaitre le dieu dont 
il pourra obtenir la sant6 et la fortune. 

Sur Tautre face, quelques lettres d'une autre demande. 



INSCRIPTIONS SUR PLAQUES DB PLOMB. 77 

i4. PI. XXXVI, n- 6. 

ft <TU(XTOt9ov[Tt] 

auTw uuep t[o]- 
TupaYfJLOCToq o[v]- 
Tiva xa Tp67c[ov] 

5Ci(xov PeXTto[v] 
x,ai dc{JLeivov 
nuaTax,t(i)v (?) t(T- 
(jetxat (?). 

La formule usuelle du commencement semble avoir et6 omise, 
comme dans quelques autres exemples. La cinquieme ligne est 
incomplete; les deux dernieres sont d'une lecture incertaine. 

i5. PL XXXVII, n- I et I bis. 

H auTo? TzeTzaL[xhoq Totv iizoki obdcLy xat to X^P^" 
ov, Ps^TtojJL [xot >c' eiT) xai Tco^u &^s>eT60v. 

Inscription complete ; la construction est interrompue et change 
dans la seconde partie de la phrase. 11 n'y a pas Tceiupajxevo? au- 
quel on penserait volontiers, mais lueTuajxevo?, de tz6lo[loli (poss6- 
der). — i/izoki pour ev Tud^ei, comme IfiavTiveop pour ejjt, Mavxtveq:. 
dans une inscription d'Olympie (Arch. Zeitung, 1876, p. 48), et 
fconQ^Yi pour ev aTYi>.7i,.des decrets ath^niens. 

Le consultant demande a Toracle s'il y aura avantage pour lui 
a occuper en personne sa maison de ville et son champ. 

On remarquera la suppression de la formule d'interrogation et 
Fomission du nom de celui qui fait la demande ; il est probable 
qu'il n'a pas voulu se faire connaitre. 



78 CATALOGUE. 

Au revers (n^ 1 bis) : 

qu'on pourrait prendre pour la r6ponse de Toracle. 

i6. PI. XXXVII, n^ 2. 

0eo? Tu;^a AyaOap eicl] xovTQTap (^fc) tw Att tw Naa> xal] 
Ta Atcova •^{jlyiv . . .a K^apri 

17. PL XXXVII, n^ 3. 

[060? T(>)(OL ayaOa] iiCTudtxTpaTo? tco At tq Naw xal 

[to Aicova Ttvt xd Ge&iv 9u(«)]v ^wioy )cal a{i(xeivo{x lupdaooijJLi. 

Hippostrate demande a Toracle k quel dieu il doit offrir des 
sacrifices. 

II y a a remarquer dans cette inscription le changement de la 
construction, qui commence par la troisieme personne et finit par 
la premiere , la mutation de la consonne finale des mots l&'ioy et 
d(x{jL6ivov, et le redoublement du ^ dans ce dernier mot. 

La restitution de la par tie gauche est proposee d'apres les for- 

mules analogues. 

« 

18. PL XXXVII, n~4et4*2>. 

Tu/^a dyaOa. H TUY;(^dvot{xt jtd £(Jt.7Uopeu6(x.evo; 
oTzxjq xa Sox^ <rj(X(popov ejxetv xal dywv tt) >cd Sox*^ 
d(Jt.a TO "viyyoL ^peufievo?. 

Encore une demande ou le nom de celui qui consulte n'est pas 
mentionn^. Le consultant, en demandant au dieu s'il r^ussira dans 
son entreprise commerciale , ne dit pas non plus quelle est cette 
entreprise. 



INSCRIPTIONS sua PLAQUES DB PLOMB. 79 

Comme formes dialectiques, on remarquera, outre le xa pour 
olv, 07UUS pour o7cct>?; ejietv pour efvat, ttj pour J), ypeujievo? pour 
Xpa>[i.evo?. 

On voit les traces d'une autre inscription grav6e dans le meme 
sens en caracteres moins profonds; h la premiere ligne, on recon- 
nait: 

Tov Aia t6v A(o$<ovaiov. 

Dans le bas, quelques lettres de deux autres inscriptions en 
grands caracteres, dont Tune dans le meme sens et Tautre k lenvers* 

Sur Fautre face, (n"* 4 bis)^ on reconnalt au moins quatre ins- 
criptions trac^es dans tons les sens. Dans la principale, on lit 
plusieurs mots Isolds sans pouvoir retablir la signification de 
r ensemble. (Voiraussi pL XL, n'*2.) 

19. PI. XXXVII, n^ 6. 

Quelques lettres d'une inscription effac6e et une tete de serpent. 
Cest la seule lame de plomb qui porte une sorte de dessin. Aurait- 
il quelque signification comme demande ou comme r6ponse de 
Toracle ? 

20. PI. XXXVII, n^ 8. 

EirepcoTei AfxuvTa. . 
A[ta Na]Vov xal Aicovav 

[vov UTUsp To]0 TuatSo? 
ayaaaaOat (?) 

Un pere ou unie mere demande au dieu s'il y aura avantage k 
faire telle ou telle chose pour son enfant. 



«0 CATALOGUE. 

Le dernier mot est d'une lecture douteuse. 

Les lettres iy Xto, tracees plus legerement sous le nom d'A- 
mynta, sont-elles le reste d'une autre inscription, ou ont-elles 6t& 
ajout6es pour marquer la patrie de celui ou de celle qui interroge 
Toracle ? 

21. PI. XXXVIII, n~ I et I bis. 

EpouTat yXzo\)T(ti tov Ata xat xav 
Atcovav at eort auTot TupoSaTeuovTt 
dt)vatov xat (ocpsXt{x.ov . 



Prom esse de reconnaissance faite a T oracle par un berger s'il 
r^ussit dans une operation sur des troupeaux. 
Au revers, en plus grandes lettres : 



uep Tcpooa 

C'est probablement un titre qui indique le contenu de la de- 
mande gravee sur F autre face de la plaque. 

22. PI. XXXVIII, n^ 2. 

(Xto; >cat TCiiv aajJLTQwv xav apua- 

[ojaafJiavaTo ouS' sTtavsOsTO at a- 

[u(x^epov eXOetv et]? AwSwvav luept toO TOvaxtou 

Xa 8v e^6>7j(TaTo ouSl TiyycL 

£ Ypd^Orifxev xat (rajjLavQrijJLev. 

L'inscription est complete a droite, puisque les lettres ev , qui 
terminent le dernier mot, sont gravies au-dessous. U manque, k 
gauche, une partie assez considerable. Peut-etre y avait-il aussi 



INSCRIPTIONS SUR PLAQUES DE PLOMB. 81 

au-dessus une premiere ligne avec la formule ordinaire ©so? • Tu/av 
ayaQav. Epwra Aia Naiov )cal Atcovav icepl 

II parait s'agir d'un tableau a porter et k consacrer a Dodone. 

Formes dialectiqiies : aafiT^wv pour (ni{ieio)v , ecajxavaTo; at pour 
si; les infinitifs Ypa^97i(i.6v, aau.avG7i(jL6v. (Voir aussi pi. XIj, n*" 1.) 

23, PI. XXXVIII, n^3. 

[Qthq Tu/^Yi] aYa[09l] 
SecjTTOTa ava^ ZeO Nate xal AtcovTi 
;cai AcoSovalot (^/c), atTe? byLoLq 
)cai IxsTeuet AtoyvYiTo? Aptarofjiii- 
Sou AOriVaTot; Souvat auTw 
xal Tot? eauToO euvoi^ aTcacriv 
>cai Tet (iTiTpt KXeapsTst >tat 

Priere adress6e k Zeus, Dion6 et aux dieux de Dodone, par 
TAth^nien Diogn6tos, fils d'Aristomede , pour accorder quelque 
faveur ^ lui, a tons ceux qui lui veulent du bien et a sa mere Cl^a- 
rete. L'inscription n'a pas 6te gravee jusqu'a la fin, et nous ne 
Savons pas au juste ce que Diogn6tos demande aux dieux; il y 
a k remarquer les titres de SlcnuoTa, ava^ (maitre, souverain) 
donnes k Jupiter. Le dialecte est celui de I'Attique; la forme et 
pour Tp, au datif feminin, se trouve fr6quemment dans les inscrip- 
tions atheniennes. 

24. PL XXXVIII, n- 4 et 4 bis. 

[0eo?] Hpa>oX[e]tSa? atxst tov [Ata Naov xat AtwvriV SoOvat au]- 

[tw] TU/^Tiv ayaOYiv zat T[ot(; auxoO ;cat eTuspwra] 

. . Tuepi yetveij? tq e(jTa[i auToi exepa] .... 

t A[t]Y>Tis TTjs vuv e//t. 

11 



82 CATALOGUE. 

Heraclidas est probable ment un habitant d'une ville ionienne : 
yetvei]? pour yeveag, ttj? pour fi?. 

D'apres la partie conservee, le personnage prie Zeus et Dion^ 
de lui accorder le succes pour lui et les siens, et parait leur de- 
mander s'il aura d'autres enfants que sa fille figle. 

Sur Tautre face (n'^ 4 bis) : 



laTopef JNtx,oxpaT[7is] 

>.(oiov xat a|Xctvov I 

TZOL'JdCLTO . 

Inscription gravee en assez grandes lettres, II manque la fin des 
deux premieres lignes. 

25. PI. XXXVIII, n^ 5. 

[TdSJe TO fjiavTTQtov eyco /^pi^w 

Reponse de 1' oracle. 

Formes ioniennes, XP^^ pour x,paco; {jiavTrjiov pour (xavTetov. Le 
fac-simile donne manthkon, mais la lettre K se trouve tout pres 
dune cassure et les deux traits horizontaux peuvent etre des raies 
dans le plomb. Le verbe /paw est employe specialement pour une 
reponse du dieu. Celle-ci est incomplete a gauche ; dl&zq pent etre 
une forme dialectique du verbe aXao(Jt.ai (je m'egare). 

26. PI. XXXVIII, n« G. 

EaXXav (xaaTeiei. 

Autre reponse. L'inscription est complete et tres-lisible ; mais 



"-, . ^r-,-^ ■ > ....r^.^-.^-— ~rp>^5K.-->'>--*..f— *-r^_->?^»^ -. 



INSCRIPTIONS sua PLAQUES DE PLOMB. 83 

elle est incomprehensible; ce qui du reste convient assez bien a 
une r6ponse d' oracle. 

27. PI. XXXVIIl, n^ 7. 

ZeO Naie [xai Attova aiTst ujxag zat] 

tiCeTeuet F [jc]- 

at SoOvat e[[jLauT6) [;cal] 

[tw]? |xou uUt x[al] 

G[uyaTpt x.at] Trao-t 

Fragment d'une priere analogue a celle de TAthenien Diogne- 
tos. A partir de la quatrieme ligne , Tinscription est cachee par 
un autre fragment de plomb qui y est adherent; ce fragment 6tait 
envelopp6 dans la plaque qui contient Tinscription transcrite. 
On y lit deux fois le mot 



auTO) 



et xolq auToO Y[oveu(n]. 

Trois autres lames presentent le meme fait d'une plaque plus 
petite enveloppee dans une autre plus grande, et toutes les deux 
portant des inscriptions. L'explication la plus probable de ce fait 
serait que la grande lame contient la demande adressee a I'oracle, 
et la petite F interpretation de la reponse des dieux. Ces trois 
plaques n'ont pas ete dechiffrees. Le n** 3 de la planche XL en 
reproduit une. 



84 CATALOGUE. 



Septieme categorie. 



48 Petits trepieds et fragments de trepieds oif de cistes et de 
candelabres * : 

1 . Cinq trepieds entiers, dont trois sont reproduits k : 

Pi. XLI, n* I, h. o,o5, diam. 0,07. 
PI. XLl, n"* 2, h. o,o4, diam. 0,09. 
PI. XLl, n**7, li. 0,02. diam. 0,08. 

Les deux autres ont, le 4"* une hauteur de O^jOG sur un diametre 
de 0",12, et le 5* de 0'",02 sur 0",08. 

2. Vingt-trois pieds de trepieds ou de cistes a griffes d*aigle, 
dont sept sont representes a : 

Pi. XLl, n^' 3 et 3 bis, h. 0,1 5. 

PI. XLl, n"4, h. 0,07. 

PI. XLl, n^5, h. 0,16. 

PI. XLl, n^6, h. 0,07. 

PI. XLl, n^8, 1. 0,04. 

PL XLl, n"" 9, h. o,o5. 

PL XLl, n*" 10, L 0,07. 

3. Quatorze borduresde trepieds, entieres et fragmentees ^. 



^ Pourrexplication deplusieursobjetsde * Les objets compris dans les numiros 

la pr6sentecat6gorieetdes categories suiv., qui n'indiquent pas de planche n'ont pas 

voir les obsen'alions de M. L. Heuzey (an- 6l6 graves, 
nexe C). 



OBJETS EN BRONZE ET EN CUIVRE. 85 

4. Cinq fragments de petits cand61abres dont deux sont repro- 
duits a : 

PI. XLII, n^ 6, h. o,o5. 
PI. XLIII, n^ 6, h. o,o3. 

5. Ornement de cand61abre en forme de bobeche* 

PI. XLII, n** 7, diam. o,io. 



Huitieme categorie. 



135 Bassins, Vases, Pateres et fragments de pateres, de vases 
et de bassins : 

1. Bassin (^s&tj?) en bronze, orn6 toutautour d'oves et dau- 
tres ciselures tres-fines. Le fond manque. 

PI. XLII, n"* I, h. o,o8, diam. 0,20. 

ft 

2. Bassin en bronze, mince, de forme conique et a larges 
bords; il conserve en trois endroits des fragments de lames de 
cuivre aboutissant a des palmettes , et qui servaient probablement 

to 

pour le suspendre. 

PI. XLII, n'^a, h. 0,08, diam. 0,18. 

3. Support massif de grand vase, ayant 0",14 de diametre. 

4. Col d'une grande passoire, 

5. (Enochoe en bronze (mal conserv6e). 

PI. XLII, n^ 3, h. 0,20. 



86 CATALOGUE. 

6. Petit vase conique en bronze. 

PI. XLII, n"* 5, H. 0,07, diam. 0,07. 

7. Trois bees de vases en bronze. 

PI. XLII,nM, 1. o,i3. 
PI. XLII, n^9, h. o,o5. 

Celiii-ci represente un griffon et conserve un fragment de 
chatne qui servait peut-etre pour y attacher un petit couvercle 
ou un bouchon. 

PI. XLII, nMi, h. 0,04. 

8. Dix-huit couvercles de petits vases en bronze^ dont un dor6; 
cinq conservent encore de petits anneaux qui servaient pour les 
prendre ; un de ces derniers est reproduit a : 

PI. XLII, n^ 8, diam, 0,04. 

9. Cinquante-neuf petits anneaux en bronze; vingt-trois con- 
servent de petits clous au moyen desquels ils etaient attaches a 
des couvercles de petits vases. 

10. Vingt-trois petits vases en cuivre, fragmentes et de formes 
et grandeurs differentes. L'un est represente h : 

PL XLII, n"" 10, h. o,o4, diam. 0,09. 

11. Cinq fragments de cols de grands vases ou bassius ciseles, 
dont trois sont reproduits a : 

PL XLIII, n® I, long, du segment du fragment conserve, 

0,25, h. o,o3. 
PL XLIII, n"* 2, long, du segm. du fragm. conserve, 0,22, 
li. o,o3. 



OBJETS EN BRONZE ET EN CUIVRE. 87 

PI. XLIII, n^ 3, long, du segm. du fragm. conserve, o,f i, 
h. o,o3. 

12. Quatre cols de petits vases en bronze, dont un est repr6- 
sent6 a : 

PL XLIII, n^4, diam. o,o8. 

13. Onze supports (?) de petits bassins ou autres objets en 
bronze, dont deux sont reproduits a: 

PI. XLIII, n*" 5, h. o,02, diam. o,o5. 
PI. XLIII, n*" 7, h. o,oi, diam. o,o4. 

Au milieu, il y a un trou qui a la forme d'un cceur. 

14. Petite boite en cuivre avec son couvercle. 

PI. XLIII, n^ 10, h. o.oS. 

15. Grande patere en cuivre de la forme de celle representee a 
la planche XXIII, n^ 6 (sans inscription ni ombilic). 

16. Trois petites pateres en cuivre, minces et mal conservees. 

17. Manche creux de grande patere, aboutissant a une tete de 
chien et travaill6 avec beaucoup de finesse. 

PI. XX, n^ 5,1. O.I2. 



Neuvieme categorie. 



194 Anses de VASES de formes et grandeurs differentes, et plus 
ou moins bien conservees. Plusieurs sont tres-finement ciselees et 



88 CATALOGUE. 

ornees de differents dessins ou figures. Quarante et une sont re- 
produites aux planches suivantes : 

a) PI. XLIV, n"* I et I bis^ h. o,i4. 

Elle repr^sente une tete de femme, de travail archalque; les 
cheveux, tresses en natte, tombent des deux cdt6s de la figure 
(Dione?). 

b) PI. XLIY, n~ 2 et 2 bis, h. o,o8. 

Elle represente aussi une tete de femme de travail archalque 
(Dione ?) . 

c) PI. XLIV, n^' 3 et 3 bis, h. 0,17. 

d) PI. XLIV, n~ 4 et 4 bis, h. 0,07. 

e) PL XLV, n**" i et i bis, 1. 0,19. 

Le n^ 1 bis repr6sente la palmette qui se trouve a TextreDaiit^ 
inferieure de I'anse. 

f) PI. XLV, n^* 2 et 2 bis, 1. 0,17. 

Le n*^ 2 bis represente la forme de la bordure, qui se trouve au 
revers, et qui donne k cette pi6ce I'aspect d'une fermeture de sac 
plut6t que celle d'une anse. 

g) PI. XLV, n^ 3, 1.0,07. 
h) PL XLV, nM, h. 0,09. 

Mascaron de lion d'un tres-beau travail. 

i) PI. XLV, n^ 5, 1.0,10. 
j) PI. XLV, n^ 6, 1.0,07. 
k)Pl. XLV, n^7,h. 0,04. 

Mascaron de lionne d'un tres-beau travail. 
1) PI. XLV, n« 8, 1. 0,04. 



OBJETS EN BRONZE ET EN GUIYRE. 89 

m) PI. XLV, n° 9, 1. o,o5. 

n) PI. XLVI, n" I et I bis, h. 0,17. 

Elle repr^sente, d'un cdt6, une tdte de cygne, et de I'autre, une 
palmette. 

o) PI. XLVI, n»2, h. 0,10. 
p) PI. XLVI, n° 3, h. 0,10. 
q)Pl. XLVI, n''4, h. 0,06. 
r) PI. XLVI, n» 5, h. o,o5. 

Mascaron de lion. 

s) PI. XLVI, n» 6, h. 0,04. 

Double mascaron do b6Iior. 

t) PI. XLVI, n'>7,h. o,o3. 
u) PI. XLVI, n" 8, h. o,o3. 

T^te barbue. 

v) PI. XLVI, n» 9. h. o,o5. 

Elle figure aux deux extr6mit6s deux fruits de chSne valone. 

x) PI. XLVI, n" 10, h. 0,07. 

y)Pl. XLVI, n» 11, h. 0,06. 

z) PI. XLVI, n» 12, h. 0,06. 

aa) PI. XLVII, n» i, 1. de I'arc, o,3i. 

bb) PI. XLVII, n» 2, h. o,o5. 

cc) PI. XLVII, n» 3, 1. 0,20. 

Les deux extr^mit^s figurent deux tetes de cygne, dont la eour- 
biu'e du cou forme deux trous ronds de 0"',01 de diamdtre. Les 
yeux des cygnes sont formes d'un morceau d'os qui traverse la 
tete de part en part. Sur la barre de bronze qui relie les tetes de 
cygne et qui n'a qu'une ^paisseur de 0°',005, il y a deux trous 

tr^s-petits qui servaient pour attacher cette pidce k quelque usten- 

12 



90 CATALOGUE. 

silc , au moyen de clous trds-minces et dans le sens dans lequel 
elle est grav^e. 

Outre cette piece, j*en ai trouv^ encore cinq autres ayant exac- 
tement la meme forme. 

dd) PI. XLVII, n» 4, h. 0,08. 
ee) PI. XLVII, n" 5, h. 0,09. 
ff) PI. XLVII, n« 6, h. 0,08. 
gg)Pl. XLVII, n»7, Lo,i6. 

Cette piece pourrait aussi Itre une bordurc d'un grand usten- 
sile. 

hh) PI. XLVII, n« 8, 1. 0,06. 
ii) Pi. XLVII, n» 9, h. 0,11. 
jj) PI. XLVII, n» 10, h. 0,10. 

kk)Pl. XLVII, n» II, h. 0,04. 

11) PI. XLVIII, n" I et I bis, 1. de Tare, o,34. 

Les deux extr^mites de Tanse figurent deux tetes de serpent. 
Le morcean de bronze qui est au sommet servait probablement 
pour attacher cette ansc sur les bords du vase. 

mm) PI. XLVIII, n» 2, 1. 0,06. 

T^te de cygne d'un travail archalque. 

nn)Pl. XLVIII, n» 3, 1.0,11. 
Tete de cygne d'un beau travail. 

00) PI. XLVIII, n» 4, 1. de i'arc, o, 18. 

Ge fragment, qui pourrait Stre une anse aussi bien qu'un support 
de vase, porte encore deux rotules. 

pp) PI. XLVIII, n" 5, 1. de Tare, 0,17. 



:i-.rr> r^ ij:>i3: ft x.^ :r:^ ii- 



i^»-r:V.v"«f v"*xj^^V/-:V* 






F':.X\TI.t'5.fc.o.io- 

an rqtoasse. dont cinq sent reproduites a : 

PI. XLIX. n* I. h. O.IO. 
PI. XLJX, n' a. h. o.o>. 
PI. XLK. n* 3. h. 0,0-. 
PI. XLJX, n* 4« Ik* o,o6, 
PI. XLDl, n* 5, h. o«09. 

3. Fragment de oooroime de chene. (Ia^ Uges et Ics fouiUcs 
troarees separees ont ete rajustees.) 

PLXLL\,ii*8,h. o,ai. 

4. Donze fenilles detach^es de chene et de laurier, dont dou\ 
sout representees a : 



PI. XLIX, n*6, h. 0,07. 
PI. XLIX, n* la, h. o,io. 

5. Branche de couroniie d'olivier. 
PI. XLIX, n* i3, h. o,oq. 



92 CATALOGUE. 

6. Cinq fragments de bordures de boucliers en plaques minces 
de cuivre ; deux sonl repr6sent6s a : 

PL XLIX, n"* 20, h. o,o5. 

La partie gravee n'a qu'une longueur de 0",06; la longueur 
totale du fragment conserve est de 0",25. 

PI. XLIX, n*" 22, h. o,o5. 

Longueur de la partie grav6e, 0",05; longueur de la partie con- 
serv6e, 0",38. 

7. Soixante-treize fragments de bronze, de diverses grandeurs 
et ^paisseurs, ayant servi d'ornements pour des objets difficiles 
a determiner. lis figurent des palmettes, des fleurs, des fruits, 
des rosaces et autres sujets. Onze sont reproduits k : 

PI. XLIX, n"* 7, h. 0,09. 
Omement d*un grand vase ou bassin. 

PI. XLIX, n* 9, diam. o,o4. 
Applique d'un couvercle de vase. 
PI. XLIX, n** 10, h. o,o3. 

Fruit de chene valon^ en deux fragments, dont celui qui forme 
le fruit est en argent, et celui qui figure 1 ecorce est en bronze. 

PI. XLIX, n"* II, h. 0,12. 
PI. XLIX, n*" i4, h. 0,09. 

Ces deux num^ros repr6sentent des feuilles d'acanthe massives. 

PL XLIX, n"* 1 5, diam. 0,02. 
Partie sup6rieure dune tige d*ornementation. 



I 



OBJETS EN BRONZE ET EN CUIYRE. 9$ 

PI. XLIX, n« 16, h. o,o5. 

Long, du fragment grav6, 0,08. 

Long, du fragment conserve, o,65. 
PL XLIX, n^ 17, h. o,o5. 

Long, du fragm. grav6, 0,10. 

Long, du fragm. conserve, 0,42. 
PI. XLIX, n"* 18, h. 0,02, 1. o,o5. 
PI. XLIX, n"* 21, h. o,o3, 1. de Tare, 0,1 5. 

Les quatre derniers numeros repr^sentent des plaques massives 
d' omementation . 

PL XLIX, n^ 19, h. 0,02, L o,o3. 
Plaque mince d' omementation. 

8. Trois rouelles d' omementation. Les deux sont representees k : 

PL L, n* i3, h. 0,04. 
PL L^ n"* i4, h. o,o3. 



Onziime Categorie. 



102 ObJETS de TOILETTE ET DE PARURE .* 



1. Armille. 

PL L, n** I, h. 0,10. 

2. Quatre bracelets figurant des serpents. 

PL L, n^ 2, h. 0,08. 
PL L, n** 3, h. 0,12. 
PL L, n** 4, h. 0,06. 
PL L, n** 19, h. o,o5. 



94 CATALOGUE. 

3. Dix bagues de formes diffSrentes, dont trois sont repro- 
duites k : 

PL L, n® 6, 1. du chaton, 0,02. 

Le chaton repr6sente un cheval poursuivant une biche qui re- 
tourne la tete. 

PI. L, n^7, 1. 0,02. 
Le chaton represente un sphinx accroupi. 

PL L, n"* 9, diam. 0,02. 

4. Vingt-cinq boucles d'oreilles de grandeurs diffSrentes, dont 
deux sont reproduites k : 

PL L, n"" II, diam. o,o5. 
PL L, n* 12, diam. o,o3. 

5. Dix fragments de fibules doat trois sont repr6sent6s k : 

PL L, n** 10, h. 0,06. 
PL LI, n** 22, h. 0,02. 
PL LI, n** 23, h. 0,04. 

6. Vingt-cinq agrafes de formes et grandeurs diff^rentes, dont 
huit sont reproduites k : 

PL LI, nM, h. 0,08. 
PL LI, n** 3, h. 0,07. 
PL LI, n^4» h. o,o5. 

Gette derniere porte des traces d'^mail. 

PL LI, n*" 5, h. 0,06. 
PL LI,n^6, h. o,o5. 
PL LI,n"7,h. 0,08. 



'- — '^^^^-rn^^r — ^~>> -^, f^ J- ., — 



OBJETS EN BRONZE ET EN GUIYRE. 95 

PI. LI, n» 8, h. o,o5. 
PI. LI, n' g, h. o,o4. 

File est creuse et dor6e; elle porte encore des traces de domre. 

7. Quatorze 6pingles a cheveux enti^res et fragment^es , et 
dont quatre sont representees a : 

PI. LI, n"* lo, 1. o,o5. 
Elle est surmontee d'une colombe. 

PI. LI, n^ 11,1. o,o8. 

PI. LI, n" i4, 1. o,i4. 
PI. LI, n"* 17, 1. 0,17. 

8. Trois cure-oreilles dont un est reproduit k : 

PI. LI, n** 12, 1. 0,12. 

9. Deux grandes aiguilles dont Tune est representee a: 

PI. LI, n** i5, 1. 0,17. 

10. Quatre spatules pour teindre en noir les bords des yeux (?), 
dont deux sont reproduites k : 

PI. LI, n^ 18, 1. 0,12. 
PL LI, n"* 19, 1. o,i4- 

11. Deux petites pinces. 

PI. LI, n® 20, h. 0,06. 
PI. LI, n"* 21, h. o,o5. 

12. Trois fragments de miroirs dont les deux plus petits sont 
acieres et conservent encore un poli semblable k celui d'un verre 
de glace. 



i 

« 



t 



96 



CATALOGUE. 



Douzienie categorie. 



17 Objets en bronze k Tusage des cavaliers et des chevaux : 

1. Cinq ^perons, dont quatre sont repr^sent^s a: 

PI. LII, nM, h. 0,07. 
PL LII, n^ 2, h. o,o5. 
PI. LII, n^ 3, h. o,o5. 
PL LII, n^4, h. 0,06. 

2. Douze fragments de mors de cheval, dont cinq sont repro' 
duits k : 



PI. LII, 


n° 5, 1. 0,20. 


PL LII, 


n* 6, 1. o,i5. 


PI. LII, 


n*7, 1. 0,16. 


PI. LII, 


n«8, 1. o,i3. 


PI. LII, 


n»9, 1. 0,09. 



Treizieme categorie. 



27 Fragments d'instruments divers en bronze 

1 . Deux lames de couteaux. 

PL LIII, n^5, h. 0,11. 
PL LIII, n^6, h. 0,14. 

2. Fragment de ciseaux. 

PL LIII, n«3, h. 0,08. 



OBJETS EN BRONZE ET EN CUIVRE. 97 

3. Marteau ou grande doloire, dont la partie tranchante est 
bris^e. 

PL LIII,n^4, h. o,ii. 

4. Deux styles pour 6crire sur du plomb ou sur de la cire. 

PI. LIII, n"* 9, h. o,i2. 
PI. LIII, n"" 10, h. 0,09. 

5. Vingt-deux fragments d'instruments, dont Temploi est diffi- 
cile k determiner. Cinq sont reproduits a : 

PI. LIII, n^ 12, h. o,i3. 
PI. LIII, n^ i3, h. 0,16. 
PI. LIII, n" i5, h. 0,14. 
PI. LIII, n^ 16, h. o,i5. 
PI. LIII, n^ 20, h. 0,10. 



1- 
1 



Quatorzieme categorie. 



127 Fragments d'objets divers en bronze : 

1 . Huit pieces rondes ayant un diametre de 0",027 et une ^pais- 
seur de 0",007. EUes portent les lettres hatp en monogramme au 
repouss6. 11 y en a qui ont un trou au milieu, et d'autres qui 
n'en ont pas. II est difficile de determiner Tusage de ces pieces; 
rhypothese la plus probable me paralt qu'elles servaienl comme 
tesseres pour Tentree au theatre ou aux jeux. Une de ces pieces 
est reproduite a : 

PI. XXXIII, n^ 17. 

13 



9R CATALOGUE. 

2. Vingt-six clous d'omementation de portes, de sieges ou 
d'autres meubles; deux sont represent^s k: 

PI. XLIII, n^ 8, h. 0,02. 
PI. XLIII, n^ 9, h. o,o3. 

3. Dix fragments de strigiles^ dont deux sont reproduits a : 

PI. L, n"* 21, 1. 0,12. 
PI. L, n"* 22, 1. 0,19. 

4. Deux petits essieux de roue. 

PI. L, n® 24, 1. 0,02. 
PI. LII, n"" 20, h. 0,04. 

5. Quatorze tetes de petites colonnes, dont deux sont repr6sen- 
tees a : 

PI. LII, n"* 10, h. 0,04. 
PI. LII, n*" 12, h. o,o5. 

6. Six grands clous a tetes rondes, dont deux sont reproduits a : 

PL LII, n^ II, 1. 0,17. 
PI. LII, n^ i3, 1.0,11. 

7. Deux chevilles, dont une est representee k : 

PI. LII, n^ i5, 1. 0,07. 

8. Fragment massif de fermeture de porte. 

PI. LII, n°2i, 1. 0,10. 

9. Quinze fragments de petites serrures ou autres instruments; 
huit sont reproduits k : 

PI. LII, n^ 17, h. 0,06. 
PI. LII, n^ 18, h. o,o3. 



'■"™'"— ^^ "^^ -~^- ''- -------- -^ ■■ --^.-^ - — 



OBJETS EN BRONZE ET EN GUIVRE. 99 

PI. LII, n** 19, h. 0,02. 
PI. LII, n"* 22, diam. o,o4- 
PI. LII, n^ 23, h. 0,04. 
PI. LII, n** 24, diam. o,o4- 
Pl. LII, n"* 25, diam. o,o3. 
Pi. LII, n** 26, diam. o,o3. 

10. Vingt petits clous d'attache, dont trois sont rcpr^sentes a : 

PI. LII, n" i4, h. o,o5. 
PI. LII, n» 16, h. 0,04. 
PI. LIII, n* 21, h. 0,02. 

11. Deux petits anneaux avec leurs attaches. 

PI. LIII, n" 22, 1. 0,04. 
PI. LIII, n" 23, 1. 0,04. 

12. Trois charnieres, dont une est reproduite k : 

PI. LIII, n^24, 1.0,11. 

13. Trois petits crochets, dont Tun k trois branches; il est re- 
pr^sent^ k : 

Pi. LIII, n^ 25, h. 0,12. 

14. Qiiatre petits fragments de chaines. 

15. Longue barre ronde (fragment de b4ton?). 

16. Dix petites barres de forme polygonale. 



100 CATALOGUE. 



Quinzieme categoric. 



40 Objets divers entiers ou fragmeiites ayant probablement 
servi a quelques pratiques religieuses : 

1 . Six petites boites en forme de coquilles ct dont deux sont con- 
serv^es entieres. Un fragment d'os est enferm6 dans Tune d'elles 
et y est bien adapts. II serait difficile de d6terminer d*une mani^re 
positive le sens de ces pieces. On pourrait supposer, dansle casoii 
ce serait un os humain, que a'6tait un €X-voto expiatoire fait par 
quelqu'un qui, avant de mourir, aurait l^gu^ k ses h^ritiers le soin 
de consacrer un morceau de ses os a Jupiter Nalos et k Dion^. Dans 
le cas oil ce serait un os d'animal, on pourrait croire qu'il provient 
d'un sacrifice fait pour un motif special. Deux de ces boites, dont la 
premiere est celle qui contient le morceau d^os, sont reproduites k : 

PI. LIV, n"* I et I biSy h. o,o3, 1. o,o3. 
PI. LIV, n^ 2, h. 0,07. 

2. Deux bases d'encensoirs (6u(xiaTeipiov) ou de lampes. 

PL LIV, n*»3, 1. 0,17. 
PI. LIV, n^ 5, 1. 0,09. 

3. Cymbale. 

PL LIV, nM, diam.o,i3. 

4. Vingt-trois petites baches votives de differentes grandeurs, 
simples et ornement^es. Quatre sont representees k : 

PI. LIV, n« 6, 1. 0,06. 



OBJETS EN BRONZE ET EN CUIVRE. 10« 

Elle a la forme d'une tSte de taurean avec des comes. 

PI. LIV, n»7, I. o,i2. 
PL LIV, n" 9, 1. o,o5. 
PI. LIV, n" lo, 1. du fragm. grav6, o,o5. 

5. Huit petites plaques, fragments de petites boites votives; deux 
de ces plaques, formant le coin d'une boite, sont reproduites a : 

PI. LIV, n^ 8, h. o,o4. 



Seizieme categorie. 



38 Pieces d'armures en bronze : 

1. Sept g^niasteres (jugulaires) de casques votifs ou de parade^ 
dont six sont representees a : 

PI. LV, nM, h. o,i8. 

Elle repr6sente la partie droite d'un masque de tres-beau travaiL 

PI. LV, n^2, h. o,i8. 

Elle represente la partie gauche d un masque barbu de travail 
egalement tr^s-beau. 

PI. LV, n^3, 1. o,i5. 

Elle represente un foudre. 

PI. LV, n'^4, h. o,i8. 

* 

Elle repr^seute la partie droite d'un masque de travail archalqiie, 

PI. LV, n»5, h. o,i3. 
PI. LV, n»6, h. o,i2. 



102 CATALOGUE. 

2. Casque mal conserve. 

PL LVI, n*7, h. 0,20, diam. 0,20. 

3 . Six geniasteres de casques ordinaires , dont quatre sont re- 
produites k : 

PI. LVI, n^6, h. o,i5. 
PI. LVI, n^8, h. 0,14. 
•PI. LVI, 11*^9, h. 0,12. 
PL LVI, n** 10, h. o,ii, 

Cette deriiiere porte une inscription compos^e des deux lettres 
MO. Serait-ce le commencement du nom Mokoaa&v^ et indiquerait- 
elle que c'est une g^niastere de casque molosse ? 

4. Six arcs (?) votifs, dont un entier et les autres fragment's. 
Cinq sont repr'senfs k : 

PL LVI, n** I et I bis, L 0,84. 

Le n* 1 repr^sente le manche de Tare, et le n" 1 bis Tare cnticr 
de profit. 

PI. LVI, n» 2, I. o,i2. 
PI. LVI, n« 3, 1. 0,47. 
PI. LVI, ri^ 4, 1. 0,48. 
PI. LVI, n« 5, 1. 0,45. 

b. t,p6e (en trois fragments). 
PI. LVII, n" 1, 1. o,58. 

6. Trois pointes de lances. 

PI. LVIII, n» 16, I. 0,06. 
PI. LVIII, n« 17, 1. o,o5. 
PI. LVIII, n» 18, I. 0,09. 



OBJETS EN BRONZE ET EN CUIVRE. 103 



DiX'Septiime categorie. 



102 Fragments de statues de diyerses grandeurs et de 



STATUETTES d'aNIMAUX : 



1. Trois grands fragments de cuirasse d'une grande statue, dont 
Tun est reproduit k : 

PL LIX, n^ 6, h. o,36. 

2. Soixante-quinze fragments de cuirasse et autres parties de 
grande statue ; dix en sont repr^sent^s a : 

PL LIX, nM, b. 0,17. 

Frange de cuirasse ou de ceinture^ figurant k sa partie supe- 
rieure un foudre en relief. 

PL LIX, n^2, h. o,i5. 
Fragment de baudrier ou de ceinture, figurant en relief un 

« 

foudre ail6. II conserve encore deux lames d' attache en bronze, 

PL LIX, n*^3, h. o,i5. 
Frange de cuirasse ou de ceinture. 

PL LIX, n* 4, h. 0,23. 
Attache de cuirasse ou de baudrier. 

PL LIX, n® 5. h. 0,09. 

Fragment de frange de cuirasse ; il porte k droite un petit mor- 
ceau rajust^ qui indique une reparation post6rieure a F^poque a 
laqueUe avait 6t6 faite la statue dont ce fragment provient. 



lOi CATALOGUE: 

PI. LIX, n^7, 1. 0,06. 
Fragment de chevelure. 

PI. LIX, n^ 8, h. 0,08. 
Fragment de frange de cuirasse. 

PI. LIX, n*" 9, h. 0,09. 
Fragment de frange de cuirasse. 

PI. LX, n"" 5, h. 0,10. 

Fragment de -frange de cuirasse • 

PI. LX, n^7, 1. 0,06. 

Fragment de chevelure, du cdt6 de Toreille, dont il reste encore 
line grande par tie. 

3. Six doigts de grande statue (plus grands que nature); deux 
sont reproduits k : 

PI. LX, n*" 9, 1. 0,11. 
PI. LX, n" 10, 1. 0,08. 

4. Fragment de foudre. On pourrait d6duire de ce fragment et 
de ceux qui representent un foudre en relief, que la statue dont 
proviennent tons ces debris etait celle de Jupiter lancani la foudre. 

PI. LX, n" II, h. 0,18. 

5. Pied de statue de grandeur moyenne (plus petite que na- 
ture). 

PI. LX. n"* 3, 1. 0,09. 

6. Fragment Aa pallium (ijiaTiov) de petite statue. 

PI. LX, n»4, h.0,14. 



OBJETS EiN BRONZE ET EN CUIVRE. 105 

7. Trois doigts de petites statues. 

8. Pied de statuette. 

9. Petit trident. 

PI. LX, n** I, h. o,o5. 

10. Fleur d'acanthe massive (partie superieure d'un sceptre). 

PI. LX, n^8, h. o,ii. 

11. Deux fragments de grandes ailes d'aigle ou de Victoire. 

12. Quatre petites queues d'animaux. 

13. Deux oreiUes de statuettes de satyre. 

14. Deux pieds de cheval provenant d'une statuette de satyre, 
comme celle representee a la planchc IX. 



En outre des objets que je viens d'enum6rer, j'ai trouv6 aussi 
dans le temple et le t^menos une grande quantity de fragments 
minces et massifs de bronze et de cuivre provenant de vases et 
d'autres ex-voto. Ces fragments n'ont pas une forme d6terminee, 
etla description en serait non-seulement oiseuse, mais impossible. 
Leur quantite pourtant, ajout6e aux pieces 6num6r6es, indique 
qu'il y avait un nombre tres-consid6rablc d'ex-voto en bronze et 
en cuivre, et que ces deux metaux etaient la matiere la plus abon- 
dante a Dodone. 

14 



106 CATALOGUE. 

Plusieurs morceaux de plomb, ay ant probablement servi pour 
attacher des offrandes sur leiirs bases ou pour Her des pierres 
entre elles, ont ete troiives aussi dans les temples et le t^menos. 
On en voit deux a : 

PI. XLVIII, n^7, i. o,io. 
PI. XLVIIT, n«8, 1. 0,07. 



OBJETS EN OR ET EN ARGENT- 



En ovy je n'ai trouve qu une petite epingle a tete polygonale^ ellc 
est repr.esentee a : 

PI. LI, n^ i3, I. 0,07. 
En argent, j'ai trouve les douze pieces suivantes : 

1 . Bracelet figurant un serpent. 

PI. L, n^'S, h. 0,06. 

2. Fragment d'une anse de vase incrustee d'or. 

PI. L, n^ 16, h. o,o5. 

3, Ombilic de paterc dore au feu. 

PI. L, n"" 17, h. 0,02, diam. 0,04. 

4, Cure-oreille orne d'une tete de serpent. 

PI. L, n^ 18, 1. 0,07. 

8. Fragment d'une fleur, plaqu6 d'or. 
PI. L, n''23, 1. 0,04. 



OBJETS EN OR ET EN ARGENT. — OBJETS EN PER. 107 

n 

6. Agrafe. 

PI. LI, n'' 2, h. o,o6. 

7. Flambeau dore au feu, ay ant probablement appartenu a une 
statuette d'argeiit. 

PI. LX, n'^s, h. 0,20. 

8. Petit anneau mince et simple. 

9. Bordure du trou d'une petite serrure. 

10. Troispetits fragments de plaques polies. 

Le petit nombre d'objets en or et en argent qui ont ete trou- 
ves a Dodone doit, jo pense, faire croire que les ex-voto en m6- 
taux precieux ont ete emportes lors de la destruction du temple, 
plutdt que de supposer qu il n'y en avail pas un nombre conside- 
rable dans un temple ou toutes les villes et tons les fitats de la 
Grece envoyaient de riches offrandes. 



OBJETS EN FER. 



1 . Strigile portant sur le mauche une inscription et au revers 
une marque indechiffrable. L'inscription est tres-fruste, et je 
n'en ai pu lire, avec beaucoup de peine, que la partie reproduite 
par la gravure (les lettres gravees dans la planclie avec des points 
sont do u tenses) : 

ZTivtxsTTi paaiX&t /.fJiorai (x . a Ate? ]N[aou >cal Aicojva; 

/^p7){ia )cai epyaaia; a7waa[i]v 

auTo; sT^'.'jTajxsva Ts^ieaa? /^ 

. . tyfj^q . S . . . £uv . . . . coi cpnnK .... 



108 CATALOGUE. 

Le mot ^aa'Aet etant an datif jie peut pas etre attribu6 k Jupi- 
ter qui est au g^nitif. II doit done se referer plut6t au nom d'un 
roi nomme Zrivr/ceTTi;. Je rie saurais pas dire si ce dernier mot est 
un nom propre ou un adjectif signifiant suppliant de Jupiter. 

Cette inscription, qui est probablement en vers, me parait con- 
tenir un voeu adresse a Jupiter Nalos et a Dione par un roi qui 
portait le nom de Zeniketes ou qui se donnait le titre de suppliant 
de Jupiter. Les caracteres en sont d'une bonne 6poque, peut-etre 
du quatrieme siecle avant J.-C. 

PI. XXVI, n^ 8 ct 8 bis, 1. 0,29. 

2. Anse de grand bassin. 

PL XLVIII, n^6, h. 0,18. 

3. Grande bague, dont le chaton repr^sente une tete defemme 
(fruste). 

PI. L, n** 8, h. du chaton o,o3. 

4. Bague simple et sans aucun ornement; elle presente le fait 
curieux d'etre en fer a Texterieur et revetue d'une plaque d'ar- 
gent k I'interieur. 

5. Grande aiguille fragmentee. 

PI. LI, n^ 16, 1. 0,08. 

6. Deux lames de ciseaux. 

PI. LIII, n" I, h. 0,17. 
PI. LIII, n'^s, h. 0,11. 

7. Trois lames de couteaux, dont une est reproduite k : 

PI. LIII, n^7, h. o,i3. 



OBJETS EN PER. 109 

8. Deux styles pour 6crire sur du plomb ou sur de la cire. 

PI. LIII, n»8, h. o,i3. 
PI. LIII, n» II, h. 0,08. 

9. Huit instruments divers entiers et fragmentes. Quatre sont 
repr6sent6s k : 

PI. LIII, n" i4, h. o,4o. 
PI. LIII, n** 17, h. 0,10. 
PI. LIII,n» 18, h. 0,10. 
PI. LIII, n" 19, h. 0,11. 

10. £p6e. 

PI. LVII, n" 2, 1. o,58. 

11. Fragment d'6p6e. 

PI. LVII, n» 3, 1. 0,32. 

12. Poign6e d'ep6e. 

PI. LVII, n» 5, 1.0,19. 

13. Faucille fragment^e. 

PI. LVII,n»4, 1. 0,22. 

14. Grande haehe. 

PI. LVII, n" 6 et 6 bis, 1. 0,21. 

15. Trente-sept lances de grandeurs et de formes differcntes; 
dix-huit , les mieux conserv^es , sont reproduites k : 

PI. LVII, n» 7, 1.0,55. 
PI. LVII, n» 8, 1. 0,42. 
PI. LVII, n» 9, 1. 0,37. 
PI. LVII, n» 10, 1. 0,28. 



no 



CATALOGUE. 



Cette derniere est massive et n'a presque pas de cdt6 tranchant ; 
il est done probable que c'est une lance en fabrication, et qui 
n avait pas ete entierement terminee. 

PI. LVII, n^ II, 1. 0,2 1. 
PI. LVII, n" 12, 1. 0,25. 

A la naissance de la pointe de cette lance, il y a trois autres 
points en forme de meches, qui servaient a rendre cette arme 
plus puissante. 



PI. LVII I 
PI. LVIII 
PI. LVIII 
PI. LVIII 
PI. LVIII 
PI. LVIII 
PI. LVIII 
PI. LVIII 
PI. LVIII 
PI. LVIII 
PI. LVIII 
PI. LVIII 



n"* I, 1. o,3o. 
n"" 2, I. o,3o. 
n"" 3, I. o,3o. 
n"" 4i 1- 0,27. 
n"" 5, I. 0,28. 
n^ 6, I. 0,22. 
n"" 7, 1. 0,27. 
n" 8, I. 0,28. 
n'' 9, I. 0,16. 
n"* 10, I. 0,18 
n"" 1 1, I. o,i4 
n"" 12, I. 0,16. 



16. Trois pointes de flechc. 

PI. LVIII, n« i3, I. o,i3. 
PI. LVIII, n" i4, I. 0,10. 
PI. LVIII, n^ 1 5, I. 0,07. 



MA^MaiaciBaac^ftSatia 



■ — I ■ ■« 



OBJETS EN TERRE CUITE. HI 

Un grand nombre d'autres fragments en fer, ronges par la 
rouille et ne presentant pas une forme determinee, ont et6 6gale- 
ment trouves dans les temples et dans le temenos. 



OBJETS EN TERRE CDITE. 



1- Petite lampe ornee d'une figure de Silene. 
PL LXI, nM, 1. o,ii. 

2. Petit terme de Bacchus. 

PI. LXI, nM. h. 0,07. 

3. Trois tetes de statuettes, dont Tune, coiffee d'uii calathos, 
est representee a : 

PI. LXI, n"* 9, h. o,o5. 

4. Trois tetes en applique, dont Tune est reproduite a : 

PI. LXI, n^7,h. 0,08. 

5. Deux fonds de vase representant des Tritons en bas-relief, 
dont Tun est reproduit a : 

PI. LXI, n® 8, diam. 0,07. 

6. Trois fragments de briques orn^s dune paimette et portant 
r inscription 



\\i CATALOGUE. 

Un de ces fragments est reproduit k : 
Pl.LXI, n^ 11,1.0,16. 

7. Fragment de briqiie portant le commencement d'une ins- 
cription : 

JL< iwlw a • • • • 

PI. LXI, n"* 10, 1. 0,06. 

8- Quatre petits lecythus de grandeurs differentes et d'un 
travail ordinaire. 

9. Un grand nombre de ces pieces coniques, quon trouve 
presque dans toutes les anciennes mines et dont Vusage n'est pas 
determine. Elles servaient peut-etre comme poids, ou pour I'ex^- 
cution de quelque jeu. La plus grande partie de ces pieces a 6t6 
trouvee en tas dans une des chambrcs do construction chre- 
tienne situ6es au S.-O. du temenos. Quatre sont reproduites a : 

PI. LXI,n" 12, h. 0,08. 
PI. LXI,n« i3, h. 0,04. 
PI. LXI, n^ i4, h. o,o3. 
PI. LXI, n^ i5, h. 0,06. 



Parmi la grande masse de debris de briques troiives a la couche 
inferieure de la terre qui couvrait le temenos, il y avait beau- 
coup de morceaux de poterie ordinaire et plusieurs fragments pro- 
venant de pieces plus precieuses; mais ces fragments etaient si 
petits qu'il ma ete impossible d en rassembler quelques-uns pour 
en constituer une piece ay ant quelque forme. 

Les n^*' 3 (h. 0,03) et 5 (h. 0,04) de la planche LXI representent 
deux de ces fragments. 



iouay 



1-^1 I ^ «■ fc ' 



OBJETS EN MARBRB, EN PIERRE CALGAIRE, ETC. 



113 



OBJETS EN MARBRE. 



!• Corps d'lme statuette de femme drap6e. 
PI. LXI, n^ 2, h. 0,19. 

2, Main d'une statuette tenant une patere. 

PI. LXI, n"6, h, 0,06. 

3, Deux fragments de bras de statuette. 

4, Petit poids en marbre noir, portant comme marque la 
lettre c. 

PI. XXVI, n** 5 et 5 btSj diam. 0,02. 

Le manque de carrieres de marbre dans presque toute I'Epire 
explique le petit nombre d'objets en cette matiere trouv6s a Do- 
done, oil les difKrents metaux devaient jouer le rdle que le marbre 
jouait pour lornementation des autres temples de la Grece. 



OBJETS EN PIERRE CALGAIRE, EN IVOIRE 



ET EN VERRE, 



1 . Deux yeux en pierre calcaire calcinee avec pruneUes mobiles 
faites de cristal de roche. Ces yeux^ trouves dans le sanetuaire 
d' Aphrodite, ont probablement appartenu k une grande statue en 
bois, qui a 6te br£il6e lors de la destruction du temple. Un de 
ces yeux est reproduit a : 



PI. LX, n^6, 1. 0,07. 



15 



iU CATALOGUE. 

2. L'inscription suivante grav6e sur pierre calcaire et con te- 
nant un decret des fipirotesparlequelilsnommentproxeneGalos 
Dazupos Rennios de Brundusium et ses descendants, et leur 
accordent tous les droits et immunit^s attaches a cette dignite. 

AT AO AITYX AI 
CTPATArOYNTOCAn€IP(0TANANTINOOYKAAOI 
ATOYrPAMMAT€YONTOCA€CYN€APOICAOKlMOY 
TOYK€c|)AAINOYTOPYAAIOYrAMIAIOY€MBOYNIMAIC€KTI 
KAI€lKAAlrtAY(ONeYPa)niOaTO0OAa)MArPAtAM€NOYAYCA 
NIATOYNlKOAAOYKAPia)nOYn€PinPOZ€NIACrAia)IAAZOYnOI 
P€NNia)IBP€NT€CINOlKAlAnOAOnZOM€NOYTAN€YNOIANAN 
€Xa)NA!AT€A€inOTITOYCAn€IPWTACAIACOI€TOA€INTIMA 
OHM€NAYTONI€AOZ€TOICAn€IPa)TAICnPOZ€NON€IM€NAYTON 
rAIONAAZOYnONP€NNIONBPCNT€CINONKAIAYTONKAICKrO 
NOYCYnAPX€INA€AYTa)!KAIAT€A€IANKAI€NT€A€IANKAIAC4)A 
A€IANKAinOAEMOYl<AI€IPANACTAAnOAmiPU)TANKAirAC 
KAIOlKlACerKTACINCNAnCIPOIKAITAAOinATIMIAnANTA 
OCAKAl[TOICA]AAOICnPOZ€NOIC 

Hauteur de la pierre, 0™,70 sur 0",70 de largeur. 
Hauteur de Tinscription, 0",40 sur 0",68 de largeur. 

'AyaOa Tu/a. STpocTayouvTo? 'ATreipcorav 'Avtivoou KXaOtocTou^ ypa;i.;/.atTeTiOVTo; ^e Su- 
v^^poi? Aoxifjio'j ToO Ke^a^tvoo Topu^aiou, yajxiXioii e[xSo!Jvi(Jiai; 2xTt seal eixxSt. np[o(rra- 
nog?] Auwv E'jpwirio;. IloOoJwaa (?) ypa^I^aji-evou AuGavix toIj NwcoXaou KocpKOTTou ircpi 
TTpo^cvia; Faift) Aa^ou^rot Pcwiw Bp6VTe(Tivor xal airo^oyi?^o(iivou Tav euvoiav ov lj^o>v ^la- 
Te>.ei'iroTl tou; 'Axetpwra; ^i* a; (,j/c*) oieTO ^eiv TijJLaOiijuv aurovl {sic), cJo^c to?; 'Attei- 
pcdTai; -irpo^evov eljjiev auTov Faiov AaJ^ooirov Pevviov BpevTedivov xal auTov xal exyovou?, 
uTTapyetv ^e auTw y.al areXciav xal evxeXetav xal acKpaXetav xal 7ro\6(jioi» xal eipava^, Ta aTro 
'ATTEipwTav, xal ya; xal oixta; eyxTa<riv ev 'ATUcipot xal Ta >.oiira Tijjiia Travra oca xal 
[toi; ijXkoi^ xpo^evoi?. 

(Voir ce que j'ai note a T inscription sur plaque de bronze sub 
n"^ 7, pag. b3 et suiv.). 



OBJETS EN PIERRE CALGAIRE, EN IVOIRE ET EN VERRE. 115 

3. Fragment de petit chapiteau ionique en ivoire. 

PI. L, n^ i5, 1. o,o4. 

4. Petite piece en ivoire ayant la forme de bobine, 

PI. L, n"* 2o, h. o,o4. 

5. Trois petites boules en verrc. 

6. Plusieurs fragments de verre sans forme determinee. 



MONNAIES. 



662 monnaies^ dont 14 en argent et 648 en bronze, ont et6 
trouv^es dans le temple de Jupiter, dans les deux Edifices (pi. Ill, 
n^* 5 et 5 bis) de Tenceinte du temple et autour des monuments 
votifs du temenos. 

Les plus anciennes de ces monnaies, par exemple celle des Cas- 
sopeens (pL LXII, n^ 12), peuvent appartenir k une 6poque ant6- 
rieure au troisieme siecle avant J.-C. ; les plus r6centes, celles de 
Constantin le Grand et de Crispus (pi. LXIII, n^^ 50, 51 et 52) 
sont du commencement du quatrieme siecle de notre ere, 

Je crois que 1' explication la plus plausible a donner a cette s6rie 
de monnaies , c'est qu'elles sont les restes du tr6sor du temple 
form6 par les offrandes des personnes qui venaient consulter 
I'oracle. Les monnaies en or et en argent, plus precieuses et plus 
faciles a enlever, ont 6te emportees; et c'est ce qui expliquerait 
le manque complet de monnaies d'or, et le pen de monnaies insi- 
gnifiantes en argent qui y ont 6te trouvees. Les monnaies de 
bronze, au contraire, plus lourdes et d'une moindrc valeur, ont 



116 CATALOGUE. 

He dispersees sous les decombres des Edifices d6truits, avec les 
d6bris d'autres offrandes, 

Elles se divisent dans les categories suivantes en : 

288 monnaies d'fipire et de diff6rentes contr6es 6pirotes, dont 
deux en argent. 

77 de differents autres pays et villes de la Grece , dont cinq 
en argent. 

85 de divers rois et villes de la Mac^doine, dont trois en argent. 

60 romaines, dont quatre en argent. 

152 compl^tement frustes. 

Parmi les mieux conserv6es, j'ai choisi cinquante-deux pieces 
qui representent les meilleurs types de la collection, et qui sont 
reproduites dans les planches LXII et LXm. 

21 de ces monnaies sont de TEpire ; 

1 1 de di verses autres parties de la Grece ; 

9 mac6doniennes ; 
11 romaines. 

En voici une courte description : 

PI. LXII, n^ I (fipire). AR. 

Tete de Jupiter h droite. — Rev. Aigle dans une couronne de 
laurier. 

Leg. AnEipniAN. 

' Les monnaies sub n** 32, iO, 41 et 46 apr(is les monnaies der]Epire,n*» 1-9 (m6me 

de la planche LXIII ne sont pas k leur place planche) , le n" 41 aprfes la monnaie d*A- 

par suite d'une erreur. Elles auraicnt dd lexandre n" 36 (pi. LXUl), el le n* 46, pi^ce 

6tre rang6es ainsi : le n® 32 apr^s la mon- k Teffigie de Galfere Maximien, aprfes celle de 

naie de Coryre, n* 26 (pi. LXII), le n« 40 Probus n« 48 de la mftme planche. 



MONNAIES. il7 

PI. LXII,n^2(Epirc). BR. 

Tete de Jupiter a gauche. — Rev. Foudre dans une couronne 
de chene. 

Leg. AHEIPnTAN. 

PI. LXII,n«3(fipire). BR. 

T^te de Jupiter a gauche. — Rev. La lettre a dans une cou- 
ronne de chene. 

PI. LXII,n^4(fipire). BR. 

Tetes de Jupiter et de Dion6 k droite. — Rev. Foudre dans une 
couronne de chene. 

L6g. AOEIPnTAN. 

PI. LXII,n^5(fipire). BR. 

ft 

Tete de Diane, a droite. — Rev. Fer de lance dans une cou- 
ronne de laurier. 
Leg. AnEipniAN. 

PI. LXII,n^6(fipire). BR. 

Tete de Dion6 voil6e k droite. — Rev. Tr6pied dans une cou- 
ronne de laurier. 

L6g. AnEIPXlTAN. 

Pi. LXII, n^7(fipire). BR. 

Taureau cornupete k droite; au-dessous, la l^gende AnEipnxAN. 
— Rev. Foudre dans une couronne de laurier. 

PI. LXII, n« 8 (%ire). BR. 

Tete de Jupiter k droite. — Rev. Foudre dans une couronne de 
chene et les lettres An en monogramme. 



l?> CATALOGUE. 

PL LXII, n<»9(fipire). BR. 

Tete de Jupiter a droite. — Rev. Foudre dans une couronne de 
laarier. 

Leg. AnEIPHTAN. 

PI. LXII, n^ lo (Molossie). BR. 

Tete casquee de Minerve, a gauche. — Rev. Aigle a gauche. 
Leg. MOAOZznN. 

PI. LXII, n^ II (Molossie). BR. 

Foudre sur un bouclier; autour, la legende moaozzhn. — Rev. 
Foudre dans une couronne de laurier. 

PI. LXII, n^ 12 (Cassopee). BR. 

Tete de femme (Cybele ?) coiffee du modius, a droite ; au-des- 
sus, la legende KAZznPAinN. — Rev. Colombe volant a gauche, 
dans une couronne de laurier. 

PI. LXII, n^ i3 (Molossie et Cassopee). BR. 

Legende moaozzhn dans une couronne de laurier. — Rev. Le- 
gende KAZznnAinN dans une couronne d'olivier. 

PI. LXII, n« i4 (Amantie). BR. 

Tete diademee de Diane, a droite , avec Tare et le carquois. — 
Rev. Flambeau entour6 d'une couronne de laurier. 

I^g. AMANTriN. 

PI. LXII, n« i5 (Ambracie). BR. 
Tdte d'Achelous a droite. — Rev. Crabe. 

Leg. AMBP. 



\ vXik.Tf. 



» , J - -^^ ^^ ^^ 



Lei. \wi>. 



lisque dans cEie c:cToni:e de iaurier. 
Les- AMI?. 

PI. LXIL n- :S Ambracie . BR. 



Tete radiee da Sz-Ieil, a dn>ite. — Rer^ Apollou lui^ doK>x:t ^ 
droite^ tirant de Fare. 
Leir. AMBP. 

PI- LXII n* iQ Ambracio. BR. 
Memes types. 

Leg. AMBP[axi6i]TAN. 

PI. LXIL n* 20 :P\Trhus\ BR. 

Tete de JopHer a droite. — Rev, Foudre dans uiio couronno do 
chene. 

g. baziaehz mrppoY. 

PL LXII, n* 21 (PjTThus). BR, 

Tete de Jupiter de face. — Rev. Foudre dans une couronno do 
laurier. 

Leg. BAZiAEn^ nvppoY. 

PI. LXII, n* 22 (Acarnanie). BR. 
Tete d'Achelous a droite. — Rev. Tete d'HercuIe k droite. 



120 CATALOGUE. 

PI. LXII, n^ 23 (Acarnanie?). BR. 

Tete d'Ach^loiis (?) a gauche. — Rev. Griffon surfrapp6 sur 
une autre tete dont on distingue les contours. 

PI. LXII, n^ 24 (Argos d'Amphilochie). BR. 

Tete de jeune homme k gauche. — Rev. Louve courant a 
droite. 

L6g. APrEinN. 

PL LXII, n^ 25 (Thyrreum d' Acarnanie). BR. 
Tete casqu6e de Minerve k gauche. — Rev. Chouette de face. 

L6g. OYP. . 

PI. LXII, n^ 26 (Corcyre). BR.' 

Prone de navire; au-dessus, la legende nika. — Rev. Canthare 
et les lettres KO. 

PI. LXIII, n^ 27 (Locride). BR. 
Tete casquee de Minerve k droite. — Rev. Grappe de raisin. 

L6g. AOKFnN. 

PI. LXIII, n^ 28 (Sicyone?). BR. 

Golombe volant k gauche. — Rev. Bandelette dans une couronne 
de laurier, et les lettres ke. 

PI. LXIII, n^ 29 (Corinthe?). BR. 
P6gase volant k gauche. — Rev. Trident. 

PI. LXIII, n^ 3o (Corinthe?). BR. 
Dauphin. — Rev. Trident. 



I 



gtgMj_!jii_j' r' •'^. ••"_ — "*^ 'T~ - , - -'^- r^ :,- . — :-^-^--^. - -. ,^^ ^ . ■» — :3%.-.=: — . 



MONNAIES. 121 

PI. LXIII, n' 3i (incertain). BR. 

Tete casqu6e de Minerve a gauche. — Rev. Jupiter debout lan- 
^aut la foudre. 

PI. LXIII, n» 32 (Gorcyre) BR. 

Tetes d'ApoUon et de Diane k droite. — Rev. Proue de navire; 
au-dessus, la legende KOPKYpAinN <^l^n.^^z. 

PI. LXIII, n" 33 (Thessalonique). BR. 

Tete de Diane k droite. — Rev. Arc et carquois. 

Leg. OEZZAAONlKEnN. 

PI. LXIII, n" 34 (Philippe). BR. 

Tete diad6m6e d'ApoUon k gauche. — Rev. Cavalier courant 
a gauche. 

L6g. <J)IAIPPOY. 

PI. LXIII, n' 35 (Alexandre?). BR. 
Tete d'Hercule k droite. — Rev. Cavalier marchant k droite. 

Ii4g. B. A. 

PI. LXIII, n» 36 (Alexandre). BR. 
Tete d'Hercule a droite. — Rev. Massue, arc et carquois. 

L6g. AAEZANAPOY. 

PI. LXIII, n« 37 (Cassandre). BR. 
Tete d'Hercule k droite. — Rev. Cavalier marchant k droite. 

L^g. BAZIAEnZ KAZZANAPOY. 

PI. LXIII, n" 38 (Lysimaque). BR. 

Tete casqu^e de Minerve k droite. — Rev. Lion courant k 
droite. 
Leg. BAZiAEnz ayzimaxoy. 

16 



122 CATALOGUE. 

PI. LXIII, n^ 39 (incertain). BR. 

Tete ail6e de Mercure. — Rev. Aigle tenant le foudre dans ses 
serres. 

PI. LXIII, n^ 4o (incertain). BR. 

Tete lauree d'ApoIIon a droite. — Rev. Aigle tenant le foudre 
dans ses serres, et un monogramme compose des lettres aop (se- 
rait-ce AicetpcoTav ?) . 

PI. LXIII, n^/ii (Alexandre?). BR. 

Bouclier macedonien. — Rev. Casque. 
Leg. B. A. 

PI. LXIII, n^ 42 (Auguste). BR. 

Tete d' Auguste a droite; leg. caesar. 

Rev. La legende avcvstvs dans une couronne de laurier. 

PI. LXIII, n^ 43 (Trajan). BR. 

Tete de Trajan a droite, entour^e d'une legende fruste dont on 

lit [CAESJARTRAIANVS. 

Rev. Trajan assis sur un tr6ne; a sa droite, deux personnages 
dont Tun offre et Fautre regoit des cadeaux; au fond, un person- 
nage debout. 

L6g. i-IBERALITASAVC. S. C. 

PI. LXIII, n^ 44 (Hadrien). AR. 
Tete lauree d'Hadrien k droite, entour^e de la legende hadri anvs 

AVCCOSIIIPF. 

Rev. Rome casquee, assise a gauche; elle tient un sceptre de la 
main gauche et un trident de la main droite. 

L6g. ROMAFELIX. 



MOxNNAIES. 123 

PI. LXIII, nM5 (Marc-Aurele). BR. 
Tete de Marc-Aurele a droite, entouree de la legende avrelivs- 

CAESARAVGPII. 

Rev. Mars casque marchant k droite, et tenant un trophee de 
la main gauche et une lance de la main droite. 
L6g. (fruste) tripotxiiiicos. 

PI. LXIII, n^ 46 (Galere Maximien). BR. 



Tete lauree de Galere Maximien a droite , entouree de la 16- 

gendc GALMAXIMIANVSPFAVC. 

Rev. Genie debout a gauche, tenant de la main droite une 
couronne, et de la main gauche une corne d'abondance. 

Leg. CENIOAVCVSTI. 

PI. LXIII, n^47 (Aurelien). BR. 
Tete radiee d' Aurelien a droite, entour6e de la legende impcav- 

RELIANVSAVG. 

Rev. Genie couronnant I'empereur qui tient une lance de la 
main gauche. 

Leg. RESTITVTORORBIS. 

PI. LXIII, n*^ 48 (Probus). BR. 

Bustc de Probus casque et arme d'une cuirasse, a gauche, en- 
toure de la legende impcmavrprobvspavc. . 
Rev. Le Soleil de face dans un quadrige. 

L6g. SOLIINVICTO. 

PI. LXIII, n« 49 (Licinius). BR. 
Tete lauree de Licinius a droite, entouree de la legende impli- 

CINIVSPFAVC. 



124 CATALOGUE. 

Rev. Jupiter, debout, appuye sur son sceptre; sur sa main 
droite, une Victoire, et a ses pieds, Faigle. 

Leg. lOVICONSERVATORIAVCCNN. 

PI. LXIII. n^ 5o (Constanlin). BR. 
Tete lauree de Constantin a droite, entour6e de la legende cons- 

TANTINVSAVC. 

Rev. voT XX, dans une couronne. 

L6g. DNCONSTANTINIMACAVC. 

PI. LXIII, n'^ 5i (Constantin). BR. 
Tete lauree de Constantin, a droite, entouree de la 16gende CONS- 

TANTINVSAVC-. 

Rev. Porte de ville entour6e de la legende providentiaeavc. 

PI. LXIII, n^ 52 (Crispus) BR. 
Tete lauree de Crispus, a gauche, entouree de la legende flivl. 

CRISPVSNOBCAES. 

Rev. VOT v, dans une couronne. 

Leg. CAESARVMNOSTRORVM. 



MONUMENTS VOTIFS. 125 



DESCRIPTION SOMMAIRE DES MONUMENTS VOTIFS REPR^SKNTES , 
EN PLAN ET EN PROFIL , DANS LES PLANCHES VI ET VII. 

(Voir pages 26 et 27.) 



PLANCHE VI. 

N"" 1. Construction compos6e de trois pierres: la premiere, qui 
sert de base, est grossierement taillee ; la seconde, mieux travail- 
16e, est longue de 1",95 et large de 1",06 ; et la troisieme, super- 
posee verticalement a la precede nte, est une dalle de l",b7 de 
longueur sur 0",78 de hauteur et 0",36 de largeur. (Voir aussi 
pi. VIII.) 

N^ 2. Construction composee de trois pierres: les deux supe- 
rieures sont bien travaillees et d'une forme presque carree; Tune 
est longue de 0",79 sur O'^^GB, et Fautre de O'^^GO sur 0",b6. La 
troisieme, qui sert de fondement, est une pierre brute. (Voir aussi 
pi. VIII.) 

N"" 3. Pierre rectangulaire de l",??, sur 0",75, posee sur une 
autre pierre brute. (Voir aussi pi. VIII.) 

N"" 4. Pierre carree servant de base a une colonne dont il ne 
reste qu un tambour de 2", 37 de circonference sur 0",56 de hau- 
teur. (Voir aussi pi. VIII.) 

N"" S. Deux pierres superposees, dont la sup6rieure, bien tra- 
vaillee, a une longueur de 1",14 sur 0°*,93 de largeur; elle touche 
a Themicycle suivant. (Voir aussi pi. VIII.) 

N"" 6. Hemicycle pose sur un dallage; il etait forme de cinq 
pierres de taille, dont il ne reste que trois; Tetendue de la demi- 
circonference interieure est de 5 metres ; la hauteur des parois est 



126 MONUMENTS VOTIFS. 

de 0",4S, et leur largeur de 0",b9 (la corde du segment existaiit 
mesiire 2",03). (Voir aussi pi. VIII.) 

N""?. Pierre presque carree de 1",11 sur 1",08; elle louche a 
rh^micycle suivant et sert de pilier a une colonne, doiit il ne reste 
qu un tambour ayant une hauteur de O'^jSS et une circonference 
de 2",95. 

N"" 8. Hemicycle sur dallage, compose de quatre pierres de taille 
sur lesquelles on voit quatre petites saillies rondes de 0'",01 en- 
viron. Diametre interieur, 3^,15; hauteur des parois, O^^SS, et 
largeur 0",46. A Texterieur il y avait un autre hemicycle, dont il 
ne reste qu'une seule pierre longue de l"',!^ ^t sur laquelle on 
remarque une petite cavit6. 

N"" 9. Pierre rectangulaire de 2™,07 sur 1",04, attachee au pre- 
cedent hemicycle ; on y remarque trois petites saillies rondes de 
0"",01 environ. 

N*" 10. Pierre rectangulaire, mieux travaillee que la precedente, 
de r,81 sur 0™,92. 

N"" 11. Pierre rectangulaire de 1 metre sur 0",59; elle touche 
exterieiirement au milieu de Themicycle suivant. 

N"" 12. Hemicycle compose de cinq pierres de taille; diametre 
interieur, 2"",90; hauteur des parois, 0™,30; largeur, 0™,60. 

N"" 13. Pierre rectangulaire, bien travaillee, de 1°*,97 sur 1",06; 
elle est posee sur une dalle brute. 

N"" 14. Pierre rectangulaire, bien travaillee, de l™,0o sur 0"',78. 

N^ 15. Pierre rectangulaire de 1™,74 sur 1 metre. On y remar- 
que quatre petites saillies arrondies de 0",01 environ. 

N"" 16. Pierre presque carree de 1™,17 sur 1™,05. 

N"" 17. Trois pierres juxtaposees formantun rectangle de 2°',52 
sur 0"',83; on y remarque cinq petites saillies arrondies de 0"*,01 
environ. 



J 



MONUMENTS VOTIFS. 127 

N"" 18. Deux pierres juxtaposees formant un rectangle de 2",30 
sur r,30. 

N^ 19. Deux pierres juxtaposees, formant un rectangle de 1"*,98 
sur 1",02; on y voit six petites saillies arrondies de 0",01 environ. 

N^ 20. Deux pierres juxtaposees, formant un rectangle de 2 me- 
tres sur 1",25. 

N'^21. Rectangle de 2 metres sur 1 metre, compose de trois 
pierres irr6gulierement juxtaposees. On y remarque huit petites 
saillies rondes de 0™,0i environ. 

N° 22. Deux pierres rcctangulaires superpos6es; Tune est de 
2"",20 sur 1",30, et I'autre de 1"^,82 sur 0™,95. Deux dalles hautes, 
Tune de 0"*,90 et Tautre de 0"",60, posees verticalement sur ces 
pierres, forment un angle droit. 

N''23. Dallage d'une forme irreguliere et dont le c6t6 le plus 

long mesure 6", SO; sur la partie septentrionale est placee une 

pierre rectangulaire de 1™,99 sur 1 metre; et sur la partie m6ri- 

dionale on remarque un pan de muraille hell6nique large de 1™,08 

"et haut de 1 metre. 

N"" 24. Pierre rectangulaire de 2"",50 sur 1",5S. Au milieu, ily 
a un creux de forme irreguliere ; une dalle superpos6e est taill6e 
de maniere a laisser decouvert ce creux et peut-etre aussi avec 
Fintention d'en augmenter la profondeur. 

N^ 2o. Deux dalles, formant un rectangle de r,90 sur 1™,28, 
sont pos6es sur trois pierres juxtaposees. 



PLANCHE VII. 



N"" 1 . Trois pierres rcctangulaires superposees ; celle du dessus 
est bien travaillee et a une longueur de 1"*,03 sur 0™,72 de lar- 
geur. 



128 MONUMENTS VOTIFS. 

N" 2. Pierre rectangulaire bieii travaill6e, de l^jSO sur 0",80. 

N° 3. Trois pierres rectangulaires superpos^es; celle du dessous 
est une pierre brute; les deux autres sont bien travaillees; Tune 
est longue de I^IO sur 0"',84, et I'autre de O^jSG sur O^jSO. 

N° 4. Pierre rectangulaire bien travaillee, de l^jTB sur O^TS. 

N" 5. Pierre rectangulaire de l'",50 sur l^jOT. 

N° 6. Deux pierres rectangulaires superposees: celle du dessus 
est longue de l'",82 sur 0™,92 de largeur. 

N** 7. Pierre rectangulaire de l^jlO sur l^jOB. 

N°8. Pierre rectangulaire de l'°,80 sur 0'",90; elle est pos^e 
sur une dalle brute. 

N° 9. Pierre rectangulaire de l'",12 sur l'",08. 

N" 10. Pierre rectangulaire de 2", 14 sur I^.IS. 

NMl. Pierre rectangulaire de l'",12 sur l^jOS. 

N° 12. Pierre rectangulaire de l^jS sur l'",03. 

N" 13. Pierre rectangulaire de l'",81 sur 0'"90; elle est posee 
sur une dalle brute . 

N° 14. Pierre rectangulaire de I^^IO sur 1 metre. 

N° 15. Pierre rectangulaire de 2"", 10 sur l^^O. 

N° 16. Pierre rectangulaire de 2'°,75 sur 0",70. 



DEUXIEME PARTIE 



fiTUDE HISTORIQUE SUR DODONE, 

SUR SON ORIGINE ET SON INFLUENCE DANS LE MONDE HELL^NIQUE 

ET SUR TOUT GE QUI GONGERNE SES TEMPLES 

ET SON ORAGLE. 



I 



Origine de Voracle. 

Dodone , fondle par les Pelasges *, est le temple le plus ancien 
et le premier oracle de la Gr^ce^. Ceuxqui ont voulu trouverune 
etymologie k son nom le faisaient venir de la nymphe Dodone ou 



* Scymn. Chii Perieg.y v. 448 : 

Strab., VII, 7, 10: 

Etti 8', &^ cpyjaiv £(popo?, UtkaTf&y l!8pu|ia • .ot 
81 ne>.aoYol tcuv iccpl ty^v 6^Xd8a 8uvaaTeuadlvTCi)v 
dpj^ai6T<xT0t \iyovtcLi • x»l 6 iroiT^m^c ^iqaiv oOtco • 
« ZeO Ava Aci)8<ova.ie, UtksKsyixi, » 6 8* AaCo8o(* 
« A(o8(5vY)v ^Tjydv tc, IleXataywv E8pavov nj^"^* >> 

Ephor. op. Strab., IX, 2, 4 (voir p. 163, 
note !.)• 
Dionys. Halicarn., I, 18: 

T6 8e ^^eiov aOtcov {des Pelasges) [i£po< 
5ii T^; [uaoyctou Tpa-TrtJiievoi icpdc toO^ £v Aw- 



ScovT, xaToixoOvTa; o^cijv auyYivct;, oC; od8tl; -i^^Cou 
:c<5>.e(i.ov eni^fpsiv &>( Upot;, ^P^"^^^ K-^^ '^^'^^ ^^' 
T(S6i o6{i.{i.eTpov 8ieTpi4'av. Eicel 8i ^uiTQpol auToi^ 
5vTe5 TJoOdlvovTO oO;^ IxavYj; oOottj^ fiwavTa; Tp£^tiv 
T?i; ytj?, ix>>eC7:ouai tyjv p^cupav p^pv|a{i(|> ittiBdjtc- 
voi xe^eOovTi TzXivv el; Iia^Cav, -f] t^te ZaxoupvCai 

Scbol. m Homer., Iliad., U, v. 233 : 

neXaoyix^ 8i, 6iTi 6ir6 IIe^aaY<>>>v tSpuTai xd irepl 
Ab)8(ijw)v T£|ievoc* ol 81 IleXapYixf* ^6^ov yap 
elvai >.euxdv ixet cpaaiv oOtci) x(x>.ot3[Uvov. 

• Plat., PAa^dr., 275, B: 

01 8£ Y* cj ^O^e, 2v T(^ Tou Ai6( tou A(i}8(ih 
vaCou Upu> 8pudc Xdyou; S<pY)aav {xavTixoti; '}cp(i)Touc 

17 



130 



^TUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



du fleuve Dodon *, ou bieii du verbe StSovat (donner) ^. Sa fondation 
se perd dans la nuit des temps prehistoriques ; elle peut etre attri- 
bu6e au commencement de la periode herolque, son oracle ayant 
6t6 consulte, disait-on, par Deucalion et Pyrrha^, qui sont les 
premiers personnages de cette epoque. 

Avant meme la formation du polytheisme hellenique, Dodone 
6tait un sanctuaire ven6r6 , ou Ton rendait hommage au principe 
abstrait de la divinite qui avait cr6e I'univers et y maintenait For- 
dre *. C'6tait une fondation indigene correspondant sans doute a la 
premiere forme du sentiment religieux chez les peuples primitifs et 
aborigenes de la Gr^ce. 

L'histoire racontee par H6rodote, qu'une pretresse egyptienne, 
enlevee de Thebes par les Ph^niciens et vendue en Grece, fonda 



yevfcOai. Tot; jilv o5v Tdxe, Stc oux ouai aocpot;, 
fioirep 6[iEt( olv£oi d7c£}^pY) 8pu6; xzl ic^tpa^ixo^jeiv 
6it' eOY)OeCa;, el [idvov (ilT,6'?i \iyo\,ty. 

Herodot., II, 52 (voir p. 131, note 2). 
' Steph. Byz. m v. AwSwviri : 

8tT0< Otco[i.vyj[i.(xtCSwv Td p' alxCwv « dito AcoScuvy); 
[iia; Tc5v iixsaviScdv vu{jLcp(ov « . Axe^(S8opo; 81 died 
A(u8(i)vo(; ToD Ai6( xal EOpcijinQc. Elxd; 8i died Acj- 
8(i)vo; 'reoTa[/.ou 6v -TcapaTCOiridtv 6 TCj^vixd?, X^ywv 
oOtb) * « Aa)S(i)v icoTa[id; HTreCpou. » 

Eustath., Comm. in Hom.,//mrf., B, v. 750: 

l^vo{JLda6Y) 8i V| A(i)8c6vir) d'lcd AcoSoivy); '/|pci)t8o; 
4\ UxeavC8o; vi^ixcpv^;, ^ died A(ii)8(ii)vo; i70Ta{i.ou. 

Thrasyb. et Acest. (voir la note 3 ci-apr5s). 

• Schol. in Horn. Iliad., n, v. 233 : 

Tivi; 8i A(i)8(6vT|v nrjv yr(^ itapd^ov ledvta 8C- 
8ci>aiv. 

Steph. Byz. in r. A(i>8<ovyi : 

Aieo).Xd8(i)po; 81 Iv a' leepl 6edv tdv A(K>8ci>vaTov 
oOtci); ^TU[jLo'XoYet- « xaOdieep ol xdv ACa AcoSco- 
vatov |jLiv xaXoCvTsc oti 8C8(i)aiv Vi[i.Tv Td dyotOd, 
IleXaoY^xdv 8i 6iTt tyj; ■^'f,; ic^^.a; i^i"^, » 



• Thrasybulos et Aceslodoros (ap. Etym. 
Magn.; m t;. AcoSiovaToc, eta/?. Miiller, Fragm. 
Hist. gr,y t. II, p. 464) : 

AeuxxXC(i>v |X€Td Tdv lie' auTou Yfivdjievov xara- 
x'Xuoji.dv icepiYevdjiEvo; eI; nfjv Hiceipov ^jjiavTeueTO 
hi ttJ 8put, iee>.sid8o; 8i XP*"!^!^^^ aurw 8'.8oOar,;, 
xaToixC^ei Tdv Tdirov auvaOpoCda^ tou? i:cpt).et^8£v- 
Ta^ Ix Tou xxTaxXuff[iou xal died tou Aid(; xal Aco- 
SwvT); [jLia< Tc5v nxeav(8(i)v A(i)8cuvt^v TfjV ^cupav 
lepooTjydpe'jffe, 

Plut. in VitaPyrrh., I : 

8£(Tiep(i>T(5v xal Mo).09oa>v [letd Tdv xaTaxAuapidv 
loTopouai 4»a£0ovTa ^aaiXeuaaci lepcoTov ?vx tcjv 
{jL€Td nelaoyoO ieapaYevo[i£v(i)v el( tViv Hieeipov. 
Evioi hi AeuxxXCcova xal IlO^^av £l9a{i£vo*j;Tdieepl 
A(i>8c(>vT|v tspdv auTdOi xaTOvxetv h MokofsaoX^, 

* Herodot., II, 52: 

EOuov 8& ledvTa lepdTcpov ol IIeXaaY<>'^ Beot^i 
iieeu)^d[jLevoi , &>; iyti} hf Ab)8c5vY} ol8a dxoii^a;, 
iieci>vu[jLCr|V hi ou8' o{Jvo[ia lieoteuvTO o08evlaOTwv 
oO Y^P dxYjxdeadv xco. 8eou(; 8^ lepoffouvdjjidadv 
ff^ea; died toO toioOtou 6'ti x6a|ib) O^vtec 'p** ledvTa 
lept^YH^^f* xal led^a; vo|jidc elj^ov. 



I 



ORIGINE DE L'ORACLE. 



131 



Foracle de Jupiter a Dodone *, est loin de prouver une origine 
6trangere de cet oracle, EUe sert, au contraire, a confirmer Fopi- 
nion de sa fondation indigene ; car, d'apres cette meme histoire, 
il y avait k Dodone, avant Farriv^e de cette pretresse, un oracle 
que les P^lasges consultaient toutes les foisqu'il s'agissait de donner 
un nom k la divinity encore innommee ^, et ce n'est qu'avec Tap- 
probation de cet oracle que fut admis le culte propose par la pre- 
tresse egyptienne. 



* Herodot., II, 54, 55 et 56 : 

XpT)9TY)pCci)v hi i;£pi Tou te Iv EX^iq^i xal tou 
h AtSiJYj TdvSe AlyOimoi \6yoy \tfO\j^\. Ecpaaav 
ol tpiec ToO 6Y|6ai£o; Aid; h6o Yuvaixa; IpeCa^ ix 
8y)6£ci>v i^aj^OT^vai find ^oivCx(i)v xal t?)v jiiv aO- 
Tiuv 7cu6ia0ai i; Ai60y)v icpTjOeiaav, rfyf 8i i; toO; 
fiX>.Y|va? • TaOia^ 8e tA; yuvatxa; elvat xdt; I8puaa- 
{jL£va; TdL piavTi^ia icpe&Tac Iv Tovai elpir)[i£voisi 
l6v£Gi* elpo|iivou Bi [leu, 6x66ev oOtct) dTpex£a>; 
iTciTcipLtvoi ^lyouci, ?^affav icpd; TaOta ^T^TYjaiv 

jjLeYA^TQv died a^fcjv y'^^^^^^ f<S^ y'^^*^'^*^^ '^o'^" 
TCi)v, xal Avcupeiv |i.£v a^ca^ oO Suvatol YsvicOai, 
iiu0£a6ai 8e Corspov TauTot icepl aOTeuv, xd icep 8V) 
n.€Yov. 

TaO-ra ji£v vuv twv h 0T^6ifi<ji tpfwv ^xouov. 
Td8e 8^ A(i)8u)vaCa)v cpaal at icpo {tdvTU^, 80o ice- 
>>gid8a< {leXaCva^ Ix 6y)6£ci)v Ta)v AIyuictCcov dva- 
wrajjiivac t?jv jjiiv aOxiwv Ic At60Tjv , r^y 8e icapa 
c^ia^ dicixiaBat- 1^0|i.£vyjv 8£ jxtv liclcptjYdv a08d- 
SaffOai (pwv^ dvOpwm^CY), <&; XP^***^ ^^''\ H^av-n^wv 
aOTdSt Aid? Y^'*'^^^*^> **^ a^ToOc ^iro>.a6eiv Geiov 
tlvai Td £itaYYs^^d|i.evov aOxowi , xaC a^ea? 2x 
toOtou iroiiidai • Tif|v 8i £; toO? ACSua; oI;^oji.£vy|v 
ic£>.cid8a XiYOUdt A|1[jl(i>vo? ^^pYjffTt^ptov xeXeiJaat 
To6c AC6uac icoi£civ. £<iti 81 xal touto Aid?. A<k)- 
SaivaCcjv 81 ai tpeiai, twv ttj icpeaSuTdtv) o{$vo|i.a 
■?,v npo|jL£veia, tyj Se [istd Ta^iTTjv Tiji.ap£TTrj, t^ 8i 
vewTdrrj Nixdv8pTfj , JXcyov Tauta • auvwjtoXdYeov 
8£ ffcpi xal ol dX>.oi AcjSuvaioi ol icepl xd Ipdv. 

Eyw 8' fp^G) icepl aOT£o)v Yve&jiT|v TiQvSe* el dXiQ- 
6£w?ol*oCvixe; i^-i^yayo'* Td? tpd? y^'^^^'^*? **^ ^^ 
[tlv aOT£ci)v £? Ai6uir)v, ti?|v 8i £? Tif|v £\Xd8a dic£- 
8ovTO, 8ox£ei ijiol Vj y\jyi\ aOrTQ ttJ? vOv ]&XXd8o?, 



icpdxepov 81 Jle^a^Cir)? xa>.eu[i£vY)? tyS? aOrfJ? TaO- 
TTj?, xptjBYivai i? BeoicpwToO?. fiiceixev 8ouXei3ouaa 
aOxdOi I8p09aa6ai uicd fftiyt^ £xei icc^uxuCy) Aid? 
Ipdv, £)aicep i^v olxd? d|i(piTco>.eOouaav £v Bn^Giriai 
Ipdv Aid?, fvOa dicCxeto, ivOxOxa [ivt^[jLY)v aOxou 
Ij^eiv. Ex 8i TO^TO'J j^pTjOTK^piov xaTirjY*^^aTO, liceixe 
(juv£^a6e t^v 6X).d8a ykdcaoLy. <t>dvai 81 ol d8eV 
(pei?|v iv Ai6'v3y) iceicpyJaOai 6icd tcov aOxcav (^oivC- 
xci)v, 6ic' 6)v xal auTi?) iicpi^Otj. 

« Herodot., II, 52et53: 

fiiceixev 8i j^pdvou ico>.Xoi3 8ie5e>.0dvxo? £icOOovto 
£x T»i? AIy^ictou diciYli.£va xd oOvd[iaTa twv Oeoiv 
Tcuv dxlcov, Aiovijaou 8i Qorepov ico'X^u £ic09ovto- 
xal jiexd )U^6woy ej^pTQTryjpid^ovTO icepl twv oOvo- 
[idTCi>v Iv Aci)8(i>vY) ' xd Y^p ^^ [lavxt^iov xouxo ve- 
vd[iiaxai dpj^aidxaxov xwv ev EXXyjci j^ptjdxiQpCcov 
etvai, xal -JSv xdv j^pdvov xoOxov {jloCvov. Eicel <«)v 
i^pTQTDfjpid^ovxo £v xtj A(i>8(t)VY} ol rie^aoYo^i si 
dv£^(i)vxai xd oOvdjxaxa xd died xcjv ^apSdpoiv 
•^xovxa, dveiXe xd jiaviT^iov ^pd^ai. Aicd jiev 
8t) xotSxou xou ^pdvou lOuov xoTai oOvd{iaoi xoiv 
Oetjv ^ped(tevoi. Ilapd 8i ne^aoY<*>v EXXY)ve? £^e- 
8£5avxp Ooxepov. 

£v6ev 8i eY£vexo Kxaoxo? xcov Oec5v, eixe 8* alel 
•^ffav icdvxe?, dxoioi x£ xive? xd et8ea, oOx i^ici- 
ax£axo [i£xp^ ^^ icp(t)Y)v xe xal ^01? <!>? eliceiv XdY({>- 
ftaCo8ov Y*p "^"-^ 0[iT)pov Vi^ixCirjv xexpaxoaCowi 
Ixeai 8ox£(i) [leu icpea6Dx£pou; yt^iiis^aLi, xal oO 
ic^£oai. 05x01 8£ elai ol icoii^aavxe? OeoYoviiQv Kk- 
^Y|ffi, xal xoiffi Oeoiffi xd? licaivujiCa? 8dvxe? xal xi- 
|jLd? xe xal x£;^va? 8ieX(5vTe?, xal et8ea aOxwv otj- 
[it^vavxe?. 01 8i icpdxepov icoitjxal Xeydjievoi xoOxwv 
xwv dv8owv *''ev£<j6ai fl^xepov, i\LO\,yt 8ox£civ, lyi^ 



132 



ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



II 



Mythologie hellenique. 

Quelle qu'en soit I'origine, Foracle de Dodone, ayant 6te le centre 
religieux le plus ancien de la Grece, doit aussi avoir 6t6 le lieu oil 
la croyance des premiers Hellenes a donne la premiere repre- 
sentation a leurs sentiments religieux. 

C'est a Dodone que, par Tapplication de divers noms k la divi- 
nity, a Torigine unique et innomm6e, celle-ci fut divis6e, selon ses 
attributs, en plusieurs dieux*, et que la mythologie grecque re^ut 
sa premiere forme, qui , enrichie et embellie dans la suite par les 
poetes, subit ulterieurement beaucoup d'alt^rations par Tintroduc- 
tion de plusieurs mythes etrangers. 

La force supreme de la creation et de Torganisation du monde a 
et6 personnifiee a Dodone par Zeus ^. Ce dieuy a 6t6 congu tout sim- 
plement sur le modele du monde humain, et sa demeure a et6 plac^e 
au milieu des habitations des mortels ^ ; il a regu comme embl^mes 
la foudre, qu'attiraient les sonunets escarp6s du Tomaros, Taigle, 
qui fait son nid dans les ravins de cette montagne, et le chene, qui a 
fourni aux hommes leur premiere nourriture *. L'616ment hnmide, 



vovTO. Toi3t(i>v tdi [tlv icpcuTA at A(i>S(i)vC8c^ tpeiaii 
X^youai, Ta 8fc Gorepa, tA i<; AcCoSdv xe xal 6|JLtj- 
pov fj^^ovTa iy^ ^^yw. 

' Voir la note pr6c6dente. 

' Simmias Rhod. [ap. Steph. Byz. in v, 

A(i)8(6v7)) : 

ZY)vd( E8o( KpovCSao |Ldxaip* uiceS^^ato A(i)$(6. 

Schol. in Horn. //., n, v. 233 : 

01 8^ (ypifpouai ZeO) [Ie>.aotixi , oS niXa^ iorlv 



ZeCic ydtp iffriv i^ toO xddjjiou 'J'^X^* ^^po^^H? 



o&9a. 



• Steph. Byz. in v. Aci)8c6vy| : 

Kal (£o<pox).'V); 08u9ast dxavOoicXiJYi) c Aa>8ci>vY) 
vaiC(i>v Ztb^ 6|ilaTio^ ^poT(5v ». 

* Dionys. Halicarn., Ars rhetor., VI : 

Mi\ irap£pY«? 8i [x.y58' aOtdv t6v ori^avov wotpiX- 
Stj?, 6iaTi< ettj • o08i yAp ev toOtq yEvdjicvo; dwo- 
pt^aei; iicaivou * tVjv [i.iv 8puv, ^ti Updt Aid<, xal 
6'ti Vi icpcjTY) xal icpea6uTdltY) Tpocpi^ tcdv dvOpcoicwv, 



MYTHOLOGIE HELL^NIQUE. 



133 



qui penetre la terre et la rend f^conde, 6tait ^galement un des 
attributs du Zeus Dodon^en, qui portait aussi le surnom de Nalos 
(aqueux)*. Get Element, personnifi6 particulierement par Ach61oiis^, 



xal S-zi. oOx &(pii>vo^, diXkoL xal i<fbt^^^t6 icote Iv 
Aci>8cdVY| * Vj hi i^aCa 6'ti UpdL rr^^ AOir)va;, etc. 

Eustath., Comm. tn Horn. Od. S, v. 327 : 

Kal Tf|v ixiXat {i.av^txl|v 8puv Ix^a^sX elwwv 
« t6v 8^ el( Aci)8a)viQv (pixo ^i^[i.evai xvk. » icepl 
1^5 xal iv Tot(: i5'^<; xeXtaf Up A 8i xaxdt tov ysw- 
Ypd^ov 8pu^ Ti^taxai 2v A(ii)8(6vy) dp^aidTOLTOv ^izo- 
^Tf)<p88iaa ^uTdv xal icpwTOv Tpocpi^iv ivOpwwoi^ ica- 
pao^cjv. 

Virg., Georg., I, v. 147 : 

Prima Geres ferro mortales vertere terrain 
Instituit, quum jam glandes atque arbuta 

sacrae 
Deficerent silvae, etvictum Dodona negaret. 

Schol. m Lucan., Pharsalia, III, v. 179. 

Quercus illae fuerant consecratae Jovi, 
quae dabant responsa mortalibus. Has pos- 
tea Lacedaemonii obruerunt(?). 

Jupiter porte aussi quelquefois le surnom 
de *Y|Yci)vato?, Phegoniefiy de ^riyd; =ch6ne. 

Steph. Byz. in v. A(i)8(ov7) : 

ZYivd8oTo; 8i ypd^Ef « ^irjYwyate, licel Iv Aci>- 
SwvYj icpw-cov ^Yiyd? e|iavTeOeTO. » Kal 2out8a^ 81 
^Y)al <I>ir)Y<«)va(ou Aid; tepdv elvai Iv BcdoaXCa xal 

TOUTOv imxa^eXaOai » 4hr)(jlv EOcpopCaiv 

Iv AvC(i> * « txTO jjlIv I<; Aa)8wva Aid^ <pY)Yoto iipo- 

Schol. m Hom. //., IT, v. 233 : 

Iv u) Ato? <I>ir)Y(«)vaCou IjtIv Up6v (voir 

p. 152, note 1). 
* Schol. in Hom. 11. , U, v. 233 : 

81 Aw8wvato^ xal Nal'o^* 6SpYjXdt ydip tA IxeX 

Demosth., Med,, 53 (voir page 142, note 1). 

Steph. Byz. in v. A(o8(uvv) : 

T6v 81 A(i)8(i)vaXov 2}.£yov xal NAiov. 

Dans la presque-totalit6 des inscriptions 



trouv^es k Dodone, Jupiter porte le surnom 
de NaSos. 

• Hom., 7/., Q, V. 615: 

Ev £iicO>.a), ^6i ^aal 6ei(i>v l|i|Mvai eOvdc^ 
NL>[jL(pi<i)v, at t' d|i.«p' kytktaioy If f (^^avTo, 
fevOa >.C8o? icep loOaa (Niob6) Oewv Ix xti8ea wlwci. 

Schol. m Hom. /. rrt. : 

AtTivE? (les nymphes) icspl xd 68a)p ^^opeOoucriv, 

i?[tov died ToO Aj^e^wou icoTajiou toO Iv AlTco^^ia, 8^ 
civdjiacrai dwd toG tA &/ri XOetv, i^ 5ti A;^e>.(J>oc 

xoivco^ xa^^eXxai icdv &8(i)p xal icav 

68(«)p A;^e>.(3(5v ^aatv. 6 yk^ Iv Aw8t5vT) Bed? wa- 
pVjvEaev A)^£).(6(}) 6i3etv 6i9ev xal AOir^vaXoi xal Au- 
jiaXoi xal ^d8ioi xal Stxe>.i5Tai aOtdv Tijiwatv, 
Axapvave? 81 xal dYwva auTw iTctTeXoOdtv. 

Schol. in Hom. //., *, v. 194 : 

Td)v d>.>.wv -reoTajtaiv |ieC^ova elvai ^^ly^uffiv 
kjtXi^Qv 6f9ev xal xpeCovta aOrdv wpd; toi»< dX- 

).ou; >.£y^i 

.... 8oxeX 81 Twv Iv t?) 6XXd8 ii70Ta[i.(5v [tlY^- 
<rro; elvai 6 A;^e>.^o; • 8td xal icav 08ci)p t5 toOtcjj 
irpooT^YOp^ xaXeX-cat. (ft IdTOpCa irapd ntv8dp(j>.) 

xal Td Iv A(i)8a)VY) 81 jjiavTeXov 

diraat toX<; j^pirja|i.oX? xe>.6i3ei Oiieiv Ap^gXcpcp. 

Ephor., Fragm, 27 (ap. MuUer, Fraywi. 
Bist. gr., i, I, p. 239) : 

ToX? [ilv oiSv dX>.ot? TCOTajxoX^ ot •rcXirjffid;(^(i)poi 
[idvov Oiiouat, Tdv 81 A;^eXcj)ov jidvov diravxa? dv- 
6pc6icou^ au|JL6l6Yjxe Ttjtav, toO A^^eXuou tyjv l8Cav 
litwvujjiCav licl Td xoivdv |i.eTa<plpovTe^ • Td jjlIv Ydp 
88wp 6^w?, 6)icep I^tI xotvdv 5vo[jia died ttJ; I8(a< 
IxeCvou 'rcpo<X7^YOpta; kjtki^^iM xaXoi3[jLev • twv 81 
SXkitiy dvopuiTwv Td xoivd -rco^iXdxi? dvTl twv l8Cci>v 
dvoadCo[i.ev, tou; [aIv AOY)vaCou(; £XXY)va<;, toO? 
8e neAOTCovvY^atouc AaxfiSatjiovCou; dTcoxaXouvTe^. 
ToOtou 81 ToO ditopnj |jLaTo; o08iv f;(^o|ji8v atTiwTaTov 
eliteXv ^ TOi»^ Ix Aa)8wv')f)^ 5^pY)(T|A0ij?* oj^fiSdv Ydp 
l<p' dicaaiv aOToX? icpoddY^^v ^ ^8^? eXwOev « Aye- 
Xww OOeiv ». fiaiE -reoXi) vo[iC!^ovte; ou Tdv iroTa- 



134 



ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



faisait partie du ciilte religieux a Dodone , oil le pays etait rempli 
de sources et de marais. 

La terre productive a 6t6 ensuite personnifiee par Dione*. Cette 
deesse, Tepouse primitive de Zeus, est representee dans les Theogo- 
nies post^rieures, formces sous I'influence de traditions et de 
mythes strangers a la Grece , tant6t comme une Titanide , fiUe 
du Ciel et de la Terre ^, et tant6t comme une Ocean ide, fiUe de 



ji.6v Tdv 8ii Tt^; AxapvavCa; f£ovTa, olWcl Td cuvo- 
>.ov SSwp kjikt^o"^ 6wd Tou j^pYjff|jLoi3 xa>.gtaOai, 
iSvouvTOLi Ti? TO'j OsoO 7cpo(n)yopCa; * cnqjiieTov 8fc 
6^Ti icpd; Td OeXov dva^^povxe; oGtw ^iyeiv el(i)6a- 
|ixv • |/.d^iaTa Y<3tp tA OSwp A^^eXCov TcpoaayopeOo- 
juv iv Tot; 6'pxoi; xal h Tat; eC^at; xal ev Tat; 
OuffCai;, fitcep icdvTa icepl toO; OeoO;. 

Elym. Magn. in v. Ap^sXuioc : 

noTa{i6c |ieTa^6 AItco^Cs; xal AxapvavCa; , xoi- 
va>; 8i icav GScop A^e^b>o; xa^stTai. Aoxet 81 toiv 
Iv tyJ t>.>.(i8t icoTa[jw5v \Liy\.T:o^ elvai 6 A;^e>.tSo;' 
8id xal icay {>8o)p tyj toOtou «poo7)yopCa xa^etTai. 
Kal GjjLTQpo;* 

T<5 oOS^ xpeCu)v A^e^cuioc lao^apCt^ei. 

(//., *. V. 194.) 

' Etym. Magn.; in v. Aiwvti : 

fl Bed; • d*re6 ToO Aid; Awovyj, xaTi IxTadiv toO 
el; (i). 6tv aOnrj itpwTOv y£yov£ ya|jL€TT?j toO Aid;* 
4f\ dTcd Tou 8(8(1) Ai8a>vT) xal Aicjvy), i^ 8C8ou(ia t^c; 
TTJ; yev£«a); i^8ovA;. ft 8t66vTj t(; Iotiv i^ icptiTiq 
8ieuvaa6et<7a' 'S\ died toO 8iaCvea0ai xal 6ypa(veo0ai 
died Twv 6eT(5v. ft aOT^i ydp lari ttj y^. 

Pausan., X, 12, 5: 

Kal daai (les p616iades) yuvaixwv wpwTa; Td- 
8e Td Stcyj : 

Ze5; iJJv, Zeu; 4t:1, ZeO; EweTai, <!> |ieyd>.e ZcO, 
Fd xapiuoO; dvCet, 8id x>.Vl^eTt jJiaT^pa yatav. 

Apollodore {ap: Schol. iVi Horn., Orf., r, 
V. 91) confond Dion6 avec Junon : 

A; xal Vi flpa ((i)vo|id<jOY)) AvcivTj irapd AwSw- 
vaCoi;, (i>; Aico^^dSciipo;. 



Mais les passages d'Hom^re, //., E, v. 37i 
(voir p. 135, note 3) et v. 392 : 

Tkr^ 8' ftpiQ, 6)Te {jliv xpaTepd; icat; A[JL^iTpOck>vo;, 
8e^iTepdv xaTd |i.a2Jdv (TiotiJ) Tpiy^wj^ivi 
Pe6^Yixet 

indiquent clairement que Dion6 itait une 
divinity. tout autre que Junon. 

Le rang sup^rieur que Dion6 tenait parmi 
les divinit^s de TOlympe est aussi d^mon- 
tr6 par le passage suivant : 

Horn., Hymn, ad ApolL, v. 91 : 

Ay)T(«) 8' lvvY5|i.ap Te xal ivv£a vOxTa; dfXiCTou; 
<ij8ivea<:i 'nfirxpTO. 8eal 8* l^av IvSoOi itdfrat 
6iaaai dpiTrai laai, Aicuvv) tc PcCy) te 
t)(^va£Yj TE 8£{ii; xal dyd^rovo; AjjL^iTpCTTi. 

• Apollod., AW., I, 1, 3: 

OOpavd; icpwTo; tou icavTd; i8uvdffTeuffe xdajtou' 
•^nr^H^*? 5i r-fiv WxvciiffE icpwTou; toO; fexaTdyj^eipx; 

6uyaT£pa; 8i Td; x^Y)6etoa; Tt- 

TavC8a;, TtjOuv, ^£av, 8£|iiv, Mvtq|io(h5vtjv, 4»o(- 
6t|v, Aia>vY)v, BeCav. 

Orac. Sibyll., lib. Ill, v. 121 : 

xal jiaj^£aavTe; Kpdvo; TiTdv te itpd; auTou;, 

TOi>; 8fc ^£a xal Fata, (pi^^ooTi^avo; t' A9po8CT7i, 
AYj|i.t^TY)p TE xal fiaTCr), E07:>.dxa|x.d; tb Akuvy], 
i?[yayov £; ^iXCyjv ffuvayECpacai pa^iT^Tja;, 
icdvTa;, d8E>.9oO; te, auvaCaou; t' i^^ xal dXXou; 
dvOpcuirou;, o?t^ i^aav d^^ a?|taTo; i^8fi toxyJiuv. 

Dans la mythologieph^nicienne, Dion^est 
identifi^e avec Baaltis, fille du Giel, soBur 
de Rh6a et Spouse de Saturne. 



MYTHOLOGIE HELL^NIQUE. 



135 



rOc6an et de Tethys*. EUe y est aiissi quelquefois rang^e parmi 
les Nymphes Nereides et Hyades, appel6es aussi Dodonides ^, ce 
(Jui indique peut-etre qu'elle partageait avec son puissant ^poux la 
representation de rel^ment humide qui rend la terre f^conde. 

L'amour, Element necessaire a toute creation , y a 6t6 person- 
nifie par Aphrodite , fiUe de Dione et de Zeus ^, k laquelle on a 
dotine pour embleme la colombe, oiseau sacr^ de Dodone. 

Com me il fallait aussi repr^senter le pouvoir oppos6 a la cr6a* 



Philo {ap, Miiller, Fragm, Hist, gr,, t. Ill, 
pag. 568, 19): 

Xp^vou 8fe -repoVdvTo; OOpavoi; Iv cpuy^ Tuyx*^***^ 
0'JY*f^P* a'JTO'j icap6£vov AordtpTirjv [jlsO' it^pcov 
dSsX^cov aOTYJ^ 80(i), Pix^ xal ^kovy);, S6).(t> -rdv 
Kpdvov dve>.eiv 67coic£|Ji'Rei* &(; xal iXv^v 6 Kp(Svo; 
xouptSCa^ yai\LZ':di^ dSe^^dt; o3oa( iizov^aofzo. 

Idem, i6ifif., 20 : 

Kp6vcp 8i iyivovTO Awd AffTdtpTYj? OuyaT^pe? iirTot 

TiTxvC8e^ "^^ ApT£|jLi8ec xal diud Auu- 

VY); Oif^^eiai 

Idem, ibid., 25: 

Kal iizi toOtoi^ 6 Kp6vo( BOfi^ov |iiv Tir|v ird).iv 
TTj Oea Baa^xCSi, r^ xal Aicjvy), SC8b)(Ti. 

' Hesiod., Theogon., v. 337 et v. 353 : 

Tyi96^ 8' (^xeavb) woiatiou? T£xe Sivi^evTa; 
n).-y)Sa6pY| Tc ra>.a5ai3pir) t' EpaT»i t8 Aiwvr,. 

• Apollod.,5i*W., I, 2, 7: 

Nir)p£€i>; 8& xal A(i)p(8o; tvJ^ IzxeavoO NY)pY)t8e(, 
(ov TJi dv6{i.aTa. Ku|jlo06y) Akovy). . . . 

Schol. in Horn. //.,£» v. 486 : 

8(i)vC9t v6{x^ai^ Tp^<p£iv l8ci>xEv, Ap.6poaCa, Kopco- 

vC8i, Eu8wpiri, Aic^vy^, ^.la6\'t^^ Uoku^ol 

T^L^ Td8a; A(i)8(i)vC8a; vO|i.cpa<; (pY^^lv 

(Ph6r6cyd5s) slvai xal Atov^aou TpocpoO*;, &; ira- 
paxaTaO£<;Oai Tdv Aidvu^ov Ivot 8idi t6v Hpa^ 



' Horn., //., E. V. 370: 

H 8' Iv yo6yaL<s\. muTS Akuvy)^ 81* A^po8CTir), 
MY)Tp6c It}?. H 8* dy^a^ iXdl^eTO Buyarfpa -flv, 
Xeipl t£ jjLiv xaTfpc^ev Iico;t' l<paT' Ixt' dv6|jLa![ev* 
« T(^ vO as Toid8* Ipe^e, ^CXov t£xoc; .... » 

Idem, ibid,, v. 381 : 

T-^v 8* 'i^[jlcC66t' liccita Awuvtj, 8ta Osdcov • 
T£T>.aOi, tIxvov i[i.dv, xal dvda^eo XY)8o|t£v7) tcep. 

Schol. in Horn. //., E, v. 371 : 

Tti; AifijviQ^ elvai >.£you(Ji Tyjv A«ppo8{Tir)v iiccl 
Acppo8(TT) iorlv 1^ auvdyouaa t6 A^^ev xal Td Oif^^u 
8uva[ii; 8id t6 d(pp(o8Y) Td aicfp^aTa t(5v ^(6(i)v gl- 
vai* 8iepdv yap to SCuypov i^ iypdnrj-ro? 8i Ttj; 
iv TY) auvouaCa xd I^(i>a. 

Dionys. Perieg., v. 507 : 

K1u^et\ im^paTov d(TTU AuovaCY)^ A^po8Cry)(. 

Apollod., A'W., I, 3, 1 : 

ZeO( 81 yatiei [xiv Hpav xal Tsxvet i)6v)v. . . . 
. . . . ix AibiviQ; 8i A9po8CTY)v. 

Virg., ^n., Ill, V. 19: 

Sacra Dionaeae main Divisque ferebam. 

Higyn., Div, gen,, 12, 2 : 

Ex Dione et Jove Venus. 

Selon la Theogonie d'H6siode, Aphrodite 
est n6e de la mer, c'est-i-dire de r616ment 
humide agissant directement; tandis que 
cet ^l^ment est repr6sent6 par Dion6 dans 
la l^gende plus ancienne et plus* hell^ni- 
que, sur la naissance d'Aphrodite, selon la 
Theogonie d'Hom^re. 



136 ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 

tion et a la vie, personnifi^s par Zeus, Dion6 et Aphrodite, la des- 
truction et la mort out ^t^ personnifi^es par Hades, dont on pla^ 
le royaume au milieu des montagnes escarp^es et des precipices 
sauvages situ6s tout pres de Dodone et de I'autre c6t6 du Toma- 
ros. L*Ach6ron, qui conduit aux demeures des dieux de Fenfer, y 
coule au milieu de ravins inaccessibles et dont Taspect fait naitre le 
sentiment de frayeur que produisent la destruction et la mort*. 

Ill 

£lpoque herolque. 

L'^poque herolque de la Grece, malgr^ les fictions et les mythes 
dont elle est remplie , contient tout un monde historique qui a eu 
sa civilisation et ses grands ev^nements ; nous ne savons, a cause 
de catastrophes inconnues, qu une partie bien faible de ces ^v^ne- 
ments; et cette partie est en outre alter^e par T imagination des 
poetes qui nous ont transmis les quelques traditions sauv^es au 
milieu de ces catastrophes. 

L' oracle de Dodone a exerc6 sur les evenements politiques et 
sociaux de cette epoque une influence non moins grande que celle 
qu'il a eue sur la conception des fictions mythologiques de la reli- 
gion de la Grece. 

C'est a Toracle de Dodone qu'Inachus s adressa pour apprendre 

^ Pausan., I9 17, 5: {jLoiTa toTc icoTa|A,otc dic6 tc5v Iv BeotcpcuTCSi Oi- 

Tr[^ hi tt5« ©eawpwTCSo;, fori |i£v icou xal SXkoL ^^*^' 

6£a( d^ia, Up6v xt Ai6c iv AcdSc^vt) xal Updi toG Le fleuve Acheron , aujourd'hui Glykis 

Oeou <pTr)Y<Sc. Ilpdi; 8i vf^ K^X^P<i> ^^p^q fi i<JTw ( ou Phanariotikos ) , coule i une dis- 

Ap^epoudCa xa^ou(iivir} xal 7coTa(id< Ap^lpoiv, ^iX hi tance de trente kilometres en\iron au sud- 

xal Koixirrdf &8(op dTepicforaTov. 5[iLY)p(5c t£ jjloi ouest de Dodone, k travers les montagnes 

SoxtT TaOxa Iwpaxw^ U « t9|v fi).XTrjv icodqaw escarpies et les ravins inaccessibles de 

d'7coTo^{jLYj9ai To)v iv ATSoUf xal Si^ xal ik dv^- Souli. 



EPOQUE HEROlQUE. 



137 



C8 qu'il dcvait faire lorsque sa fille lo lui eut raconte sessonges *, 
ct c'est lo memc oracle qui pr^dit a lo ses relations avee Jupiter ^, 
et a Hercule la fiii de ses peines ^ C'est de Dodone que les Caly- 
donions apprirent comment ils se gueriraient de la folic a la- 
quelle Bacchus les avait condamnes *• 

Un morceau du chene fatidique de Dodone fut employe par 
Argus, a Tinstigation de Minerve , pour faire la carene du navire 
Argo^, qui servit au premier grand acte historique des Hellenes, 
Texpedition des Argonautes. 



' iEschyl., Prometh., v. 658 : 
S* I; Te IluOb) xdcTcl AcoStjvY}; icuxvou; 
0jo;cp6«ou; tgi).A«v (Inachus), w; jjidOoi ti ypvj 
SpwvT* ^ ^^yovTa 8aC{jL09i icpa^aEiv cpO»a. 

* jEschyl., Pnmeth,, v. 828 : 

Ewel Y*p T^A^s; Tcpd; MoXoffci YaTttS*? 
Tir,v alx'jvwTdv t' ^^^\ AwSwvtjv, Iva 
[lavTCia Oax^; V eotI Be^icpcoxoO Aio; , 
T£pa; t' ixwTOv al icpooT^yopoi 8p0e;, 
u^' wv au (lo) ).a[JLTfp(u? xoOSiv 'xlvixrrjpiw; 
^tpooTfiyopcjOYi? 1^ Aid^ x).6vvtj Sdtjxap 

' Sophocl., Trachhu, v. 1161: 

4>xvcj 8' iyo) TO'jTowt au[i6»ivovT' Taa 
[txvTstx XXIV i, Tot; iraAai SuvT^yopx^ 
i Twv opetwv xxl j^aaxixoiTwv eyt^ (Herculc) 
IeA^(5v £9E).0(il>v (Smo; gt<j£Ypa«{^xu.y,v 
;rp6? Tfj; icxTpwx; xxl iioXuy^''>^^ou Spuo;, 
f| jjLoi XP*^''H* '^*? ^wvTi xal icapdvTi vOv 
l^aaxe |X(5)^6(«)v twv etpeaTwTwv £jjloI 
A'jaiv T£)»«ia6ai. 

* Pausan.,VII, 21, 1 : 

KaTatpeOyouaiv ouv (les Galydoiliens) i-rX to 
/pYjTn^piov Td iv A(i)8(uvTj • Tot; yip tTiV flireipov xau- 
TT|V olxou9i TOi; Ts AItw^oT; xal TOi; icpoo^^copoi; 
auTwv Axxpvaai xal HiceipcoTai;, al iciXeiai xal Ti 
tx ttJ; opiio; [tavTeOaata jjitTlj^etv {liXiaxa 2(paCvcT0 
dAr|6ECa(. T<5t£ 8i xi ;rpTr)<iO<VTa ix AbiSatvYj; Ato- 
v'jdoy |i.b n^tyov clvai to |jirjvujta, laedOai 81 oO 
::p6Ttpov Vjitv icplv r^ B'^oyj tw Aiovjaw K^ptao; ^ 



xOttjv KaAXip(SY)v Y^ t6v aTCoOxvsiv Avt' exe(virjc to)»- 
jjLYjCxvTx. i2; 8i ouSev eI; <ib)TY)pCav cOpC<ixcTO i\ 
TixpOivo;, 8z*jTepa ettI tou; OpE'^atisvou; xaTa^Eij- 
yEf dLTiapTCKVouaa hi xal to'jtwv, iXECtrETO o08lv 
sTi T, aOTY|V (povEUEdOxi* icpoE^EpyxaOfvTcov 81 6tco- 
9x i; nqv OuaCav iST.'Xx ix A(i)8a)VT); [jLE|iavTsu[jLiva 
•fjv, Vj |iiv UpECou TpiSirov i^xto ezI t6v ^cdjidv, K(5- 
pE^o; 8i EcpEiaT^iXEi {jiiv TTj 0'j9ia, Tfa> 8^ cfpcoTi eI- 
5x; xxl oO Tw Oujih), ix'JTOv xvtI Ka)»Xip6r)? 8ieo- 



*'X^ETXl. 



* OrphI, Argon, ^ v. 264 : 

AVj t<5t' Em6po[jLiou9a Topiapia; Sx).ue cpYjyo;, 
•JJv ol u7COTpoic{ir|v Apyo; 8iT0 vr^t jxEAa(*/T, 
naXXd8o; 2vvE(;(Y)aiv. 

Idem, il&i<t/., V. 1153: 

12; oi {liv Ta SxaoTa ?covECa6ov ' sx 8' dtp a xoCkr^^ 
vYjo; i:7i6poaiou9a Toaapia; Ex^ocyE ^Tiyd;, 
tJv tcoO' uic' ApywTjai TOjjiaT; i^padaaaTo Ila/Ad;' 
h>8£ 8' l(pY), 0a{JL6oi; 8£ icEpl cpplva; txETo icavTa;. 

Apoll. Rhod., Argon,, I, v. 526 : 

Kv yap ol 8<5pu OeTov £)y|).aT0 to f ' 4va \Li<J^Tr^v 
OTEipav AOTjvaCti A(i)8o>vC8o; fJppLoas ^Tjyou. 

Apollod., iBiW.,1,9, 16, 6: 

EtcI touto UEULZ^^tEvo; liaciiv Apyov TcxpExxAE^s 
Tov ^pC^ou, xixEivo; AOYjva; 'jiio9ejjl£vt,; wevty,- 
x(5vTopov vaOv xaTEOXE^aoE tyiv ^poaayopEu6Et<iav 
Aiud ToO xxTaoxEuiaavTo; Apyw, xaTi 8e Ttjv icpw- 
pxv £Wip{i.oa£v AOtjvx ^covyjev <pT,yoO TTj; Ab)8(0vC- 
8o; ^'j7»ov. 

18 



138 



ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



Creon, pour saiiver de la mort son fils Meii^ceus, voulut Tenvoyer 
a Dodone*, et les habitants de la ville de Teuthis, en Arcadie, 
eurent recours a cet oracle pour savoir comment ils pourraient 
obtenir la fertilite de leurs terres, rendues st6riles par Minerve, que 
leur roi Teuthis avait blessee ^. 

Ce n'estqu'a Jupiter Dodoneen qu'Achille demande de protegcr 
Patrocle, son compagnon cheri^, et Ulysse se rend expres a Do- 
done pour apprendre du chene elev6 de Jupiter de quelle maniere 
ildevrarentreralthaque*. 

Oreste, fils d' Agamemnon, est veuu a Dodone consulter Toracle"'; 
Pyrrhus Neoptoleme, fils d'Achille, y est venu aussi a differentes 
reprises, et c'est la qu'il s'est marie avec Lanassa, la niece d'Her- 
cule ^ 

La visite qu £nee et Telite de ses compagnons out faite a Dodone 
pour demander Favis de Toracle sur la colonic qu'ils veulent fon- 



Lucian., Gall,, 2: 



9XTo; 



Philostr., Imag.y II, 15, Glauc, Pont. : 

Tooitl; 8i Ocpif^pitoarai rr, vTjt SivSpov dtpyratov, 

* Euripid., Phc^n., v. 981 : 

Me. Kx hi Ty;;Sc not irepco; 
ivo. 6e9i:po>T(ov ouSx;. Me. leava Awotjvri; ^d6pa ; 
Kp. Eyvw;. 

» Pausan., VIII, 28, 3: 

Xp6v(i) Si CdTspov dt^A* TE iyj^'fi^r^ ffcpC^riv (aux 

habitants de Teuthis) ix AcoSoivt};, 6icoix Sptuv- 

Te? Qiaa^at Ti^jV 0e6v c{i.e>>Xov, xal diYac)^{i.« iicotyp 
-javTO Adr,v5;, Ifjrov TpaOjAa inl toj }i.r,po'j. ToOto 
xal a'jTo; Td fiy*^!^* *^^^^ Te).«|xa>vi wopcp'jpw xiv 
uLYjpdv xaTei).T,a[i.£vov. 



» Horn., //., IJ, V. 233 : 

ZeO Aval A&iOcovzve IJe).»T»j'txi ttjA^Oi vxCuv 
A(i)Sb>'/7); uLeSiuv 8'jay ei[i.£po'j * aii<pl Si £e).Aol 
2ol vxCo'jff' 'jTrocpfjTav dviTtTOiroSe? jraaa'-euvxi. 

* Horn., Orf., 2, V. 327, et T, v. 296 : 

Tov 8* e; AoiScuvTiV ^dTo ^T||ievai, Scppa Oeoto 
Ix Sp'jo; 0'}ix(Stioio Ai(^; ^d'AV^v enxxoOoTi 
^TtTcco; voir/jOTfi lOaxTi; i; nCovz Sfijiiov 
t/jStj SyjV dTcecuv, Tj aiicpaSov, i?,e xpu^Tjdov. 

' Euripid., Androm,, v. 884 : 

Op. Ayxijl£|jivov<5; Te xatl K)»'JTXi[i.vy|ffTpa; t<5xo;, 
^voax 8' Op^TTTj;. Kp^oaai 8i icp6; Aid; 
|i.avTetx A(u8ci>vxt2. 

• Justin., XVII, 3, 4: 

Sed Pyrrhus cum in templum Dodonaei 
Jovis ad consulendum venisset, ibi Lanassam 
neptem Herculis rapuit ex cujus matrimonio 
octo liberos cxtulit. 

Plut., m VifaPyrrh.^l{\oirp. 153, note 5). 



EPOQUE HEROIQUE. 



139 



der, et leur rencontre, dans cc pays, avec les autres Troy ens, que 
Pyrrhus avait amenes avec lui en fipire^ montrent que la renom- 
mee et Tinfluence de cet oracle depassait les limites de la Grece 
proprement dite. 

La celebrite de 1' oracle de Dodone , que nous prouvent ces te- 
moignages, indique le r61e qu'il doit avoir jou6 et Tinfluence qu il 
doit avoir exercee sur le groupement et la r6union des divecs ele- 
ments qui ont forme la nation hcUenique , creee au milieu de cir- 
constances que nous entrevoyons a peine dans Tobscurite dont 
Thistoire de Tepoque herolque est enveloppee, 

Dans ces temps recules oii la religion exergait une influence con- 
siderable sur tons les actes de la vie de Thomme^, Foracle de Do- 
done^ en sanctifiant les lois et les gouvernements , en predisant 
Tissue des guerrcs et en repondant aux particuliers qui lui deman- 
daient conseil sur des actes de la vie privee ^, doit avoir dirig6 tons 



* Dionys. Halicarn., 1, 51 : 

Ex Se A{i6paxCz; AY/J-Tfi^ |iev ta; vaO? e;^wv 
-rapi YYJv xoait[6aevo; eI; BouOpcotov ).i(jLiva ttj; 
HicsCpou xaTiysTai. AlvsCa; 8i xxl ol dx[i.si<STaTOi 
c^v aOxw ToO aTpaTO'j, StavOcavTE? i^iiEpcov Suotv 
68ov el; Awdwvirjv d^ixvouvTai yprja(5a£voi tw Bew 
xal xxTa^a|/.6dvouctv auTdSi Tpwa; Toi>; auv E^£- 
v(j). kytk6\Lt^o\. 8i ^pYjaaoO; zspl t^; airoixCa; xal 
Tov Osov dvotOViiJLxai Scoprj^ajievot Tpcoixot; dA)«oi; 
TE xal xpxriipai ^aXxot;, wvtive; eti xspiEiatv iirt- 
Ypxtpxt; iriv'j dp^aioi; ^yjXouvte; tou; dvaOivTx;, 
e;:l to vauTixov AcpixvoOvrat, TErrApcov jjLa).taTa 
i^jjLEpcjv 6i£).66vte; 66<^y. 

Idem, I, 55 : 

Hv ydp Ti 0£^9XTov aOTot; (j\ Enee el h ses com- 

pagnons), t»); [Jl£v tive; AEyo'jaiv, £v Aa>8(»)VT| ysvcS- 
jLEvov, (li>; 8* ^TEpoi Ypicpouaiv, ev EpuOpaT; oyESCcj) 
'ctJ; 15yj?, fv9a wxei £(6uA).a, ETCtj^wpCx v'j|icpT^ 
ypYjajjLwSi;, "fj xOtoi; E?ppa« ttT^eiv inl 8ua[jLc5y 
Vj).Cou, ifo); dv eI; to'jto to j^wpCov fXOw^iv, ev ^ 
xxTeSoOvTat Ta; TpaTrflJac. OTav 81 toOto [idOcosi 



ye v4 [I.EV v,ViYE|i.(5v a TETpdiro 8 a icoiYjaaaivo'j;, 6iicou 
av xd{jLY) Td Cwov, evTauOa 8et|JLa70ai 7r6)av. 

« Strab., XVI, 2, 38 : 

Kal oV y£ dp^aXoi t6 icapd twv 6ewv ewp^aSeuov 
[i.a>.>.ov xal 2ai|jivuvov, xal 8ia toOto xal 6 jrp"»i- 
CTY,pta^<5iJLBvo; V[v t^Jte iro).u; xal Tpf^^wv el; jjlev 
A(i>8c()viQv, (iTtb)^ « ix 8p'j6; 6<]/ix6{toio Aid; po'jXif^v 
enaxo'jTTi » 9'J[jl6ou).(i> tw Att ^pcutiEvo;, eI; 8fe 
A£).<po'j;, etc. 

' Les inscriptions dicouvertes dans les 
mines du temple de Dodone et contenant 
des demandes adressees h Toracle (voir p. 68 
et suiv. et pi. xxxiv h xl) nous fournissent 
aussi une nouvellc preuve de la place con- 
siderable que la consultation des oracles te- 
nait dans la vie publiquc et priv6e des an- 
ciens. On y avait recours dans toutes les 
circonstances importantes ou embarras- 
santes, et on demandait au dieu les moyens 
de r6ussir dans une entreprise ou de parer h. 
une difficult^, comrae on demande aujour- 



liO 



ETUDE HISTORIOUE SUR DODONE. 



les mouvements sociaux et politiqiies d'une certaine importance*. 
II doit siirtout avoir contribue, par cetle influence religieuse, au 
maintien de Funion et die la conformite des sentiments pamii des 
peuples qui n'etaient pas habitues h obeir a la meme autorite po- 
litique ^. Nous en avons une preuve dans le temoignage d' Aristote 
et du scholiaste d'Homere, qui considerent le pays situe autour de 
Dodone et du fleuve Acheloiis comme Fhabitation primitive et le 
berceau de la nation helienique '\ 



IV 



Epoque historique. 



Une lacune de plusieurs siecles separe Fepoque heroique de 
I'epoque historique. L'histoire est presque muette sur cette longue 
p6riode, et il est impossible d'indiquer le vrai fil des evenements 
qui relient les deux epoques. L*existence de Dodone presente le 
meme phenomene. La seule conjecture probable que Ton puisse 
emettre, cest que Dodone, pendant tout ce temps, 6tait particu- 
lierement le centre religieiix des peuples doriens, et que son oracle 



d'hui h un avocat le moyen de gagner un 
proc5s, et h un in6decin le remade pour so 
gu6rir d'une maladie. 

* On en voit un exemple dans Toracle sui- 
vanl cit6 par Denys d'Halicarnassc (1,19): 

6 yap iv AwSwYYi ysv^SuLevo; aOTOi; (aux P6- 

lasges) XP*"^^!^^^* ^'^ 9^«*'^ AeOxto; M4X>.tO(; dvT?jp 
oOx iaY)|i.o^ auTd; iSeiv ItzI tivo; twv iv tc5 TE{i£vei 
TO'j A'.d? xei[i.£vwv TpwrdStov *>(^6.^^%fS\M dpjraCoic 
iyxej^apaYjiivov wSl tljt • 
^iTeC^ETS [i.xi(5[i.svoi 2ix£>.wv SaTOupviav alav, 

01; dtvajJLi5(_6£vT£;, SsxiTTiV £X7:£|JL']^aT£ «I>oC6tj) 
xal xEcpaAa; KpovtSYj, xal tw irxTpl izi^r.i'zi (pcjTa. 



* Schol. in Horn., //., n, v. 23i : 

Kotvdv 8i Tot; ira^iv E>.Xyjffi t6 2vTxG6a [h. Do- 
done) lep6v. 

' Arislot., Meteor. y I, 14: 

Kal ydip outo; (d xa).o\3|i.£vo; ItX Aeuxs^.Ccdvo; 
xaTax).u(j|i.6;) -rrfpl t6v EX>.Tjvtxdv eyivEto p.i).i9Tx 
t<5tcov xal TouTO'j :cEpl tTjV EX^dSa n^jv dp^otCav. 
AOnri 8' icTiv 1^ TTEpl A(i>8uvT|V x*i A^E^wov O'JTO; 
yap 7coA).a/ou to ^Eujia [i.£Ta6£6).rjXEv uxoiiv yap 
ot 2e).^oI ivTaOOa xal oC xa).o*ju.fivoi t(5te [liv Fpai- 
xol, vOv Se fe).^YivE;, 

Schol. in Horn., //larf., *, v. 194 : 

H dp/aiOTanr; EAAa; tteoI A(i)S(ovT|V xal Ss/Aou? 



EPOQUC UISTORIQUE. 



lit 



a exerce iiiic graiide influence sur les evenements qui se lient 
avec le retour des Heraclides dans le Peloponnese^ 

Pendant Tepoque historique, Finfluence religieuse de Toracle de 
Jupiter Nalos et de Dione a ete partagee par d'autres oracles et 
notamment par celui de Delphes. L'oracle d'Apollon, situ6 tout 
pres des provinces helleniques qui ont depasse les autres en civili- 
sation et en puissance, a eu, pendant cette epoque, nn eclat supe- 
rienr a tout autre oracle. Pourtant celui de Jupiter de Dodone, 
etant Foracle du pere, avait toujours la preseance sur tous les 
autres oracles et sur celui de son lils ApoUon. 

Le respect et la veneration dont Dodone a aussi joui dans 
tout le monde hellenique durant Tepoque historique, sont prou- 
ves par plusieurs t6moignages des auteurs anciens^, et par les re- 



exeiTO, 6»0ev 6 A}(^e^wo; lxp£(i>v Si' AItcoTwCol^ el; tov 
x\[i.6pxxixdv i^ijSst x(5)»7:ov, S^pi; ou HpaxT.'vJ; aOxov 

* On peut citer h Tappui de cette conjec- 
ture le mariage de Pyrrhus N6optol^me 
avec Lanassa, la nifece d*Hercule (voir 
page 138, note 6), les droits qu^Hercule 
pr6teodait avoir sur la ville d'Ambracie et 
sur toute TEpire (Antonin. Liberal., Tf^ans- 
form, conger., IV, 28, 6 Se flpax>.f,; AwESeCxvuev 
A{i6paxiav te xal ^tSjJLica^av n^stpov ouaav iau- 

ToO) et les relations suivies que les peuples 
doriens du P61oponn^se entretenaient avec 
TEpire pendant Tepoque historique. 

' Demosth., Epist,, I, 15 et 16 : 

Miq 8t| iron^«jrjTe Totoijto [i.y)SIv, d).).' 6',Tt itpa- 
Setc Y£vva{(i>; xal £toC{jlcj; Tat; ij/uj^at;, toOto ^si- 
poTovsiTe, x5v Sltzt.^ 4<Trj(pCcr,<i02, T(iv ACa A(t)8b>- 
vatov xal toO; fi)Ao'j; Osou;, ot ico).).a; xal xaA^; 
xal 4y*^A? **^ iXrfiiii^ ujttv [lavtECa; dvYipiQxaaiv, 
T?iYe|i.<5va; itoivjdajJLSvoi xal irapaxaA^aavTE; , xal 
xati Twv viXTjTYjpttiJv (Stiraaiv aOTot; eO^dasvot, 
jUTa Tij; dyaO-?]; TuyYj; eTwEuOspoOTE toO; £A).Y)va;. 



Idem, Epist,, IV, 3 : 

EycJ) TTiv 7u6^'.v TrjV ujieT^pav E'jTu^EdTdTTjV ica- 
0(5v 'n(S^E(i)v uTto^aaSdvd) xal 0£o<pO.E(;TdTY|V , xal 
xauTa oI6a xal tov A(a tov AcjOcuvaXov xal tT|V 
AwovTjV xal TOV Air(5)wAw tov II-jOiov d£l )iYOVTa; 
Ev Tat; [lavTsCa'.; xal irpo«TCia^paYi!^oji.evo'j; tt^jv 
dYaOiQV T'j^TjV EV TT, iu(5).£i Elvat luap' u|Jitv, 

Idem, de Corona, 253 : 

Ey^ t^"v pi-iV TT,; ^6).S(o; tujttjV dYaOir^v •j^y^''^" 
jjLai, xal Ta06' opw xal tov Aia tov AcoScovatov Vj jitv 
jjLavTEU(5|JL£vov, TT,v [i.£vT0t Twv icdvTwv dvOpco^Tcov, 
i\ v'jv Itue^ei, ^aXsinriv xal SeivVjV. 

Xenoph., Scr. min, de Vcctig,, VI, 2 : 

Et Y^ p-T^v TauTa S6^£i£v Oatv itpdrrEiv, duui- 
6ou).£'Jaai|JL' &v fY*»*T£ TT^JA^'avTa; xal eI; Aa)8(uvr|V 
xal Ei; AE).cpou;, ETcep^cOai to'j; Beou; eI ).wov xal 
fiji.Eivov EiYj (dv) TTj 7C(5aei oOtcj xaTaoxEjasoafvTj 
xal auTixa xal eI; tov ficEiTa yrp<5vov. El 8^ TaOTa 
C'jvaivotEv, t(5t* 5v au cpaCT,v ypYJvat ETCEpwTdv t(- 
va; Bewv irpoaTcoiO'jji.Evot TaOTa xdA^vWTa xal dpWTa 
:rpdTToiu.£v dv. OO; 8' dvEAoiEv Osou;, to'jtou; eI- 
x6; xa).).i£pyj(javTa; dp/E^Oai toj EpYOu. Suv yip 



142 



ETUDE HISTORIOUE SUR DODONE. 



ponses que son oracle avait doimees a differentes epoques et siir 
divers sujets ^ Les offraiides qu on envoyait des differentes villes 



Ocw icpaTTO|ji£va)v clxo; xal Tot? Tcpdt^et; irpo'Uvat 
eirl t6 ^uov xal ^{jisivov del ttj 7cd)wei. 

On peut aussi citer, comme une autre 
preuve du profond respect qu'on portait 
au sanctuaire de Dodone , le fait que les 
Hyperbor6ens offraient d'abord k ce sanc- 
tuaire une partie des objets sacr6squ'ils cn- 
voyaient, envelopp6s de paille de froment, 
h D6I0S, en rhonneur des vierges hyperbo- 
r^ennes, mortes et enterr6es dans cette ile. 

Gallimach., Hymn, in Dei, v. 278 : 

AXkd TOi A|JLcpiETEti; ScxanrjcpfSpoi aUv iirapjral 
irluLTCOvTai • 'Jiaaai 81 p^opou^; ivdtYoyat Tcd^.T^e?, 
tX Te irpo; -^oitjV at 8' Sairspov at t' ivi |ji£(n^v 
xT^if^pouc EVTYJaavTO, xal ol xaOuicepOe ^opeiTj; 
olxCa Oivd; Jj^ouai, Tco)w'j^povtwTaTov aluia. 
01 |jl£v TOi xa^.ajJLTjv xe xal Upi 8piy|ji.aTa rpwToi 
aTcaj^Owv cpop£ou<Jiv. A AcubcovT^Os IleXaoYol 
TrjXdOev ixfiaCvovTa iroXi> irpciTtora Siy^ovtat 
YYj^ej^is;, BfipAuovTe; i^iyYiToio ).£6yj?o;. 

.Herodoto IV, 33: 

no).^(5 8£ Ti '7uXet<JTa itepl aOxuv Ay)).ioi ^fyouai, 
cpa[JLEvoi IpA 2v8E8Ep.£va 2v xa^d|iir) 'Tcup^jv i^ oiCEp- 
6op£a)v cpEpdasva d^ixvisaOai £; SxuOa;, d:rd 8k 
!lxu6£<dv TrS8Y| 8exo[jl£vou; aUl tou; ir)^Yj<jto)'wpo'j; 
ExddTou; xopLCi^Etv aOxd rd -^rpd? iairfpTj; ixaordTCi} 
Ewlxdv A8pCt)v, ivBEUTEv 8i wpd; {iEaa|i6pirjV icpo- 
ic£{j.i70{i.£va lupcjTOu; A(i)86)vaCQ*j^ EX/^tJvcov 8£xe- 
oBat, dir6 81 toOtwv xaTx^aCvsiv etcI tov Mr^Twiia 
x^Xirov, etc. 

Ces passages ajoutes aux autres t^nioi- 
gnages qui nous sont parvenus suffiscnt 
pour montrer la v^n^ration dont jouissait 
toujours Toracle de Dodone , malgr^ les 
plaintes que Lucien fait adrcsser par Jupi- 
ter h M^nippe. 

Lucian., Icar., 24: 

Ral eI C'jv£)»i^cp6rj7av ol tov ev Aw- 



OWVTj VEcbv CEa'JAr,X<5TE;. EiTeI 6i ICEpl TOUTWV dUE- 
XpivdjlTjV, eItTE \LOly M£vi1C7:£, ?«pYJ, ICEpl Se £|10ij 

ol dvOpcoiToi xCva -^pywarjv fjroixyi; Tiva, ^^v, 8£- 
airoTa, r, t/jv £'j«6£7TaTTjV, ^x^ikiT, ce slvat icdv- 
Twv Oewv ; Ilail^Ei; Ij^wv, fcpYj, Td 8£ ^0»<5xatvov 
a'jTtJV dxpi6(5; oI8a, xav ji.yj A^yrj;. Hv ydp itote 
y(^p6vo;, OTE xal |i.avTt; E8«ixo'jv aOToi? xal latpo; 
xal icdvTa 5>vw; i^v e^'cj. 

MEoral 8k Aid; Tcdvai {jlev dytJial 
icdaai 8' dvOpa>ii(i)v dyopat. 

Ral -f^ A<ii8(uv'r) t^ts xal 1^ IlC^a ^ajLTtpal xal^s« 
pC6)»EicT0i 7cd<jiv VJaav, OTcd 8e toO xaxvoO twv 6u- 
aia)v o08k d7a6)^£iTsiv jioi 8jvaTdv. E^ ovi 8e h 
Ae^^^oX; |i.£v A;cd).X<i>v fd |i.avTEXov xaTEorVj^jaTO, ev 
IlEpydjJLb) 8i TO laTpEiov d A'JxT.Tjicid;, xal Td Bev- 
8(8eiov EyivETO £v BpojixTi xal Td Avou6(8Etov iv 
AiyuTCTw xal Td ApTEjtC^iov iv Ecpf^cp, etcI TauTa 
jikv airavTE? Oiouii xal icavTjyOpEi; dvayo'j^i xal 
£xaTd{i6a; icapiiraaiv , ejjl£ 8£ &97CEp irapTjSYjxdTa 
Ixavcj; TETi{i.r|x£vai vo|i(!iou^tv, &v 8id '7r£vTE d^wv 
ETwv Ou9<a9iv Ev OX'j{JiicCa. Toiyapouv ^u^poT£pou; 
£v [jLOi Tou; ^b>|i.ou; X801; tojv IIXdTcovo; vdjicav y^ 
Twv XpuciiciTO'j auX^oytiaiov. 

* Jc transcris ici les r^ponses de Toracle 
de Dodone que j*ai pu recueillir dans les 
auteurs anciens : 

Herodot., I, 46 : 

METa wv TT|V 8idvoiav TauTTjV auTCxa diCETCEipdTO 
(Gr6susJ Twv ji.avTYj(<i)v twv te ev E>.).Trjai xal toO 
£v AtS'jYi, 8vaff£{i.'{/a; d^Xou; aXX-r^, toO; jaJv £; 
As^^oO; Uvai, Tou( 8£ s; A6a; Td; 4>b)x£(i>v, tou; 
8£ £; A(i>8(uvr|V. 

Idem, IX, 93 : 

IIpd9avTa 8£ <T<pi (aux Apolloniates] ^v te Aoi- 

8c5vYi xal £v Ae^coi; syCvETO, Itceite licEipcuTEOv touc 
icpo^t^Ta; Td aiTtov toO icapEdvTo; xaxoO. 01 8e 
aOTotai l^pa^ov, d^Ti d8 Cx(i>; Tdv ^u^axov T(5v ipcuv 
'jrpoSdTCiiv EOyJviov tyj; ^wio; £(TT£pT)aav • aOtoI ydp 
EicopiJLTj^ai TO'j; ^'jxo'j;, oO icpdTEpdv TE i:au?EoOai 



EPOgUE HISTORIQUE. 



143 



de la Grece a Jupiter Nalos et a Dione, et les ceremonies respec- 
tueuses avec lesquelles on entourait T envoi meme de ces offrandes, 



Tvao>p£ovT£; ixeCvcj) icplv Y| 8{x%c S^j^i tc5v i:coCY|- 
5XV Ta'^Ta?, tA; fiv aOio? SXYjTat xal 8ixaioX. ToO- 
Twv SI Ts^eoa£v(i)v aOtol Scoaeiv EOtivCw 8(S(Iw toi- 
a'jTYjv, Ti?jv 'reo).).ou; jtiv [i.axapi£civ dvSpcoTucov 
eyovTa. Tot |i.iv j^pYi5T/,pia xauTi ^(pi i/^pVj^Or,, oC 
81 A7co).).(i)viy5txi, etc. 

Demosth., Med,^ 53 : 

Lx Aci>8(ov7); MavTstxi. 

« Th> 8vJpL(j> Tc5 A6ir|vz{(i)v 6 toj Aid; oi^ixaCvei* 
^Ti Ta; wpa; wapYivlYxaTt rfi; 6u9ia; xal tyjC Osw- 
pCa^f alpsTou; iclaiceiv xe).euei Oeoipou; stvexa toO- 
TO'j 8ia Ta^^fwv, tw Ait tw Natw Tpci; ^ou? xal 
icp6; £xa9T((> ^ot 8'jo oi;, rfj Auiivir^ ^oOv xal &pva 
Upeia, xal Tpiicsl^av )(^a).X7iv xpo? t^ dv(£Oir)tjLa, 5 
(iv£6ir)xsv 6 Ay^ulo; 6 A6YjvaCa>v. » 

« ToO Aid; OY){i.a{veiiv AcuScuvt), Aiovudco 8t}- 
|i.OTt7»7i Upi T«).tiv xal xpaTvJpa xepa^ai xal yp- 
poO; l^Tavai, Aic(S^^a>vi d^oTpoicaiio ^oOv Ouaai, 
xal ffTscpavYjcpopEiv 2>>Eu8f pou; xal 8o'j)wOu;, xal tki- 
vtjsiv |i.Cav i/i[i.£pav. Ait xttjIiw ^oOv Xeux^v. » 

Demosth., De fah, leg., 299 : 

4>Yj9l 8£ ye r[ jiavTtCa 8iiv 6^ica>; &v |jn?i ^aCpco^iv 
ol ej^Opol icowiv^' fiicaai toCvuv tiCa Yva»|i.Yi icapaxe- 
XsOsTat xo).d![eiv tou; uirepexYjxdTa; Tt toi; tj^Qpoi;, 
6 Zeu;, 1^ Ai(dvr>, icivre; ol Osoi. 

Dinar, contra Demosth., 78 : 

Axo'j^aTE, <L AOY|vaToi, xixeivou toO ^{/irj^C'jji.a- 
To; TO'j Ypa^lvTo; uicd AYj{i.oaO£vo'j;, 6 TeTapayj^.^- 
virj; TY,; icAecii; |ji«Tdi tt?|V iv XaipoiveCa jti^^v, 
lypa'T^tv 6 8r,[i.0Tix6c outo;, xal rfj; (tavTcCa; rfj; 
2aOouotj; ex A(i>8(uvy|; icaptk toO Aid; tou A(o8a)- 
vaCou. }^a^(5; y^P ^^1^^^ iti).at TcpoeCpYjxe ^u).arre- 
cOai ToO; Vjyeadva; xal tou; TJ{i.6o'jXou;. A£ys t^^v 
aavTeiav icpoiTov. 

(Le texte de la r^ponse de Toracle man- 
que.) 

Hyperid., pro Euxen.^ XXXV, 12 et suiv. 
(Aoirp. ii-i, note i). 



Pausan., VII, 25, 1 : 

4»a{veTai 8i xal 6 Bed; icapaivejv 6 h Aci>8cii>vy) 
v£|i.eiv I; txita; al8a) , AOiQvaioi; ydcp iicl V|).ixCa; 
{i.dl).iTra tyJ; AcpeCSavTo; dcpixeto icapdi tou ev Aci)- 
8(uvY} Aid; Ta Imr^ Ta8e * 

4>pdsS0 8' Apeidv Te ;ciyov ^(i>|i,ot^; Te 0uc58ei; 
E0iJievC8a)v, 6t8i j^ptj Aaxe8ai|JLOvCou; a'lxeTeOaat 
8oupl xie^op.£vou;* tou; \l'^ au XTeive aiSiqpb) 
p.T)8^ lx£Ta; d8ixeiv' lx£Tai8* lepoC Te xald'j^oC. 

Idem, VII, 21, i (voir page 137, note 4). 
Idem, VIII, 11,6: 

AOrjvaCoi; 8e a<£vTeu(ia lx AcoScuvyj; Sixe^iav 
i^).Oev olxC^eiv. H 8i ou icd(^^ci> tyj; icd^eo); V| £i- 
xcAia Xd(po; eoTlv oO jxiya;. Oi 8i ou aujx^povi^- 
cavTe; Td elpYiji.£vov f; Te Oirepoptou; crpaTeCa; 
TcpoT^j^^OYjaav xal e; tov ZupaxoaCcov 7c6^e{xov. 

Idem, VIII, 28, 3 (voir page 138, note 2). 
Idem, IX, 25, 6: 

ne>.apyYj {jlIv 8i?| xard |i.ivTeu[jLa £x AuSoivy); 
xal SXk% l[i.e).Xev el; TtjJtViv xaTaTr/jCe^Oai, xal VJ 
Ou^Ca cp£pov £v yaTrpl lepciov. 

Pint, in vitaPhoc, XX VIII : 

Ilpdrepov ijL^/ o'iv d)wCyoi; eTeci 5^p'/j5[tdv I^ttJ- 
veyxav al Aa>8<i[)v(8e; r^ icdXei tA Axp(i)T/|pia tt,; 
ApT£[i,i8o; (pu)«iaaeiv, 6^ic(i>; dT.'Xoi (jli^ XdScixri. 

Idem, ?« vi/a Themistocl., XXVIII: 

TauT* elirwv 6 ©ejjLiaTOxXii; lireOeCaw tw >.6yw 
icpo^jSie^Owv T^v 5<J/iv, -J^v eI8ev ev Nixoy£vou;, xal 
Td |i.dvTeu[JLa tou Ao)8a>vaCou Aid;, eb; xe>>eu96el; 
';tpd; Tdv diicuvuiiov tou Beou ^a8(^eiv ffU|i.^povT,- 
fftie ^pd; ixeivov [h Xerx^s) dvaiT£^^eaOai. 

Idem, Apopkth. Lacontca, 10. 

BouXd[ievo; 8i (Ag6silas) Tdv icpd; Tdv n£p(ntv 
ouor/i^a^Oai icd>>e{JLOv, Evexa tou eXeuOeptiliaai tou; 
iv TYi A<yCa fi'X).iQva;, tw xaTi A(i>8tuvir|v Aid; ix,?"^' 
ffaTo |i.avTeCw. Ke).e'iaavTo; 8S (^icep eoTlv 6; 8o- 



i4fi 



ETUDE HISTORIOUE SUR DODONE. 



ponses que son oracle avait dounees a diff^rentes epoques et siir 
divers sujets ^ Les offraiides qu'on eiivoyait des differentes villes 



6cu» icpaTTO}iiv{i)v elx6^ xal Ta; icpd^ei; :cpo'i£vai 
Eitl 16 >.wov xal fi|jL£ivov del rrj 1:6X1^.. 

On peut aussi citer, comme une autre 
preuve du profond respect qu'on porlail 
an sanctuaire de Dodone , le fait que les 
Hyperborfens offraient d'abord k ce sanc- 
tuaire une partie des objeis sacr6s qu'ils cn- 
voyaient, envelopp6s de paille de froment, 
h D^los, en Thonneur des vierges hyperbo- 
r^ennes, mortes et enterr6es dans cette ile. 

Gallimach., Hymn, in Del., v. 278 : 

AXki. TO I d{jL(pieTet; SexaTiQcpdpoi aUv dirapj^al 
it£|iicovTai • TzifjoLi. ^k yopou^ Avayouci 1:67x^1^, 
aX Te icp^; i^oiTqv at 0' E^juspov at t' 4v4 [i.£(nrjv 
x^K^pou; EffTK^aavTO, xal ol xaOuirepOe ^opeCir|; 
olxCa 9iv6; l^ouat, 'ico)»'j)(^povtciJTaTov alaa. 
01 ji.£v TOi xaXa|i.7jv xe xal Up4 SpayaaTa zpwTOi 
Aaxaj^uwv cpop£ou(Ttv. A AcuScjvtjOs Ile^aoyol 
Trj^(56£v £x6a(vovTa icoX'j upciTtora Si^oviai 
YTrj^e)(^ie?, OspairovTe; A^iyTjToio X£6yjto(;. 

.Herodot., IV, 33: 

no).)w(5 8£ Ti ic^EiTca uepl aOTwv Aiq).ioi ).£youfft, 
cpd|Levoi ipd £v8s8e[JL£va iv xaXd{i.Y) icupb>v £^ OTvep- 
6op£(ii)v cpep(Su.eva dicixv£e90ai £; Sx'jOz;, and S£ 
!Cxu6£(i)v yiSy) 8exo|i£vou; aUl tou; izXr^aiO'/ju^oxt^ 
ixiotou? xopLiI^gtv aOta Td icp6; £(J7c£pY]; ixadTdtTO) 
ewl Tdv ASpCYjv, £v8eut8v 81 i:pd; [jLsaa{i6piY)v Tcpo- 
'Re[i.7c6{Jieva ';rp(oToii; A(i)8<i)va{ou( E7.).rjva)v 8£xe- 
a6ai, d7c6 8£ to'jtwv xarxfixtvEiv etcI t6v Mv^^Ua 
xdXicov, etc. 

Ces passages ajoutes aux autres t^moi- 
gnages qui nous sont parvenus suffisent 
pour montrcr la v6n^ration dont jouissait 
toujours Toracle de Dodone , malgr6 les 
plaintes que Lucien fait adrcsser par Jupi- 
ter h M^nippe. 

Lucian., Icar.j 2i: 

Kal el C'jve)»'»5?^^**' ^^ '^** ^'' ^^' 



SwvYi vewv aeff'JAr,xdTe?. EtteI 8i itepl to6t«v dice- 
xpivd[i.Y)v, eln£ {Jioi, M£viffics, ScpY), irepl 81 e{jioO 
ol d[v0pfa)7coi fCva yvwuLYjv ly 0'jci\ TCva , f^r^v, 8£- 
aiuoTa, r\ TTjV E'j^Ss^Tarrjv, pa<Ji^£a « elvai ludv- 
Twv Gewv ; [Ia(![ei^ ^X'^"^' ^?''i' "^^ ^^ cpO»(5xaivov 
aOTwv dxpi6b>; oI8a, xiv jiirj A£yTri;. Hv yip icote 
y(^p6vo;, OTE xal [idvTv; e8(5xo!Jv auTot? xal laTpd^ 
xal TidvTa o).(i)? i^v eyw. 

Me<r:al 8^ Aid; icddat jjlev dyuial 
icaaai 8^ dvOpcoiccov dyopaC. 

Kal if| A(i>8(ovT| t6te xal -f^ IlC^a ^a|jL:cpal xal ice- 
pCfiAEicToi ird^iv i?iaav, uird 8e toO xairvoO twv 6u- 
fficjv o08£ dvaSAETCEiv jjloi 8'jvaT(5v. E£ oy 8£ iv 
As^^ot; jjiev AicdlXcuv Td jjt.avTEtov xateaTtj^aTO, £v 
riepydpLO) 8£ to laTpetov d A«jx>.Tri7uidc, xal Td Bev- 
8C8eiov ey£veT0 £v 8p<iixif) xal Td Avo'j6(8eiov £v 
AlytiwTw xal Td ApTeaCiiov £v E(p£9(j), btuI TaOTa 
jt£v aTcavTe; 0£o*j(7i xal icavy,yupEi<; dvdyou^t xal 
IxaTdjJL^a^ icapiTTa^iv , £[i£ 8£ £)anEp icapT|6Y)xdTa 
Ixavcu; T£Tt}JLT|x£vav vo|JL{vJouaiv, &v 8id ir£vTe iiXwv 
ETwv 6uao>aiv ev OX'jjtitCa. ToiyapoGv iJ/u)rpoT£po'j; 
£v {xot ToO; ^(i>|iou; 1801^ T(5v IIXdTCiivo; vd{i.ci>v -v^ 
Twv Xpuctirwo'j (TjX^.oywjiwv. 

* Jc transcris ici les r6ponses de I'oracle 
de Dodone que j*ai pu recueillir dans les 
auteurs anciens : 

Herodot., I, 46 : 

Metol (uv TYjv 8idvoiav TauT7)v auTixa dTceicEipaTO 
(Gr6susJ Twv jtavTirjCwv twv te ev EXXYjai xal toO 
£v At6'jYj, 8ia7r£|j.t^a; d).^o'j; d).).Y|, tou; piEv £; 
As^^cpou; Uvai , toi>( 8£ e; A6a; Td( ^ci)x£&)v, tou; 
8£ £; Aci>8iJvr|V. 

Idem, IX, 93 : 

npdcpavTa 8£ acpi (aux Apolloniates] Iv te Acu- 
8a»viri xal £v Ae).coi; EyCvExo, Itceite i^sipcuTEOv tou^ 
-jipo^pY^Ta? Td aittov toO icapsdvTo; xaxoO. 01 8£ 
aOxoiGv Icppa^ov, ^ti d8Cx(i>^ Tdv ^OXaxov tcjv lpu)v 
itpoSdTwv E'jYiviov tyJ? 5'vto; £aT£p7jffav ■ auTol yap 
e?cop|jLY|7ai TO'j; Vjxo'j?, oO TcpdTEpdv TE ?;a'j9ea6ai 



Ii4 



KTUDE HlSTORigUE SUR DODONE. 



Oil sont uae autre preuve *. Une troisieme preuve est le fait que les 
Molosses devinrent, apres les Chaoniens, les maitres de presq.ue 
toute rfipire, non-seulement a eause de la force et de Tiuflueuce 
de leurs rois, mais aussi parce qu'ils avaieut eutre leurs maius 
I'oracle de Dodone^. Ces preuves se completent par les inscriptions, 



'Alt iTpzTE'jg^xi), TO ypTiiOev 4vYiYY«t^s Tot; K96- 
poi;. Oi Ss £x£aaV9xv aOidv xal eI; AEA<po'j; dcpi- 
x(5{jL£vov iTEpl Twv a'jTwv icuvOavEoQat. IIopsuOsl; 
O'jv Ei; TO [lavTEiov, lirTjp<iTT,«v oOt<i};, Atcoaaov, 
•^ SoxeT <iol fi xxl Tw TTXTpC; l'jvatv£<javTo; 5i, al- 
Pe6eI; O'jto); iaTpxTSvaxTO. 

Diod. Sic, XV, 72, 3: 

Kzsaov yap ApxiSwv {jikv 'jTTap to'j; {t*jpCo'j;, 
AxxE8aiu.ov(tijv 8' oOSeC;* upoEiTcov 8' oiOtoi; ai 
A(i)8(ov{8s; UpEixi, 8i(^Ti 6 -;c6).e{io; o*jto; AaxsSai- 
uLOvCoi; S8axp\i( S^tzi. 

Dion. Cass., XXXVI, Fragm., 40, 6. 

Oti 110^60; Tc^ii'la; £; AoiSwvTrjv EjiavTEvaaTO 
iCEpl TTj? cTpaTECa;. Kal 01 )^pYj«jji.oO c>.6<>vto;, iv 
e; ti^v iTa).iav icspaibjOri, P(i>{i.a(ou(vixyj9siv, <jujt- 
6aX(i)v auTov irpo? to ^o*jay){X3, Seivti yip «S«ica- 
TYJTaC Tiva Eict8u[JL(a IiitIv, o06i t6 tap Jjjleivev. 

Strab., VI, 1, 5: 

iUpi -fiv A'X£$av8po; 6 Mo).ott6; Sw^OipTj, E^'H- 

■RdtTYJW 6s Xxl TO'JTOV 6 EX A<i)8a)VT|; XP''i^H''^^» ?'^' 

AiTTEoOai xsXeu(i)v tov A^^povTX xal tyjv [IxvSoaCxv 

Seixv'julIvwv y*P ^v ttj BEfficpwTia 

6aa>vu{i.biv toutoi; evtxOOz xxTi^Tps^E tov ^Cov. 

Tite-Live (VIII, I, 2i) et Justin (XII, 2) 
r^pfetent cc m(yme or.icle cit6 par Strabon. 

Gic, de Diviii,, 1, 2 : 

Quam Graecia coloniam misit in Acto- 
Ham, loniam, Asiam, Italiam, si Pythaeo aut 
Dodonaeo, aut Haminonis oraculo. 

Idem, tb.d., I, 34: 

Maximum vero illud porteutum iisdem 
Spartiatis fuit, quod, cum oraculum, ab 
Jove Dodonaeo petivisset de victoria scisci- 



tantes, legatique illud , in quo inerant sor- 
tes, coUocavissent , simia quam rex Molos- 
sorum in deliciis habebat, et sortes ipsas et 
cetera quae erant ad sortem parata, distur- 
bavit. Tum ea quae praeposita erant oraculo 
sacerdos dixisse dicitur, de salute Lacedae- 
moniis esse, non de victoria cogitandum. 

* Hyperid., pro Euxen., XXXV, 12 et s. : 

V|i.tv OA'j[i.mi; E-^Tcyy, jiaTa iTEirotYiTai iteoI Ta 
Ev AbiScjvY) oO 8(xaia, cu^ly^** ^^« '^fi'^ ^^ "^^ ^Vjau 
EvavTCov 6{t&v xal twv iWuiw AOT^vaCwv icp^; tcj; 
•yjxovTa; itxp' aOTf^.? il-^lty^x oO Tcpooi^xovTa aOrriv 
EyxTw^jitaTa tyj -xClti iyxaAoOaav. Vjitv yap 6 Zeu; 
6 A(i)8(i)vato; TcpoafTa^Ev ev tt, jiavTsCa t6 dtyxAaa 
TT,; AitjvYjf Emxo^jjLTJffat. Kal OpiEt; wp^<i(i)7c<5v te 
iconrj^aiJLEvot 6; ot(5v te xAaaiotov xxl TdlAAa TiivTa 
Ta dx(5A0'j6a, xal x<5<jjjlov tcoauv xal itoAuTEAYj tt^ 
Oew icxpaoxsya-javTE; xal OscopCxv xxl O'JcCxv tioa- 

).WV )rpT,|J.aTWV AltOOTElAaVTE; fiirEX09ULy|0aTS TO 

e8o; ttj; Aiwvtj; d£iw; xal uawv auTbJV xal tyj; 
6eo0. V;:£p to'jtwv 'j|uv Ti E'^'xayJ |iaTa i^X6e irap' 
0Ayji:rta8o; iv txi; iTciTroAai;, w; i^ X*^P* ""n "'i 
Mo>.ottCx a'jTYj;, ev ij t6 Up<5v £<iTtv. OOxouv rpoc- 
fixEv i^jia; Twv exei oy8E ev xiveTv. liav |i.iv toCvuv 
Ti ICEpl rfjv ^ixATjV ysyovt^TX iv ASixyjjtXTi ^T,^t- 
oyj^Oe Eivxi, Tp<5irov Ttva xxl '/^acuv aCiTcuv xxTxyi- 
vwtJxoiiEv w; t4 Ixe: oOx dpOw; ETcpi^xjiEv. fiiv 8* 
M TO'J yEyEVYijjLivo'j EwjtEv, Ta; Tpayw8Ca; aOr^; 
xal Ta; xaTT,yopix; a^TjpYjxdTE; Mili^x. OO yap 
Si^zo'j 0Auti.icta8i |i.Ev Ta AOYivYj^tv Upa iwixo- 
ajiEiv f$ETriv, -fjiitv 8s Ti ev A<i>8(u«/t| oOx I^EOTat, 
xal txOtx toO OeoO itpo7Tx;xvTo;. 

* Strab., VII, 7, 5 : 

Ttuv |jLiv O'JV H:cEip(uTc5v eOvtj ^TjcIv eIvxi 8eo- 

TOULWO; TETTXp£«xC8£Xa , T0UT(i>V 8' lv8o5<5TaTx 






I 






'-■ ^\:y ' ■" 



EPOQUE HISTORIQUE. 



i45 



les ex-voto et autres objets que j'ai trouv6s dans les ruiiies de 
Dodone. Les inscriptions surtout. qui contiennent des d^dicaces k 
Jupiter Nalos et a Dion6, et des demandes adress^es a leur oracle 
sur di verses questions de la vie privee et publique, et parmi les- 
quelles il y eh a qui contiennent les noms d' habitants de differentes 
villes hell6niques, demontrent que Toracle de Dodone fut consults 
jusqu'& sa destruction, non-seulement par les habitants des con- 
trees voisines, mais aussi par tous les peuples de la Grece*. 

A tout cela on pourrait ajouter, je crois, comme derniere preuve, 
I'influence que Dodone a exercee sur la m6trique et la musique 
grecque. Cette influence est indiquee par le pied molosse^ mesure 
eraploj^ee pour la premiere fois k Dodone par Molossos, fils de Pyr- 
rhus et d'Andromaque ^, et par la melodic appelee tripodephore^ 
que les B^otiens chantaient en Thonneur de Jupiter et de Dion6 ^. 



Xdove^ xal Mo^ottoI 8ii td Ap^*'- ifot^ TcdtaTq; tyj; 
Hneip(iJTi8o;, irpdTepov [i.iv Xdova^, Oaxepov 8i Mo- 
).OTToi*?, ot xal 8iA Ti?|v auYY^vetav twv padiXfwv 
eicl iCkiti'i rfi!i:ffi'r\fS7.'^ (twv yip AlaxiSoSv -Jidav) , 
xal 8idi t6 xapdi toOtoi; elvai xd £v A(i>8<ii>v'r) {lav- 
TEtov, ita^aidv Te xal dvo|jLa<yTdv 5v. 

* Schol. in Homer., //., n, v. 234. 

Koivdv 8i Tot^ ica<jiv E^XiQdi Td IvTauOa (i Do- 
done) Updv. 

* Schol. in Hephaest. Alex, de metr. en- 
ckwid., deped., II, p. 133": 

Acikepo? 6 Mo).oTTd?, 6 toOtw (au pied chor6e) 

dvTixeC|uvo(, 2x Tpicjv {laxpcuv. I^xXi^Sy) hi died Mo- 
Xo(79oO ToO utou IIiS^^ou xal Ay8popt,d^Y)<, ib8(kc 2v 
ToiouTij) {i.^Tp({> elitdvTO^ Iv TcJ Upw A(i)8a)VYj^. 

Dionys. Halicarn., (/e Compos, verb,, XVII : 

8' i£ d7caao>v |iaxp(5v* jioXoTrdv 8' aOiov ol 
[UTpixol xa>>ou9iv, dil'Y)^.^^ Te xal d^i(i){jLaTix(5( l<rt\. 
xal 8ia6e6Y)X(k)c (k»c ItX icoXO * icapd8eiYp.a 8* a^Tou 
T(58e' 

Q Ztqvo? xal At^Sa? xdXXirroi cwTfjpe;. 



• Prod. Chrest,, II, p. 248 : 

To 8i Tpiito87)cpopixdv ^UXo^ TpCT:o8oc icpoYj- 
youp-ivou icapd toX^ BoiwtoT; 1588x0. Ecj^^s 81 xal 
TOUTO alxCav TOiaOTVjv. ne^^aoycov Ttve^ IldvaxTov 
Ti)c BouoTCa^ iTcdpOouv. 8Y)6atoi 8^ '/J^tuvov xal 
7c£{i.<)/avTec eU A(i>8wv7)v icepl rfj; xoO ico).i{i.ou vC- 
XT); ij(^pwvT0. XpTjajjidc 81 toX; 6y|6a(ot; i^fice^ev, 
0);, el p.£YiaTov do£6Y)|i,a daeSit^aouai, vixY^aoudiv. 
£8o$ev o&v auToX; dffe6irj[j.dTa)v elvai |i.£yiffTOv xd 
XT?|v ^pYjff|jL(»)8"i^(Ta<jav aOxoX; x6v XP'^l^F'-^^ dvsXeXv 
xal dveXXov. At 8i 'ivepl x6 x£{jievo; ouvUpevai 8{xt)v 
^a6eXv dmjxouv xoO ^6vou xoO? OirjSaCou?. SirjSaXoi 
81 oOx iicixpiicouffi yuvai^l |i.(5vat; xi?|v irepl aOxoiv 
8(x7)v. KoivyJ; 81 xpCcEO); dv8p<5v xal yuvaixwv 
yeyevYiji-lvTic xal xwv dv8p(jv ^euxd; aOxoX; lice- 
veyx6vxwv iJn(^<pou;, d7c^<puyov ol BirjSaXot. laxepov 
8& iwiyvdvxe; aOxoX; 16 iicd xoO j^pTQajioO icpo^- 
xaaff6|i.8vov , paffxdaavxe; xwv xaxd xijv Bowo- 
xCav Upuv xpi7C(S8a>v Sva xal xaxaxa).0'{/avxec, &^ 
UpdauXot dvi7ue[i.ij/av el? A(i)8<i5vrjv. EOicpayi^aav- 
xe; 8e i^ ixeCvou xoO ).oi*JtoO xifjv Tupa^tv SopT?|v 
iitoCouv. 

19 



146 



ETUDE HISTORIQUE SUR DODONB. 



V 



Situation de Dodone. 

D'apres le t^moignage de k plupart des auteurs anciens, Do- 
done, k Torigine , faisait partie de la Thesprotie *. Ulysse 6tait 
rh6te du heros Phidon, roi des Thesprotes, lorsqu il alia a Dodone 
consulter Toracle ^, et Cr6on designe Dodone sous le nom de terre 
des Thesprotes^. Ge n'est que plus tard, a une epoque inconnue, 
que les Molosses ont annexe a leurs possessions Dodone* et le 



Ephor., ap. Strab., IX, 2, 4 : 

AdOpa Tpiico8ir)^opeiv el; AcoSuvy^v (v. p. 163, 

note 1). 

* Schol. in Homer. //., B, v. 750 : 

A(i>S(i()VY|v * ^(jpCov iv 5irep6op£oi; tv^c Beanpo)- 
TCa;, Updv Ai6(, IvOai xd 2x Spud; [lavteiov tou Auh 
8(i)vaCou Aid<. 

Etym. Magn. in v, AcoScdvato; : 

« ZeO £va AcoScovate » iv X^P^* '^^^ 677ep6opE(i)v 
tQ A(i>8e(>v-r) Ti{i.tj{i.Eve Iv BeoirpcDTCa. 

Eustath. , Comm, in Dionys. Perieg., v. 429 : 

Ey£veTO 8£ icoTe ©efficptoTl; •f[ AcaSuvr) TouTiariv 
6icd Toi); BeaicpcoToO?, icepl -^v xal Td tou A(i)8a>- 
vaCou Aioc [lavTetov 8idi ttj; 8pu6<. 

Suidas, m v. A(i)8(dVY). 

116^1? 2v TTJ 8eaitpwTC8t ne^^acyCa, iv Vj I'dTaxo 
8pu?, iv ij ji^vTstov "^v yuvaixwv icpo^Y)TC8ci)v. 

• Homer., Orf., S, v. 316 : 

£v6a \u 8e(Ticp(i)Tcjv ^adiXeO; ixo(jLCaaaTo <l>eC8(t>v 

ftpox; aicpidTCi>v. 

Idem, lAiVf., T, v. 287 : 

&^ pioi 6eaicp(i>T(5v ^a^i^eO; {jLuOi^aato <^e(8(ov. 

' Euripid., Phcenisx. v. 981 (v. page 138, 
note 1). 



* Strab., VH, 7, 11 : 

H A(i)8ctfVT} ToCvuv Td [Jiiv ira^aidv 6icd BEaTcpca- 

ToTc "^v xal ol Tpayixol 8i xal 

nCv8apoc 6eairp(i)TC8a elpt^xaai n^iv A&>8ciivT)v. Tots- 

« 

pov 8i 67cd Mo^OTTot? iyivgTo. 
Idem, VH, 7, 5 : 

Kal 8id t6 Tcapdi toOtoi; (les Molosses) elvai to 
iv A(t>8a)VY) {JiavTeiov ica'Xaidv tc xal dvo(ta^6v ^v. 

Eusiath., Comm. in Homer. //., B, v. 750 : 

A(i)8d)VY) 8i d^* Vjc iv Tot; i^tj; no'j Aci)8(i>vato; 
ZeO;, ic(S>.i; Mo\oaaC8o( iv HiceCp(i> a>( 6 Tb)v EOvi- 
X(i>v xaTaypacpeO; 8vjXot, 6; ou8i dpioxsTai toX; 
elwouffiv auT^jv 0eaitpci>TixV|v xal 8£TTa>.ixi5v • xal 
|jLir|v iTEpoi iv 6icep6opi(i) ttJ; 8eaiup(i>TCac aOTY|v Tt- 
Oiaaiv. 

Idem, Comm. in Homer. Orf., S, v. 327: 

noEiTai 8i (jLveiav xal A{i>8(uv7); it(S^e(i>c Beoicpo)- 
tixyJ? itote, el xal (Jorepov 6icd Mo>.ottoi< ^tjoIv 
iyiveTo. 

Steph. Byz. in v. Aci>8wvTf^. 

A(i>8((i)VY) icd'Xic TvJ; Mo>.09aC8oc iv niccCpca xaO* 
•fjv A(i>8oi>vatoc Zet3;. 
Hyperid., proEuxen. (Voirp.144, notel): 

6<; -fi x<^pa «^ ■'i Mo^oTTta afixii; (de TOlym- 
pias), iv •$ Td lepdv iffTiv. 



I 



SITUATION DE DODONE. 147 

temple de Jupiter, qui neaumoius continua a porter quelquefois le 
nom de Thesprote^ Pour que cette annexion ait eu lieu, il est 
naturel de supposer que Dodone etait situee a I'extr^mite de la 
Thesprotie, qui confinait a la Molossie. Or, selon Topinion qui parait 
la plus conforme aux renseignements que nous avons sur Tan- 
cienne geographie de Ffipire, la Thesprotie venait apres la Chao- 
nie, et etait separee de la Molossie par la Cassopee^ (voir pi. I). Ces 
quatre contr6es possedaient, avec TAmbracie, tout le littoral de 
rfipire sur la mer lonienne et le golfe Ambracique ^. Le littoral 
des Thesprotes ^tait situ6 tout entier sur la mer lonienne, entre 
celui des Chaoniens et celui des Cassop6ens, et le littoral des 
Molosses s etendait en entier sur le golfe Ambracique entre celui 
d'Ambracie et celui des Cassop6ens, qui etait plac6 en partie sur 
ce golfe^ et en partie sur la mer lonienne. 

« 

• iEschyl., Prometh., v. 828 (voir page 137 V« Mexat 8i MoXoTxCav AjiSpaxCa itd).i; tWr^- 
note 2). vl?, i'Ki)(ti 8fc iitd 6a>.dmrj; ordSta ic' 

• Scylax, Periplus x9' jusqu'i X8' : • • ''«P*«^o"« «* ^« A(.6p«x(a« «A8ia px'. 

xO . KoLXOL ok Xaovtav v^ao; Iffti Kdpxupa. . . ^ , a r ^ x -v 

I«i6dnet 8i Vi Krfpxupa x«l lr:l t^v ""^ ''?'*"> ''^^'^ *'^^'*®' ^P^*** ^* Ai.,aox«c6v. . 

6(aicp<i»(av ic^eiov, ij iitl Tf|v XotovCav 

» D'aprts Strabon {VII, 7, 5, 6 et 7), on 
V. MtTi 8i Xaov(«v eecntp<.ToC claiv J9vo«. . . P°°"*»* Pfnser que la Molossie ne s'^tendait 

^«piit)io«« 8i ^« e.«:po,T(«< pas Jusqu au golfe Ambracique ; mais Scy- 

•KttMiu -fi i lax (voir note precedente) attnbue categon- 

quement ^ cette contr^e une c6te de 40 stades 
Xx'. MtTi 81 eecncpuTtev Ra(i<i«uic£a iffrlv «6vo4- ^^j. ^g g^ife jg grois qu'on peut concilier 

olxoOoi 8i xal oSwi xaTi x«&,«t«. napoixouai 8i ^^^ ^^^ auteurs, soit en supposant chez 

o5toi ««< tk Tdv AvaxTopixAv x(SX^ov. Oapd^Xout gjjj^j,,,^ ^^^ confusion entre les limites de 

8- i«i ^< Kawa.«av x<ip«« <IF<~ ^l^P««. F- la Molossie et ceux de la Cassop^e. dont le 

xpv 8i iXiTTo,v 6 4v«xTopixd< x(JX™o« Icptlv i^6 p^yg^ ^.^„q„j5 p^^ j^^ jfolosses, avait 6t6 

To3 <«4^To««a.« ek t6v (luxSv («*8£«v px') td 8i ^j^j^g^^ ^ j^^^ royaume beaucoup avaut 

nx6^ E5po« «T(£8iz 8'. l'6poque i laquelle cet auteur a «crit sa 

^6'. McT& Zi KaoouitCav Mo^orcoC ttoiv {Ovof geographic, soit en admettant que la partie 

olxoOsi 81 o&Toi xaT& xt&piac xaOi^xouai 8^ xatdi de la Molossie qui touchait k la mer avait 

{uxpdv ivTaOSa iicl r^v OiXarrav, tk (uo(5Yaiav ^t^ annex^e k I'Ambracie k une 6poque 

8i iio>.X-5. IlapAicXou? 8' i«l Tfj? Mo>.o-cT(a( x*^ post^rieure k Scylax, et pour une cause que 

pa; ndSux |t,'. nous ne connaissons pas. 



148 



fiTUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



Telle etant la situation respective de ces contr6es , la Thesprotie 
et la Molossie ne pouvaieiit se toucher qu'a un point situ6 au 
nord-est de la premiere et au nord-ouest de la seconde; et, en 
effet, la vallee de Tcharacovista, k laquelle j'ai donn^ le nom de 
Dodone, occupe cette situation intermediaire entre la Thesprotie 
et la Molossie et pouvait passer d'un pays a I'autre sans apporter 
une modification sensible a leur situation geographique. 

La distance qu'il y a de cette vallee a la ville d'Ambracie, d'une 
part, et d' autre part, a Buthrotum, s'accorde aussi tres-bien avec le 
temps qu'finee a mis pour accomplir son voyage d'Ambracie a 
Buthrotum en passant par Dodone *. 



VI 



Nature du pays de Dodone. 



Dodone 6tait une contr6e montagneuse ^ et ^ hivers rigoureux^. 
Le Tomaros (Tmaros ou Tomouros), pres duqiiel se trouvait le 
temple*, 6tait une des montagnes les plus 61evees de Tfipire. Un 



' Dionys. Halicarn., I, 51 (voir page 139, 
note 1). 

• iEschyle [Prometh., v. 828), donne k Do- 
done le nom d'alTruvwTo; (voir p. 137, note 2). 

Idem, SuppLy v. 256 : 

nCv8ou re Tdirlxeiva, Ilaidvcdv iciXoi^, 
^pY) Te A(i)8(i)vaTa. 

Find., Nem., IV, 82 : 

Neoirc6Xe[xo; 8'A- 

ireCpb) AiaTcpuaCa 
^ouS^Tai TdOi Tcpcjve^ ^^o^^oi xaTdLxtivtat 
A(i)8(ova6ev dp^(5[i.evoi icpd( Idviov tcdpov. 

• Homer., //.. B, v. 748: 

Pouveu; 8' Ix RO<pou i?iye 8tia) x«l etxoai VYJa; • 



Tw 8' feviTJve^ eitovTO (/.eveirrd^epLoC Te IlepatCol, 
ot icepl A(ij8wvtjv 8ua)^e([jL£pov olxC IQcvro, 
ot T* A[i,^* l|jL€pTdv TiTapi^ffiov Ipy' iv£|iovTO. 

Idem, lb., n, v. 234 (voir p. 138, note 3). 
Eustath., Comm. in Homer. 11, , n, v. 234 : 

Oti 8^ xal 8ua^eC{jiepo^ 1^ A(i)8(6vir) [iLe|i.apTOpcTat. 

Schol., m /. cit, : 

Auoj^eCjupov 8i, 6^ti wdtyoi; xal xpu|iot; Owd toD 
oi^pavoO auvl^exai. 

Steph. Byz., in v, A(i)8(ovy) : 

I2< j^eijiEpCou ttJ; A(i)8a>vY); OKap^otiOT)?. 

♦ Strab., VH, 7, 11 : 

. . , . . Kalxd ffpo< 6 T(5[j.apoc 4^ T[i^poc (Ajji- 
<poTip«; yip X^yetai) 69* & xciToii to Up<5v. . . 



NATURE DU PAYS DE DODONE. 



149 



grand nombre de sources jaillissaient a ses pieds \ et, parmi elles, 
il y en avait une a laquelle on attribuait le pouvoir miraculeux 
d'^teindre les flambeaux allum^s qu'on en approchait et de rallu- 
mer les flambeaux eteints ^. 

Le pays 6tait convert de forets ^ situ6es probablement dans les 
endroits elev^s. Dans les parties basses, les eaux qui coulaient des 
nombreuses sources du Tomaros formaient des marais dont T^ten- 
due devait etre relativement grande, puisqu'ils avaient fait donner 
h toute la vallee le non) de pat/s marecageux {kWoizicL) *. En de- 
hors des marais, il y avait aussi de belles prairies et de riches p4- 
turages ou paissaient , selon Hesiode , de nombreux moutons et 
des taureaux aux pieds cambres ^ 



Eustath., Comm. in Homer. Od., n, v. 403 
(voir page 159, note 1). 

* Schol. m Homer. //., fl, v. 234 : 

YO[i^v(i)v ixaxdv. » 

Plin., Hist.mt., IV, 1 : 

Molossi apud quos Dodonaei Jovis tem- 
plum, oraculo inlustre. Tomarusmons cen- 
tum fontibus circa radices Theopompo ce- 
lebratus. 

• Lucr., de Nat. re?:, VI, 879 : 

Frigidus estetiam fons supra quem sita saepe 
stupe jacit flammas concepto protinus igni. 

Plin., Hist, nat,, II, 103, 106: 

In Dodone Jovis fons cum sit gelidus et 
immersas faces extinguat, si extinctaeadmo- 
veantur, accendit. Idem meridie semper de- 
ficit, qua de causa dvaicau6{icvov vocant, mox 
increscens ad medium nocUs exuberat, ab 
eo rursus sensim deficit. 

Pomp. Mela, II, 65 : 

In Epiro Dodonaei Jovis templum ; et fons 
ideo sacer, quod cum sit frigidus et immer- 



sas faces, sicut caeteri, extinguat, ubi sine 
igne procul admoventur accendit. 

• SophocL, Trachin.y v. i167 (voir p. 137, 
note 3) : 

El«>.0wv 4>.<ro? 

• Schol. in Homer. //., n, v. 234 : 

6 Si A(i)8(i)VaTo; xal Ni'ioc' 68pY)>.d ydtp xdi 2xet 
XcopCa. 

Proxen., ap, Schol. tVi. Homer., Od., S, 
V. 327 : 

noi[i.i^v ve|i(i)v icp66aTa ev toic ttJ^ Aci>8a»vv)c 

Strab., Vn, 7, 10; 

<^il<5xopo< H ^Yjdixal Tdv icepl AwScivrjv t4icov, 
ficnttp Ti?iv Efl6oiav, E).Xoir(av xXTjOtivaf xal yip, 
fiaCoSov oGtw \i^tvi « fori ti? fe>.>.07c{Y), etc. 
OtovTat 8i, ^Tidlv 6 AitoXXdSwpo?, Awd twv iXfiv 
T(5v icepl Td Updv oCtui xa^eiaOoii. 

• Hesiod, ap. Schol. in SophocL Trachin.^ 
v. H69: 

fi<rci Ti< 6>.>.oic(if| ico^uXTfJio; i\V iOXeCjicDv 

A^veiif) pi>.oiai xal el^iirdSeaai pdeaaiv 

Ev 6* 4v8pc< vaCouai itoXOf fiQve? ico>.u6ouTai. 



150 



ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



Dodone , dans ces conditions , ne pouvait avoir que tres-peu 
de champs labourables, et devait par consequent etre pauvre en 
produits agricoles \ 

Une riviere, k laquelle quelques auteurs anciens donnent le nom 
de Dodon, et qui etait formee par une partie des eaux jaillissant 
aux pieds du Tomaros, coulait dans la vallee de Dodone^. 

Dans ce pays de p^turages et de marais, il y avait une sorte de 
promontoire ou extremite (ea/^aTiiQ), et c'est sur ce promontoire 
qu' etait plac6 le temple de Jupiter^. 

Tons ces renseignements, que nous donnent les auteurs anciens 
sur la nature du pays de Dodone, peuvent s'appliquer entierement 
k la vallee de Tcharaco vista, que j'ai d6crite. II n'y a que deux 
choses qu'on n'y trouverait peut-etre pas : un grand bois tout pres 
du temple , et la fontaine miraculeuse ; mais , dans les vicissitudes 
que ce pays a traversees pendant tant de siecles, il est facile de 
s expliquer la destruction des forets. Leur existence anterienre est 
d'ailleurs prouv^e par la ceinture d'arbres situ^e pres du sommet 
du Tomaros, et qui n'a certainement et6 ^pargn^e qu a cause de 
la difficult^ de faire descendre le bois dans la vallee. Quant k la 
fontaine miraculeuse, je pense qu'on ne doit pas s'etonner si elle 
s'est cach6e aux yeux des mortels des que ceux-ci out port6 
une main sacrilege sur le temple et F oracle dont elle etait T instru- 
ment. 



IIo^^ol diceipdaioi, (pu^a Ov7)T(5v dvOpuTccov. 
fivOa xt A<i)Sc6vir) ti? lie' iaj^^axiYj iteir6\iffTat. 
Ti?iv 81 Ze6^ 2^0.Y)ae fcdv ^pYjort^ptov elvai, 
TC[xiov dtv0p(6wot?, vatov x' iv «u9[i.£vi ^YiyoO. 
EvOev iici^Odviov [i.avirei3[JLaTa Tcdvxa ^ipovxai 
0( 8-r, xciOi (jLO^(i>v 0e6v &[i6poTov i^epeeCvY) 
A(5pa ^lpb>y IfXOr) aOv olcuvoTc diyoL^oX^iy, 



* Dionys. Halicarn., 1, 18 (voir page 129, 
note 1). 

' Steph. Byz. tn v. A(i>8(uvy) et Eustath., 
Comm. mHomer., //.,B., v. 750'(v. pagelSO, 
note 1). 

' H4siode cit6 par le Scholiaste de Sopho- 
cle (voir page 149, note 5). 



^^t^^^Sm^Stm 



DE LA VILLE DE DODONE. 



151 



VII 



De la ville de Dodone. 



Les plus anciens auteurs grecs ne disent pas si, en dehors du 
temple, il y avait aussi une ville a Dodone. Scymnus de Chio dit 
que Dodone 6tait Toracle de Jupiter *, et Denys le Peri6gete qu'elle 
etait une vaste contree ^. Pline ^ et Pomponius Mela * ne quali- 
fient Dodone que comme un temple et un oracle de Jupiter. Po- 
lybe, Diodore de Sicile et Plutarque^, en disant que le temple 6tait 
situ6 pr^s de Dodone, laissent supposer qu'il y avait aussi une 
ville. Des auteurs moins anciens, tels qu'Eltienne de Byzance, 
Suidas, Eustathe, Constantin Porphyrogenete et Servius, nom- 
ment d'une maniere expresse une ville de Dodone, que les uns 
appellant Thesprote, et les autres Molosse ®. 

Les auteurs qui ne parlent pas d'une ville ne disent pourtant 



• Scymn. Chii Perieg., v. 448 (voir p. 129, 
note 1). 

• Dionys., Perieg., v. 429: 

Tate S* ?ici f (xCvovrai xopu^al ^lovcoSeos At[i.ou 
Bpiq'CxCou. T6v 8' dlvra izoxl f i'7n?jv l^stpOpoio 
AuSc^vir)^ flireipo^ diteCpiTO«; ixTexdvu^ai. 

• Vlin., HtsL nat.y IV, 1, 1 (voir page 149, 
note 1). 

• Pomp. Mela, II, 65 (voir p. 149, note 2). 

• Polyb.,IV,67,3 (voir page 170, note 2). 

Diod.Sic. />a^m.,l.XXVI,7 (voirp.171, 
note 1). 

Plut., in VitaPyrrh., I (voirp. 130, note 3). 

Idem* Apophth, Lacon. (voir page 142 
et 143, note 1). 

• Steph. Byz., in v. AwSwvyj (voir page 146, 
note 4). 



Suidas, inv. AwScSvtj (voir page 146, note 1). 

Eustath., Comm, mHomer.. //., B, v. 750, 
et Od., S, V. 327 (voir page 146, note 4). 

Idem, Comm, in Dionys. Perieg., v. 429 : 

IotIov 81 6'ti Aci)8(uvir) oO {/.dvov V| x^P^) iXkdi 
xal icd^i^ i^v A(i)8<6vY) dic6 A(i}8(i)vy)( tyj^ Aide xai 
E0p(o:r7|e, ^ Ix i70Taip.oO AcoScovo;* i^^y^to 8^ xai 
A(i>8(i>v Siffu^XdL6(i)c. 

Constantin., Porphyr., II, 55 : 

T?i^ V| 8pOc Vj «p0eyYO[i.^vifj tA twv 8ai{x.dv(i)v [jLuami- 
pia, i?ic p-VTrjitovtOei xal 6 ^to'koyo^ rpYjydpto? Xi- 
Y(i>v o()T(i)< « ^ Ab>8(i>vaCac 8pu6< >.7)pi^|i2Ta ^ Kct- 
^a^Ca; p.avTiX(iL»TaTov iC(i>{jLa ». 

Serv., Comm. in Virg. ^n., Ill, v. 466 
(voir page 157, note 1). 



152 



ifeTUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



rien qui en exclurait Texistence , et je crois qii'on est autorise a 
admettre, avec ceux qui en citent une, qu'en dehors du temple il y 
avait aussi une ville k Dodone. Cependant elle ne devait etre 
qu'une petite ville absorbee, pour ainsi dire, par le temple dont elle 
formait une annexe, et c'est sans doute pour ce motif quelle n'est 
pas cit6e par les auteurs les plus anciens. lis en auraient certaine- 
ment parle si elle avait eu quelque importance par elle-meme et 
independamment du temple. On ne se hasarderait done pas trop en 
disant que toute cette ville 6tait comprise dans I'enceinte fortifi6e 
que j'ai d^ja d^crite, et qu'en dehors de cette enceinte il ne 
devait pas y avoir d'autres maisons , excepts peut-etre quelques 
habitations appartenant aux pretres et aux serviteurs des temples. 
C'est ici, je pense, le Ueu de dire quelques mots sur I'opinion 
de quelques auteurs thessaliens, qui pr^tendent qu'il y aurait eu 
aussi une autre Dodone en Thessalie*, et que c'est k cette der- 



' Strab., VII, 7, 12 : 

icpo<j^api^6|ievo< £xet6£v t£ ^y)91v elvai t6 Updv 
|i.eTeviriveY[ii^vov 2x rrj? nEpl SxoToOaaav nE>.aaYt*? 
(fori 8* Vi SxoToOaaa T?i? ne^acyicoTtSo; Berra- 
XCa;), cuvaxo>.ou6'ri<jaC Te yuvaXxa? Ti? i:\eC<rrac. 
Jiv diroydvou^ than Tot? vOv -repocpT^TtSa?. And 8k 
tojStou xal ne>.aoYixdv ACa xex>.Yia6a(,. Kivia; 8' 
iti pLuOcoSioTEpov. 

Idem, VII, Fragm. I : 

Kiv£a; 8£ tptjai icd^iv h Oe^daXCa elvai xal cpvj- 
ydv xal i6 tou Aide [tavTEiov eU HiTEtpov ^etcVs- 
5^67ivai. 

Hv 8i Tcp^TEpov icEpl SxoToOaaav ir(5\iv rfj; IIb- 
\aayici)Ti8o; xd 5^pY)(m^piov • i{i.icpY)aO£vTo; 8' 6ird 
Tivwv ToO 8£v8pou [utyiv^j^Oy) xaT(3t XP^^K*^^ '^^^ 
Aicd)w\a)voe Iv A<ii)8(i»vT). 

Steph. Byz., in v. AwStoviri. 

4»i^d^£vo( 8k 6 T^v O80aaeiav 6Tco[i.vY)[JLaT(2^(i)v 
80o (pY)al, BETTa^ixVjv xal BEOicpcoTixi^v oOt(i)< 
« A(i)8(ovY|v vuv cptjai Ti?iv 8Eai:pti)Tixi?jv ev -j Td 



^.avTEiov 2x rrje 8pud;, Itipa 8k i^ OETTa^ixVj, d^* 
ilj; 6 Axi).^£uc xaXst Tdv ACa », Ioixe 8k oGtcoc 
ki7i^E).YjaOai Td « d{x.^l 8k £e1>.oI aol vaCoua* uico- 
^•fiTai dvticT6ico8E; j^ajiaiEuvai ». IIw^ y^p toiStwv 
[jL£(tviQTai died tyJ; BETra^ix-fi? xaltuv aOrdv ; OCto) 
8k xal E7cacpp68iTo; kv tu II ttJ^ I>.vdSo; « Ti[j.a tou( 
kv A(i>8((jvY) f^ovTa; kicicpavk( {/.avTEiov » « Tdv 8' 
eU A(i)8a)vv)v ^dTO pii^{uvai». Cicixkx^iqxE 8k Ap^u- 
Xe{)c Tdv kv Tri BErra^Ca yetTviaivTa Bsdv, <o? xal d 
n{v8apoc EO^ETai tw AuxayEVEi xal 6 XpOoYj^ t^ 

S[i.ivOEt Kal £out8ac 8k ^y)<xi ^yui- 

vaCou Aide Updv slvai kv 6s<T<raXCa xal toOtov km- 
xa).£t96ai. ETspoi 8k ypd(pou<7i B{i>8{i>vatE * itd).iv 
ydp fitvai B(()8(DVY)v Sizou TijiaTai. Kivkae 8fi ^ai, 

etc 8irral 8^ eIoI AcaSuvai, aSrv} 

xal Vj kv Bsaaa^Ca, xaOdnEp dX^oi xal Mvaaka;. 

Schol. in Homer., //., n, v. 233 : 

A(i)8ci>vaTE : kv X^P^V '^V ^'n&p6opk<!> '^ Acj8(6vy| 
Ti[i.(6[L£VE. A(i>8a)vai 8k 8ijo, Vj (tkv 0E9aaX(ae, V) 8k 

Mo^oaaCae. • ot 8k ypd^ou^i <lhr|y{i>- 

vaiE. £xoTou9aaXoi ydp ^aai uoip' kauToX; Xd^ov 



DE LA VILLE DE DODONE. 133 

niere que se rapporterait le passage d'Homere relatif aux Perrhebes, 
habitant aiitoiir de Dodone et que Guneus avait conduits au si6ge 
de Troie*. 

Je crois qix^k Fepoque de la guerre de Troie il ne devait pas y 
avoir une limite determinee entre Ffipire et la Thessalie. Ces deux 
con trees devaient alors former une seule province, peut-etre celle 
qu'Homere appelle la vaste Hellade ^, habitue par des peuples de la 
meme origine, reunis entre eux par des relations continuelles ^, 
et qui ont probablement tous pris part a la guerre de Troie sous 
les ordres d'Achille et de Guneus. 

Les Selles habitaient en meme temps pres de TAchelous, dont la 
rive gauche appartient a la Thessalie, et autour de Dodone *, ce 
qui prouve que ces deux contrees n'etaient pas separees par une 
limite. Pyrrhus Neoptoleme, fils d'Achille, de retour de Troie, est 
all6 en fipire, de preference a tout autre pays, fonder son royaume*, 

elvai (paxdevta Air£;^ovTa Sxotou<j<jy); cTaSCou; le'. Les Myrmidons 6taientaussi appel6s Hel- 

£v 0) Ai6<; 4>YiYCi)vaCou iorlv Updv. 01 8e yp^^^ouai 15nes. 

Bfc)8(i)vai£- 7c6>.t(; yip StaactkicLCi -f^ BwSwv, o'3 Tt- Homer., 7/., B, V. 684 : 

jiaxai Z£u;, Vj vGv BdvStTCa. Mupii.i5(5v8C 8k xa^euv-o xal EXhiwt^; xal AxaioC. 

* Homer., //.,B,v,748(voirp.l48,note3). EtP616e r6gnait sur la Hellade et sur la 

* Homer., //., I, v. 478 : Phthiotide. 

<I>euYOv Itcsit' dticdveuOe 8i' fe^X(£8o(; e0p'jx<5poio Homer., Orf., A, v. 496 : 

*8£iriv 8' ESixdjnrjv Ipi6(ii>.axa, jiLYjT^pa {it^Xuiv fl |i.tv dTijjLA^ouaiv (P616e) iv E^dSa te OOCyjv te 

E; nYjT.'ria &va)^8\ oQvExdt jiiv xaTi ynpac e;^ei )[tX^ii te «(58a; te. 

» H6rodote (H, 56, voir page 131, note 1) Selon Proclus [Chrest,, U, p. 240), c'est 

identifle la Hellade avec la Thesprotie, et dans la Molossie que N6optol6me a 6t6 re- 

Aristote [Meteor., 1, 14, voir page 140, note 3) connu par P616e (voir note 5 ci-aprfes). 

dit que Fancienne Hellade 6tait situ^e au- » Aristot., Meteor., 1, 14 (v. p. 140,note 3). 

tour de Dodone etde TAch^lous.Strabon (I, » t^. j xr iv oa / ^- a to ^^*^a\ 
^ .^ . .^^ . *N J-. 1 XT 1 • Pmd.,iVem., IV. 82 (voirp. 148, noteS). 

2, 20, voir page 160, note 1) dit que les Hel- ' v i' » 

l^nes habitaient la contr6e qui s'6tendait Scymn. QmPerieg., v. 446: 
entre la Magn^sie et la Thesprotie. MetA 8i toO; OEoicpwToix; MoXottoI ).ey(5|i.evoi 

Dion. Chrysost., Oral., XI, 361 et 362 : ^^'^^^^^^^ ^°« xaTi^yayE noffo; zot£ , 

TouTO OB LXevo? Ei; |jLE(rr,v AcpixopiEvoc tyjv Ea- 
^(£8a MoAOTTcSv i^n-Alvj^i xal rn; fliTECpou iz^- P^^*-' ''^ ^«''« /*yrrA., I : 

aCov 8BTTa)^Ca;. Xpdvw 8fe OaTEpov NEo:cT(5XEjto;6 A5^i>.\la)c^adv 

20 



154 



ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



et les Thessaliens sont venus de la Thesprotie dans Ffiolide , a la- 
quelle ils ont donne le nom de Thessalie *. Ces faits prouvent une 
aflinite particuliere entre les divers peuples qui habitaient les ter- 
ritoires situes des deux c6tes du Pinde. Les Perrhebes done, qui 
demeuraient autour de Dodone et qui ont suivi Guneus a la guerre 
de Troie, pouvaient etre un peuple apparent^ aux Selles et coha- 
bitant avee eux, ou bien les Selles eux-memes, qui auraient porte 
aussi le nom de Perrhebes^. 

Le susdit passage d'Homere se rapporterait ainsi k la Dodone 



ayaywv a'jT(5i; ts tt^v ywpav (des Molosscs) xa- 
titr/z y.al SiaSoj^-^v ^adO.fwv dcp' iauToC xaT^Xiics 
Ilu^^CSa^ e:utxa}»0'jiJLevo'j; • xal yap (zOtw Utj^^o^ i?[v 
iraiSixov i-rewv'jiJLiov, xal twv yvrjaicov itotiSwv ix 
Aava^CTi? if,; IQeoSaCou toO 1^)»o'j ytvo\Lh(iiy hx 
IT'joSov (J>v(5u.aGgv. Ex to'jtou 5^ xal kyO.\z\ji; h 

<po)vri itpocayops'jdfJLevo?. 

Procl., Chrcst,, IL p. 2i0 : 

Nso7CT(5).etJLO(; Ss 0£Ti8o;'j7roOe|x£vr,(;, ze^Jt, tuoieT- 
Tai rr,v TopsCav, xal ':rapay£V(5[JLEvo; eI; ©paxTjV 
O0'j(j'3£a xaTaXajjiSdvEi iv ttj MapwvEia, xal T(i 
}.oni6v AvOci TT,; 680O xal TE).EUT/jaavTa <I*o£vixa 
GaiTTci, a'jTo; 8^ eI? Mo'Xoffaou; A^pixcSjisvo; 
dvayvwpC^ETai nTj).Et. 

Homer., 0^., r, v. 188: 

VJ) [JLEV M'jpjjL'.8(5va; epic' O.G^ijlev E-j^EatjjLwpoi;;, 
oO; (iy' A/'A).f,o; {jLsyaO'jiJLOD cpaCStjjio; ut(5;. 

Schol. t>i /. c/Y. : 

NEOTUTd^.EULo; xa?i x£).£'j<:iv 8£ti8o; £[i7:pYi<Ta; 
Ta iSta ^xdcpY) -iteI^o; Svekji* prpT,<jO£l; 81 uitd E).£- 
vo'j, ?vOa Sv t8oi olxov ex (jiSrjpeCwv Oejie^^Cwv, toC- 
ywv 81 £u).£v(i)v xal dpocpoO IpEoO exet [i.£v£tv, O.Gwv 
eI^ty^v IlapaSaiTiv (FlauL^wTiv) )s£|J.vtjV Tfj<; HiCECpou, 
xal Tou? I'jywpLOu; eOpcbv 8(5paTa ini$avTa; xal 
5(^).a£va? SvojOev xaTaffXYjvoOvTa?, C'ju.6a)wXEi xdv 
)rpTjC[i.<5v xal TvopOVjaa; t-^jV Mo7»o<rc£av i^ AvSpo- 
^6L-/r[iiT/^t\. Mo)wO<Jodv, d(p' o5 xal rdyEvo; idxlTciv 
ev Mo).oaa{a ^aaOiwv, w; UTopEi LpaToaOfvY)?. 



* Herodot., VII, 176 : 

E^ieI BEffda^vol i^lOov 2x Gs^TCpwTwv olxif^ffovts; 
Yf\^i rfjv Alo)»C8a, tk'jV irep vOv xexT^atat. 

• Dans les temps tr6s-recul6s de i'6poque 
h^roiqiie , les Perrh6bes 6taient ^k\k venus 
s'6tablir en Epire. 

Strab., IX, 5, 19: 

01 jJLEv o'jv IlE^^aiGol xaTa8uvaffT£uO£vTgc utto 
Twv AaTTiOwv eI? Trjv dpeivi?jv i7:av£ffTir)aav ol 
ir}.£io'j;, T/jv iTEpl nCvSov xal AOa[iiva; xal A<5- 
7.07ua?. 

II y avail aussi chez les Perrhebes une ville 
portant le nom de Cyphus, dont Guneus 
6tait le chef. Cctte ville dtait diff6renlc de 
celle de Thessalie qui portait le m^me nom ; 
il est done probable que la Cyphus perrh^be 
et les Perrh6bes de Guneus fussent Epiro- 
tes plut6t que Thessaliens. 

Steph. Byz., in v. Ki39o;. 

Auo 8' Elffl K'j^oi, I?! [i.£v ris^paiSCa^, t^ Se Bet- 
ta^.Ca; xal woTaji.6; KG 90;. 

Les Ta)vap£(;, qui, selon Strabon (IX, 5, 12), 
habitaient autour du Tomaros et sur le 
Pinde, pourraient aussi fitre un peuple ap- 
parent6 aux Selles et aux Perrh5bes et co- 
habitant avec eux. 



DES TEMPLES ET DES AUTRES EDIFICES. 



135 



d'fipire et non pas a uiie Dodone de Thessalie, dont rien absolu- 
ment ne prouve T existence *. 



VIII 



Des temples et des autres edifices de Dodone. 



Les auteurs anciens ne nous fournissent que tres-peu de ren- 
seignements sur les temples et les autres edifices de Dodone. La 
demeure primitive de T oracle fut le creux d'un chene^, et nous ne 
savons pas si les Pelasges, qui aimaient a batir des villes et des 
acropoles, y avaient aussi coiistruit un temple ou quelque autre 
edifice. 

Nous ne pouvons pourtant douter qu a I'epoque heroique, du- 
rant laquelle T oracle de IJodone a exerce une si grande influence 
sur tous les peuples qui ont form6 plus tard la nation hellenique, 
Jupiter n'ait eu a Dodone des temples digues des offrandes que 
tous ces peuples faisaient a son oracle , et dont nous avons un 
echantillon dans celles offertes par Enee lors de la visite qu il fit 
a cet oracle ^. 

Dans Tepoque historique, Dodone a eu certainement ses temples 



* Les auteurs anciens confondaient trfes- 
souvent les localit6s silu6es en Epire et en 
Thessalie. En dehors des citations pr6c6- 
dentes, qui prouvent cette confusion, les 
passages suivants des oracles sibyllins nous 
en fournissent 6galement une autre preuve: 

• 

Oracl. Sibyll.,111, v. 113: 

Td TpC-rov au IIXo'jtcovx '^it\ T£xe 8ta yuvatxtSv, 
AwStuvTjv 7:apioG<ja, 6f6£v f ^ev uypA xeXeuSa 
EOpwTOu -rtOTaixoto, xal eI; <5t)^a |iOpaTo uOwp 
Aji.|iiYa IItiVeiw, xai jjliv crOytov xa>.£o'j(jiv. 



Oracl. Sibyll., XIV, v. 139: 

Oracl. Sibyll., XIV, V. 215: 

Ai |i.£^eoi Ksxpows;, xal (Apyetoi), -/jSi AixcjvE;, 
Ol* Tcepl riTf)VEi«5v T£, SaOuo^roivcSv te MoXodaov, 

TptXXYjV, AwSfOVTjV T£, Xal U<J*{t|1Y)T0V iO(U{JLY)y 

AO;^£va te [IIUpou] te, jji^yTjv iTEpl fCov 6).i>jtwou, 
Oddav, Aaptaaav te, xal ui}^£7:u).ov KaXu6(5va. 

* H6siode, d6j^cit6 (voir page 149, noteo)i 

' Dionys. Halicarn., I, 51 (voir page 139, 
note 1). 



156 



ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



et ses edifices monumentaux. Malheureusement nous n avons sur 
ces Edifices aucune description ancienne, du genre de celles que 
Pausanias nous a laissees sur Delphes et sur Olympic ; mais, des 
quelques fragments des anteurs anciens qui en parlent, on pent 
deduire qu'en dehors du grand temple de Jupiter, orne de por- 
tiques*, il y avait aussi un temple d' Aphrodite ^. On ne pourrait 
pas determiner avec certitude si Dione, qui poss^dait a Dodone une 
grande statue ^, y avait egalement un temple particulier, ou bien si 
le grand temple y etait d6di6 a cette d6esse de meme qua Jupiter; 
mais il est probable qu en dehors de ce grand temple et de celui 
d'Aphrodite dont les mines ont ete d6couvertes par mes fouilles, 
il y avait aussi des sanctuaires dedies a d'autres divinites, comme 
a Delphes et a Olympic *. On pourrait de meme supposer, par ana- 
logic avec les tresors que plusieurs villes de la Grece possedaient 
dans FAltis d'Olympie et dans Tenceinte du temple de Delphes, 
qu'il y avait aussi a Dodone des edifices pareils, et je pense qu'une 
partie des monuments votifs qui ont ete trouves dans le temenos 
(voir pi. VI et VII) pouvaient appartenir a differentes villes et servir 
pour concentrer les offrandes que chacune de ces villes faisait a 
Jupiter et a Dion6 *. 

Quant aux offrandes elles-memes qui ornaient le temple et le 



^ Polyb., IV, 67 (voir page 170, note 2). 

* Serv.,Comiw. in Virg. ^n., Ill, v. 466: 

Haec (Dodone) autem regio in finibus Aeto- 
lorum (Hellorum ?) est ubi Jovi et Veneri 
templum a vcteribus fuerat consecratum. 

* Hyperid., pro Euxen,, XXXV (voir page 
144, note 1). 

* Polyb.,. IX, 5, 6: 

Kal (tou; 4v) AcuScuvy) vaou; xal ti t£[jl£vyj twv 
Beuv. 

Parmi les legs qu'Alexandrc le Grand 



laissa h sa mort, il y en avait un de 1,500 
talents pour la construction d'un temple h 
Dodone. 

Diodor. Sic, XVIII, 4, 4 et 5 : 

^ivTcuv ^i^C(i)v xal 'itevtaxooiuv Exaarov 

..... Tou; Si 7cpoeipY){jL^vou( vaou; ISei xatx- 
oxeuoi^OTjvai 2v Ay,>.u> xal Ae^cpoi; xal AoScuvti - 
xaTdi 8i n^v MaxeSovCav ev ACu> }iiv toO At6; , ev 
A{i.(pi7?6).ei Si TY|( Taupo7c6).ou , 2v Ku^^co Si rr,; 
AOtjva;. 

' La dernidrc phrase de Toracle cit6 par 



DES TEMPLES ET DES AUTRES EDIFICES. 



157 



temenos, nous ne les connaissons que tres-imparfaitemeiit. Les 
auteurs anciens ne nous donnent sur ce point, comme sur les autres 
questions qui concernent Dodone, que des renseignements tres- 
incomplets*. Je crois pourtant que les debris que j'en ai trouves 
et qui ne sont certainement qu une tres-faible partie de ce qu'il 
devait y avoir, peuvent supplier, jusqu a un certain point, a Fin- 
sufGsance de ces renseignements et nous indiquer la richesse et 
r importance de ces offrandes. 

De meme que dans les autres centres religieux de la Grece 
il y avait des jeux publics a c6te des temples, on en avait institue 
egalement a c6te du temple de Dodone en Thonneur de Jupiter 
Nalos et de Dione. Ces jeux etaient designes sous le nom de Nalens. 
Nous avons la preuve de leur institution dans les victoires rem- 
portees par Ptol6mee et Berenice et citees par Athenee ^ et dans 
quelques inscriptions ^. Les inscriptions des deux vases graves dans 



D6mosthdnes [Med,,\\ p. 1 42 et 1 43, note i) : 

. . . xal TpdLice^av j^a^x-^v irpd<; to dviOYjita 6 
avIOTjxev 6 S'^ji.o; 6 AOfjvaiwv, 

pourrait bien se rapporter h un Edifice d6di6 
(Av(i6Y)jia) parle peuple d'Athfenes pour con- 
tenirles offrandes qu'il envoyaitci Dodone. 

* Demosthen., Med., 53 (voir page 142 et 
143, notel): 

Hyperid., pro Euxen., XXXV (voir p. 144, 
notel). 

. Dionys.Halicarn.,1,51 (voirp. 139 notel). 
Callimach., ASirj^a, Fragm. 115 : 

MV) a£ T6y Iv AcoScjvi ^fyoi (tdvov oCvsxx 
/aAx6v TPSyeipov. 

Pausan.,I, 13, 2: 

Tw 8i ev AtuScovTfi Att MaxESdvcov (iv£9Y)xsv (Pyr- 
rhus) auToiv t4; 4(yTr(8a;' iiriY^ypaitTxi 8^ xal 
TrjTat;* 

Al'fig itot' A(jC8a yatav i7:(5p6Y)ffav izoXd^o^jc^^f ^ 
AtSe xal fi).).a5iv 8ou)»0(j'jvav fTtopov. 



Nuv 8s Aid; vaw itotI xCova; dp(pavdi xsTtii 
Ta; {jLeyalauj^T^Tw (jx'j).a Max7)8ovia<;. 

Philostrat,, Imag. II, 33 : 

2T£{x.[JLaTa 8' dv^jTCTat r»i; 8pu6? 6Tr£i8-^, xaOz- 
irep 6 IluOot Tptwou;, ^pTri<j{i.ou; IxcpEpgt. 

(Voir ce que plusieurs auteurs disent sur 
les tr^pieds et les bassins, dans les pages 
166, note 6 et p. 167, note 1.) 

Virg., yffn.. Ill, V. 466 : 

Ingens argentum, dodonaeosque lebetas. 

Serv., Comm. in L at. 

Dodonaeos, Epiroticos. A civitate Epiri Do- 
dona. Laudavit a regione ut vasa Corinthia. 

' Attien., Deipnos., V, 35 : 

E<JT89avcij07)^av 8* iv tw dywvt xal axc^pavoic 
^puaot; elxdci* nTo).e[JLaio; hi 6 icpcjTo; xal Bep£- 
vCxT) £1X091 Tpialv i^' dp[i,d7(i)v ^pu7<uv, xal tsjjlI-' 
vsaiv hi A(i)8c6vY). 

* BoBckh., Corp. inscr. yr., n° 2908, el 
Ranghab6, AnU'q. hell., n** 967. 



158 



ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



la planche XXV, n^^ 2 et 2 ter, et celle de la planche XXXII , n" 3, 
nous en fournissent une autre preuve ; mais le t6moignage le plus 
convaincant de la celebration et de Timportance de ces jeux, nous 
le trouvons dans F existence, a c6t6 du temple et de F oracle de 
Dodone^ du grand theatre dont nous voyons encore les ruines 
imposantes. 

En dehors done des edifices dont les ruines ont ete decouvertes, 
il de vait y avoir aussi a Dodone un stade et un hippodrome * affect6s 
aux jeux Naiens ; mais, soit qu il n'y ait pas eu de grands edifices 
construits pour ce service pendant la periode hellenique, soit que 
les construclions de cette epoquc aient ete detruites pour faire 
place a d'autresplus recentes, je n'ai pas trouve de ruines pouvant 
provenir de tels edifices et determinant leur emplacement. Je crois 
pourtant que le stade pourrait etre place au sud-oucst du temenos 
et au sud-est du theatre, dans Tendroitou mes fouilles ont mis au 
jour plusieurs pans de murailles baties en petites pierres et en 
chaux, et dans lesquels on apergoit quelquefois de grandes pierres 
provenant de constructions helleniques. 

Quant a I'hippodrome, I'endroit qui me parait le mieux conve- 
nir a son emplacement serait au nord-est du temenos et a une dis- 
tance de quelques centaines de metres. Dans cette direction, la 
plaine, s'enfouQant au milieu des collines de Manoliassa, forme 
uue espece de cirque naturel qui, entourd d' Elevations de trois 



Inscription lrouv6e h. Prifene dans TAsie 
Mineure : 

icayxpiTtov Naa xdt iv A(i)6e(>vir). 

LeBas, A^/jyties, 595, listc des couronnes 
remport^cs dans les jeux : 

Cyriaque d'Anc6ne, 89 : 



« In Jannina Acarnaniae [sic) urbc ad la- 
pidcam basim. » 

H it(JXt; t6v dtywvoOiTQv Aid; Ndou xal Aici- 
vYjc, iep£a ae6x<;T(5v xal dycovoOitT^v [Lsyd^diiv 
AxtCwv KawapT^wv, AxTi[a]8o; \r{, IldicXiov 
M£[JL[jLtov A^ovTa, cpiX67caTptv xal ^'Adao^ov. 

* Les chars de Ptol6m6e et de B6r6nice 
n'auraicnt pas pu remporter des victoires et 
Phylios de Pri^ne n'aurait pas pufitre vain- 



f 

J 



DBS PR^TRES ET DES PRAtRESSES. 



159 



cdt^s, aurait presente toutes les conditions n^cessaires pour la 
course des chars et pourle placement des spectateurs. 



IX 

Despr4tres et des pr4tresses de Dodone. 

Le service du temple de Dodone 6tait confie des la plus haute 
antiquite k des pretres qui s appelaient Tomouri * (du mont Toma- 
ros) ou Hypophetes ^. Le nom de Selles ou Helles ^^ que quelques 



queur au pancrace, s'il n'y avail pas eu h Do- 
done un hippodrome et un stadc. 
' Homer., Orf., n, v. -403 : 

El {ilv x^ alvif^ 90)91 Aide (ley^^^^^ Td[i.oupoi. 

Eustath., Comm, in L cil. : 

Td Se 6£|iiaT(xc Aid^ cpaaC Tive; [iy) 8eiv iizX |i.av- 
TeCx<; TtOecOai* dyopa; yAp xal PouT^yJ; \i^\,^ thai 
TTjv 0£|iLiv. Aid AvtI toO 6£ji.WTae Td[jLOup(xi ypa- 
tpouaiv, 6 IdTi [lavmat, cJ); xal itpoy^ypaTrrai • 
5po? yap xaTa xdv y£o)ypdt(pov Td{ioupo; 6cp* 6 xet- 
Tai Updv Td iv A(i)8(ijvt) xaxi BetntpwTtav • i$ ou 
T6{jLoupoi, ol u-Tcd ToO icoiYjToO Xey6|jL£voi uiuocpfjtai 
Aid;, dviitTdTCoSe? j^ajjiaieuvai, xal at jiavmai td- 
{i.oupai. Bi^Tiov ydp cpYjdi Tojioiipou? ^ OljiKiTa; 
ypA<p£iv • 0£[jLi<;Te(; yip oO t4 [tavreia AX^' at ^ou- 
lal xal Ta pouXeO[JLa'ca xal Ti vo|i.o0eTT5[i.aTa. 

Idem, Comm. in Homer., Orf., S, v. 327 : 

Aid xal bf Tw « el [jl^v alvyjawoi Aid; pieydlXoio 
6e|jt,i9Ts; » 6»icep Iv toi; jietA TaOta ypd^ei 6 iroiTj- 
TT?!; ET£poi ypdcpouaiv « cl jjiev aivir^abxn Aid; [is- 
ya).oio T(5|x.o'jpoi », \£yovTe; jii?! ivTauOx xetcOai 
Td 6£{i.i9Ts; dlXd 8eiv [i.a).)wOv elTretv [lavTeiai, 6 
STjAoOffiv alTdaoupai' ol; ^xCvETai dOffToipro; elvai 
xil 6 irapiTto Auxd^povi Td{jLOupo;. 

Strab., VH, 7, 11 : 

Aitd 8e Tou To|jLipou tou; uird toO iroiY)Tou ).e- 
yo|t£vo'j; u7ro<py|Ta; tou Aid;, oO; xal AvntrdiroSa; 



j^a|jLateuva; xa)»ei, TO|i.oupo'j; (pa<rl Xsj^O-fivai' xal 
bf [i£v TTJ OSuoaeCa oOtw ypicpouaC tiv£; Sl cpr^aiv 
A{/.^(vo[jLo;, au[i.6ouXeij(«)v Jtoi; |i.vr|(jTi^pai [jly| i:pd- 
TEpov e^riTCOEffOai t({) TY|^e|JLdtj^w icplv av Tdv ACa 
IpwvTai. « El jtfev x' alvK^awGi xtX. » B£Xtiov yip 
elvai TO[jLoOpoii; ^ 0£[JLiffTa;ypd^£iv. O08a[JLo0 yoOv 
tA |i.avT£ia 6£ji.t<jTa; X£yeG0ai icapA tw icoitjTt,, 
dXkoL tA; PouXA; xal tA :to).iT£uji.aTa xal vo[i.oOc- 

vf^^TZOL • TO[l,0!JpOU; 8' ElpY)<jOai 2ltlT£T|JLV)|JL£v(i);olov 

TO[i.apo(puXaxa;. 01 aiv O'^v vscuTspoi X£you<Ji to- 
|iLoOpou;* itap* Opni^pw 8* d7cXoi5<JT£pov 8eT 8£/£- 
aOai 0£|jLiCTa; xaTay^pT,9Tixa); xal pou).A; tA icpoa- 
Tay|jLaTa xal tA po'jl-ZjjJiaTa tA [tavTixA xaOA7U£p 
xal TAv6tjLi[i.a. ToioOtov xal Td « i% 8pud; uij^ixd- 
jjLoio Aid; pou).Y)v iTcaxouaai ». 

• Homer., //., n, v. 233 (voir page 138, 
note 3). 

Schol, in I. cit, : 

TTco^p-fiTai : OtcojjlAvtei; tepst;, 6 Icti j^pyja|iu)8ol, 
OEoXdyoi, TCpocpiiTai • -repocpK^Ta; yAp ).£youGi tou; 
icepl tA j^pY)(m^pta ao^^oXouii^vou; xal tA; [jiavTECa; 
tA; yivo{JL£va; Oird twv t£p£a)v £X^£povTa;. 

Philostr., Fmag.^ H, 33 (voir page 161, 
note 1), 

* Homer., //., n, v. 234 (voir page 138, 
note 3). 

Schoi. in L cit. : 

SeaaoI eOvo; II-jcEipwTixdv rfj; BeGTcpw-Ca;, x>.r|- 



460 



ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



auteurs leur donnent, avait une signification plus etendue et com- 
prenait, non-seulement les pretres du temple, mais aussi tons les 
habitants de Dodone et de ses environs *, parmi lesquels les To- 
mouri etaient recrutes. 

Les Tomouri semblent avoir forme un corps sacerdotal sou- 
mis a des pratiques austeres, parmi lesquelles on doit, je crois, 
classer le devoir de coucher sur la terre nue et de ne pas se laver 
les pieds ^. 11 est vrai que c'est un de ces rares exemples oil nous 
voyons le polytheisme hellenique se plaire a une pareille ru- 
desse, mais le fait de cette obligation des Tomouri affirme par 



Oev ATtd ToO irapa^^£ovTo; 7uora|ioi3 2e).).if5tvT0? . . 

diTZQ £eA).oO ToO BETTaXou to yi- 

vo;, 6i6ev xxxa 8ia8o)^i?|v oItoO Aio; Upei< eyCvovTO. 
[JLCV nCvSapo; E^).ou; auTou; oicTai. Aet 61 dnd 
ToO o (Sp^eaOai tVjv "ki^iy^ dt7:6 X8X).iievTo; itOTotjioO 

Vj Sitc^yJ irp6(; xd t?); ypa^YJ; dji/- 

9(6o).ov * oi \Lky ydp leXXoi);, ol 8i LX^oix; i^e8£- 
JavTO' 8et 8e voetv to; fortv ix it'X'i^pou? Xe^vT.ol 
xal yAp 6 auvopC^cov toi; TdTcoi; icoTotjiid; le^Xt^ei;, 
(i(p* o5 elxdc Touc napoCxou; £e).>.ou( xa>.eta69ii. 

Sophocl., Tra6hm,,\. \ \ 67 (voir page 137, 
note 3). 

Strab., VII, 7, 10: 

IldTEpov 8i j^pTj ^iyeiv L^Xouc co; IKvSocpo; , t^ 
£c\XoO^ &^ OicovooOai irap* 0|AY{pu xeXoOai, V| 
ypa(pV| d{i.(pC6o).o( ouva oux IS. 8ua^upCt^ea6ai. 

Philostrat., Imag., II, 33: 

KeiTxi 8* ouTo; 6 ic£).exu; , 6v [leOvjxev EXX6( 6 
8puT6|i.o;f dcp' oS xocTd Acoocuvyjv ol E^^oC. 

Steph. Byz. m v. tXko-KicL : 

XcopCov Eu6oiac xal aOr^ V) vvjao; dico E^Xoico; 
TO'j I(i)vo;. Td £9vix6v fe>.^owieO;' iXiyeto xalVj 
icEpl A(i)8(jv7|v x^px E^^oicia, i/jc ol olxt^Topec 
feVAol x(xl Se>.>.o£' 0[i.Y)po; « djjLcpl 8fc SeT^XoC »• 
l9Ti xal itd^i; icEpl Ao>.oicCav xal X<^P^ ''^^P^ ^EOicidc. 

Hesych. in v. iXkoL = xa6£8pa. Adxcovc;* xal 
Aid^ Ispdv h A(u8b)VY) (xal ol lepEi; L>.).oC). 



' Aristot., Meteor., I, 14 (voir page 140, 
note 3). 

Strab., I. 2,20: 

kWoL xal Taurrjv ti?jv icpE^ti? xaxd tou; Bpoxa; 
£l8a); xal xaT0V0[JLd!i<i)v n^jv tc i:apa).(av xal tt^jv 
jiEffdyaiav, MdyvYjTa; [i£v Tiva; xal Ma>.i£i; xal 
ToO; IcpE^tJ; £>.).T)va; xaTa^fyi: jJi-^XP^ ©EtJirpwTwv, 
6{i.oC(i); 8^ xal toic IlaCo^i toi>( 6|Adpou; A(S>.o:ca{ 
xal £i>.>.oO; iTEpC A(i)8(»>vT)v fJixp^-C A}^el(J>ou. 

Schol. in Homer. //., n, v. 234 : 

iXkoi dwo E)v>.ou Tou 0Ea(ya>.oO. Odw 81 6 -^toitj- 
Tirj; xal ol wa>.aioC' tiv^ 8^ 2e>.).oI died Ie>.>.i(5ev- 
To; TOU icoTajjLOu, 6; vuv cb; xa>.(ii>< xa^Etxai. Edv 
81 EiirwjiEV XeT^^oI, f<jovTai irEpl irddav t?|v Aci)8a)- 
virjv oIxoOvte;, oO icEpl to t£ji.evo; toO OeoO* xal 
p£>.Tiov. 

On pourrait peut-6tre trouver quelque 
aflinit^ cntre le nom des Selles et celui du 
district actuel de Souli , situ6 au sud-ouest 
de la valine de Dodone, et comprenant quel- 
quefois dans ses limites cette valine m^me. 

En dehors de ce district, il y a aussi au 
nord-ouest de Dodone un village qui porte 
le mdme nom de Sotdi. 

■ Homer., //., IT, v. 234 (voir page 138, 
note 3). 

Schol. in L cit, : 

ftv Aa>8c()VY) yap to y£vo; IttI twv Ispicov toO 



DBS PRfeTRES ET DBS PRjfcXRESSBS. 



161 



les auteurs anciens prouve que Jupiter se plaisait a ce que ses ser- 
viteurs a Dodone ne fussent pas influences par les douceurs de la 
vie civilisee K Ces pretres, k en juger par une des inscriptions trou- 
vees dans le temple (voir pag- 5S et 56 etpl. XXIX, n"* 3), etaient 
aussi soiimis k un chef qui portait le titre de Nalarque (Natap/^o?) ^. 
A Forigine, les Tomouri etaient charges du service du temple 
et en meme temps de celui de Toracle. C'etaient eux qui inter- 
pr6taient les signes prophetiques et repondaient aux demandes 
que Fonadressait aux dieux ^; mais, plus tard, probablement lors- 
que le culte de Dione fut ajoute k celui de Jupiter*, leurs fonctions 



icpo(pY)Teuetv. 

Sophocl., Trachin.y v. 1166 (voir p. 137, 
note 3). 

Callimach., Hymn, in Del,, v. 286 (voir 
pages 141 et 142, note 2) : 

rYj).£)(^£e^, OepiuovTc; AffiyviToto ^i6Y)T0(. 
* Philostr.,/mflgr.,II, 33: 

01 8' 6ito(pYSTai ToO Ai6;, oO; AviiCTditoSdl; Tt xal 
j^aaaieuva<; lyvd) 0|iYipo?, auTOOj^^SioC Ttv£; elct 
xal ouTCfa) xaTeaxeux<j{i£voi tov ^Cov, <pizal hi {jliqS* 
iv xaia^xeud^aaOai , Tdv y^p ACa j^aCpetv c^Cciv, 
eiceiSV) dfficil^ovTai Td aijT66ev. 

Schol. in Horn. //., n, v. 235 : 

AviicT6wo8e; : t^jtoi ^ApSapoi ax>.ir)pa)^ te xal vo- 
^aStxw^ ^wvte;, TaOnrjv I^^^ovte; StatTav w; jayjSe 
dirovC^EoBat toO; icdSa^ 8ti Td [nf| irapaS^faaOai 

TTJV ix TOO irptuTOU P(0U IXETaSo^YjV • "5^ TOUTO 2x 

two; 20OU? 2irl Ttj^-ri toO Oeou itoiouvte; • £vtot yip 
xal>^0UTp(5v Aic^^ovTai xal TiJ? TOtaOnrj? iiui|i.E- 
).ECa;* Ttvi? 81 auTou; 8t4 toOto ^£Y°u<yLv AviWTd- 
i:o8a(, 6fTi oOx i^Ca^iv l^b) toD Upou* 8i6 oQte 
iicoXoOsaOai avdtyxTjv f^ouaiv. AvSpcov 8i h toro- 
pCat; <pY)alv oOtci) xlYjOTJvat , 2tceI (pi>.ow(5>.EjAot 5v- 
TEc otiTw; iauTou; £<nc^ir)payc6Y0uv. A>.£5av8poc 8£ 
cpTrjciv 6 n^Eupcjvio; £0vo« slvai tou; fe)i>.ou; Air<5- 
yovov Tufft^vwv, xal 8ii icatpwov lOo? oCto) xdv 
ACa 6pY)axEuciv. 



01 9u^aa(j<$|iEvot {XTf^ Ti jjLiapov icaTYjaai* -J^ \L-r\ 
TtpoWvTE; Tou UpoO, wc \L'^ SEiffGai vCirrpwv xal 
Ka).).C|i.aj^o; « i^dEV £x8ou( aaiJiSaXov aOXsCou ». H 
8ia t6 6?co8E8£99ai* ^ xaS* 6it(5|JLviQ(jiv tou xaxa- 
x^ua(io5,^Ti icEiroXYj|jL£voi jiETotTd awOtivat irjC^avTo 
Tw Alt* ot 8^ AvtI tou AviicTdjJLEvoi Tat; 8iavo(aic 
xal |i.ETE(i)poX(SYOi* ^a{iaiEuvai 8iol X^^H**^^ ^^~ 
TEC xal Ta t:6^^o} ^xoicoOvte;. 

' L'existence h une 6poque tr^s-ancienne 
d*un corps sacerdotal discipline pourrait 
donner lieu de penser qu'il y avait aussi 
Dodone des pratiques secrfetes et des mys- 
t^res analogues k ceux de Samothrace et d'E- 
leusis. Nous ne poss^dons aucune preuve 
pour afflrmer Texistence de ces mystferes ; 
ce n'est done qu'une simple hypothfese que 
j*6mets ici. Des d6couvertes ultirieures et 
un examen plus approfondi de la question 
pourront peut-^tre un jour justifier cette 
conjecture. 

» Horn., //., n, V.234 (voirp. 138, note 3). 

iEschyl., Prometh., v. 658 (voir p. 137, 
note 1). 

Sophocl., Trachin., v. 1166 (voir page 137, 
note 3). 

Herodot., IX, 93 (voir page 142, note 1). 

* Strab., Vll, 7, 12: 

KaT* Apx*<; K-^^ ^^^ ivSpE? VJoav ol irpotpYjTEiSov- 

21 



162 



6TUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



paraissent avoir ete limitees aux sacrifices et aux autres travaux 
du temple*, et le service de Toracle a 6te confix a des pro- 
phetesses^ appel^es Peleiades^. Ce remplacement des Tomouri 
par les pre tresses doit avoir eu lieu k une epoque tres-reculee , 
car les premieres P6l6iades sont anterieures a Phemono6, pre- 
miere pythonisse de Delphes*. Les P6leiades, deux d'abord'^, et 
trois plus tard^, paraissent avoir et6 r^duites, a la fin, k une 



TE?' xxl toOt' tffwc xal 6 TconQTi?); l{i.(paCvei* 6iro- 
cpT^Ta^ yip xa^et, iv ot? toittoivto x&v ol i:po<pfiTai, 
Catepov 5i dirESeCj^^OYjffav Tpsi? ypaTat , iTuevS-r) xal 
dOvvao? T(5 Alt irpoaaireSeCj^Oirj xal i^ Akuvy). 

* Philostr., Imag,, II, 33 : 

tepet^ Y^P oStoi xal 6 [xlv tou lp£<{;ai xiSpio^, 6 
8i ToO xaTeO^aoBat, t^v 8i icditava j^pifj Tdtrretv, 
t6v 8i i; oOX^l; xal xava, 6 8k Ouei ti, 6 8' oO ira- 
pir^aei iTEpo) Sstpai Td Upetov. 

* Herodot., II, 55 (voir page 43i, note 1). 

Sophocl., Odyss, Acanth,, ap. Steph. Byz. 
in V. A(i)8wvir) : 

2o?pox^fi; 08ua«t Axav6or).7iYt, « vSv 8' oSts |jl' 
2x A(i>8c5vir]; o^TC IluOixaiv yuvaixcjv Ti; &v irsC^eiev. » 

Idem, /^i'^/. : 

(( Ta; OcGTCi(j>8oO; tepeCat; A(i)8(i)vC8a^. » 

Eustath., Coram, in Horn. Od., S, v. 327: 

01 8i Td 'na^aidv [jlH £v8pa; icpocpiqTSueiv ^ aolv, 
Corepov 8i TpsX; Awo8eij^6YSvat ypa^*? Tcpo^-i^TiSa?. 

Jambl., rfe Vii. Pyth., 56 : 

TtJ; euae6eCa; olxsidTaTdv icri t6 y^vo; toiv yu- 

vaixbjv u) au[jLcp(ovov slvai Td xal 

Toi>( ^pY)9ijLoO( iv A(i)8(ovir) xal Ae).^oi< 8Y)Xoua6ai 
8idi yuvaixd^. 

» Herodot.. II, 57: 

nc^eid8ec hi {xoi 8ox£ouai x^Y)6Yivai icpd( A(i>- 
8a)vaC(i>v eicl To08e at yuvatxs;, 8i6ti ^dp6apoii?Jaav, 
28(Sxeov 8£ acpi 6[ioC(i); ffpvioi <pO£yycaOai* {leTdi 8k 
^pdvov t9)v iceXeid8a dvOpcoiriQCY) (puvij a08d£aaOai 
)»£yo'j<jt, itztL Te ta auvetd a^i Y|08a V) yuvij • Ifu^ 
8e e6ap6Api^c, dpvCOo^ Tpdirov i8dxe£ a^i cpOiyye- 
cOai, l-KzX t£({> Tpd^b) &v ice^eii^ ye dvOpojirqiY) ^covyI 



^Oly^atTO ; |i£Xaivav 8i ).£yovTe^ elvai tJjv iceXeidSa 
OT)|jLaCvouoi, 6'ti AlyuTctCir) 'f\ yuvV|*JSv. 

Strab., VII, Frajrm. 1 et2: 

4>aal 8i xal xaxA t?iv twv MoXottcjv xal 0ea- 
icpcoToiv yXwrcav Ti; ypaCa? iceXCa^ xa^eT^at xal 
TO'j? ylpovTa^ ice).Cou; • xal T^u)^ oOx 5pvea tjaav at 
6pii^oO[JLevai iceXeidSe;, d^^a yuvaixe^ ypaiai Tpet; 
nepl Td tgpov C5^old!Jou(jai. 

Oti xatdt Be^itpwTou; xal MoXorrotic Ti^ ypaCa^ 
ice^kCa; xal tou; y£povTa; irsT^Cou;, xaOdti:ep xalicapi 
Maxe8($9i* ics'Xiydva; yoOv xa^ouaiv ixEivoi tou; cv 
Ti|iat;, xaOd icapd Adxcoai xal MaacaluuTai; tou; 
y£povTa; • 56ev xal tA; 2v t5 A(i)8(i)vaCa Sput |i€- 
jjLuOeuaOai ire'XeCa; ^aaCv. 

Pausan., X, 12, 5: 

4>aevvl; 8i OuyiTTip paaO.crScavro; AvSpd; ht 
Xdo<7i xal at lI£).Eiai icapA Aci)8ci)vaCoi; l|i.avTeti- 
aavTO [ikv ix Oeou xal a^Tai, £C6u^Xai 8k 5ic6 Av- 
Opcoiroiv oux Ex).i(^0Y)9av. 

Eustath., Comm, in Horn. Orf., S, v. 327 : 

YcTEpov 8k TpEi; Atco8Eij^0Yivai ypaCa; icpo^y,Ti- 
8a;, A; itElEta; xalewOai y>.fe»c<rrj Mo).ott(uv, w; 

tou; y£povTa; iceXeCou;. 

* Pausan., X, 12,5: 

TA; nE).eiA8a; 8k ^^vjjiovdY^; te Iti 

icpoTipa; y£v£o6at ^£youffi. 

* Sophocl., Trachin., v. 171 (voir p. 165, 
note 1). 

* Herodot., II, 55: 

A(i)8b>va{(i)v hi at tpsiai to)v tQ icpEoCuTaTY) o5- 
vojia i^v npo{jL£vEia, rri 8k jietA TatJTYjv Tijtapfni, 
t5 8k vewtAtyi NixavSpv}. 



DES PR&TRES ET DES PR^ITRESSES. 



163 



seule^ EUes expliquaient les oracles et donnaient la reponse 
des dieux a tout le monde, excepts aux Beotiens, qui, ayant tue 
la proph6tesse Myrtila, avaieut 6t6 condamn^s k recevoir les re- 
ponses par les Tomouri^. Elles semblent avoir ^te soumises aussi a 
un regime austere et a des pratiques peut-etre differentes de celles 
des Tomouri, mais non moins rigoureuses ^, et le fait que Ly- 
sandre, malgre les moyens qu'il employa, n'avait pas reussi a 
les corrompre et a obtenir d'elles un oracle favorable a ses 



Strab., VII, Fragm. 1, et Eustath., Coram, 
in Horn. Orf., S, \, 327 (voir note 3 ci-dessus). 

* Serv., Comm. in Virg, ^n.. Ill, v. 466 : 

anus Pelias nomine^ etc. . . . 
(Voir page 168, note 3.) 

* Ephor. ap, Strab., IX, 2, 4: 

^al 8* £(popo( ToOcSl IIc- 

^acyoi^; |jl£vovto; Iti toO ?co^£|i.ou 5(^pY)aTTrjpiaffO|i.|- 
vou; dice^Oetv, dite).6etv 81 xal toO; Boicotoui;* tov 
|jlIv o5v Tot; ne).aayoi< 8o8£vTa jj^r^a\L6^ I^y) [j.i?| 
l^eiv eliretv, toi; 8i BokotoX^ Aveletv t?)v Tcpo^- 
Tiv daeG-y^aavToi^ eu tcpd^eiv * toi>c 81 OecopoO^ 6tco- 
voif^aavTa; j^api^0|i.£v7|v toX; IleXaoYot^ TfjV icpo^- 
Tiv xaTi Td auyyevt; (iicetST?) xal Td Updv litkaLC^v- 
xdv i^ ^PX^^ i^irvjp^ev) oOtcj^ dvs^eXv, dp^dLaavra^ 
T^v d[v8pci>icov elcicupdiv IpL^aXeXv 2v0u[i.Y)6£vTa(, eXxe 
xaxoupyififfaaav eXre (jlVj 'jcpd; d[x,^dTepa dpdu>( ^X^^*^* 
eI jiiv irapej^pTjTCYjpCaas, xolaaSeCflY)^ a^Ttj^, el 8' 
oOSiv lxaxo6pYY)9S, Td irpoora/^Olv adTcjv icpa^^v- 
T(i>v * Touc 8e icepl Td Updv Td [jl^v dlxpCTOu^ XTsCveiv 
toiic Tcpd^avTac, xal TauV iv Up(^, |jli^ 8oxi|JLdaai, 
xadiordvai 8* el( xpC^iv, xa>>eXv 8* ivX Tdt< UpeCac, 
TaiStac 81 elvai, Ta< T:po9i'|Ti8a( at \oiical Tpicov 
oOacdv icepiYlGav ' ^eydyTcov 8* <£>( o08a[jLOu vdjJLo; 
eXv) 8ixd^eiv yu'^aiixcL^y npooeXioBai xal £v8pa( 
Xaou^ TaX; yuvai^l Tdv dpiOjidv' to6( \t.bf o5v Av- 
8pa( dicoyvoivai, Td^ 81 yuvaXxa^ xaTayveSvai, Xacjv 
81 Twv ijnfj^pwv YevopL^vwv Tdt< dico).uo09ac vixvjaai • 
2x 8i TO)jTci)v Boui>ToX( {idvoi^ dv8pa{ T:po6cfficC^eiv 
iv A(i>8(uvY)* Ti^ |i£v TOi T:po^'v)Ti8a( ££T)you|JLiva; 
id jjiavTcXov filiceXv, dirt TcpoffTdxToi d 9ed; toX^ Boigh 
ToX^ To6^ leap' aOToX^ Tp(ico8a; cM^iyo^xoL^ eU Aci>- 



8(jvY)v TtlpiTcetv xaT' Ito? • xal 8yj xal tcoisXv touto* 
del Y<^P '^^^^ '?<i>>v dvaxei{jL£v(i)v TpiTcdScov vrSxTcup 
xaOatpouvTa; xal xaTaxa>.0iiTOVTa<; IjiaTioi; w; dv 
XdSpa Tpti:o87](popeXv eli; Aw8wvir)v. 

Heracl. Pont. a/> . Miiller, Fi^agm. hist, 
gr., t. II, p. 198: 

Boi(ii>ToX^ [lavTetSaaio : aOriQ xaTapaTtxi^ e^iv. 
Hpax^ei8Y)( y^P ^"^^^i jiavTcUopievoi; toX; 8Y)6aCoic 
nepl 'Tco^^jjLOU ditexpCvaTo t/J lupo^Tt; Vi ev Aa>8(uvY), 
vCxYjv aOToX; dae^i^aaaiv fffeoOai* el? 8i twv Oeeo- 
pwv dpicdaac MupxCXav ti?|v irpocpYiTtv iv£6a)%ev el? 
OepjjLou icapaxeCpLEvov ^£6Y)Ta. AXXoi 8£ cpacw £iTi 
8Y)6aCoi? T:o^e|jLoOai Bd[JL6po? (jLdvTi? ic^eCou; S^y) 
vtXT^aeiv, el npoOOaaiev twv •/iye[idva)v Eva, ol 8i 
dicoxTsCvavTe? Tdv Bd|i6pov £vCxY)9av. 

(Aliter Corf. Vatic, II, 67 [Bodl.]) ; 

H<;£6iQaav ydp el? ti?jv Upeiav l|jL6aXdvTe; aOTif^v 
el; TOV £v A(i>8(6vyi )^£6Y)Ta ^£ovTa, £p(i>Tix£5? 8iaTe- 
BeXaav el? Eva tuv Oecjpcov. 

Procl., Chrest., II (voir page 145, note 3). 
Eustath., Comm. in Homer. Od., £, v. 327 : 

Kal icdai |iiv £xeX [k Dodone) yuvaXxe? )^pY){iai- 
Tt^eiv S iazi p^pdoOai xal )i.avTeOeaOai, (idvoi? 81 
Boi(i)ToX? dv8pa? xal nqv ahCav d Fecjypd^o? £xtC- 
6eTai. 

• Philostr., /wMijf., II. 33: 

£vTauOa 8^ Upeiai Aci>8ci>vC8e? £v GTpu^v(J> Te xal 
Upu> T^ eX8ei* loCxaai ydp Ou{jLia|i/£T(i>v Te dvaicveXv 
xal aicov8(ijv * xal Td yijtii^io'i 8i olM Ouu)Se?, (2> 
tcaX, y£ypaitTai xal dji^ti? jtcordv. 



164 



ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



vues \ indiquerait que cette aust6rit6 n'6tait pas de pure appa- 
rence, mais qu'il y avait chez elles de vrais principes de religion 
et de vertu. 



X 



Procedes de divination employes par F oracle. 

II y avait plusieurs procedes a Dodone pour rendre les oracles^. 
Les plus c61ebres etaient eeux du chene et de la colombe, qui ont 
fourni aussi le sujet des traditions mythologiques sur I'origine et 
la creation de Toracle ^. 

Le chene fatidique de Dodone, dont le creux avait servi de pre- 
mier siege k I'oracle, etait certainement une des reliques les plus 
ven6rees dans le monde hellenique *. II etait en meme temps le 



' Diod. Sic, XIV, 13,3: 

6e(ii>p(t)v 81 Tou; Aaxe8ai[i.ovCouc jidli^x Tot< 
{jiavTeCoic icpoa£)^ovTa?, bKv^ti^y\tst ti?jv iv ^tk^tH^ 
Tcpocp'ijTiv Sia^Oetpai p^pi^jjiaaiv • iy6(JLi2^£ y*^? *^ 
j^pTjajidv >.d6ot <Jij|i|iap^ov Tat^ l8Caic lni6o^at^, 
^a8C(i)^ fi^eiv i%\ t£Xo; ti?|v irpoxCpeaiv ' i'KiX hi 
'K%^TCk'rfir[ j^pi^jiaTa Tot^ irepl xd [lavTttov 8iaTpC- 
6ouaiv 6^iQ^vou|ievo; o5x ItcciOc, txT^ 2v A(i>8(6vir^ 
icepl Td [jiavTeiov ouaai; Upeiai^ icpoot^vcyxe ^dyouc 
icepl Ta>v qiOtuv 8idl tivo( 4>EpexpaT0u<, Aico^^b)- 
vidTou jjiiv Td Y^^o^j ^X®^*^^^ ^^ auvV|0giav -rtpd; 
Toi>( iceplxd Updv 8iaTpC6ovTa;* ou8iv 8i icpa^ai 
8uvipLevo( 2^e8'i^{jL'r}oev el( Kupi^vY^v. 

Plut. in v. Lys., XXV : 

£(popo; (i-lv ouv ^Y)9iv aOrdv (Lysandre), ai; 

m^v TE IluOCav iicixeip'viffOK; 8ia(p0etpaii xal Tdi^ Aco- 
8(i)vC8a^ a^Oi( dbvaiceCOcov 8i^ 4»epex^£ou^ dTcfTu^ev. 

« Herodot.,U,57: 

ft 8i [JLavT7|C7| -fj Tt iv 8Tf^ Steffi Tfl^t AlyuircCTriffi 
xal ev A(o8(6vY| itaparXYi^iai d>.).i^)»irjffi Tuyx^^ow^^ 
cou^ai. 



Strab., VII, Fragm. 1 : 

^Xp'^^H^H^^c^ ^' ^^ ^^^ ^dycov, d^^d 8 id tivcjv 
au{jL6dlb)v, Soiccp Td iv Ai6ijir) A{i|x.(i)viaLx6v. 

Suid. in t;. A(i)8cuvy). 

At hi Tuv 8ai{jLdvei)v ^coval dvapOpoC el^iv. 

• Strab., VII, 7, 10: 

Td 8i ^uOeud{i€va nepl tyJc 8pud( xal tcuv ttc- 
^eicjv xal et Tiva d).Xa TOiauTa, xa6dicep xal Td 
icepl Ae>.9(5v, xd {liv icoiT)TiX(i>T£pa< lorl 8iaTpi6f)(, 
Td 8* olxsXa Tt); vOv irEpio8eCa(. 

* Horn., Orf., S, V. 328 (voir p. 138, note 4). 

iEschyl., Prometh., v. 831 (voir page 137, 
note 2). 

Sophocl., Trachin.^ v. 1168 (voir page 137, 
note 3). 

Voir page 137, note 5, les passages d'Or- 
ph6e, d*ApoIlonius de Rhodes, d'ApoUo- 
dorc, de Lucien et de Pbilostrate. 

Pausan., VII, 21, 1 (voir page 137, note 4). 

Pbilostr., /mag,, II, 33 (voir p. 157, note 1). 



PROCfiDlfeS DE DIVINATION EMPLOYES PAR L'ORACLE. 



165 



moyen le plus ancien par lequel les dienx avaient manifesto leurs 
volont6s aux raortels*. Le mouvement de son feuillage et le bruis- 
sement qui eu r^sultait ^talent les signes par lesquels avait lieu 
cette manifestation de la volont^ divine ^. 

La colombe^ k laquelle on donnait, comme aux prophetesses, le 
nom de P616iade, 6tait, apres le chene sacre, le moyen le plus an- 
cien et le plus c61ebre par lequel Jupiter et Dion6 repondaient aux 
demandes qu'on leur adressait^. C'etait la colombe qui, venue 



Constantin Porphyr., II, 55 (voir p. 151, 
note 6). 

Virg., ffeory.,1, V. 149 (voirp. 132, note 4). 

Eustath., Coram, in Horn. //., B, v. 750 : 

£vO(X Updv xal ToO ix Spud^ (JiavTeCou tou Ao)- 
SwvaCou Ai6;, -fiv 5pGv icoXiSY^waaov Xt^ti 6 So^o- 
xXtj?, -/jyouv iro^-iS^wvov. 

* Herodot., II, 55 (voir page 131 , note 1). 
Plat.,/*A«dr.,p.275,B(voirp.l29,note2). 
Lucian., Amor., 31 : 

6po8a[JLVci)v Upav dico^^l^^aoa ^a)vV|v toO( iiaiSi- 
xou( eOcpi^jiiqaev Zpcata; Iti toO xa^ou {iLe|tv7)|i.£vir) 
4>Qii8pou. 

Dionys. Halicarn. Ars rhet.^ VI, et Eus- 
tath. Comm. in Horn. Od., v. 327 (voir p. 132, 
note 4). 

SophocL, Trachin., v. 171 : 
A(i)6(a)vi 8iaacl)v 2x neleidScov Icpiq. 

Proxen., ap. Schol. in Horn. Orf., E, v. 327 : 

noi(i.V|v v£|JLfk)v icp66aTa 2v tok tyJc A(i>8ct>vT)< 
fXeai, ToO ivi^.a^ O^eUeTO vojiiPjv xa>.>.iffTr|V xal 
etp^Qt^ el; T^v a^BTfpav aO^ifjv l^r5>.aff(J6V • 6i9ev xdv 
8ec«4'uirjv tpaolv ^T|TeXv icapdt toT; icoi{i.£ai Tot xe- 
xkt\i.\LtfaL icpdSaxa, [jly) edpdvTa 81 ipoiTav xdv 0e6v 
tC; ioTtv 6 xX^^^a;* t6tc npcuTov ^acl':T?|v 8pGv ^o)- 
VY|v d^etvai jrrt « tcov dxoXouOoOvTcov 6 vec^TaTo; » . 
E^erdtvavTa 8i Td ^dytov eupeiv icapd tu '2uoi{i£vi 
vccootI ^ooxi^aavTi iv tc^ X^P^^ ' ^^dXouOoi 8i ^£- 



yovTai ol icoi|i.£ve(* i^v 8^ to ^vo[ta Mav8ijla; d 
x>.£d/a;. ToOtov XfyeTat icapopywO^vra tyI 8put 9c- 
A-yJaa*. auTi^v Ixx6<|^ai vtJxTCjp * iceleia8a 8^ Ix tou 
OTtXiyou^ dvaxO^/aaav liciTd^ai p.V| toOto 8pdv. 
T6v 8i 87)pL!ZT(i)0£vTa [i.y)x£ti toOto To^iiTjaai , \ki\ 
Biyetv TOU UpoO toOtou 8£v8pou - oO [xi^v d>.^d xal 
8 id Td Td^|jLT)[i.a piavCaai aOT(J> toO; H^eipcuTa;* 
6i6ev xal XafidvTa? 8(xy]v TaOTTjv elfficpd^aaOai tJ); 
dTc' aOTOu dirovoiiij; Tdv jtdvTiv Tcpodyei. 

Pausan., VIII, 23, 4: 

El 8i El>.ii^v(i)v Toi; ^.dyoi; £ii6[ievov xaTapiO^it^- 
aaoOai 8eX (te d'Tcdaa 8£v8pa aCxx Iti xal Te6Y)>.dTa 
^eCiceTat, irpe<j6tiTaT0v jtiv -^ ).0yo; iailv aOTwv Vi 
2v T(j> Sa[j.C(i)v ire^uxuta tepcji Hpa;, [leTa 8^ aOTi^v 
i/j 2v A(i>8(6vY) 8pu(, xal iXaCa te V| ev AxpoicdXei 
xal -fi icapd Ay^^Coi;. . . . 

Senec, Here, v. 1476 : 

Quercus hanc sortem mihi 
Fatidica quondam dederat. 

* Suid. in v. A<i)8(d\nr| : 

Kal elaidvTCdv tuv (XavTeuo[i.£vci)v IxiveiTO ^rflev 
•f[ 8pu; T^j^oOaa* at 8i i^GlyyovTo 6'Tt Td8e \iyti 6 

' Proxen., ap. Schol. in Horn. Od., S, 
V. 327 (voir la note 1 ci-dessus). 

Pausan., VII, 21, 1 (voirpagel37, note 4). 

Philostr., Imag., II. 33 : 

H jitv XP^^ TtiXna It' iizX ttj? 8pud? iv ).oyCoi< 
V| ffo^V) xal p^pY)9|i.ol, oO; ix Aid; dva^SiyyeTai. 



166 



ifeTUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



d'Egypte * ou envoyee par H6be^, 6tait presentee dans les traditions 
mythologiques comme ayant engage les Dodon^ens k construire un 
temple a Jupiter; e'etait elle aussi quiavait indique Foracle a Hel- 
ios le bucheron ^ et qui avait empeche le berger Mandylas de cou- 
per le chene sacre*. La maniere dont cet oiseau volait et celle dont 
il sc posait quelque part servaient d'indice pour la r6v61ation de la 
volont6 des dieux^. 

Un autre moyen de proph^tiser, moins aneien peut-etre , mais 
non moins fameux que les deux pr6c6dents, 6tait le bassin d'airain 
dont le son fatidique donnait la reponse de I'oracle aux demandes 
qui lui etaient adress6es. . Selon quelques auteurs, ce n'6tait pas 
un seul bassin, mais plusieurs tr^pieds ou bassins de bronze sus- 
pendus, qui rendaient des sons en se touchant les uns les autres ^. 



* Herodot., 11, 54 (voir page 131, note 1). 

* Serv., Comm. in Virg. y^n., Ill, v. 466: 

Narratur et aliter fabula: Jupiter quondam 
Hcbae filiae tribuit duas columbas humanam 
vocem edentes, quarum altera provolavit 
inDodonae glandiferam silvam Epiri, ibique 
consedit in arbore altissima, praecepitque ei 
qui turn earn succidebat ut ab sacrata quercu 
ferrum sacrilegum submoveret : ibi oracu- 
lum Jovis constitutum est. 

* Schol. in Horn. //., H, v. 234 : 

8puT(S{i.ou, fa> ^aol Ti?|v icepiorepdiv icpcoTiQV xaxaSet- 
5ai t6 [jiavTetov. 

* Proxen., ap. Schol. in Horn. Orf., S, 
V. 327 (voir page 165, note 1). 

Serv., Comm, in Virg. .^n., Ill, v. 466 
(voir la note 2 ci-dessus). 

* Dionys. Halicarn., Hist. Rom.^ I, 14: 

Ev TaO-uTj (tyI MotTii^vY)) ^.eyexai )(^pirjaT»^piov 
Apeoc Yev£oOai icdvu dp^atov * 6 81 Tpdiroc aOxou 



[i.u9o^oyou{x£vij) icotI yev£cOat • iCk'^^ ^aov Ixet 
jjiiv iiiX 8pud^ tepac xa0e2[o{JL£v7) Tcepiorepi Oe- 
ffiri«i)8etv l\i^t':fi^ irapi 8e toT? ASopytci OedicejL- 
icTO^ 5pvt?, 6v aOTol jlIv ittxov, fiXXYjve? 81 8puxo- 
\dirTYjv xalouffiv, iizX xCovo; 5u>.ivou ^aivdjuvo? xd 
aOxd £8pac. 

Strab., VII, Fragm. 1 : 

Iffb); 8£ Tiva 'icrvjaiv at Tpei^ icepiorepal ln£T0VT0 
e^aCpsTOv, i\ a>v al Upeiai icapanQpoOjiievaiicpoeOf- 

Eustath., Comm. in Horn. Orf., S, v. 327: 

8' aOxdc xal el; t^c Ixei ^^eyottlva^ [tavTixd^ 

ire^ECac ^T^alv ^ti at icf^eiai elc olcovooxoicCav 6ico- 
vooOvTai, xaOd xal xopaixo|^dlvT£ic 'fjtfiv Tive;. 

* Eustath., Comm. m Horn. Oef., £, v. 327 : 

Ayj^ov 81 (S>c Ix TaOryjc xal Td icapoiaiaxdv Au- 
8(ovatov ^aXxetov, icepl o5 IlauoavCac ^Y^alv ffn Iv 
Aci)8(i&VY| iroXXcjv ^apa^^YjXuv xeipLlvuv XeSt^Tuv, 
et Ti( ToO Ivdc A^CTai ^aolv Ix 8ia8o^'yJc i^ivra; 

Demon op. Steph. Byz. in v. Aci>8(6vv) : 

Qc 6 (i.lv At{{ici>v ^Yjalv « died tou xdv vadv tou 
Aci>8ci)va{ou Aide toC^ou; [i9) S^ovTa, d>.>.d Tp{ico8ac 



PRO^CDES DE DIVINATION EMPLOYJ&S PAR L'ORACLE. 



167 



D'autres ^crivains pourtant affirment qu il y avait a Dodone une sta- 
tuette, offrande des Corcyr^ens, et un bassin, places sur deux co- 
lonnes. La statuette tenait h la main une baguette a Textremit^ 
de laquelle il y avait des osselets suspendus par des chainettes ou 
par des eourroies; ces osselets, agites par le vent, allaient frapper 
le bassin et lui faisaient rendre les sons fatidiques ^ . Les sons aiiisi 
rendus se prolongeaient, parait-il, fort longtemps, en sorte qu'on 



icoX^ou;, A^Xi^Awv it^.Tqaiov, fiore Tdv £v6? 4ict(5- 
|i£yov icapaici[i.ittiv 8ti t55; ^atjoeci)^ t^^v iin^x.^- 

civ ixdazu xal Stajjiivsiv t6v iflxo'^ ^XP''* ^'^ "^^ '^^^ 
£vd( l(pdi<^eTai » * i^ icapoiji-Cai 8£ ou ^iqaiv el \Li\ 
j^a^xCov Sv, diW oil ^£6ifjT(x; -S^ TpCicoSa^ ico^^.oO;. 

Demon ap. Miiller, Fragtn, hist. gr„ t. Ill, 
p, 125: 

Ai^{jL(oy ^Tjalv £iti xd tou Ai6^ 

{jLavTtTov £v Aci>8(6vY) \l^r[<sv4 iv xOx>.(i> icepuCXYj- 
^crai* TO'JTOU^ 8£ <{/aiSeiv d^).'i^^ou( x(zl xpou^OlvTo; 
ToO £vd; i^x^^"^ ^^ SiaSo^Yj; icdvTa^ (I>( 8ia icoX^ou 
j^pdvou Y^Y^*^^*^ '^^ ^X^^ '^^ icep£o8ov. 

Serv., Comm. m Virg. ^n., Ill, v. 466 : 

In quo sunt vasa aerea quae uno tactu uni- 
versa solebant sonare. 

• Slrab., VII, Fragm. 3 : 

Oti -fi icapoijiCa « xd £v A(i)8c6vyi Xa^xCov » £v- 
TeOOtv (i5vo{i.dta6v) * ^aXxCov i?Jv 2v t(J> tspcj) l^ov 
6i5epxtC[jLevov dv8piAvTa xpaTouvca jid^riya j^aX- 
xijv, AvdOY|ULaKepxupa£ii)v -i^ 8£ |jLd<jTt5'^v tpiTcX-Ji 
d).uffi8ci)TT?|, d7r)fjpTr||i.£vou< Ij^ouca ££ aOrfi; dorpa- 
Yd>.ou;, ot iu).i^TTOVTe; xd ^a).x£ov cuvej^w^, dicdTt 
alb)poivTO uTcd Twv dv£{jL(i)v, piaxpoi)^ "flx^^^ dicetp- 
yd^ovTO, fw^ 4 [jieTpu)v xdv ^pdvov dwd TfJ? <^PX^? 
Tou -flx^" H'-^XP*' 'f^^ou^ xal £itl TCTpaxdaia icpo£X- 
6oi. 50ev xal ii icapoi[t(a £^£x^ '^ "i^ KepxupaCcav 

Aristid. Miles, ap. Miiller, Fragm. hisi. 
gr., t. IV, p. 326: 

ApMrcoT£Xif)<;(ApKrr££8Y)<;) 8£ (S>c icXddaa 8uX£y- 
Xcov 8i5(i) <pYi<il (TTt3).ou^ elvai xal £wl jiiv toO £T£pou 
X£6irjTa, £7cl 6aT£pou 8£ 'J7ai8a xpaTouvTa |jLd<jTtYa, 
i^?ToO^ tadvta^ X*^\x£ou; ffvxa^ xal <yeiO|i.£vou; 67c' 



dv£{i.ou Tu \£6y|ti Tcpo^xpoiSeiv, t6v 8£ Tuirr(S{i.evov 
T^j^etv. — npd; An^[iL(i>va* eI 8£ icoXXol i?[aav oOx 3lv 
£vix(ij( £).£YeTo V| iTapoi(i.(a. 

Steph. Byz. in v. Aa)8GiviQ : 

npoo6eT£ov oiHv T(5 IlepiY^YnTYi noA£|i.ci)vi dxpiSco; 
TT^jv A(i>8a>yYiv e7CiaTa|jL£v({) xal AptaTE(8Ti xd toijtcjJ 
(leTaYCYP^?^'^^ 1 ).£Yovti xa^d t?iv p' « £v rri Aw- 
8(6vrj otAoi 8u(«) Tfapd\>.7i>.oi xal icdpcYY'^? dXXtJ- 
>.ci)v xal £wl |jl£v OaT£pou ;^a>.x£ov £<jtIv oO |i,£Ya 
Tot; 8£ vOv 7capait>.t^aiov ).£6Y)ffiv, £wl 8£ 6aT£pou 
icat8dpiov £v TYJ 8e$ta j^eipl (jiaatCYiov ?x°v, ou 
xaxd Td 8E$tdv [Jifpo? 6 -cd >.e6t^Tiov f^wv xCwv 
HaTY|X8v 6'Tav ouv dvEjiov au[jL6'^ icveiv toO; ty,; 
jiLdoTtYo; IjidvTa^; j^^aT^xoi^^ 5vTa; 6|jlo((«); toX; d)»iri- 
Oivoi^ t[jLdaiv al(i>pouaEvou( diud tou irvE0;j.aTO{ au- 
v£6atvE iJ/aOEiv tou j(^a>.x£ou, xal touto d8ia).e£icTw? 
itotEiv, ?w< dv d dvEjto? 8ia|i£vir) • « xal xaTd |i£v- 
Toi ToC>< ifi[tET£pou; (xpdvou;), ^Yjclv d Taffaio;, i^ 
jj.£v XoL^ii tyJ^ jAdoTiYO^ (8iaff£aa)<jTai), ol 8£ tji.dv- 
TS( dTCOiCEirrciaxaaiv. » 

Suid. m v. A(i)8(uvY) : 

Kal dv8ptd; t<r:aTO ev fj^ti. fd68ov xaT£xc»)v, xal 
-nap' auTdv "ki^ri^ tiiTaTO xal frcaiEv d dv8ptd? Tdv 
>.£67iTa' xal i^x^; ti^ £vap[i.dvio? dwETE^EtTO. 

Cosmas, in Mai Spic. Rwn.^ t. II, p. 172 
[ap. Steph. Byz. in v. A(>>8(6viq, in not. edit. 
Schmidt) : 

Av8pidc £9' 6^J/ou^ Ti< £aTi^xE'. paoTi^wv f d68ov 
xal leap' aOTdv tffTaTO X£6t|^' ol oiiv (xavTEudjuvoi 
i^lpXO^'fo **'cA Tdv Tdirov touto v xal tjC^ovto • d^TE 
o5v i?S8eXe, ^Yjclv, d Ofid^ xP^<r(i.cp8Yi<Tai, d dv8pidc 
£xeTvo; fwaiE tJ f d68w TdvX£6TiTa, E^a i^yit}. d X£6y|<; 
xal £x TOU X£6yjtoc ifiyd< ti; dwETE^EtTO £vapiJLdvto« 



168 



ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



appliquait souvent aux grands parleurs Tepithete de bassin de 
Dodone *. 

La volonte des dieux se manifestait en outre a Dodone par la voie 
des sorts ^ et par le murmure de la fontaine miraculeuse ^. 

Comme j'ai deja eu I'occasion de le dire, parmi les ruines d6cou- 
vertes a Dodone, il y en a qui , par leur forme et leur situation, 
indiquent des edifices affectes a des usages tout a fait speciaux. 
L attribution de ces Edifices a Texercice des differents proced6s de 
divination serait, je crois, Fexplication la plus probable qu on pour- 
rait leur donner. On pourrait ainsi placer le chene, les colombes 
et la fontaine miraculeuse dans les deux edifices situ6s sur le meme 
plateau que le temple* (pi. Ill, n"^* 5 et 5 bis)^ et le bassin d'airain 



xal ivecpopoGvTo at icpo^i^TiSE^ xal SXeyov fit aOtat; 

' Eustatb., Comm. in Horn. //., B, v. 750 : 

E(r:i xal Aci)8ci>vatov ^alxiov irapoijiCx iiz\ tuv 

iro).^i ^aXoOvTcjv EX£yeTO 8^ xal 

Aa)8(i>v 8iauXXd6a)(* i\ aOrrj^ to irapoi{iia!^(5[JLevov 
A(i)8ci)vaiov ^aXxetov inl Tt5v luo^u^dywv • j^^aXxetov 
yip Td xal AXXaj^oO TcXaTuiEpov 8Y)X(i)0ir)a6|ievov 
ifj^ei aOrdOt icXrjTTdjJLfivov Tej^vixw^ uitd |i.4aTiyo; i\ 
xal xaxdi ^Cav dv£{jL(i>v. 

Steph. Byz. in v. Aw8wvTr) : 

Ilap^L {liv TOi Ta>v lict^upCoiv Ttvd; i^xoijaajiev d^ 
iTceCwcp iT^TTTeTO jJL^v Td ^aXxUv Oicd jiiTrtyo;, 
Tfjj^ei 8' ItX icoXuv ^pdvov, <»>? ^Ei^spiou rf); Aw- 
8wvYj; u-reap^oOoT);, elxdTCi); eI< luapoiiiCav irepteyi- 
vcTO. M^jivirjTai aOTYj? M£vav8po; Iv AffYj^dpcj)* 

5 iAv 81 xivTioTi |idvov tt^iv MupTOLT|V 

TauTYjv TIC, ^i t{tOy)v xa^Ei, icipa; oO iroiEi 
^a).iQS( * Td A(i>8a)vaiov dEv ti^ ^aXxCov 
6 X^youaiv i^x^^^ ^"^ itapd^J^TiG' d wapi<k>v 
Tifjv Vi[i.£pav ^iXtjv, xaTawaOaai Oarcov ^ 
TaOTTjv >.a>.oOaav • vOxTa yip icpoXajiSivEt. 

Callimach., Hymn, in Del., v. 286 (voir 
p. 141 et 142, note 2). 



Philostr., /waj'., II, 33 : 

Xa>.xTi TE T^j^o) iv aOrfi TETijiiriTai, -f^v, oljiai, 
dpa; Eirt6dX).ouaav ti?jv x^tpa Tui (rrd(iaTi, ii7Ei8iq 
^^a^xEiov dvlxEiTO T(5 Alt xaTd Aa)8b)VT]v i^^^ouv i^ 
7co>.0 TY); VjUL^pa? xal p.^xP'' ^^^o^^^ fi^ aOToO jjlyj 
aia>icb)v. 

• Cicer., de Div.y I, 34 (voir page 142, 
note 1 & p. 144). 

Tit.-Liv.,VIII, 24, 1: 

Alexandrum Epiri regem ab exsule Lucano 
interfectum sortes Dodonaei Jovis eventu 
adfirmasse. 

• Serv., Comm. in Virg. >i?n., Ill, v. 466: 

Circa hoc templum quercus immanis 
fuisse dicitur, ex cujus radicibus fons ma- 
nabat, qui suo murmure instinctu deorum 
diversis oracula reddebat, quae murmura 
anus Pelias nomine interpretata hominibus 
disserebat. 

Plin., ^M^na^, II, 103, 106 (voir page 149, 
note 2). 

• La situation respective de la citerne 
plac6e dans Tenceinte de la ville (pi. Ill, 
n®l), de la construction carr^e b^tie au 



PIIOCEDES DE DIVINATION EMPLOYES PAR L'ORACLE. 



169 



avec la statuette sur les deux colonnes placees devant I'entr^e 
priocipale du temple (pi. Ill, n"" 8). 

Ceux qui veiiaient consulter Foracle, soit comme del^gues des 
villes et autres £tats de la Grece^ soit comme simples particuliers, 
devaient d'abord offrir aux dieux des dons ^ et leur adresser des 
prieres^. lis n'entraient pas en communication directe avec le dieu, 
comme dans d'autres endroits ou il y avait des oracles , mais ils 
ecrivaient leurs demandes ou les faisaient 6crire par les pretres sur 
des plaques de plomb, qui ^taient remises probablement aux Pe- 
l^iades. Celles-ci consultaient Foracle et rendaient leurs r6ponses 
^galement 6crites sur des plaques de plomb *. Nous ne savons pas 
si c'etait le consultant ou bien les Peleiades qui choisissaient, parmi 
les proc6d6s employes, celui par lequel Toracle etait consulte. II 
se pent pourtant qu'il y ait eu des regies determinant d'avance, 
selon la nature des demandes, le moyen qui devait etre employe 
dans chaque cas particulier^. 



sud-ouest du temple (pi. Ill, n® 5 bis) et de 
la cbambre souterraine d6couverte sous la 
scfene du tWAtre (pi. Ill, n'2), m'a fait penser 
qu'il pouvait y avoir eu quelque relation 
entre ces trois constructions et la fontaine 
miraculeuse. L'eau riunie dans la citerne 
pouvait venir k volont6 dans la construction 
carrde et former la fontaine intermittente ct 
miraculeuse. Elle s*en allait de 1^ sous terre, 
par un canal passant par la chambre souter- 
raine qui servait de r6ser\'oir, toutes les 
fois qu'on voulait en cacher T^coulement 
dans la plaine. Je n*ai pourtant pu trouver 
aucune trace do communication souterraine 
entre ces trois constructions. 

^ Voir les rdponses de Toracle dans les 
pages 142, note 1, et 144, note 1. 

Mschyl., Prometh.,v. 659 (v. p. 137, note 1). 

Xenopb., Scr., Mm. de Vectig.yYh^ (voir 
page 141, note 2). 



' Voir page 149, note 5, le passage d'H6- 
siode : 

* Gosmas (voir page 167, note 1). 

^ Les inscriptions sur lames de plomb 
d6couvertes dans le temple de Jupiter nous 
fournissent un t^moignage materiel ct in- 
discutable de ce proc6d6. Ces inscriptions 
(voir le Catalogue, sixifeme cat6gorie, pages 
68 et suiv. ; et plancbes XX XIV k XL), qui 
ne sont certainement qu'une tr^s-faible par- 
tie de la collection qui doit avoir 6t6 form6e 
h Dodone pendant des si6cles, nous donnent 
une s6rie de demandes les plus diverses, 
adress6es h Toracle par des villes ou par des 
particuliers et relatives h des int6r6ts con- 
siderables ou h des affaires depeu d'impor- 
tance. 

' Parmi les inscriptions contenant des 

22 



170 



ETUDE HISTORIQUE SUIl DODONE. 



De me me que les autres centres religieux de la Grece , Dodoiie 
aiissi devait avoir ses ceremonies sacr6es et ses fetes publiques*. 
Nous ignorons pourtant, faute de renseignements sur ce sujet, 
en quoi pouvaient consister les ceremonies que Ton y c^lebrait. 



XI 



Destruction de Dodone. 



Vers Fan 220 avant J.-G-, le temple de Dodone fut d^tniit pour 
la premiere fois par les fitoliens dont la ligue etait en guerre avec 
les Acheens. Dorimaque, general des fitoliens, se vengeant des fipi- 
rotes, allies des Maci^doniens et de la ligue ach^enne, apres avoir 
ravage une grande par tie de Ffipire, d^truisit aussi Dodone ^. II 



demandes adressSes k Toracle, il y en a qui 
portent, au revers, des lettres Isoldes. La plu- 
part du temps ces lettres indiquent le nom 
de celui qui faisait la demandc ; mais il peut 
y en avoir aussi quelques-unes qui se rap- 
portent au proc6d6 par lequel Toracle avait 
tik consults. 

* Pausan., X, 12, 5 : 

Le chant des P616iades (voir p. 1 34, note 1). 

Philostr., Imag.y II, 33 : 

jropd; ouToal ex 0tj6(Ijv icepie^a^i ti?|v 8puv, olxeiou- 
{levo; TTTjv co(pCav toO 8lv8pou, olaai 8e xal tVjv 
ypuofjV 5pviv Ixst ica).cuO'rivai. 

Schol. in Hepha3st., de ped,, p. 133 (voir 
page 1 id, note 2). 

Procl., Chresi.y II, p. 248 (voir page 145, 
note 3). 

On peut consid^rer aussi comme une de 
ces c6r6monies le sacrifice que tons ceux qui 
venaient consulter Toracle 6taient tenus 



d'offrir k Tdl^ment humide personnifii par 
Ach61ous (voir page 133, note 2). 

Voir aussi, dans la page 161, note 2, ma 
conjecture sur Texistence de mystftres ^Do- 
done. 

• Polyb., Bell. soc. ach., IV, 67 : 

liapa 8i TOi( AItcjXoi^ i^Sy) tcuv dp^aipeaioiv xa- 
Oy|x6vt(i)v ffrpaTYiyd; ijpiOti AcopCjix^o^, 6c icapay- 
TCxa Ti?|v 4px*^v 7capa>.a6wv xal toO? AItw^ou; 
dSpoCaa^ {leia T(5v 6'i;\{i)v, eviGaXev eU ^ou; £va> 
t6i:ou( ttJ; HicsCpou xal ti^v ^upav l8i^ou Ou{jli- 
xtjTcpov ^p(u[tevo; r^ xaTa<p6opa* xd ydtp icXetov 
oO rfi; a^cTipa; w^eXeCa;, iWk ttJ; twv HiceipaiTcSv 
P>.i6Trj; ^dpiv Exa^ta ffuvit^Xef icapaycv<5[Uvo; 8i 
icpd( Td ivepl Ab>8(dvv)v tepdv Td; tc orodic 2v£- 
7:^i\at xal icoXXdi tuv dvaOY|[i.dLTa)v 8U^0eipc, xa- 
T^oxa^^e 81 xal t9|v Updiv olxCav, &axi {it^T* elpi)- 
VY); 6)pov {JLY^TC icoX^iiou icpd( AlTotloOc 6icdp^eiv, 
diW iv djjL^OTipai^ xat; ictpiordlMai napdi rdt xoivd 
Twv dvOpcil>ic{i>v fOrj xal v6[Ai|i.a j^ptjodai Tai< en- 
6o^at;. 






DESTRUCTION DE DODONE. 



171 



bri\la les portiques et Ic temple, a Texception de la cella*, et 
reiiversa les offrandes qui s'y trouvaient. 

Un autre pillage de Dodone eut lieu vers Tan 88 av. J.-C. par 
les Thraces, que Mithridate envoya en fipire pendant ses guerres 
centre les Romains ^. 

A ces deux destructions on pent ajouter aussi la spoliation de 
I'Epire par Paul-fimile , spoliation qui eut lieu avant le pillage 
des Thraces (vers Tan 168 av. J.-C), et a laquelle Dodone doit, sans 
doute, avoir ete soumise en meme temps que les autres villes 6pi- 
rotes^ 

Ces catastrophes, arriv6es a I'^poque oil la libert6 de la Grece 
expirait sous T^treinte de Rome, avaient fait presque disparaitre 
I'oracle de Jupiter. Pendant longtemps, Dodone et ses temples 
n'existerent qu a I'etat de mines. 

Ce n'est que longtemps apres, lorsque I'fipire obtint de ses mai- 
tres un pen de repos et Tombre d'une existence ind6pendante, que 
ses peuples out pu reconstruire le vieux sanctuaire de Jupiter et 
de Dion6. 

L'etat actuel des ruines hell6niques et le fait qu'une partie des 
ex-voto trouves dans ces ruines (tons d'epoques anterieures a la 
conquete de TEpire par les Romains) etaient enfouis sous les fon- 
dements des murs romains, construits en petites pierres et en 
chaux, prouvent que plusieurs annees s'etaient ecoul6es entre la 



• Diod. Sic, Fragm. XXVI, 7 : 

cuvcTcX^ffaTo irpa^tv • t6 yap ii£pl AwSwvirjv jiav- 
Tttov ffuA^jaa; iv£iipT)« to Updv •rc^.Yjv toO otjxo'j. 

* DioiJ. Cass., XXXVI, Fragm. 101, 2. 

Oti ol Bpaxe^ ivait£icO£vTs; 67:6 toO MiOpiSiTou 
•njv Te Hiceipov xal Tot^).a ik ^iyj^^ t^; AwScovyj? 
xaTfSpajtov, wars xal -cd toO Atd^ Upov cu).f,aat. 



» Strab., VII, 7, 3: ' 

Twv yoGv Hiceip(i2T(ov £68ojx.T^xovTa 7C($Xei; IToaO- 
6i(5; (pYjGiv dvaTp£<}ai ITaO^ov [tSTi tt^v MaxeSdvcuv 
x»l ITspG^co; xxTa).u(iiv (Mo).ottwv V iitdtpSai Ti; 
TulECora;), tccvts 8e xal 8£xa |i.upvaSa; dvOpcuitciiv 
£Sav6pa;7o6Caa96ai. 

Plutarque {in vita Paul. JEmil., XXIX) 
r6p5te le m6me fait. 



172 



ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 



destruction et la restauration du temple. Le nouveau temple a 6i6 
evidemment construit sur les remblais formes par les ruines de 
Tancien; or, pour que ce fut possible, il a fallu necessairement un 
certain tassement de ces remblais, et ce tassement n'aurait pas pu 
se faire si la destruction de I'edifice n'avait pas eu lieu longtemps 
avant sa reconstruction. 

II m'est impossible de fixer exactement I'epoque a laquelle la 
restauration des temples et de Toracle eut lieu ; mais ce qui est cer- 
tain, c*est qu a partir de leur destruction jusqu'au premier siecle 
de notre ere, loracle de Jupiter ne jouissait pas d'une grande re- 
nommee *. Ce ne fut que vers la fin de ce siecle ou vers le com- 
mencement du siecle suivant qu'il commenga a reprendre un peu 
de son ancienne celebrite ^. 

Cette nouvelle existence de Dodone dura jusqu'au commence- 
ment du quatrieme siecle, 6poque a laquelle le christianisme de- 
vint la religion officielle de Tempire romain^. La serie des mon- 



* Strab.,VII, 7, 9et10: 

0{ia)( eOdv8pei "^ t8 Hiceipo^ icaaa xal i^ nXu- 
pC(* vuv 8i T<z ico).\dt {liv 2p7)|xCx xxt^^ci, T(k 8* 
olxoi^[j.eva xa>u.Y|Sdv xal Iv ipeiicCoi; leCircTai. 

Ex\£).oiice 8i icii); xal xd [tavreXov t^ Iv AcjScSvy^ 
xaOdicep Tdl^^a. 

Ni Tite-Live ni Plutarque, dans son traits 
sur les oracles, ne mentionnent Toracle de 
Dodone comme existant de leur temps. 

* Paus., I, 17, 5 (voir page i36,note 1). 
Philostr.. Vit. ApolL Tyan., IV, U: 

i'Kiffoivr^at Si xal Tot; L)L).Y}vixot( tcpoi; ica^i 
Tu Te A(i)8(ovaC(«) xal t(5 IIuOixu), etc. 

* Clem. Alex., Protrept., c. II; 

A8uTa ToCvuv dl9ca [jly) iro'XuicpayiiovetTS, jnr)8i 
papdOpcov <rr(5|j.aTa TtpaTcCa; f{jL7C>.ea, ^ Xi6Y)Ta 
Se^TCpcuteiov, t\ TpCico8a Ki^^atov, r\ Aa)8ci)vaiov 
)(^a)ix£tov, Y^P^'^Sp^^'^ ^^ <J/i[JL{J.oi; ipT^jULai; TeTt|iLT|- 



{jl£vov, xal Td aOxddi {/.avTetov, aur^ 8put {iLcpia- 
pa^lJL^vov p.09oic yeyYipax^ai xa'aXeC^'aTe. 

Euseb., Praep. evang., IV, 2, 8: 

IIoG yip aoi td iv Ae^^ot^ tepdv icapdi icaaiv 
£X^T,9w l^ alcdvo; p£6oY)[i£vov; icoO 6 noOio;; 6 
K).dpio;; icoO xal 6 A(k>8ci)vato; ; 

Greg. Naz., Orat., IV, p. 127 : 

Oux£TiXi6T); jiavxet^cTai. 

Theodoret., de (h*ac., X, 46 : 

OO/^ 6 BefficpwTio; \i^r^^ |iavT£uiTat, oij;^6 Tp{- 
icou< 6 Kif 6atoc j^py^^iioXoYet, oO t^ A<it)8a>vaiov 
•^cthLiXoy A8oXeG5^et, oO;^ Vi icoXu8pOX7)To; (pB^yye- 
Tat 8pO;, iWdi <jiya jjiiv 6 AcoScjvaToi;, ciya 8i 6 
Ko).ocpa)vio;xalAT(^>.io^xal IIOOioc xalK^(ipio(,etC. 

Idem, tWrf., X, 60 : 

A).)va xal icd^^uOev 6 Oeo^dpo; dvVjp <!»( icapiktv 
£(upa xal 7cpo'j>.eys xi jisTa xoao'jTOv ia($|JL£va j^p6- 



J 



DESTRUCTION DE DODONE. 



173 



naies que j'ai trouvees dans les fouilles (voir page 115 et pi. LXII 
et LXni), et parnii lesquelles les plus recentes sont celles de 
Constantin le Grand et de son fils Crispus, nous fournit la preuve 
de cette dur6e de Toracle restaure \ 

Gomme plusieurs autres temples de la Grece, celui de Dodone a 
ete transforme en 6glise, lorsque le christianisme remplaga le 
polyth6isme hellenique. La forme actuelle des ruines du temple 
et notamment les trois absides situ^es des trois c6tes du pronaos 
en fournissent la preuve. Je n'ai trouv6 parmi ces ruines aucun 
autre indice du culte chretien. Le temps en a detruit toutes les 
marques ext^rieures, qui n'etaient probablement reproduites que 
sur des materiaux fragiles. Mais cette transformation du temple de 
Jupiter en 6glise est prouv6e aussi par Texistence d'un evecli6 de 
Dodone, dont les titulaires figurent dans divers actes de Tflglise 
d' Orient jusqu'au sixieme siecle ^. 



vov * 6 Si A(i)8(i)vato( xal 6 IIuBio^ ouSl T(ii [i.eTdt 
o9ai, iWcL TrjSe xaxei<;e x>.ivo[i.£vou^ ISiSdnrjv ;^pT|- 

Themist., de Atten., p. 403, 6 : 

KaOdicep tw Att t^jv Spuv ti?|v iv AtoScuvY^ irir| yt- 

Serv., Comm. in Virg. yEn., Ill, v. 466 : 

Sed cum hie ordo oraculorum per multa 

tempora sletisset, ab Arce latrone Hillirio(?) 

.(lllyrio) excidi quercus praecepta est; unde 

factum est ut postea fatidica murmura ces- 

saverint. 

* Tillemont {Hist, des empereurs, t. IV, 
art. XX, p. 531), se basant sur un passage de 
Libanius, dit que rempereurJulien consulta 
Toracle de Dodone avant d'entreprendre sa 
campagne contre les Perses. Libanius ne 
cite pas le nom de Dodone, mais il dit 
(p. 252, d) que Julien, avant d'entrer en 
campagne, consulta les oracles de la Gr^ce. 



II est probable que cet empereur, ayant r6- 
tabli pendant son r^gne le polyth^isme hel- 
lenique, ait aussi restaur^ Toracle de Do- 
done. 

' Acta conctliotmtn (npaxTix3i Upciiv Xuv^Scov) 
edit. Parisiis MDCCXIV. 

Vol. I. p. 1425 (concile d'Eph^se) : 

BedSciipoc iTcCoxoiro; A(i)8(i2>vt)c 
UaikaiS,^ HT:eCpou. 

Vol. II, p. 967 (concile de Chalc6doine) : 

4>iX<S0eoc iizioTLOTZoq A(i)8(6vy); 
llaXaia^ HireCpou. 

Id.j p. 1569 (lettre sur le m6me concile) : 

OOpdvio; l7c(<rxoicoc A(*)8c6viq(. 

Id., p. 1955 (rapport au pape Hormisdas) : 

Iou).iavd; eitC^xoico^ Aci>Sc5viqc. 
Lequien, (hnenschrist.^ vol. II, p. 139. 



174 ETUDE HISTORIQUE SUR DODONE. 

Une petite ville chretieime a egalement remplace Fancienne ville 
hellenique * ; mais elle n'a pas ete Mtie sur le meme emplacement 
que celle-ci. L'enceinte fortifiee, qui est pleine de murs helleniques, 
ne contient aucune trace de constructions d'une date plus recente. 
La situation la plus probable de la ville chretienne serait 1' empla- 
cement de Tancien stade, au sud-ouest du temenos, oil j'ai d6cou- 
vert un grand nombre de murailles construites en petites pierres 
et en chaux (pL III, n""' 6 et 6 bis). Une partie du t6meuos, celle qui 
porte encore quelques traces de murailles chretiennes , pent aussi 
avoir 6t6 comprise dans la ville moderne ; mais le sanctuaire d'Aphro- 
dite (pi. Ill, n^ 7), Templacement des monuments votifs du teme- 
nos {ibid., n""® 9, 10 et 10 bis) et celui des deux edifices situes dans 
Tenceinte du temple [ibid.^ n""* 5 et 5 bis) ne doivent pas avoir ete 
occupes par des constructions de I'epoque chretienne- On n'en voit 
de traces ni dans la couche inferieure qui couvrait le sol de ces 
edifices et dans laquelle j'ai trouve de nombreux ex-voto , ni dans 
la couche sup6rieure qui forme le sol actuel. 

Je ne saurais fixer avec certitude I'epoque a laquelle cette der- 
niere ville et I'^glise qui avait remplace le temple out disparu; mais 
le fait qu'un 6veque de Dodone n'est plus cite a partir du sixieme 
siecle me fait supposer que c'est dans ce siecle qu'elles ont 6te de- 
truites. II ne serait pas impossible que les Goths, qui, sous la con- 
duite de Totila , ont ravage les environs de Dodone vers I'an 550 
de notre ere^, aient aussi d^truit cette ville; mais, dans Fobscurite 

* Hierocl., Gramm. Synecd,, i6' : • Procop., de Bell. Goth,, IV, 629 : 

feitapxCx iratXaiS; ftitsCpou Oird 'f^yt^6^aL' ^6- ^^"^^ ''^ ^^ K£pxupav o5toc 6 rdtetuv (it(5. 

Xtic : H.T|Tp6iroXK Nixdito^i?, AcoScivYj , EQpoia. ^°^ (^^^^ Totila) A^Cxeto , aOTtJv Te Vi^ov xal 
AxTWv, A8ptavo67co'Xt<. ^?*P^" *^ iTciSpop.^;, xotl Sr^^i mcti aOtfi vfjaoi 

iffCxeivTat, at £u6(STaii xa^oOvTai* 8ia6ivTec 8i 

Idem, dans son catalogue : - **^ '^^ ^^ fiirtipov i$airivxCa><; fiiravTa aet^ovto 

Tdi dpi^l A(i>8(ii)vr|V ^^pCa xal SiacpepdvTco; Nix<Si70- 
48. AfciScovt) "/i BdvSiT^a. ^Cv ts xal A'^j'j^tcov, 



DESTRUCTION DE DODONE. 175 

qui couvre I'histoire de I'Epire pendant plusieurs si^cles, il serait 
difficile de determiner d'une mani6re positive quel est, parmi les 
flots de barbares qui ont saccag6 les villes 6pirotes , celui qui a 
d6truit definitivement Dodone. 



ANNEXE A. 



Description des statuettes et bas-reliefs en bronze de la 

PREMIERE et DE LA DEUXIEME GATEGORIE DU CATALOGUE (voir 

p. 31 et suiv.), PAR M. le baron de Witte, membre de 
l'Institut. 



Parmi les monuments trouv^s dans les fouiUes de Dodone, on 
distingue tout particulierement la s6rie des statuettes et celle des 
plaques de bronze avec reliefs estamp6s. Chose digne de remarque, 
en consider ant 1' ensemble de ces monuments, on est surpris au 
premier abord de rencontrer dans ces s6ries un nombre conside- 
rable d'objets qui appartiennent a une epoque tres-ancienne, le 
sixieme et peut-etre le septieme siecle avant I'ere chr^tienne, 
et par consequent a Tart primitif des Hellenes. Mais cette sur- 
prise cesse , quand on songe aux cons6quences des guerres ter- 
ribles qui ont eclate vers la fin du troisieme sidcle avant notre ere 
entre la ligue des fitoliens et celle des Ach^ens. Ce fut en effet 
vers Tan 220 (olympiade cxli, 1) que Dorimachos, g6n6ral des 
£toliens, ravagea I'Epire et livra au pillage et aux flammes le 
temple de Jupiter et les autres sanctuaires de Dodone *• Plus tard, 
les Romains, sous le commandement de Paul fimile, vers Fan 168 ^, 
et les Thraces de Mithridate, vers Fan 88 ^, acheverent la des- 
truction des edifices sacr6s. Les offrandes en m^taux pr^cieux 

* Polyb., IV, 67. » Dion. Cass., Fragm., CXVI, ed. Sturz. 

• Strab., VII, p. 322. 

23 



178 DESCRIPTION DBS STATUETTES ET BAS-RELIEFS EN BRONZE 

dispariirent ; quelques bronzes, qui avaient 6t6 caches, 6chapp^- 
rent seuls au pillage. On est autoris^ k penser que les bronzes 
enfouis dans la terre, avant I'arrivee de Dorimachos et des fito- 
liens, y resterent pendant un grand nombre de siecles; ceci 
explique la presence dans les fouilles des statuettes et des bas- 
reliefs d'un art tres-ancien. Dodone demeura en ruines pendant de 
longues ann6es. Toutefois Toracle a dft se relever vers la fin de la 
R6publique. Strabon * et Pausanias^ en parlent; le g^ographe dit 
que Dodone a presque disparu avec les autres villes de I'Epire ; 
le voyageur grec, au contraire, vers la fin du second siecle de 
notre ere, dit que ce lieu m6rite d'etre visits. 

L' ensemble des antiquit^s recueillies dans les fouilles de Do- 
done pent donner une idee de F importance des offrandes consa- 
cr6es k Jupiter Nalos. La patine, fine, brillante et polie, m6rite 
d'etre signalee; cette patine est surtout remarquable dans les 
bronzes les plus anciens, ainsi que sur la plaque pi. XV et sur 
la tete d^Omphale, pi. XVII, n* 4. 

STATUETTES DE BRONZE. 

PI. IX, n^» I et I bis. 

Satyre ithyphallique et barbu, k pieds de cheval, qui danse, la 
main droite posee sur la hanche et le bras gauche leve. Par der- 
riere, en bas des hanches, il y a un trou qui indique Tendroit ou 
se rattachait la queue de cheval ^. Le nez aplati et ecrase et I'ex- 
pression de bestiality dans les traits appartiennent en propre aux 
satyres, etres moitie hommes moitie animaux. On remarquera le 
model6 des chairs et la mani^re dont sont travaill6s les cheveux et 

* VII, p. 327. ' La queue de cheval grav6e sous le n» 2 

• 1, 17, 5. a peut-^tre appartenu k cette statuette. 



DE LA PREMIERE ET DE LA DEUXIEME CATEGORIE. 179 

la barbe. On reconnatt dans ce beau bronze dessin6 sous deux 
aspects, et qui est un des plus importants des fouiUes de Dodone, 
les traits de Tart grec primitif du sixieme ou meme du septieme 
siecle avant notre ere. 

Haut. 20 centimetres. 

La forme la plus ancienne des satyres semble avoir ete, chez 
les Hellenes, celle ou la nature de I'homme s'unit a celle du 
cheval. Plusieurs circonstances donnent lieu de penser que cette 
forme monstrueuse des satyres vient de TAsie. On connait, dans 
les monumente anciens, quelqaes repr6sentetions de satyres hip- 
popodes, mais elles sont rares *. 

PI. X, n^* I et I bis. 

Aul6tria jouant de la double fliite. EUe est vetue d'une tunique 
talaire h manches courtes et serr6e a la taille par une ceinture. 
Ses longs cheveux, boucl6s sur le front et li6s derri^re la t^te par 
une bandelette, retombent en larges nattes sur ses ^paules. On 
distingue parfaitement la bande de cuir ((popSeia) qui servait a 
maintenir les joues et qui est retenue au sommet de la tete par 
une bandelette. Le sac (Ou^axo^) destine a renfermer les flutes est 
suspendu a son bras gauche. Le mouvement des doigts qui tien- 
nent les flutes est indiqu6 avec beaucoup d'^nergie. La coiffure 
est tr^s-remarquable. 

Le style de cette statuette, une des plus curieuses de la col- 
lection, indique un travail tres-soigne du sixieme siecle avant 
notre ere- 

' Ce bronze a 6t£ publi6 dans la Gazette et autres monuments sur lesquels sont re- 

archiologique^ 1877, pi. 20, p. 124. pr6sent6s des satyres h pieds et ^ queue de 

On trouvera dans cet article I'indication cheval. 
des bronzes, miroirs 6trusques, vases peints 



180 DESCRIPTION DES STATUETTES ET BAS-RELIEFS EN BRONZE 

. Gette statuette^ reproduite sous deux aspects, a aussi le m6- 
rite d^etre bien conserv^e, sauf les pieds qui manquent. 
Haut. 0'",12. 

PI. X, n^* 2 et 2 bis. 

Personnage royal (Pelops?) assis. II est coiff6 dun bonnet 
pointu, envelopp^ dans un manteau qui recouyre ses bras et ses 
mains ; les pieds sont nus. La main droite est lev^e a la hauteur 
du sein, la gauche abaiss^e. Les cheveux, natt^s, tombent par 
derriere sur ses 6paules. Au cdte gauche est suspendue une 6pee. 

Travail du sixieme siecle avant J.-C. 

Cette statuette est reproduite sous deux aspects. 

Haut. 0",8. 

PI. XI, n^ I et I bis. 

Atalante courant. Ses longs cheveux tombent en tresses sur 
ses ^panics. EUe est vetue d'une tunique courte sans manches, 
serree par une ceinture et qu'elle r616ve de la main gauche. 

On doit faire attention ici au models des chairs; les muscles 
sont tres-prononc6s , les yeux grands et ouverts ; dans les traits, 
on observe une grande expression de force. 

Ce bronze , une des merveilles de la collection , est d'une con- 
servation parfaite; il 6tait probablement group6 avec une autre 
statuette repr^sentant Milanion qui entra en lutte avec Atalante 
pour la course. 

Ce bronze appartient a Tart du sixieme siecle avant notre ere. 

La tete, vue par derriere, est reproduite dans la planche a cdte 
de la statuette. 

Haut. 0'",12. 



DE LA PREMIERE ET DE LA DBUXIEME CAT^GORIE. 18t 

PI. XI, n** 2 et 2 bis. 

Tete a longue chevelure, ay ant servi d'ornement a quelque 
meuble, peut-etre au dos d'un si6ge, com me Tindique le mor- 
ceaii de m^tal qui surmoote cette tete et dans lequel existe une 
rainure avec des trous. Une longue tige s'adapte au-dessous du 
menton. 

Get objet parait remonter au moins au septieme siecle avant 
notre ere. 

La tete, vue de profil, est dessinee s^parement a cdt6 de T en- 
semble du monument. 

Haut. 0",30 (y compris la tige). Haut. de la tete seule, 0",04. 

PL XI, n~3et3 bis. 

Jeune cavalier, vetu d'une tunique courte et 6troite, les jambes 
nues, avec les cheveux longs et tress6s retombant sur le dos. Une 
espece de collier qui semble se rattacher au vetement garnit le 
bord superieur de la tunique. Les jambes ecart^es et la direction 
des bras indiquent clairement que c'est un homme a cheval qui 
tenait la bride de ses deux mains. 

La tete, vue de profil, est dessinee separ^ment. 

Style du sixieme siecle. 

Haut. 0'",10. 

PI. XI, n^ 4. 

Pallas vetue d'une double tunique sans manches et de I'egide, 
formee d'une simple peau de chevre, sans serpents ni gorgonium. 
Sa t^te est coiffee d'un casque a haut cimier et dont les g6nias- 
teres sont releves. La deesse tenait des deux mains un attribut 
difficile a determiner, car il est bris6 en partie ; ses regards sem- 



182 DESCRIPTION DES STATUETTES ET BAS-RELIEFS EN BRONZE 

blent se porter sur cet objet. £tait-ce un acrostolium *, une arma- 
ture de trophee ou un soc de charrue? On ne saurait le dire. 
Sous le bras droit on aper^oit une espece de cartouche rectan- 
gulaire ; ce meme cartouche se r6pete par derriere. On ne s'ex- 
plique pas bien la presence de cet objet, qui fait peut-etre partie 
du vetement. 

Le travail de cette statuette pent remonter au cinqui^me ou au 
sixieme siecle. 

Haut. 0"",12. 

PI. XII, n'^ I. 

Apollon debout et nu, n' ay ant pour tout vetement qu'un petit 
calegon. Les cheveux, longs et tresses, retombent sur le dos. Les 
deux bras lev6s supportent un ornement en forme de double 
palmette. 

Cette figurine, comme celle qui va suivre, a servi de manche a 
un miroir ou a une large phiale. 

Haut. 0",17. 

PL XII, n^ 3 et 3 bis. 

Apollon entierement nu, les cheveux tresses et tombant en 
natte sur le dos, les deux bras lev^s. Au-dessous des pieds est 
une palmette. 

La tete et les bras ^taient destines k supporter le disque d'un 
miroir; ou peut-etre cette statuette a-t-elle servi de manche a 
une large phiale; il manque ^une partie des jambes. 

Ge motif se retrouve dans les monuments ^trusques \ 

Haut. approximative, 0",17. 

* Voir J^lite des monuments dramographi- "Voy.Adr.deLongp6rier,iVo^icerfe5fet)«2es 
ques^ 1. 1, pi. LXXV. antiques du Mus4e du Louvre, n* 68. Paris, 1 868. 



DE LA PREMIERE ET DE LA DEUXlfeME CAT^GORIE. 183 

PL XII, n~ 2 et 2 bis. (le n^ 2 bis repr^sente la tete vue par derrifere). 

Apollon enti^rement nu, assis. Ses longs cheveux tresses retom- 
bent sur son dos. La jambe gauche manque. Au sommet de la 
tete il y a une entaille dans le metal et le bras gauche est coup6. 
Cette statuette a fait peut-etre partie d'un groupe. Style du 
sixi^me ou du septieme siecle avant notre ere. 

Haut. 0,10. 

PI. XIII, n- I 

fiphebe k cheval, entierement nu, tenant de la main droite un 
fouet et de la gauche la bride. On remarquera le travail des che- 
veux et de la crini^re, la forme de la bride, la mani^re dont elle 
est attach^e , ainsi que la houppe qui couronne la t^te du cheval. 

Cette statuette est creuse et par derriere remplie de plomb ; 
elle semble avoir servi d' applique k quelque ustensile, a moins 
que nous nayons ici que la moiti^ de la statuette. 

Ce bronze appartient ^ une ^poque fort ancienne, peut-etre le 
septieme siecle av. J.-C. 

Longueur 0,12. 

PI. XIII, n~ 2 et 2 bis. 

Divinite marine, moitie homme, moiti6 poisson, representee de 
face, les bras ^tendus avec des ailes aux hanches. La partie infe- 
rieure du corps est termin6e par deux queues de poisson qui se 
croisent. Aux cdt6s s'elancent deux dragons, la gueule ouverte. 

Cette curieuse representation d'un dieu m&le ichthyomorphe 
servait d'agrafe. 

On pourrait peut-etre penser, en voyant ce petit monument, au 
fleuve Acheron qui etait voisin de Dodone. 



184 DESCRIPTION DBS STATUETTES BT BA'S-RBLIBPS EN BRONZE 

Le travail, les cheveux en tresses qui descendent sur le dos, 
indiquent le sixieme ou le septieme siecle comme Opaque de 
ce bronze. 

II est dessin^ sous deux aspects. 

Haut. 0,04. 

PI. XII, nM. 

Jupiter enti^rement nu , tenant le foudre de la main droite et 
^tendant le bras gauche. 

L'archalsme de ce bronze n'est qu'affect6 et apparent. II n'ap- 
partient r6ellement qu'i une 6poque oil Ton cherchait k imiter 
les formes de Fart primitif ; peut-etre le second ou le troisieme 
siecle av. J.-C. 

Haut. 0,11. 

PI. XIII, n^ 5. 

Acteur ayant la tete couverte d'un masque comique et vetu 
d'une tunique courte a longues manches termin^es aux poignets 
par une bordure d6coupee. Par-dessus cette tunique, I'acteur porte 
une espece de manteau form6 par une peau d'animal et serr6 par 
une ceinture ; a ses jambes sont des anaxyrides qui se terminent 
par une bordure ; ses pieds sont chausses de souliers pointus. La 
disposition des bras et des jambes semble indiquer qu'il 6tait sus- 
pendu a une corde et que, dans cette attitude, il se livrait k quelque 
exercice d'acrobate. 

Cette representation est curieuse ; on ne rencontre pas, que je 
sache, des statuettes d'acteurs en bronze. 

Style du troisieme siecle a v. J.-C. 

Haut. 0,10 environ. 



DE LA PREMIERE ET DE LA DEUXIEME CATEGORIE. 185 

PL XIII, n^ 3. 

Femrae, peiit-etre Aphrodite debout, vetue d'une double tuni- 
que sans manches et par dessus d'un ampechoniiim. Elle etend la 
main droite, dans laquelle elle a pu tenir an attribut qui est perdu. 
Dans sa main gauche, elle porte une pomme. Les cheveux relev6s 
sont rdunis an sommet de la tete par un noeud. Les pieds sont 
cbauss^s. 

Lc manque de grandeur et de noblesse dans les traits de cette 
statuette pourrait faire besiter a reconnaitre ici une divinite. Ce 
bronze semble appartenir au deuxieme siecle. 

Haut. 0,12. 

PI. XIII, n^ 4. 

Personnage barbu et entierement nii, le bras droit leve. Les 
attributs etant perdus , on ne pent pas savoir s'il tenait le foudre 
ou le trident et si Tartiste a voulu representor Jupiter ou Neptune. 
Ce bronze est d'un travail tres - barbare , mais d'une epoque 
ancienne* Les pieds manquent. 

Haut. 0,13. 

PI. XIV, n^ I. 

Menade, les regards diriges vers la terre et le pied droit Jeve. 
Cette attitude semble indiquer que cette m6nade 6tait groupee 
avec un autre personnage, peut-^tre renvers6 par terre. Ses che- 
veux sont entoures d'une simple bandelette; son costume consiste 
en une double tunique sans manches qui laisse a d6couvert une 
partie du sein et T^paule gauche. Les attributs qu'elle portait 
sont perdus ; mais on peut supposer qu elle tenait dans la main 
droite un thyrse et peut-etre dans la gauche un serpent. Les plis 

24 



186 DESCRIPTION DES STATUETTES ET BAS-RELIEFS EN BRONZE 

de son vetement sont indiques avec grAce ct elegance. On y 
rcmarque des incrustations d'argent. 

Ce bronze appartient a la meilleure epoque de Tart hell6nique, 
probablement k Tepoque de Praxitele, quatrieme siecle av. J.-C. 

Haut. 0,10. 

PI. XIV, n^ 2. 

Le berger Mandylas^ connu dans la tradition de Dodone *. II 
est repr6sente nu avec une chlamyde form6e d*une peau d'animal 
sur r^paule gauche. 11 tient dans la main droite une espece de 
bd.ton ou de massue. II etait coiffe d'un petase dont il ne reste 
que le clou qui servait a le fixer sur la tete. 

Cette curieuse statuette nous donne la representation d'un per- 
sonnage local pen connu et dont il n'est presque pas fait mention 
dans les traditions mythologiques. Voir ^wpm, pages 165 et 166. 

Style du quatrieme ou du cinquieme siecle av. J.-C. 

Haut 0,11. 

PI. XIV, n^ 3. 

fiph^be entierement nu, la tete entouree d'une bandelette et 
tenant de la main gauche un trident (Tar as?). 
Les pieds manquent. 

Style du quatrieme ou du cinquieme siecle av. J.-C. 
Haut. 0,09. 

PI. XIV, n« 4- 
£phebe entierement nu, ayant tenu probablement une phiale 

* Proxen. ap. Schol. arf Homer. Odyss. S, Philostrale [Imag,, II, 33). — Cf. Schol. ad 
327. — Ce berger est nommi Jfellos par Homer. Iliad, n, 234. 



DE LA PREMIERE ET DE LA DEUXIEME CATEGORIE. 187 

de la main droite et peut-etre uiie palme de la gauche. Les attri- 
buts sont perdus. 

Nous avons ici sous les yeux probablement la representation 
d'un athlete vainqueur. 

Style du quatri^me ou du cinquieme siecle av. J.-C. 

Haut. 0,08. 



PLAQUES DE BRONZE. 

Les nombreuses plaques de bronze recueillies dans les fouilles 
de Dodone sont des plaques de m^tal tr^s-minccs avec des sujets 
en relief estampes et ciseles. Les unes sont des debris d'armure ; 
plusieurs ^taient destin6es a etre cousues sur des etoffes ou sur des 
lanieres de cuir, comme on pent s'en convaincre en voyant les 
trous qui s'y trouvent sur les bords. 

PI. XV. 

Groupe compose de deux combattants ; tons les deux sont nus. 
Le vainqueur a la tete couverte d'un casque de forme conique. II 
porte sur ses epaules une chlamyde qui s'enroule autour de son 
bras gauche auquel est suspendu un grand bouclier argien. Vu 
de face, il appuie le genou droit sur la poitrine de son adversaire 
renverse h ses pieds. La plaque ay ant 6te brisee et mutilee dans 
plusieurs endroits, on ne pent pas determiner les armes que les 
deux combattants tenaient k la main. Le vaincu portait proba- 
blement une ep6e. 

Ce groupe, du plus beau style hellenique, decore un geniastere de 
casque. Sous le rapport de Fart, il est peut-etre superieur aux admi- 



188 DESCRIPTION DES STATUETTES ET BAS-RELIEFS EN BRONZE 

rabies bronzes de Siris, conserves au Mus^e Britannique et illus- 
tres par Brondsted * . 

On pourrait chercher dans le groupe des deux combattants 
que nous offre cette plaque une scene de Tlliade, mais il est plus 
probable que nous voyons ici le combat de Pollux contre Lyncee ^. 
La forme coniquc du casque semble indiquer d'une maniere posi- 
tive un des Dioscures. On sail que cette forme fait allusion a I'oeuf 
de Leda^ 

Haut. 0,17. 

La planche, quoique grav6e avec le plus grand soin, np pent 
donner qu'une idee imparfaite du models des chairs et de Tel^- 
gance des draperies. Ce fragment de casque nous offre une com- 
position des plus pures et des plus belles de Tart hell^nique de 
Tepoque de Lysippe, par consequent de la fin du quatri^me siede 
avant notre ere. 



PI. XVI, n^ I. 

Dispute diApoHon et ^Hercule pour le trepied de Delphes. 
ApoUon est nu; une chlamyde s'enroule autour de ses bras. Her- 
cule, revetu de la peau de lion qui lui couvre la tete, 16ve le bras 
droit arme de la massue. 

Cette plaque est perc^e tout autour de trous qui indiquent 
qu'elle add etre cousue sur quelque 6toffe; peut-etre faisait-elle 
partie des lambrequins d'une cuirasse. 

Beau travail ; style du quatrieme siecle av. J.-C. 



* 57'on3eso/5iW5, Lond.,1836. ' Lycophr., Cassandr,, 506. — Lucian., 

* Voy. le fragment de bas-relief public Dialog. Deorumy XXVI, i, avec les notes 
par Winckelmann , Mon, ined,, 62, et par d*Hemsterhuis. — Cf. Gazette arch,, 1877, 
Zoega, Basr.y t. I, pi. LI. p. 10. 



DE LA PREMIEllE ET DE LA DEUXIEME CATEGORIE. 189 

Le meme sujet est repete sur deux autres plaques semblables, 
mais fragmentees. 

Haut. 0,11. 

La dispute d'Apollon et d'llercule pour la possession du trepied 
est representee sur un grand nombre de monuments et particu- 
lierement sur les vases peints. 

Pi. XVI, n^ 2. 

Plaque rectangulaire, ornee de deux sujets. Dans la partie su- 
perieure on voit trois personnages. Ce sont des hommes entiere- 
ment nus. L'un, a droite, semble vouloir monter dans un char 
dont on aper^oit une des roues. Les tetes manquent. 

Dans la partie inferieure, on voit le combat de trois guerriers ; 
ils sont nus et arm6s de casques. L'un vient d'etre blesse ; il est 
sur le point de tomber. Un de ses compagnons, qui porte un bou* 
clier, le soutient dans sa chute. Le vainqueur tient une ^p^e k la 
main. Le bless6 est arme d'une lance. 

On pent voir dans cette scene la mort de Patrocle. Le vain- 
queur serait dans ce cas Hector, et le guerrier qui vient au secours 
du blesse, Ajax. 

Haut. 0",10. 

PI. XVI, n« 3. 

Fragment d'une plaque rectangulaire. On y voit deux person- 
nages jeunes, entierement nus ; l'un semble etre un guerrier tombe 
sur le champ de bataiile et qui est releve par un de ses compa- 
gnons. En effet, le second jeune homme saisit le bless^ des deux 
mains par le bras gauche. Une epee suspendue a un baudrier dis- 
tingue le guerrier qui vient au secours du blesse. Mais le groupe 
n'est pas complet, puisqu'on voit sur T^paule droite du blesse une 



490 DESCRIPTION DBS STATUETTES ET BAS-RELIEFS EN BRONZE 

main qui indique T inter ventlon d'un troisieme personnage. Les 
trails dn bless6 et sa chevelure herissee indiquent un grand effroi, 
tandis que son compagnon le regarde avec un sentiment de douleur. 

Ce sujet est encadre d'une bordure au-dessous de laquelle on 
voit trois piqds humains, reste d'une autre composition. 

Style du quatrieme siecle avant J.-C. 

Haut. 0",04. 

PI. XVI, n^ 4. 

Deux plaques r^unies par une espece de charniere et qui, dans 
Torigine, out du etre fixees sur un objet qui s'ouvrait et se fer- 
mait a volonte. La charniere est enrichie, a sa par tie inf^rieure, 
d'une bordure de feuilles de lierre. 

L'une des deux plaques, celle d'en has, est conserv^e presque 
en entier. On y voit Hercule^ jeune et nu, arm^ de la massue et 
combattant le taureau de Crete qu'il saisit de la main gauche par 
le con. 

La seconde plaque, celle d^en haut, est bris^e. Sur le petit frag- 
ment qui en reste, on distingue deux jambes humaines, les replis 
d*un enorme serpent et la pince d'un crabe. On peut supposer, 
d'apres ces indications, que Ton y avait represente le combat 
diHercule contre Fhydre do Lerne. On salt qu'un crabe vint an 
secours de Fhydre. 

Style du quatrieme siecle avant J .-C. 

Haut. 0",08. 

PL XVII, nM. 

Fragment d'une plaque de forme circulaire. Jeune guerrier, la 
tete nue, I'epaule droite percee d*un dard qui est rest6 fix6 dans 
la plaie. 



DE LA PREMIERE ET DE LA DEUXIEME CATEGORIE. 191 

Une partie des bras et les deux jambes manquent. 

L'oeil de face, dans cette figure representee de profil, et le tra- 
vail des cheveux, indiquent une baute antiquity, peut-etre le sep- 
ti^me siecle avant J.-C. 

Haut. 0",6. 

PI. XVII, n^ 2. 

Tete barbue et de face de Jupiter. II reste snr le front des 
traces d'un diademe. Cette tete est empreinte d'une grande no- 
blesse et d'une grande majesty. 

Style de la plus belle 6poque de Tart hell6nique. Quatrieme 
siecle avant J.-C. 

Haut. 0",07. 

PI. XVII, n^ 3. 

Plaque oblongue avec ornements figurant des plumes. 
Haut. 0^10. 

PI. XVII, n^ 4. 

Tete d^Omphale^ coiff6e de la d^pouille du lion et vue de face. 
La pupille est indiqii6e dans les yeux. Mais ce qui est k remar- 
quer, c'est la bouche entr'ouverte qui montre une rang^e de 
dents, chose rare dans les figures antiques. 

Cette plaque, entouree de petits trous et avec un anneau 
au-dessous de la peau de lion, a pu servir de g^niast^re k un 
casque. 

La patine de cette plaque , qui a le poll et le brillant de la 
turquoise, est tres-remarquable. 

Style du quatrieme siecle avant J.-C. 

Haut. 0",17. 



192 DESCRIPTION DES STATUETTES ET BAS-RELIEFS EN BRONZE 

PI. XVII, n^ 8. 

Plaque de forme circulaire. Autre tete dHOmphale de face, cou- 
verte de la peau de lion. 
Haut. 0",03. 

PI. XVII, n^ 10. 

Autre tete diOmphale de face. 
Haut. 0",06. 

Pi. XVII, n-5et7. 

Deux tetes de Pallas casqu^e ayant servi d*agrafes, A Tune, 
le crochet se termine en tete de cjgne. 
Haut. (r,0^. 

PI. XVII, n^ 6. 

Fragment d'une plaque. On y reconnatt la partie inferieure 
d'une figure de femme, elegamment drap^e et assise. Deux autres 
petits fragments, ayant appartenu a la meme plaque, reprdsentent 
une main et un bras. On peut reconnaitre dans cette figure Thetis 
qui apporte des armes k Acbille. Dans ce cas, ce serait une cne- 
mide que la deesse tiendrait de la main droite; sous ses pieds 
sont indiques les flots de la iner. 

Haut. 0",06. 

PI. XVII, n" 9. 

Tete de Satyre barbu, do face, ayant appartenu a la partie 
inferieure d'une anse de vase. Les cheveux sont cntour6s d'une 
bandelette. 

Haut. 0,08. 



DE LA PRBMIERE ET DE LA DEUXifiME CATl^GORIB. 193 

PI. XVII, n^ II. 

T^te de femme de face, k longs cheveux, peut-etre la d^esse 
Dione. On remarquera Tindication de la pnpille dans les yeux. 

Tres-beau travail, quatrieme siecle avant J.-C. 

II y a deux exemplaires de cette belle tete, Fun parfaitement 
conserve, Fautre tres-altere par Faction du temps. Une difference 
sensible existe entre ces deux plaques; quoique du meme travail, 
la conservation merveilleuse d'un des deux exemplaires produit 
un effet ^tonnant. 

Haut. 0'",06. 

PI. XVIII, n^ I. 

Scylla vue de face, la tete inclin6e vers la gauche. Le corps se 
termine par deux grandes queues de poisson. A la partie ant6- 
rieure s'61ancent en aboyant deux chiens. La d^esse 16ve la main 
droite et tient de la gauche lui aviron. Au-dessous on voit les 
flots de la mer. Dans le fond, ii y a de chaque c6t6 une large 
feuille d'acanthe. 

Travail du troisieme siecle avant J.-C. 

Haut. 0",09; largeur, 0",12. 

PI. XVIII, n^ 2. 

Plaque rectangulaire. Deux griffons ailes a grandes cornes, 
places en face Fun de Fautre et levant le pied droit. lis sont pos^s 
au-dessus d'un fronton triangulaire, dont le tympan est decor6 
d'une palmette et de feuillages. II y a un second exemplaire mal 
conserve. 

Travail du quatrieme siecle av. J.-C. 

Haut. 0",08. 

25 



194 DESCRIPTION DES STATUETTES ET BAS-RELIEFS EN BRONZE 

PL XVIII, n^ 3. 

Plaque de forme oblongue. D6esse vue de face, coif fee d'une 
esp6ce de bonnet phrygien avec appendices ou geniasteres. La 
partie inf^rieure du corps se termine par deux queues de serpent 
qu'elle serre dans ses deux mains. Entre ces queues on voit une 
grande fleur en forme de clochette. 

Cette d6esse est peut-etre Echidna. 

Haut. 0",09. 

PI. XIX, nM. 

V 

Plaque de forme rectangulaire. On y voit un quadrige figur6 
de face. On distingue les roues et la caisse du char. Dans le qua- 
drige , a ce qu'il parait, il y avait deux guerriers casques dont on 
apercoit les tetes de face. De chaque c6te, dans le champ^ au-des- 
sus des chevaux, volent des oiseaux qui off rent quelque ressem- 
blance avec le paon (?). Ce sont probablement des oiseaux de bon 
augure qui presagent la victoire. 

Le travail des reliefs qui decorent cette plaque a un caractere 
tout particulier. Les tetes des quatre chevaux out I'apparence 
d'un squelette de cheval. 

Haut. 0",07. 

Pl.XIX, nM. 

Fragment d'une plaque rectangulaire. On y voit un quadrige 
repr6sent6 de face et conduit par la Victoire, reconnaissable a ses 
ailes. II ne reste que les deux chevaux de gauche. La tete de la 
Victoire est dessin^e de profil et tourn6e vers la droite. 

Travail du quatrieme si^cle avant J. C. 

Haut. 0",07. 



DE LA PREMIEIRE ET DE LA DEUXI^IME GATJ^GORIE. 195 

Pl.XIX,n^3. 

Plaque rectangulaire, Bige k droite conduit par une Victoire 
ail^e qui tient les renes. Les deux chevaux s'^lancent au galop. 

Travail de la belle 6poque de Fart hell^nique, quatrieme si^cle 
avant J.-C. 

Haut. 0",05. 

Pl.XIX,n<>2. 

Fragment de plaque de forme rectangulaire. On y voit un 
cheval de face, tournant la tete a gauche, les restes d'un char et 
les debris d'une Victoire a grandes ailes qui tenait les renes. 

Haut. 0",06. 

PI. XIX, n^ 5. 

Plaque fragment^e, sur laquelle on voit encore les restes de la 
partie inferieure d'un Centaure, avec des pieds humains par devant 
et des pieds de cheval par derriere. On sait que les centaures sont 
represent^s de cette maniere dans les monuments les plus anciens. 

Haut. 0",06. 

PL XX, n'' I. 

Sphinx male accroupi. 

Cette repr6sentation est extremement rare. Car sur tons les 
monuments grecs en general , et en particulier sur ceux ou Ton 
voit OEdipe et le Sphinx, cet animal monstrueux est toujours 
figure sous la forme d'une femelle, comme d'ailleurs I'indique 

son nom en grec : i5 2^^T^* 

Travail tres-ancien : sixi^me ou septieme siecle avant J,-C. 
Haut. 0"",06. 



ANNEXE B. 

GOHMENTAIRE DE SIX INSCRIPTIONS SUR PLAQUES DE BRONZE 
BT DE GUIVRB DE LA QUATRIEME ET GINQUIEME GATEGORIE, 

PAR M. E. Egger, membre DE lInstitut. 



Planche XXII (voir page 89) *. 

Le texte de cette inscription est grave sur une plaque de bronze 
assez mince et dont les caracteres semblent indiquer une date 
ant^rieure k la destruction de Tancien temple de Jupiter par les 
fitoliens en 219 avant J.-C- (Polybe, IV, 67). 

En voici la transcription en caracteres courants avec la traduc- 
tion fran^^e : 

Qt6q. T(>yjL. 

(ov, ToSs (TOi $oi)pov ue- 
(jLTia) T^ap' eaou AyaOcov 

5. E//^u^ou >cat yevea {sic)^ 
7up6$evot Mo^ooawv 

xat (rj(jL{/.a/^wv ev t- 
ptaxovTa yeveat; 
6K Tpwta; Kaaaav- 

6. Spa? / figure \ yevea (sic) 
Za)cu\P^a"iq"V vOtou 

« Dieu. Fortune. 
« Zeus soaverain (ou protecteur) de Dodone, je t'envoie ce present de ma part, 

* Le commentaire de lapr^sente inscrip- cojTespondance hellMque, premi&re ann^e, 
lion a d6j& 6t6 publi6 dans le Bulletin de n** lY. 



GOMMENTAIRE DE SIX INSCRIPTIONS. 197 

« moiy Agathon, fils d*]£ch6phylos, et ma famillet prox&nes des Molosses et de 
« leurs -allies durant trente generations, depuis Cassandra la Troyenne, nous 
« Zacynthiens de naissance. » 

Apr^s la lecture de ce texte, assez clair en g^n^ral, il n*est pas 
necessaire d'insister sp^cialement sur la forroulc initiale -0e6(;. 
Tu;^a-, qui est fort usitee comme invocation au d^but des actes 
officiels, soit religieux soit profanes. Les mots xal yevea sont, a ce 
qu*il semble, pour xat yi ye^ea [loxj ou xm ii ejiiTi '^tvta^ et le mot 
yevea n'a pas ici le meme sens que dans les lignes 8 et 10, sans 
que cette diversity puisse laisser de doute sur Tinterpr^tation. 
L' omission de Far tide twv avant le mot aufj^jxa/^wv, plus remar- 
quable ici qu elle ne le serait sur un monument archalque n'a 
rien qui 6tonne. On pent done negliger, comme accessoires, 
ces details de pure grammaire. 

L'indice fourni par les caract^res de la gravure Concorde assez 
bien avec le calcul qui r^sulte de la mention de trente genera- 
tions entre le donateur et la Troyenne Cassandra. En effet, en 
prenant pour chaque generation le nombre de 30 ans, qui est 
ordinairement admis par les chronologistes, on a, pour les trente 
generations, 900 ans, qui, deduits de 1270, date que Ton pent 
appeler classique pour la prise de Troie, nous reportent a Tan 370 
avant notre ere, c'est-a-dire cent cinquante ans environ avant les 
devastations de Ffltolien Dorimacbos. 

Mais des difficult^s plus graves se pr^sentent pour Texplication 
de cette strange d^dicace. A quel titre le nom de Cassandre 
figure* t-il comme point de depart d'un tel calcul? Une tradition 
qui nous est conserv^e par Pausanias (11, 16, § 6) donnait k la 
c^lebre prophetesse troyenne deux fils jumeaux, Tel6damus et 
Pelops, quelle aurait ens d' Agamemnon pendant sa captivity a 
Mycenes^ mais qui, il est vrai^ auraient 6t6 tues tout jeunes 



198 COMMBNTAIRE DE SIX INSCRIPTIONS 

(vTjTOot) par l^gisthe. D'ailleurs, si le donateur de Foffrande a 
Jupiter Dodoneen avait pr^teridu remonter par ses ancetres jus- 
qu'a Tun ou a Tautre de ces deux fils de Cassandre, il aurait sans 
doute exprim6 cette descendance par une des formulas que nous 
rencontrons plusieurs fois sur des monuments de la p^riode ro- 
maine en Grece, ou Ton voit des membres de families sacerdo- 
tales faire remonter leur origine, en meme temps que le^tilre de 
leur sacerdoce, au dieu dont ils 6taient pretres. II suffira d'en citer 
ici un exemple tire du Corpus de Boeckh, n, 1353 : 

H izoAiqM* AupiQ^iov AptaToxpaTTi Aajiatverou jcaxa yevo? tepea airo 
Hpax^sou:; (jltj', oltzo Atooxoupoiv (jlS', ktK. (cf. n. 1340, 1349, 1355, 
1373, 1374, et Le Bas, Vot/age arch., II, n. 245). 

Plus expresse encore est, a cet 6gard^ I'inscription recrite d'Ha- 
licarnasse [Corpus, n. 2655), oil Ton voit nominalement 6nume- 
res, avec la duree de leur sacerdoce, pour une p6riode de 504 axis, 
quinze pretres de Neptune, en remontant depuis la date du mo- 
nument lui-meme jusqu'a un certain Anthas, pr6tendu fils de ce 
dieu. 

Or, notre Agathon fils d'fichephylos est natif de Zakynthos ou 
Zante, Tune des lies loniennes, et il n'atteste pas formellement la 
pretention de compter Gassandre parmi ses ancetres, d'etre un 
Audyovo? de cette heroine, comme le personnage honore dans Tins- 
criptiuii n. 1374 du Corpus est un tepeu? )cal dTudYovo? DoastSoivos. 
De plus, la dignite dont il se fait honneur est une proxenie^ 
dignite toute civile et politique. Mais peut-etre existait-il chez 
les Molosses des listes de prox^nes remontant, d'une maniere 
plus ou moins fictive, jusqu'aux temps de la guerre de Troie. 
Telles etaient aussi les listes de bienfaiteurs ou euepyeTat des 
cites grecques, lisles qu*on d^signait quelquefois sous Je nom 
abr^viatif d'sOepyeatat, et dont. Plutarque parait avoir faituii 



sun PLAQU^ES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 499 

recueil (voir la note que j'ai publiee dans les Gomptes rendus 
de rAcad^mie des Inscriptions et Belles-lettres, annee 1865, 
p. 75-76). 

Au reste, il n'6st pas inutile de remarquer que Cassandre avait 
des autels en divers pays de la Grece, notamment a Leuctres 
(Pausanias, III, 26, § 5). Gomme prophetesse , on pent croire 
qu'elle etait aussi adoree dans le voisinage du sanctuaire de 
Dodone, ce qui expliquerait Tusage de prendre la date de sa 
mort pour point de depart d'une ere locale. 

En tout cas, la nouvelle inscription de Dodone vient joindre 
un t^moigtiage de plus a ^eux qui deja constatent Temploi des 

genealogies coiaime un des instruments de la chronographie grec- 

« 

que. A ce titre seul, elle est deja fort digne d'interet. EUe Test 
encore par I'etrangete de la formule d^dicatoire qu'elle nous pre- 
sente ; elle Test surtout par la figure phallique qui coupe en deux 
chacune de ses trois dernieres lignes. Nous sommes loin de croire 
que les remarques pr6cedentes en epuisent T interpretation. 

PL XXVII, n** I (voir le texte plus haul a la page 49)- 

Le bronze est intact sur les deux extr6mites verticales. L'ins- 
cription est complete, sauf la partie gauche de la premiere ligne. 
Les lettres, plus petites et plus serrees sur les deux premieres 
lignes, nous expliquent pourquoi ces deux lignes en contiennent 
plus que les lignes suivantes; la fracture qui suit Tcpoora laisse les 
deux parties du bronze trop rapproch^es pour qu on y suppose la 
moindre iacune. 

Ge texte parait pouvoir etre traduit ainsi : 

« A Cl^omachos rAtintanien les allies des Molosses ont accord^ rimmunit^ en 

4 

fipire sous le roi N6optolfeme fils d'Alexandre, Dercas 6tant prostate des Molosses; 
et Texercice des magistratures. » 



iOO GOMMENTAIRE DE SIX INSCRIPTIONS 

M» Garapanos, dans Tarticle de son catalogue, qui r^pond a cette 
inscription, montre tres-bien, selon nous, qu'elle doit etre de peu 
ant6rieure k Tan 300 et que le roi Neoptol^me qui y est mentionn6 
doit etre, non le pere d'Olympias, mais le Neoptoleme qui regna 
d'abord seul, puis en commun avec le c61^bre Pyrrhus et qui fut 
assassin^ par ce dernier. Nous n'avons pas a revenir sur cette 
determination de la date et du personnage royal. Nous devons 
seulement remarquer que la forme ethnique Ativtcxv, ArivTavo; 
^tant connue par le t^moignage de g^ograpbes anciens (voir le 
lexique de Smith), il vaut mieux detacher de AvTivTavtot les deux 
lettres finales ot, pour en faire un article au nominatif pluriel se 
rapportant a (7U(JL;ia;^o&, que de supposer le nom de Gl^omacbos 
d^pourvu de son ethnique. II est naturel, en effet, que la confe- 
deration des allies des Molosses confere des privileges en Epire 
a un Grec ne dans le voisinage comme etait Gl^omachos, si on le 
suppose natif d'Atintania qui etait une ville d'Dlyrie. 

L'aTeXeta est bien connue par de nombreux decrets honorifiques 
retrouves dans diverses cites grecques et surtout par des decrets de 
proxenie. II n'en est pas de meme de Tautre privilege, evxeXsta, 
d'abord omis par le graveur, qui a ensuite si singulierement 
repare son omission. On connait la locution £v TeXet, signifiant 
« en charge » ou a en fonctions »; on trouve meme Tadjectif ev- 
Te^TQ?, synonyme de la locution ev TeXet : si hxtkticL repond a Tad- 
jectif evTsXiQ? pris dans ce sens particulier, il ne pourrait signi- 
fier ici que la capacite d'exercer des magistratures dans un pays 
etranger ; ce serait probablement un privilege equivalent a celui 
qu'on trouve d'ordinaire exprime par le mot iao7co>.tTeta dans 
beaucoup de decrets honorifiques oil il parait designer la pleine 
egalite civile, la pleirie jouissance des droits du citoyen, et, par 
consequent, la libre accession aux charges publiques. 



SUR PLAQUES DE BRONZE ET DE GUIVRE. 201 

PL XXVII, n« 2 (voir page 5o) *. 

Cette inscription est gravee au pointiU6 sur une plaque de 
bronze qui renfermait incontestablement un texte complet en 
douze lignes. La forme des caracteres, k en juger par celle du n 
et du ^, pent remonter au quatridme siecle avantTere chr6tienne. 
Quelques d6chirures du bronze en lament le commencement des 
lignes 1, 2 et 3 et le milieu de la ligne 12, sans compter une frac- 
ture en ligne brisee qui s'6tend de haut en bas de I'inscription et 
qui nous prive de quelques lettres faciles h restituer. La partie 
qu'on pent lire avec certitude nous offre les noms de quatre ou 
cinq personnages sans qualification certaine a premiere vue, puis 
ceux de quatorze temoins, dont sept sont Molosses et les sept 
autres Thesprotes^; puis le nom d'un magistrat ^ponyrne dont 
la mention devait servir de date au document; enfin, apres une 
lacune de cinq ou six lettres, le surnom Naos du Jupiter qu'on 
adorait a Dodone et le nom de Diona, d^esse qui lui est plu- 
sieurs fois associ6e sur les monuments de cette ville. 

Quel est le sujet de ce precieux document? De quel acte fai- 
sait foi la signature des quatorze temoins? C'est ce que doit nous 
apprendre le texte des deux premieres lignes. Mais ce texte man- 
que precis6ment de quelques lettres des mots qui pourraient nous 
6clairer. Apres miire reflexion sur les conjectures auxquelles il 
se prete, je suis arrive a me convaincre que la premiere ligne doit 
commencer par le mot [dT:£>.]uaav, la seconde par )cat, terminai- 
son du datif feminin ^evoca'., dont les deux premieres syllabes 
^evt terminent la premiere ligne. Le lambda d'aTueXuaav et T alpha 

* Le commentaire do cette inscription a ti^me nom pour la 2* s6rie, s*il n'y avait 

d6jk kik publi6 dans le Journal des savants lieu Ik de soupQonner quelque faute du gra- 

(cahiei* de novembre 1877). veur par suite de la pr6sence de ce mftme 

' 6v(Siccpvo(, h la ligne 11, serait un bui- mot h la ligne 12. 

26 



202 COMMENTAIRE DE SIX INSCRIPTIONS 

de ^evtjcat sont a moiti^ conserves et reconnaissables. Apres |evt- 
>cat, il reste la place d'un x et d'un p et la trace d'un i; les trois 
lettres qui suivent compl^tent le mot xpiaet. On a ainsi une phrase 
dont le sens ne laisse rien k desirer, comme on va le voir par la 
traduction frangaise de T ensemble du document : 

« Ont absous Trypon ceux dont les noms suivent, par une sen- 
a tence de juges strangers : Theodotos, Aleximachos, Samytha, 
(c Gamithos (ou Gallithos), X6nys. T6moins, de chez les Molosses : 
a Androkkas Dodon6en, Philipos (sic) Dodon^en, Philox6nos Do- 
a don^en, DraeposDodon6en, Agilseos Dodon6on, Kraenys, fils de 
a Phoenas, Amynandros Dodoii6en; de chez les Threspotes [sic)^ 
a Dokimos Lariss6en, Pianaphos Eleen, M6nandros Ti6en, Alexan- 
(c dros Ti6en, Dinon, fils de Thoxuchares (ou Thoxucharos), Phi- 
<c lippos, Philon Onopemos, en Tannic de Philox6nos [fils (d' ?)] 
a Onopernos, prostate de [Zeus] Naos [et] de Diona. » 

Voici maintenant le texte reproduit en caract6res ordinaires et 
selon notre orthographe classique, mais en conservant la division 
des lignes de F original : 

1. A7i:s]^uaav Tpuucova xoiSe ^evt 

2. )c]a[t )cp] taef 0[e]6SoTo?, Akt^iiLOLypc^ 

3. SajxOQa, rajxtOo?, Sevu; (ou ^evu?). MapTu- 

4. pe? MoXoaaoiv ' AvSpdxxa; AwSco- 

5. vatoc, 4>t^t7U05 (sic) AtoScovaio;, OtXo^evo? Aw- 

6. Sfovato?, ApatTuo? AcoScovato?, AyikoLioi Aw- 

7. ^(ovaio;, KpaTvu; <[>oivaTo?, A(i.uvavSpoq Aw- 

8 . SwvaToc , 0pe(T7U«T6iv (sic) oiSe (sic) Aoxtfxo^ Aaptaaato^, 

9. n&tavaQo^ feXeato?, MevavSpo; Ttaio?, AXe^a- 

10. vSpo? Ttato?, Aetvwv 0o^ou;^apou, OtXt'rc7:o[s] 

11. 4>tXa>v Ov67uepvo?. Eul itpooraTa <^t^o$- 

12. evou OvoTcepv[ou Ato?]vaou Atwvaq. 



sua PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 203 

Sevr/ca xpidisrepondexactementa^evijcov StxacmQpiov que nous trou- 
vons dans Pollux \ C'est un de ces jugements confi6s a des magis- 
trats, ou plutdt a de simples citoyens qu'on appelait du dehors 
quand les autorit6s locales 6taient trop surcharg6es d'affaires ou 
suspectes de partialite. II y en a beaucoup d'exemples dans This- 
toire et sur les marbres de la Grece ancienne^, II ne faut pas, 
d'ailleurs, confondre ces magistrals appeles du dehors, d'oii leur 
venait leur titre d'exxXviToi ^, avec l^s levoSlxat ou juges des stran- 
gers, dont la mention se lit sur un document locrien et dont les 
fonctions paraissent avoir ete analogues a celles du praetor pere- 
grinorum chez les Romains *. 

Quant aux quatorze tSmoins^ (jiapTDps;, leur distribution en deux 
series. Tune de Molosses, I'autre de Thesprotes, et ces deux series 
a nombre 6gal, semble exclure TidSe de t6moins a charge et k d6- 
charge. Ce sont probablement des « tSmoins instrumentaires » 
pris dans les deux peuples voisins du temple, en vue de legaliser, 
comme nous dirions aujourd'hui, par leur signature, Texpedition 
de la sentence arbitrale des juges Strangers, et qui, transcrite sur 
le bronze, devait etre, selon 1'usage antique, confiee a la garde du 
dieu. Rien n'est plus naturel qu'une telle formality. On la re- 
trouve dans les actes d'affranchissement conserves en si grand 
nombre sur le mur du temple de Delphes ^ 

Au reste, si la forme juridique du document que nous essay ons 
de restituer est deja connue des antiquaires, Tobjet en est nou- 
veau, si je ne me trompe. On savait que des juges venaient sou- 

^ Onomasttcon, VIII, 63. qui se rapporte k cet usage. 

• Voir noire m6moire sur ks Traitis pu- * Voir notre m^moire sur les Traites pu- 
blics chez les Grecs et chez les RamainSj p. 68, blics chez les Grecs et chez les Romains, p. 36. 
73, 74, 6d. 1866, in-8*. ' Voir le recueil de ces actes d'affranchis- 

' Ibid,, page 69, oti la premiere note si- sements publi6 en i863 par MM. Foucart et 

gnale un sens particulier du mot lxx>.7ja£a Wescher. 



204 COMMENTAIRE DE SIX INSCRIPTIONS 

« 

vent d'une cite dans une autre pour y supplier ^ Finsuffisance 
de la justice ordinaire: Mais on n^avait pas encore un exemple 
special de telles decisions pour ou contre un particulier. On ne 
connaissait que des cas d'arbitrage ou un Etat d^cidait entre deux 
£tats rivaux sur une question de frontieres et de territoire liti- 
gieux, Le bronze de Dodone nons offre done, k cet egard, un in- 
t6ret particulier. 

II n'en offre pas moins par quelques singularit^s grammaticales, 
dont une surtout m6rite d'etre curieuseroent examinee. 

D'abord la forme dorienne ToiSe a la premiere ligne, rapproch^e 
de otSe qu on lit sur la huitieme, le nom propre 4>t>t7uo? , ecrit avec 
im seul Tu a la cinquieme ligne, avec deux tt, (pikiizizoi k la dixieme, 
et la variante S^zaizt^Tm, pour ©ecnupwTwv, rirr6gularit6 des desi- 
gnations a la fin de la liste des t^moins thesprotes, semblent ac- 
cuser la negligence d'un gravieur inattentif, negligence dont I'epi- 
graphie dodon6enne presente beaucoup d'autres preuves. Est-ce a 
la meme negligence qu'il faut attribuer Kpatvuc , qui serait pour 
Kpatvo<; (ligne 7) et ^evu; , qui serait pour ^evo? a la ligne 3 ? Pour 
ce dernier, la question est doublement importante. En effet, les 
noms propres ©eoSoTo? et A^e^ijiax^o? de la seconde ligne ne sont 
pasdouteux; la troisi^me commence par des lettres qui semblent, 
divis^es en deux groupes, donner les noms propres 2a[iuOa et 
ra(xiOo(;. Si done Ssvu? est une forme dialectique de Sevo? employ^ 
comme nom propre *, ce Xenos ou Xenys serait le dernier des juges 

arbitres, dont le tribunal, ainsi compose d'un nombre impair de 
juges, pouvait facilement decider a la pluralite des suffrages. 



* Ce nom propre, assez rare, se retrouve p. 492. Ce KpiTd>.ao(: semble un etranger, si- 

appos6 au nom KpiT(S).(xo; dans une liste de gnal6 par ce litre dans la liste qui , en de- 

soldats th6bains sur un marbre dont le tezte hors de lui, est compos6e uniquement d'in- 

est publi6 dans VAthenxum d'Ath^nes, 1. 1, dig^nes. 



SUR PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 



205 



Malgre ces apparences, on se demande volontiers si Sevu; n'est 
pas un nominatif pluriel comme {xapTupe? qui le suit\ et s'il ne 
qualifie pas collectivement les quatre noms propres qui precedent. 
Cette conjecture pent etre appuyec sur des vraisemblances qui 
meritent au moins d'etre signalees. 

On connait I'usage eolien, surtout en B6otie, de remplacer la 
diphthongue ot par la voyelle u ; on connait par les grammairiens 
le nominatif pluriel en u pour ot^ ; on a sur les marbres des exem- 
ples du datif pluriel de la 2'' d6clinaison termine en u?, comme ituttj; 
pour iit;7uoi(; sur les tables d'Orchomene^ mais on n'a pas relev6, 
jusqu'ici, un seul exemple de nominatif pluriel en u?* avec un 
sigma final pour ot. Cela donnerait k la forme ^svu? pour ^evot une 
valeur particuliere pour la grammaire historique de la langue 
grecque. 

Deux indices concourent k rendre probable cette orthographe 
qui paraitrait ainsi pour la premiere fois, sur le monument de 
Dodone. 

D'une part, les grammairiens grecs attestent que, chez les Do- 
riens, les finales en ot de la deuxieme d^clinaison etaient consid^* 
rees comme longues, meme en dehors du cas d'une contraction 
(comme oLizkoX pour aiuXdot), et que, par consequent, elles ne per- 
mettaient pas a Taccent tonique de remonter au-dela de la p^nul- 
tieme du mot ainsi termine. Exemple : ayyeXot et non df(tkoi^. Or, 



' M. Br^al me fait remarquer que, si 
G. Curtius rattache justement (/.ipTup ou 
piipTu; h une racine sanscrite, oti le m est 
pr6c6d6 d'un s, on pourrait diviser ainsi : 
$£vu <yjiApTup£? {Grundriss dei* grt'ech. Etym., 
p.294,6d.l858).Maisneserait-cepasl^unaT- 
chaismetropvoisindes origines orientales? 

' Ahrens, de Dialecto aeolica, p. 191. 

* Corpus inscr, gr., n° 1569, oil Ton trouve 



d'autres exemples de ces formes. De m^me 
icpo5£vuc altcrne avec itpo^^voK; sur des ins- 
criptions de Tanagra publiees dans VAthe- 
rueum, t. IV, p. 211, 291, 293, 

* Voir, dans le tome IX des Grammatische 
Beitrage de G. Curtius, la consciencieuse 
dissertation de Beerman , de Dialecto bceo- 
ti'ca, p. 71. 

• Ahrens, de Dialecto dorica, p. 27, 28. 



206 



COMMENTAIRE DE SIX INSCRIPTIONS 



dans la conjugaison, les finales des troisiemes personnes d'optatif 
en 01 sont longues aussi, et I'on en salt la cause : oi[xi donnait pour 
la deuxieme personne, otat, et, pour la troisieme, otTt : la chute 
de la finale primitive ti a laisse pour trace, dans la prononciation, 
Tallongement de la diphthongue ou II en est de meme pour la 
diphthongue ai a la troisieme personne des optatifs en atfjit, ai<;, at 
(autrefois ai[Li^ aiat, aiTi) tandis qu at reste bref a Tinfinitif du 
meme aoriste, parce qu'il ny a eu, dans ce dernier cas, ni con- 
traction ni apocope. La longueur de la diphthongue oi, an nomi- 
natif pluriel de la deuxieme d^clinaison dorienne, laisse done 
soupQonner Tancienne presence d'une consonne finale, et c'est 
pr^cis^ment cette consonne que semble nous offrir le mot ^€vu(;, 
s'il est pour ^svot?, ^evot. 

D*autre part, un precieux t^moignage du scholiaste de Th6o- 
crite* nous apprend que, chez les Doriens, le nominatif pluriel de 
la premiere declinaison portait un a final, et les lexiques nous out 
conserve deux exemples qui semblent appuyer cette assertion : les 
mots yewpe? (probablement pour yewpott?) et (jLevOiipes (probablement 
pour {xevGiQpat?)^, qui sont signal^s avec d'autres exemples plus 
douteux par Mavrophrydis dans son livre sur Thistoire de la lan- 
gue grecque. On en pent rapprocher en latin le nominatif pluriel 
keHHas pour teftVe^, que, malheureusement;, la critique n'ose 
pas consid^rer comme certain dans I'unique phrase du comique 
Pomponius conserv^e par Nonius Marcellus ^. 



« Sur ridylle I, vers 92 : fexeivoi (ol Aw- 

pui() Y^p '^^ ^Ap' i^[uv 2x^epo)i£va( eOOeCa; tc5v 

^ipouffi. Git6 par Mavrophrydis, AoxC{i.iov tv); 
loTopCa^ Tvjc I^Xy^vixyS^ ^covv^c, p. 559. 

* Voir Suidas auz mots rc(5psc (ol Ycci)<pO>.a- 
x*c) et luve^lptc (at 9povT{8c^), oil il est pro- 
bable que, comme dans le texte du scho- 



liaste de Th6ocrite, Vt pr£c6dant le sigma 
final est dd k la prononciation de la diph- 
thongue ai, qui a pr6valu d^s le l'^' si^cle 
apr^s J.-C. On sait, d'ailleurs, que tr^s- 
anciennement Van final, chez les £oliens, 
6tait remplac6 par un v). Yoyez Ahrens , de 
Dial. asoL, p. 186, i 87. 
» P. 500, M. Mercier; p. 583, 6d. L. Qui- 



SUR PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. W1 

Enfin, la deuxieme d^clinaison latine nous offre le m^me 
ph^nomene d'un S final au nominatif pluriel archalque , et 
nous le trouvons etabli par des exemples dont le nombre d6passe 
aujourd'hui soixante*. Tels sont : septvmieis pour septvmii, 
VEiTVRiEis pour VEiTVRii, etc. ; dans les dialectes ombrien et 
osque, le meme S affecte la desinence du nominatif pluriel de la 
deuxieme declinaison; enfin il Taffecte aussi dans la langue 
sanscrite ^. Une telle analogie, en meme temps qu elle rapproche, 
par une ressemblance nouvelle, quatre d^clinaisons de famille 
indo-europeenne , nous incline k voir dans ^Ivu; un Equivalent 
dialectique et une forme archalque du nominatif pluriel mas- 
culin de Fadjectif ^evo;. 

AssurEment, il est pErilleux d'admettre, sur un t^moignage 
unique, Texistence d'un fait grammatical qui semble^ jusqu^ ce 
jour, etre reste inconnu. Mais TEpigraphie grecque a, dans ces 
dernieres ann6es, enrichi les grammaires d'un tres-grand nombre 
de ces formes, dont il ne restait plus trace dans les auteurs et 
dans les grammairiens. Le traits entre Athenes et Ghalcis, d6cou- 
vert en 1876 dans les mines de I'Acropole, n'a-t-il pas fait con- 
naltre avec certitude une forme de TimpEratif moyen dans le dia- 
lecte attique du temps meme de P6ricl6s, forme dont la presence 
sur une inscription athenienne de notre mus6e du Louvre avait 
pu parattre due a quelque faute du graveur ^ ? On pouvait suspec- 
ter beaucoup la glose strange d'Hesychius, qui attribue aux 
Cypriotes lusage de la conjonction xa? pour xai, et voici que le 
d6chiffrement de Tinscription d'Idalion vient de confirmer ce 

cherat; texte appr6ci6 avec une juste pru- * Michel Br6al, les Tables Eugubmes, 

dence par Biicheler, PrMs de la declinaison p. 344 et suiv. 

latine y p. 58 de la traduction frauQaise de * Voir le Journal des Savants de juillet 

M. L. Havet. 1876 et Tarticle de M. Foucart dans la Re- 

* Biicheler, ibid.^ p. 62 et suiv. vue arcMologique d'avril 1877. 



208 



COMMENTAIRE DE SIX INSCRIPTIONS 



t^moignage du lexicographe par des exemples nombreax et desor- 
mais incontestables ^ 

Si ces conjectures etaient admises, il resterait a signaler la 
bizarre disposition des mots ou le pluriel ^evot qualifierait quatre 
noms precedant leur adjectif, tandis que [xaprupeq precede les qua- 
torze noms de temoins qui vont suivre. On s etonnera peut-etre 
aussi que T^pithete ^etr angers ait paru necessaire apres T expres- 
sion levtxa xptat?, qui d6j^ caracterise la sentence comme portee 
par des juges etrangers. Devant ces objections, bien qu'elles ne 
nous semblent pas d'une grande force, il parait prudent de ne 
pas prendre, sur un probleme si delicat, des conclusions pre- 
matur^es. 

En vue du cas particulier qui nous occupe, on ne doit pas 
oublier que la grecite dont temoignent les inscriptions recem- 
ment decouvertes dans la Grece continentale, surtout au nord du 
golfe de Corinthe, est pleine d'archalsmes tout a fait imprevus 
pour nous, et qui semblent meme barbares ^, Toute cette con- 
tr^e resta fort en arriere du progres de Thellenisme en Attique, 
dans les lies et dans les principales villes du Peloponnese. Mainte 
forme grammaticale a pu s'y conserver que T^legance litteraire 
avait bannie ailleurs, C'est ce qu on voit dans les documents 
locriens recemment publics par M, (Economidis ^ ; par exemple, 
le premier de ces documents nous presente Tinfinitif e^eorai au 



* Voir le Journal des Savants d'aodt et 
septembre 1877. 

* On en pent dire aotant de certains tex- 
tes cr^tois, comme celui de Gortyne, public 
par M. Thenon dans la Bevue archeologique 
de 1863, et comme le texte grec qui vient 
d*6tre r6cemment d6chiffr6 sous une Ven- 
ture chypriote. (Voir Tanalyse donnfee de 
cette derni^re di^couverte par M. Brdal 
dans le Journal des Savants des mois de 



juillet et d*aoM 1877.) 

' Aoxpixvjt dvex86tou itciypacpYjc Siot^cdTiai^ 

(Corfou, 1855), texte reproduit en 1856 
(sous le num^ro 356) dans les Antiquites 
helliniques de Rangab6. — fiffoCxia Aoxpoiv 
Ypi|j.{x(XTa. Ath^nes, 1869, texte reproduit 
par Georges Curtius dans le tome II des 
Studien zur griech. und latein. Gram, et par 
nous dans le Journal des Savants de Janvier 
1872. 



sua PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 409 

lieu de e^csaOac, Tadverbe cpptv pour irpiv ; ce dernier nous ramene 
aux irregularites grammaticales du monument dodoneen. Le nom 
propre TpuTrwv, qui se lit k la premiere ligne, et qui est celui du 
pcrsonnage declare absous par le tribunal, semble bien une 
variante dialectique de TpO^wv ; cette substitution du tu au ^ n'a 
en elle-meme aucune invraisemblance, les deux lettres 6tant de 
meme organe \ et, de plus, on pent signaler d'autres mots oil elle 
parait avoir eu lieu. Ainsi le mot xoypoxpoTuoc, nom d'un mois dans 
rAcarnanie, contree si voisine de Tfepire^, n'offre aucun sens, si 
Ton en explique la seconde partie par le theme Tpe^ du verbe 
TpeTco), tourner. An contraire, si on le rattache k Tpe(pa), nourrir^ 
on a une epithete fort convenable pour quelque divinite qui avait 
donn6 son nom a ce mois : xoupoTpd^o;, en effet, signifierait nourri- 
cier des jeunes gens ou des jeunes filles. M. Collignon me signale 
fort k propos, dans deux inscriptions recueillies par lui en Asie Mi- 
neure, le nom propre TpoTrijxo;, qui est sans doute pour Tpdf t(xo?, 
et, sur deux autres monuments^ le nom de I'imp^ratrice Faustine 
6crit ainsi an genitif IlauTrstvTi?. On remarque la meme substitu- 
tion du Ti: an <p dans le verbe atxics/w et dans ses derives 6.\L%vj[6^r^^ 
d{jL7U6x,6vtov. Mais la, elle est peut-etre justifi6e par la presence de 
Taspir^e -f^ dans la syllabe suivante. II en est de meme du nom 
n(oa(popos pour ^wacpopo;, dans une inscription grecque d'origine 
asiatique, presentee naguere par M. Curtius a T Academic de 
Berlin ^ 

Au reste, quelle que soit la forme de son nom, le personnage 



* Voir Ahrens, de DiakcL doric, pag. 81, Henri Estienne, ajoutez le dicret acarna- 
28, oil il signale, d'apr^s H6sychius, iiJ.- nien retrouv6 k Sparte, et que publiait, en 
ic£aai pour AjjLcpecrai, et, d'apr^s des inscrip- 1873, V Athenaeum, tome I, page 254 : ji-iovd; 
tions cr^toises, dpL^fii^ et icepiapiiciTi^ pour xoupoTp6iiou , oil la leQon ne laisse aucun 
i[i.cpC. doute. 

* Au texte cit6 dans le Thesaurus de ' Monatsberkht de 1877, p. 474. 

27 



210 COMMENTAIRE DE SIX INSCRIPTIONS 

absous par la sentence des juges reste pour nous tout a fait 
inconnu. 

Deux des personnages inscrits a la fin du document portent un 
nom dont Tanalyse n'est pas moins curieuse : c'est le nom 6vo- 
Tuepvos, mot a mot cuisse d'ane; le second Element de ce mot 
doit etre le mot otepvTi, jambon, dont on ne signale pas d'exemple 
dans les auteurs grecs avant Strabon, et qui, a cause de cette 
apparition tardive, est d'ordinaire considere comme une trans- 
cription grecque du latin perna. Mais, si le theme irepv entre deja 
dans la composition d'ovoTcepvo;, et cela sur un document du qiia- 
trieme siecle avant Fere chretienne, il devient difficile de croire 
que ce mot soit un latinisme ; on croira plus facilement que le 
latin pema est une transcription du grec TrepvTi, ou, du moins, 
que les deux sont d'une 6gale antiquity et qu ils ont meme racine. 
C'est le cas de dolus et SdXoc, de cadus et ^ca^o;, et de quelques 
autres couples de mots dans chacun desquels on ne saurait dis- 
tinguer si c'est le mot latin qui a precede le grec ou le grec qui 
a precede le latin. 

Le nom 6v67repvo<; n'est pas le seul, avec TpuTrwv, qui manque 
a nos lexiques des noms propres grecs. AvSpoxxa?, ApaiTto;, Ayi- 
loLioq (peut-etre simple variante, d'AyeXao?) Kpalvuq, Ustava^o?, 
©o^oux.apTQ? (ou 0o$ou;(^apoq , qui donnerait aussi bien le genitif 
0o$oux,dpou), ne figurent pas dans le lexique de Pape tant aug- 
mente par Benseler. 2a(xuOa n'y figure que comme nom de femme. 
Quant a ra(xiOoc, la lecture memc en est douteuse. Plusieurs de 
ces noms ont une physionomie pen hell6nique, comme cela se voit 
frequemment, soit sur les monuments les plus anciens de I'^pi- 
graphie grecque, soit sur ceux qui appartiennent aux confins de 
rhellenisme et des regions barbares. 

La nomenclature geographique est aussi accrue de Tethnique 



SUR PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 211 

Ttalo;, qui suppose un nom de ville comme Tta, inconnu jusqu'ici 
aux g^ographes. Aapiacraioq rappelle une Larissay mais non pas 
une de celles que nous connaissions ; car aucun auteur ne nous 
fournit la mention d'une Aaptcraa dans le pays des Thesprotes. 
fiXeato? paralt aussi pour la premiere fois sur notre bronze dodo- 
n6en, mais la ville d'fiXea, dont il est I'ethnique r6gulier, n'^tait 
peut-etre pas diff^rente d'tXatoO? en Chaonie, connue par un 
t^moignage de Ptolemee *, dont on rapproche avec raison celui 
d'une plaine l^leon cit6e par Tite-Live ^. 

Ces additions et complements ne sont pas les seuls que les dic- 
tionnaires de geographic ancienne devront aux heu reuses decou- 
vertes de M. Carapanos. 

Quant a la mention finale [Ato^] vaou Aicova;, F omission de la 
conjonction )cai entre les deuK noms de diviuit^s est justifiee par 
un exemple analogue : parmi les objets d'art retrouves a Dodone, 
un petit cand^labre en bronze (pi. XXV, n""" 3 et 3 bis) porte la 
d^dicace rXau)C(t>v Ail Naico Auovy). Mais il resterait k expliquer 
comment le prostate pent etre qualifi^ simplement par les mots : 
de Jupiter et de Dione. Peut-etre 6tait-ce le pretre et adminis- 
trateur du temple consacre aux deux divinites. 

PI. XXVII n** 3 (voir le texte plus haut a la page 5o). 

Inscription trop mutil^e pour qu on puisse la restituer avec 
certitude. Elle est aussi ou parait etre du quatrieme siecle avant 
r^re chr^tienne, et elle contenait un decret, sans doute des 
Molosses, conferant le titre de bienfaiteur^ peut-^tre aussi celui 
de prox^ne, avec le droit de cite a un personnage qui s'appelait 

* Geograph. Ill , xrv, § 7, et Ibid., § 6, * XLIII^ xxin : in campo quern Eleona vo- 
est encore signal^, en j^pire, un £XaCac cantj passage oil la leQon est douteuse. 
^tjii^v. Kreissig et Weissenborn : quern Meleona. 



!2I2 GOMMENTAIRE DE SIX INSCRIPTIONS 

Cteson^ si nos conjectures ne nous trompent, et a sa famille. Cette 
collation de reuepyeata, ou du titre d'^er^^te (bienfaiteur) , nous 
est connue par de nombreux exemples sur lesquels on trouvera 
quelques renseignements dans une note que nous avons jadis lue 
a TAcademie des inscriptions et belles-lettres, et qui a et6 publiee 
dans les Comptes rendus de ses stances (1865, p. 75-77). 

PL XXVIII, n* I (voir le texte plus haul a la page 5i). 

Voici encore une de ces nombreuses collations de prox6nie 
comme on en retrouve chaque jour dans les mines de Tancienne 
Grece. II est impossible d'en restituer le texte avec quelque con- 
fiance d'apres le peu de lignes et de mots qui en subsistent sur les 
debris de la plaque de bronze. Tel qu'il est, ce petit monument 
apporte peu de lumiere k Thistoire des institutions dodoneennes, 
et, plus g^neralement a Fhistoire de la prox6nie, telle que I'a 6crite, 
en 1863, M. Ch. Tissot, dans sa dissertation des Proxenies grec- 
ques et de leur analogie avec les institutions consulaires modemes 
(these pour le doctoral, soutenue devant la faculte des lettres de 
Dijon). Un habile 6pigraphiste allemand^ M. H. Sauppe, vient de 
publier de Proxenis Atheniensium une dissertation a laquelle 
nous renvoyons le lecteur, quoique nous n'ayons pas encore pu la 
consulter. Le bronze de Dodone, a en juger par la forme des let- 
tres, peut appartenir au quatrieme siecle avant Fere chretienne. 
Nous laissons k de plus heureux le soin et le plaisir d'en com- 
pleter par conjecture au moins quelques parties. 

PI. XXVIII, n** 2 (voir le texte plus haul k la page Sa). 

La plaque de bronze n'est qu'endommagee a gauche, mais 1' ins- 
cription peut et doit etre compl6t6e par des conjectures. Je propose 
de traduire : 



SUR PLAQUES DE BRONZE ET DE CUIVRE. 213 

« Dieu Bonne Fortune 

a Sous le prostate Leucharfes, 6tant venus [comme ambassadeurs] , Hippos thfenes, 
« Tichermon, S6linis , les Molosses ont d6er6t6 d'accorder la prox^nie aux Akra- 
« gantins (Agrigentins). » 

Azw/jx^fiq est 6videmmeiit uiie variante dialectique de Aeo/^apTi? 
ou Aeco/apTi?, nom dont il existe beaucoup d'exemples. •. . 

IicTcocrOevTi? n'est pas moins connu, mais Tety/pjxwv et SeXtvt? 
manquent au lexique de Pape-Benseler, Le second semble analogue 
par sa racine avec celui de la ville de Selinonte en Sicile. Les 
trois ambassadeurs agrigentins sont venus demander pour leurs 
compatriotes Thonneur et les privileges de la prox^nie. Cette 
attribution collective de la prox6nie a tout un peuple parait une 
chose i^trange et jusqu ici sans exemple ; peut-etre faut-il Ten- 
tendre dans ce sens que tout Agrigentin venant au pays des 
Molosses y aurait le droit attribue specialement d' ordinaire a un 
seul personnage ou a plusieurs personnages nommement deter- 
mines. La difficulte pourra etre eclaircie un jour par quelque 
nouvelle d6couverte. D'ailleurs ce texte-ci, comme plusieurs de 
ceux qui proviennent de Dodone, parait n'etre qu'un abr6g6 d'un 
d^cret qui contenait les considerants a Tappui de la resolution 
prise par le peuple des Molosses. Le decret, si nous le poss6dions, 
nous expliquerait sans doute le caractere insolite pour nous de cette 
proxenie collective. On remarque en effet, par exemple, dans les 
inscriptions de Delphes, deux classes de documents relatifs a la 
proxenie : 1** des actes en forme conf6rant la proxenie pour des 
raisons qui sont enumer6es; 2"^ de simples mentions sur mar- 
bre de la collation de prox6nie avec date marquee par le nom d'un 
magistrat eponyme. Le document dodon6en, un peu plus explicite 
que ceux de la seconde classe, Test un peu moins que ceux de la 



214 ' COMMENTAIRE DE SI|X INSCRIPTIONS, ETC. 

premiere. II mentionne un decret (e^o^e), mais il n en dit pas les 
motifs. 

Nous avons pr^cisement parmi les inscriptions de Corcyre * une 
collation de proxenie gravee sur plaque de bronze et qui contient 
le r6sum6 du decret (eSo^c xa aXta k. t. e.) port6 par Tassemblee 
du peuple, avec indication des magistrats charges de Tex^cution, 
d6cret oii le personnage honore du titre de prox^ne et d'6vergete 
(bienfaiteur) se trouve etre un Dodon^en nomm^ Bolscus fils de 
Lycophron. Or au-dessous du texte principal on lit ces memes 
noms : Botcncov Auxdcppovo^; AcoScovaiov, a Taccusatif regi par le verbe 
principal qui dans le d6cret exprime I'id^e d'honorer ce Dodoneen. 

Quant k ^d{^eiv pour ^oDvat, a Tinfinitif aoriste SiSovai, Fexemple 
foumi par le bronze de Dodone confirme simplement d*autres 
t^moignages qui nous faisaient connaitre cette forme dorienne ^. 

4 

* Corpus inscr, grasc.^ n® 1841. * Voyez Ahrens, de Dialecto dorica, p. 315. 



-i^^i^m.^ ntr ■ r -T 



ANNEXE C. 

Observations sur quelques objets des categories septieme 

ET SUIVANTES DU CATALOGUE (voir page 84 et SUiv.), PAR 

M. Leon Heuzey, membre de l'Institut, 



Parmi les objets antiques trouv6s au nombre de plus de 1,800 
dans les fouilles de Dodone, la plupart ne rentrent pas dans la 
cat6gorie des monuments figures. Ce sont des debris de vases, 
d'armes, d'ustensiles de toute sorte, qui ^taient sans doute aussi 
consacres presque tons aux divinites locales comme ex-voto ou 
comme instruments du culte, mais qui appartiennent a la classe 
des objets servant ordinairement aux usages de la vie. Cette s6rie 
de types nombre ux et varies , qui nous renseignent sur les formes 
et sur les proc^des de Tindustrie hellenique, n' est pas certainement 
la partie la moins instructive de la remarquable collection form6e 
par M. Gonstantin Carapanos. Autant les musses sont riches en 
objets du meme genre appartenant ^ Tepoque romaine ou 6trusque 
ou remontant a la periode que Ton appelle pr6historique, autant 
les pieces de fabrication grecque bien certifi^e ^taient jusqu'ici 
rares et pen connues. Or le g6nie grec a marque dans toutes les 
parties de la civilisation antique comme un point culminant, quil 
importe de bien determiner, pour classer ensuite par comparaison 
les productions de I'art et de Findustrie des autres peuples. 

Le nombre predominant des objets en bronze parmi les anti- 
quites de cette espece n'a rien de surprenant, quand on connait 
le grand usage que les Grecs faisaient de ce m^tal , surtout k une 



216 OBSERVATIONS SUR QUELQUES OBJETS 

epoque ancieime et pour les c6r6monies religieuses. A Dodone en 
particulier, nous savons que le plus grand nombre des offrandes 
etaient de bronze. Les anciens, en nous expliquant le proverbe 
grec : AwSwvatov ;(^aAx,eiov , ne parlent pas seulement du c61ebre 
I6bes d'airain des Corey reens, consacr6 au somtnet d'une coionne 
et frappe par le fouet, constamment agite par le vent, que tenait 
une statuette du meme metal placee sur une coionne voisine. Get 
exemple n'etait pas unique : le son rendu par les vases de bronze 
se joignait au bruissement fatidique du chene sacr6 et compl^tait 
un systeme de divination qui reposait principalement sur Faudi- 
tion des bruits. Un auteur rapporte que les murs memes du 
temple etaient formes par un entassement de tr6pieds et de bassins 
de bronze, presses Fun contre Tautre, de telle sorte que, si Ton 
touchait a Tun de ces vases, la vibration sonore se repercutait dans 
toute la masse et Ton en tirait augure *. Cette assertion , toute 
singuliere qu'elle paraisse, s'explique assez bien cependant par 
r usage oil etaient les anciens Grecs d'elever parfois en I'honneur 
des dieux des especes de constructions avec les offrandes qui 
leur etaient consacrees : on connalt a D61os le fameux autel qui 
etait forme avec les comes entrelacees des victimes ^, a Olympic 
celui que Ton petrissait avec les cendres accumulees des sacrifices, a 
Delphes la tradition d'un temple primitif fabrique avec des bran- 
ches de laurier ^. H n'est pas invraisemblable que, dans le temple 
de Dodone on dans quelque autre partie du sanctuaire, les nom- 
breux vases de bronze aient ete disposes sym6triquement, de 
maniere k former des parois et une sorte d' enceinte religieuse : 
c' etait une maniere d'utiliser pour la decoration du lieu sacre les 
ex-voto qui fiiiissaient par Tencombrer. On trouverait, meme 

^ Auteurs cit6s par ^tienne de Byzance, ' Callimaque, Hymn. ApoU,, 6S. 
A(i)5wv7j (voirp. 166, note 6 et p. 167, note 1). ' Pausanias, V, 13, 8; X, 5, 9. 



DES CATEGORIES SEPTIEME ET SUIVANTES. 217 

en dehors du paganisme ^ des arrangements analogues , et Ton 
pent se repr6senter par la Tenorme quantite des objets de bronze 
qui 6laient conserves a Dodone. 

La plupart des bronzes trouves a Dodone se font admirer tout 
d'abord par le luisant, la finesse et la belle couleur de la patine 
verte qui les recouvre. II y a dans le nombre telle piece ou tel 
fragment de la forme la plus simple, sans autre agr6ment que 
des aretes g6om6triques , qui attire Tattention rien que par les 
tons d'emeraude ou de jaspe dont il brille ; quand I'el^gance de 
la forme et le gout de la decoration viennent s y ajouter, on a dans 
ces debris de v6ritables bijoux. Cette quality des bronzes grecs etant 
de celles dont les planches ne sauraient donner une idee, il n'est 
pas inutile d'y insister. 

C'est une erreur de croire que la belje patine des bronzes anti- 
ques se soit form^e par suite du long sejour qu'ils ont fait dans 
la terre. Cette modification de la surface du m^tal s'etait op6ree 
longtemps avant lepoque ou ils furent enfouis sous le sol. Plutarque, 
dans son traite sur les Oracles de la Pythie^^ met en scene plusieurs 
personnages , moins curieux d'art que de science , qui visitent 
ensemble le sanctuaire d'Apollon a Delphes : ce qui les frappe 
tout d'abord, c'est la belle couleur des offrandes et des statues 
de bronze qui le decorent; ils admirent ce vert tournant au bleu 
que Ton retrouve aussi dans certains bronzes d'Herculanum et 
qui semble moins une decomposition qu'une teinture du metal, 
ToO ^a>.x.oO TO dvOTipov, o)? ou ttivw Tupoaeowco? ouSe i(o, ^a^^ Se xuavou 
oTiXSovTo?. Les visiteurs remarquent surtout, sous ce rapport, les 
statues des amiraux grecs, et ils comparent la teinte profonde 
qu'a prise le bronze a celle meme de la mer. lis discutent alors 
ensemble uiie question que nous pourrions encore nous poser 

* Plutarque, de Pythix oraculis^ 2. 

28 



218 OBSERVATIONS SUR QUELQUES OBJETS 

aiijourd'hiii, a propos des bronzes de Dodone : il s'agit de savoir 
si cette coloration est naturelle, si elle est un effet de lair et 
du climat, ou bien si elle est due h qiielque traitement parti- 
culier que les anciens fondeurs faisaient subir an m^tal. Les 
savants promeneurs avouent de toute maniere que cest 1^ un 
secret perdu de leur temps, comme un autre proc6d6 antique, 
qui a souvent aussi exevc6 la curiosity des modernes, celui de la 
trempe des 6pees de bronze : Ap' ouv, e<p7i, xpaori? xt? -^v xat ^apjta^t; 

Ce souvenir donn^ aux proc6d6s de TAge du bronze est rare 'dans 
Tantiquit^ ; il m*a paru int^ressant de le signaler ici k ceux qui 
s'occupent de la technique du bronze antique. 

Avant de parler des ustensiles et des ex-voto proprement dits, 
il faut classer h part quelques rares fragments arrach^s aux statues 
jadis ^rigees dans le sanctuaire de Dodone. Tels sont un fleuron 
de sceptre, des debris de foudre et plusieurs doigts de main d'un 
beau travail, des fragments de cuirasses avec leurs lambrequins 
et leurs f ranges, qui proviennent de figures de bronze environ 
deux fois plus grandes que nature*. Parmi ces d6bris on remar- 
que surtout deux yeux en pierre blanche de grande proportion, 
dont la prunelle est creusee et renferme encore un cercle de 
cristal de roche (PL LX, n"" 6) : ce cercle transparent 6tait entour6 
d'un anneau qui a disparu avec la mati^re color^e qui marquait 
au centre le point visuel. Les proc6d6s par lesquels on donnait 
aux yeux des statues Tapparence de la vie ^taient familiers a 
Fart antique ; Phidias ne fut pas le premier k s'en servir, lorsqu'il 
reproduisit avec des pierres pr6cieuses la couleur et T^clat divin 
du regard d'Ath^n^. Les artistes ^gyptiens, des le temps de la 

Planches UX et LX et dix-septi6me catigorie du Catalogue (page 103). 



DES CATEGORIES SEPTIEME ET SUIVANTES. !219 

sixieme dynastie , incrustaient dej& les yeux de leurs statues , 
comme on peut en juger par la celebre statue du Scribe accroupi^ 
au Mus6e du Louvre ; voici comment en parle M. de Roug6 * : « Ce 
<c regard qui etonne a 6te produit par une combinaison tr^s- 
« habile. Dans un morceau de quartz blanc opaque est incrust^e 
<c une prunelle de cristal de roche bien transparent, au centre 
« de laquelle est plante un petit bouton m6tallique. Tout Foeil 
cc est ench&ss6 dans une feuille de bronze qui remplace les pau- 
c< pi^res et les cils. » 

Dans beaucoup de figures de bronze de Tepoque classique, 
notamment dans la belle tete d'Agrippa du Cabinet des m^dailles, 
les yeux ont ainsi Taspect de la vie ^. II en est de meme de quel- 
ques marbres , parmi lesquels je citerai une tete romaine du 
Mus^e du Louvre et un autre fragment avec traces de poly- 
chromie qui fut trouv6 dans les fouilles du theatre d'Herode, 
pendant mon s6jour a Athenes. Dans ces differents exemples la 
pierre qui forme le blanc de I'oeil est quelquefois remplacee par 
de rivoire et le cristal par un ^mail colore ; mais on y retrouve 
ordinairement , comme dans la statue egyptienne, les especes de 
peignes de bronze qui figuraient les cils Ces lames frang6es 
rappellent k certains ^gards la disposition des curieuses coquilles 
bivalves, aux bords profond6ment dentel6s, que reproduit la 
planche LIV (n"** 1, 1 bis et 2), de M. Carapanos; il faut noter que 
Tune d'elles contient un morceau d'os taille elliptiquement de 
maniere k s'ajuster a la convexite du metal. Je ne parle du reste 
que tout a fait incidemment de ces singuliers objets ; il n'y en a 
pas de plus ^nigmatiques dans toute la collection^. 

' Notice sommaire des monuments egyp- pi. 14, article de M. H6ron de Villefosse. 

tiens du musie du Louvre, nouvelle Edition, ' M. Carapanos suppose que ces objets 

page 79. pourraient 6tre des ex-voto expiatoires (voir 

* Gazette archeologique, 1877, page 99, page 100). 



2«0 OBSERVATIONS SUR QUELQUES OBJETS 

Au nombre des offrandes figur^es, il faut compter plusieurs 
debris de couronnes de feuillage en bronze (planche XLIX, n^* 8, 
12 et 13, et page 91). Ce sont surtout, comme on devait s y attendre^ 
des couronnes de cbene , rappelant Tarbre sacr6 de Jupiter Dodo- 
n6en. L'une de ces couronnes differe de Taspect de notre chene 
commun, par la d^chiqueture anguleuse de ses feuilles ; un gland 
dessin^ sur la meme planche (n* 10) presente aussi une cupule 
a longues ^cailles qui appartient k une vari^te particuliere. En 
traversant les forets du Pinde, voisines de Metzovo, j'y ai souvent 
remarque un chene qui a ce double caractere, et que les habitants 
indiquent sous le nom d'':^[xe(>6$evSpov *. Peut-etre ces rappro- 
chements aideront-ils k determiner la veritable espece de Tantique 
(pTiy^i, qui rendait les oracles de Dodone. 

Parmi les vases de bronze, on voudrait surtout reconnaitre le 
type des fameux chaudrons proph6tiques, y^aXxsta, XcStits?, dont 
il est parie par les auteurs. Le seul vase entier qui se rapporte a cette 
forme est une sorte de bassin creux, apode, d*assez faible dimension 
(PL XLII, fig. 2 et huitieme cat^g., n"" 2^ page 85) sur les c6t6s 
duquel 6taient riv6s a I'aide de clous , icepovat , xevxpoc , ^sajjLoi ^, 
trois bandes m^talliques flexibles, servant probablement d'atta- 
ches k un m^me nombre d*anneaux. Get emploi de la rivure, tra- 
dition de r Industrie primitive , rappelle le proc6d6 par lequel 
Yulcain fixait les anneaux ou, comme dit Homere, les oreilles 
de ses tr^pieds : 

Ouaxa ^' ouuw 
Aai^a>.ea TupoaexeiTO • xa &' iQpxue , )c67rre hi ^eajiou^ ^. 

Get exemple ne saurait donner une id6e de Timportance et de 

* Gomparez Vhemeris de Pline [Hist. Nat,, • Pausanias, X, 16, 1. 
XVI, 7) et I'ViiiepdSpu? deslexiques grecs. • Homfere, Iliade, XVIII, 278. 






DES CATEGORIES SEPTIEME ET SUIVANTES. 2S81 

Tantiquit^ des vases qui ornaient le temple de Dodone et dont 
plusieurs devaient etre comparables aux grands recipients, xpaxTi- 
pe?, mOoi, dont il est question a propos du temple d'Apollon h 
Delphes et de FHeraeon de Samos^ Onenjugera mieux par quel- 
ques d6bris, comme les rebords de vases ou de supports que re- 
produit la planche XLIII (fig. 1 , 2 et 3) et dont la courbe annonce 
des vaisseaux de grande proportion. Ces fragments sont en meme 
temps remarquables par le caractere severe et primitif de la de- 
coration : ils sont orn^s de traits simplement graves dans le metal, 
de dents et de chevrons remplis par des hachures ou par un tra- 
vail de pointilie; ces combinaisons de lignes rappellent I'ornemen- 
tation g6ometrique des vases d'argile du style le plus ancien. 

Un travail de gravure du meme caractere se voit sur plusieurs 
longues bandes de bronze, dont le bord est muni de petits tenons 
tres-espaces ^ : elles ne pouvaient guere servir qu a d6corer des 
meubles, ou a former des placages de metal, comme dans les palais 
homeriques^. On y trouve le premier dessin de Fornement grec 
appeie pastes par nos architectes, suite d'enroulements semblables, 
qui se montrent dej^ dans les revetements decoratifs du tresor de 
Mycenes. A Dodone, ces enroulements sont formes plus simple- 
ment par une s6rie de cercles concentriques , que des lignes obli- 
ques rattachent Tun a 1' autre : je les retrouve exactement avec la 
meme forme 61ementaire , sur un vase de Santorin a ornements 
geometriques, appartenant a la seconde ^poque des vases primitifs 
de I'Archipel; un des objets r6cemment decou verts k Spata, pres 
d'Athenes, porte un ornement identique *. Ce sont la des rappro- 

' H^rodote, I, 14, 51; IV^ 152. bandes, laiss6e en Epire, pent avoir plus 

* Planche XLIX, figures 16, 17, 18 et 21 d'un m^tre de longueur. 

et page 93. ^ D'apr^s les photographies adress^es k 

• Hom^re, Odyss^e, VII, 86 et suivantes. TAcad. des inscr. par M. Albert Dumont , 
— M. Carapanos m*assure-qu'une de ces directeur de T^cole frangaise d'Athenes. 



222 OBSERVATIONS SUR QUELQUES OBJETS 

chements d'une certaine importance. Par ces curieuses platei^ 
bandes et par les fragments prec6demment decrits , les antiquit^s 
de Dodone touchent k la p6riode de la decoration g6om6trique, et 
montrent, des cette 6poque recul^e, une 6troite relation entre la 
c^ramique et Tindustrie du bronze. 

A d^faut des vases memes , leurs anses, qui .^taient massives et 
qui out echapp6 plus facilement que le reste ^la destruction, nous 
les font d'autanl mieux connaitre que cette partie etait celle oil la 
decoration se deploy ait de pr6f6rence. Les planches de M. Cara- 
panos offrent un choix tres-vari6 et trds-remarquable de ces anses 
de bronze, qui sont dun grand interet pour Fetude de la m^tal- 
lurgie hell6nique et que Ton comparera avec fruit a la serie d'ob- 
jets du meme genre publi6e dans le Musee etrusque du Vatican. 

Signalons d'abord deux grandes poign^es horizontales cour- 
b6es en anses de panier (planche LXV, figures 1 et 2). Elles 
devaient appartenir a de larges bassins de pen de profondeur. 
La plus ancienne 6tait riv6e avec des clous, probablement sur 
une oreille plate affleurant au bord du vase; elle se termine par 
des palmettes courtes, a cinq feuilles seulement, dont le des- 
sin s6v6re rappelle les palmettes assyrienhes. On y remarque 
aussi un motif d'ornement dont le premier trac6 etait d6ji grav6 
a la pointe sur Fun des rebords cit6 plus haut : cisel6 maintenant 
avec soin, il forme une rang^e d'a]v6oles, arrondies d'un seul 
c6t6 et s6par6es ordinairement, comme les oves, par des pointes 
de dards. Sur d'autres specimens, comme sur le grand orifice du 
vase n^ 1 (pi. XLII), ces especes d'oves creuses, si je puis parler 
ainsi, plus press^es et plus 6troites, prennent Taspectd'une bande 
cannel^e, qui rappelle certaines corniches 6gyptiennes, imit^es 
par les architectes 6trusques, mais dont Femploi ne s'est pas 
retrouve dans I'architecture grecque proprement dite. 



pfR^M 



DBS CATEGORIES SEPTIifeME ET SUIVANTES. 2W 

Une autre classe est celle des poign^es cylindriques en forme 
de coussinets et de volutes, auxquelles sont attach^es des anses 
fixes ou battantes (Planche XLV, fig. 4, 5, 6 et 7, et plan- 
che XL VII, figure 9), Elles ^talent soud6es k des vases profonds 
de la classe des lebes et des crateres apodes. Le Mus6e du Louvre 
poss^de un vase de ce genre trouve aux environs d'Athenes ; il 
est muni de quatre poign6es de cette forme ; on y lit une inscrip- 
tion sur laquelle nous aurons k revenir. Dans les bronzes de 
Dodone, ces poignees sont parfois soutenues par des tetes de 
lion en applique d'un tres-beau caractere (planche XLV, n^' 4 
et 7). Le motif venait de TEgypte ou de TOrient; on" remarquera 
que le masque de lion n^ 7, d'un travail archalque tres-sobre, res- 
semble surtout aux lions 6gyptiens, ce qui s'accorde avec une 
observation faite par M. Albert Dumont, k propos d'une lionne 
archalque de pierre trouv6e a Corey re. L' autre tete, gravee sur 
la meme planche, est d'un style plus avanc6, mais oil la conven- 
tion a beaucoup plus de part. 

D'apres le m^me systeme d'ornementation, emprunte k ia vie 
animale, d'autres anses, particulierement les anses de suspen- 
sion, ont leurs extremites recourb^es garnies de tetes de cygnes 
(PL XLVn, fig. 3 et pi. XLVni, fig. 2 et 3) dont le dessin n'est pas 
moins remarquable. L'industrie egyptienne avait emprunte, d6s 
une antiquity tr^s-haute, a un oiseau indigene, Toie du Nil, un 
genre de decoration analogue. Les Grecs appelaient ;^7jvi(ncoi, axpo- 
X,7ivt<T)cot (de ;(^TQv, oie)^ les ornements en cou de cygne qui d^coraient 
leurs vaisseaux ou leurs chars * ; mais le langage populaire y regar- 
dait de moins pres, et il nommait Kopa>v7) (comeille) toute extr6mit6 
recourb^e en forme de bee ou de crochet, qui ressemblait quelque 

* Pollux, Onomasttconfl, 146. 



224 OBSERVATIONS SUR QUELQUBS OBJETS 

peu a une tete d'oiseau et qui se pretait natiirellement a ce sys- 
teme de decoration. 

Les formes d'anses les plus Elegantes appartienneni sans con- 
tredit a la classe des vases a verser, comme les cenochoes^ les olpes 
et autres semblables. Les connaisseurs verront surtout avec admi- 
ration les belles anses sur61ev6es de la planche XLIV (n^* 1 et 2, 
cf. planche XL VI, n^' 5 et 6 et planche XXVI, n^' 4 et 4 bis), 
d6corees de tetes de femmes dont le type remonte an premier 
archalsme et rappelle les tetes en relief qui d6corent certains 
vases d'argile d'ancien style grec asiatique; mais le m^rite de 
rex6cution, la finesse des torsades, des cannelures, des perles, des 
rosaces, marquent deja un haut degr6 de perfection dans Tart 
de travailler le bronze . 

II n'est pas facile de reconnaitre tout d'abord a quelle forme de 
vase cette sorte d'anse pouvait s' adapter. Le point d' attache supe- 
rieur se trouve resserr^ entre deux rondelles tellement rappro- 
ch6es Tune de I'autre, que le col 6tait n^cessairement fort 6troit. 
On voit aussi, par les traces d'ajustage, qui existent a I'interieur 
des rondelles, que Torifice devait avoir une direction oblique et 
ascendante tres-prononc6e. Ces indications, bien visibles^ surtout 
dans Tanse de la planche XXVI (n*^* 4 et 4 his), qui porte encore 
quelques lambeaux du col, avecun reste d'inscription dedicatoire, 
mont permis de reconstruire la forme complete du vase, forme 
assez peu commune et d*autant plus int^ressante quelle etait 
representee, dans la vaisselle sacree du sanctuaire de Dodone, 
par plusieurs specimens d'un style ancien et d'une rare beaute. 

Le seul col de vase qui puisse s'agencer avec cette espece d*anses 
est le curieux col a long bee relev6, dont la planahe XLII (n^ 11) 
reproduit un exemple de petite dimension. J ai eu Fid^e de le rap- 
procher de la petite anse sur61ev6e de la planche XLVI (n**6). 






DBS CATEGORIES SEPTIEME ET SUIVANTES. 225 

portant, au lieu des deux rondelles, deux tetes de belier : il 
s'est trouve que les deux pieces s'ajuslaieiit parfaitemeiit; c'6tait 
la demonstration materielle du rapport que je soupgonnais. 11 
en resulte que la forme complete etait celle que Gerhard a cru 
pouvoir designer sous le nom tout a fait arbitraire dHolpe macro- 
stomos\ Ce tj-pe se retrouve en effet dans la poterie grecque; le 
Musee du Louvre en possede un joli specimen en terre noire 
verniss^e, dont la pause allongee, I'anse orn6e de rondelles, don- 
nent une id6e de la forme que devaient avoir les vases de bronze 
de Dodone lorsqu'ils etaient intacts. Seulement, comme les vases 
en terre de ce genre sont toujours de faible dimension, on les 
avait classes au nombre des formes bizarres et capricieuses cre6es 
par la fantaisie des potiers. Les modeles de bronze, de style 
ancien, que nous rencontrons en nombre, dans Tun des plus anti- 
ques sanctuaires de la Grece, nous donnent une id6e toute diff6- 

» 

rente : ils montrent, au contraire, que c etait un type bien carac- 
t6ris6 et consacre par Fancien usage hellenique. 

QUant au nom qui convient a une sorte de vases que les Grecs 
d6coraient avec taut de richesse et de soin, il est possible de le 
determiner sans enfreindre les regies imposees par la critique de 
Letronne a la nomenclature de Tancienne c6ramique. II y a un 
te^me, dans la vieille langue, qui semble fait tout expres : c'est le 
mot hom6rique irpd/^ooc;, par contraction Tiipd/^oui;, de Tupo et ysw. II 
est vrai que, dans un sens general, il pent designer tons les vases 
munis d un bee pour verser en avant; mais aucune forme, on en 
conviendra, ne le represente d'une maniere plus complete et plus 
expressive que celle que nous venous de restituer. Quand il est de 
tres-petite dimension, le vase appel6 Trpd/^ou; est class6 quelquefois 



* Monumenti deir Insttt dicotresp. archeoL, vol. I, pi. 27, n® 32. 

2» 



226 OBSERVATIONS S.UR QUELQUBS OBJBTS 

parmi les vases de toilette , servant a contenir des essences par- 
fum6es\ II pent aussi se confondre avec Toenochoe ou vase k ver- 
ser le vin ; mais ordinairement et de preference ce nom reste ap- 
plique au vase a verser Teau, a I'aigui^re^. 

On se rappelle le ceremonial pittoresque qui precede les repas 
dans Homere, le moment oil Tesclave apporte sur un bassin d'ar- 
gent la belle aiguiere d*or pour verser I'eau sur les mains des con- 
vives : 

Xepvi^a S' CLiL(fi7zo\oz irpo/^dw sTrey^eus cpepouaa 

Le meme usage s'est fidelement conserve en Grece et dans tout 
rOrient- L'aigui^re qui sert aujourd'hui,bien que de forme turque 
ou arabe, a toujours pour caractero special d'etre munie d'un bee 
etroit et long ; car il ne s'agit pas de verser I'eau a profusion, mais 
de la diriger sur les doigts en un mince filet. Plus d'une fois, as- 
sistant k la ceremonie du nipsimo, j'ai cherche dans mes souvenirs 
archeologiques quel pouvait bien etre le vase antique employ^ en 
cette circonstance. Je ne doute pas que les vases en bronze de Do- 
done ne r^pondent a Tune des formes les plus 616gantes et les plus 
caracteristiques de Faiguiere grecque. 

Le nom de Tup^x^ou? est aussi applique k des vases employes dams 
les sacrifices, ou Tablution des mains et la libation de I'eau etaient 
des rites obligatoires \ Sur les monuments ^gyptiens , I'offrande 
de I'eau se fait avec un vase a long bee tubulaire et de dimension 
mediocre ; en effet , dans les ceremonies du culte surtout, il suffi- 
sait de faire couler quelques gouttes sur le sol ou sur les mains du 
pretre. L'usage sacr6 des vases de Dodone est prouv6 d'un autre 

* Lucien, Amor., 39. XVIII, 397); Sophocle, Antigone, 430. 

» Hom^re , Odyssee, IV, 50 ; VII, 172 (cf. • Denys d'Halicarnasse, An^ Bom.,U, 23. 



DBS CATEGORIES SEPTlfeMB ET SUIVANTBS. 2«7 

c6t6 par le lambeau de d^dicace qui est encore attache k Tun d'eux 
(pi. XXVI, n^" 4 et 4 bis). La position irr6guliere des lettres montre 
que r inscription devait commencer le long de T orifice et faire en- 
suite un angle pour descendre sur le coL Les deux caracteres AI, 
qui seuls restent complets, compares avec les traits qui les en- 
tourent, indiquent la dedicace At Naicoi ou Aicovai, qui est commune 
sur les autres offrandes. 

Ce qui confirme les observations qui precedent, c'est que la 
forme que nous venous de restituer est la reproduction perfection- 
nee d'un type traditionnel encore beaucoup plus ancien. On le re- 
trouve dans la poterie primitive des lies de la Grece et jusque parmi 
les ruines des tres-anciennes habitations recouvertes par les Erup- 
tions du volcan de Santorin, k une epoque dont Thistoire n'a pas 
conserve le souvenir. M. Francois Lenormant, M. Albert Dumont, 
en ont public des exemples , k la suite des fouilles g^ologiques 
execut^es par plusieurs de nos savants compatriotes , en premier 
lieu par M.. Fouqu6^ Les ceramiques primitives de la Troade et de 
rile de Chypre presentent aussi des formes approchantes. Dans ces 
grossiers vases de terre, le galbe est in616gant, Tanse est courte, 
ordinairement surbaissEe, et s'est conservEe ainsi dans toute 
une classe de vases etrusques en bronze; mais j'y retrouve le 
meme orifice caracteristique, orne parfois de deux cercles grossie- 
rement peints, qui occupent exactement la place des rondelles 
sur les vases de m^l. Ces deux cercles ne sont autre chose que 
les especes d'yeux, figures sur un grand nombre de poteries pri- 
mitives, comme decoration ou par suite de quelque idee supersti- 
tieuse : ils n'en sont pas moins Torigine des rondelles saillantes des 
vases de bronze, dont la c^ramique des beaux temps reproduisit 

* Revue archiologique , nouv. s6rie , vol. articles de M. Fouqu^, dans le journal la 
XIV, p. 427 ; vol. XVI, p. 141, pi. 16, et les Nature, n" 213 et 214. 



228 OBSERVATIONS SUR QUELQUES OBJBTS 

plus tard la disposition et le relief , par un nouvel ^change entre 
les deux industries. 

Le grand vase de la planche XXV (fig. 2) appartient aussi k la 
classe des vases a verser ; mais il se distingue du type pr6c6dent 
par un orifice tres-large. II est apode; pres de lui a et6 trouve un 
anneau muni de deux appendices lateraux , qui lui servait de sup- 
port. La vulgarite du travail et le type de F inscription qui le con- 
sacre a Zeus Naios et a Dione doivcnt le faire considerer comme 
moins ancien que la plupart des autres offrandes decouvertes a 
Dodone. La mention de Tagonothetat de Machatas , sans T indica- 
tion directe des donateurs, semble marquer une relation entre 
cette offrande ct les jeux publics, sans doute ceux des Nala. 

Une observation a faire au sujet de ce vase et qui s' applique a 
plusieurs autres de formes et de proportions differentes , tels que 
phiales, aiguieres, gobclets, etc. (pi. XXIII, n^'M, 5 et 6 ; pi. XXIV, 
n""" 4, 5 et 5 bis; pi. XXVI^ n^* 3, 4 et 4 bis), c'est que les inscrip- 
tions d^dicatoires, gravees par des lignes de points, y occupent de 
preference le contour de Torifice. Cette particularite s'est retrou- 
vee ailleurs, et notamment sur un cratere apode du mus6e du 
Louvre, provenant d'Athenes; le cercle plat qui entoure I'ouver- 
ture porte en lettres pointillees 1' inscription suivante : 

AGirivatot aOX stti Tot^ ev toi tzotzIiilqi (sic) 

Ce cratere de bronze ressemble exactement pour la forme de la 
pause a I'^norme vase en pierre d'Amathonte, sur le rebord du- 
quel M. H6ron de Villefosse a aussi constate dernierement les traces 
d'une inscription chypriote en caracteres monumentaux. Sans sor- 
tir de notre musee, une oenoclio6 en terre peinte, de tres-ancien 
style, trouv6e k Tanagre, porte, r6p6t6 deux fois, sur la pause et 
dans Tint^rieur de I'orifice, le nom du potier. L'emploi tres-an- 



DES CATEGORIES SEPTI^IME BT SUIVANTES. SS9 

cien des m^taphores, crr6(jLa, bouche^ %^^^t\^ levres^ pour designer 
Torifice des vases, n'est peut-etre pas etranger d. cette coutume, 
surtont si Ton en rapproche les vieilles formules de d6dicace k la 
premiere personne, par lesquelles les objets inanim^s 6taient 
censes prendre la parole pour rappeler le nom du donateur ou de 
Tartiste. II faut ajouter que, sur les vases a panse arrondie, cette 
place est la plus apparente et la plus commode pour la gravure 
de rinscription. 

On remarquera aussi dans les vases de Dodone de toute espece 
et de toute grandeur une predilection marqu6e pour les formes 
apodes. De la, le grand nombre de supports, uTroonQfjiaTa, u7uo>cpa- 
nqptStaS qui se rencontrent dans la collection^. Le plus remar- 
quable est celui qui a et6 offer t a Zeus Nalos par le rhapsode Ter- 
psicles (pi. XXIII, n°^ 2 et 2 bis)^ sans doule a la suite de quelque 
concours, qui pouvait se rapporter encore aux jeux des Nala. Les 
supports dont il s*agit reposent ordinairement sur trois griffes, et 
les plus grands sont disposes comme de veritables trepieds, Tpi7i:o- 
StcDcoi. Le caract^re vivant et expressif que la belle epoque de Fart 
savait donner aces griffes d6coratives est digne de remarque. Les 
Grecs n'y voyaient pas les griffes du lion^ mais celles du sphinx, 
dont leur imagination associait de preference les formes fantas- 
tiques a celles de leur mobilier; c'est ce que montre T^pith^te 
a(piYY(57i;oSec; appliquee par les auteurs aux lits de festin dont les 
pieds etaient sculptes en pattes d'animaux^. 

On pent classer a cdte des vases les candelabres, >uy voO;^ot, dont 
Tun, presque complet, est offert par un nomme Glaucon a Zeus 
Nalos et k Dione (pi. XXV, n""^ 3 et3 bis). Je mentionnerai ici la 
petite roue en bronze de la planche XXVI (n*" 1), la seule offrande 

' H^rodole, I, 26. Pausanias, X, 16, 1. — * Planche XLI. — » Ath6n6e, V, 197, a. 



J30 OBSERVATIONS SUR QUELQUES OBJETS 

de la collection consacr^e a la d^esse Aphrodite, qui avait un 
sanctuaire separ6 dans I'enceinte sacree de Dodone. Ce pourrait 
etre la roue d'un petit char, reduction votive d'un char veritable ; 
cependant Tanalogie des objets similaires me porterait plut6t k 
reconnaitre une roulette detach6e de la base de quelque grand 
candelabre ou d'un rechaud mobile. On trouve, par mi les bronzes 
^trusques, des figures servant de candelabres, port^es ainsi sur 
une plate-forme roulante, sorte de petit chariot, dont les roues 
sont dispos6es comme celles des chars antiques ^ Le Louvre pos- 
sede un curieux specimen de ces candelabres k roulettes ; ils font 
penser aux trepieds merveiUeux d'H^phsBstos^ qui retournaient 
d'eux-memes se ranger contre les murs du palais, gr&ce aux roues 
dont I'ouvrier divin les avait pourvus^. 

Les bijoux etles objets de parure, fibules, ^pingles, bracelets, 
anneaux, forment la partie la moins riche de la collection. A part 
quelques pieces en argent de pen de valeur, tout le reste est en 
bronze. Cependant les offrandes en m^tal pr^cieux ne manquaient 
pas k Dodone , comme le prouvent quelques rares debris , parmi 
lesquels un fond de coupe a ombilic, (pia^Ti 6(X(paXa)'n^ (pL L, n"" 17), 
et une belle palmette provenant d'une anse de vase (pi. L, n^ 16), 
toutes les deux en argent avec des ornements dor^s an feu; mais 
les objets de prix auront disparu les premiers dans le pillage. Ce 
serait une assez pauvre offrande que le miroir en bronze consacr^ 
k Zeus par Polyx6na (pi. XXV, n"" 1), si la donatrice, par une ins- 
cription grossierement trac6e sur le metal, n'avait pris soin de 
rappeler qu'elle y avait joint une somme en numeraire. Le petit 
coffret offert par I'Ath^nien Philinos (pi. XXIV, n^ 3), fait d'une 
feuille de bronze, simplement decouple et pliee comme notre 

* Museo eh'usco al Vatkano, vol. I, pi. 14. ■ Hom&re, Iliade, XVI, 375. 



DES GAT£G0RIBS 8EPTIEME ET SUIYANTES. 231' 

fer-blanc, donne lieu k une observation analogue, k moins que 
le contenu ne Mt de quelque valeur. 

Le seul instrument de musique est une cymbalc (pi. LIV, 
n^ 4) , remarquable par la minceur du m^tal et par Tantiquit^ 
du systeme d'ornements en forme de petits cercles concentriques 
qui la d6corent ; Y Archceologische Zeitung^ a public deux objets du 
meme genre, consacres par des inscriptions, Tun a Cor6, I'autre 
k Artemis. 

Les armes defensives forment parmi les bronzes de Dodone ime 
classe a part et des plus remarquables, qui donnent une idee du 
goiit original et du beau sentiment plastique que les Grees ap- 
portaient dans la decoration de leur armure. On y remarque sur- 
tout des debris de casques et de boucliers. 

Un seul casque est assez bien conserve dans son ensemble (pi. LVI, 
n"" 7) : il est de la forme la plus simple ; c'est le casque a timbre 
ovolde, a rebord legerement 6vase dont sont coiff6s ordinairement 
lesDioscures et qui sur leur tete representait, disait-on, la moitie 
de Foeuf maternel, toO woO t5 •flfjt.tTOf/.ov ^. Ce casque, suivant une 
loi presque constante dans Thistoire de la m6tallurgie, represen- 
tait un type traditionnel, fabrique primitivement dans une matiere 
plus maniable : la forme 6tait celle de Fancien bonnet de cuir des 
Grecs, de la jcuv^ dont il avait conserve le nom. Un casque de cuir 
du meme genre, d6pourvu d aigrette et de cimier, a5^Xo(poq, acpaXo?, 
appele xaxatTu^, etait, aux temps homeriques, la coiffure des jeunes 
guerriers , c'est-a-dire des simples soldats ^. La forme de la >cuv^ 
etait restee en usage particulierement en Beotie ; on sait que, dans 
la peinture de la bataille de Marathon , au Poecile d' Ath^nes, les 
Plateens se faisaient reconnaltre par leur bonnet b^otien *. X^no- 

* Ann6e 1876, pi. 3, p. 28. • Homfere, Iliade, X, 257. 

• Lucien, XXVI, 1. * * D^mosthtoe, amireNiire, 1377. 



252 OBSERVATIONS SUR QUELQUBS OBJETS 

phon pr6f6rait aussi pour la cavalerie, au lourd casque corinthien 
k visiere abaiss6e, le casque b^otien, PotcoTioupyeq, qui genait moius 
la vue *. 

Les Macedoniens , qui avaient emprunte k la B6otie plusieurs 
de leurs usages militaires, portaient un casque de la meme forme, 
perfectionn6 seulement par Taddition de deux joues mobiles, 
comme on le voit sur les petites monnaies d'argent de la Mac6- 
doine ^. M. Carapanos possede une autre xuv^ de bronze , trouvee 
dans un tombeau de la region du Pinde, sur le territoire des 
anciens Atbamanes. Le galbe en est moins el6gant, le m^tal 
plus 6pais que dans le casque de Dodone; mais c'est toujours 
le meme type, qui etait populaire parmi les tribus du nord de 
la Grece. 

Le casque grec de forme plus compliqu^e n'est repr6sent6 que 
par une serie de pieces detachees et depareill^es , mais dont quel- 
ques-unes sont de veritables ceuvres d'art : ce sont des couvre-joues, 
Tcapeiat, plaques mobiles qui se rabattaient pour couvrir le visage 
du guerrier. La plupart de ces plaques, 6paisses et massives, sans 
autre decoration que la forme vari6e qui r6sulte de la decoupure 
du m6tal, ont appartenu a des armes faites r^ellement pour F usage 
de la guerre, bien que les deux lettres mo, qui sont gravees sur 
Tune d'elles (pi. LVI, n*^ 10), ne laissent guere douter qu'elles ne 
fussent aussi consacr6es comme offrandes. Quelques pieces de 
choix, d6corees avec un art admirable , mais fabriqu^es avec un 
bronze beaucoup plus mince et plus elastique, repr^sentent au 
contraire des armes de luxe et de parade , dont le caractere votif 
est Evident. 

Mon savant confrere, M. de Witte, a d6crit plus haut, avec sa 

*■ X^nophon* de Be equestrt\ XII, 3. monnaies frappiespar la communaut^ des Ma- 

* F. Bompois. Examen chronologique des c^doniens, pi. I, fig. 4. . 



DBS CATEGORIES SEPTIEME ET SUIVANTBS. 233 

competence habituelle, celles de ces plaques qui portent des sujets 
en relief repousses dans le metal ; mais les plus extraordinaires 
sont peut-etre encore celles qui semblent moulees sur la face du 
guerrier et qui en reproduisent les traits avec la fidelity d'un mas- 
que (pi. LV, fig. 1 , 2, 4). Ce masque est traite en effet dans le beau 
style grec , avec le me me soin que le visage d'une statue de 
bronze, mais en meme temps avec le souci des n6cessites propres 
a une piece d'armure. Le contour des yeux est largement ouvert, 
sans doute pour eviter Finconv^nient que des hommes du metier, 
comme Xenophon, reprochaient a cette sorte de casque, celui de 
gener la vue au moindre d6placement * ; on remarquera, d'un 
autre cdt6, le soin que Tarmurier a pris de relever les bords de 
r^chancrure, de maniere a arreter les coups obliques, qui auraient 
pu, en glissant sur le m6tal, atteindre cette par tie delicate. Pour 
laisser la respiration lib re, on a d^coup^ aussi la place des narines 
et dessine les levres entr'ouvertes. Le modele des pommettes , le 
coin de la bouche , la courbe de la moustache , le relief de la 
barbe sont rendus avec une v6rite qui devait communiquer une 
etonnante expression a la figure du soldat ainsi masqu6 de 
bronze. 

L*une de ces pieces (n** 4) se ressent encore de la raideur du 
style archalque. Dans une autre (n^ 1), la barbe se trouve seule- 
ment masses et indiqu^e par sa forme enveloppante , d'apres un 
parti pris de simplification d'un effet tres-sculptural , qui appar- 
tient a la meilleure epoque de Tart grec et que Ton observe notam- 
ment dans les bas-reliefs d' Olympic^. Enfin, un troisieme type 
(n^ 2), par un effet oppose, reproduit au naturel toutes lesboucles 
et comme tons lesbrins d'une barbe fris6e, avec ce soin minutieux 

^ Xinophon, /. c. pi^ce n'a pas kik bien rendu par le gra- 

* Malheureusement le models de cette veur. 

30 



234 OBSERVATIONS SUE QUELQUBS OBJETS 

du detail que I'oii rencontre aussi daiis quelques belles figures an- 
tiques en bronze. La collection etr usque du Vatican possede les 
deux joues mobiles d'un casque de travail analogue. On pent citer 
encore, sur les vases peints, la representation d'un casque grec 
dont le frontal est d6core de maniere a representer une epaisse chc- 
velure bouclee, comme celie que Ton voit aux statues du style egi- 
netique ^ Nous avons la le dernier mot du systeme par lequel le 
g^nie plastique des ouvriers grecs avait cherche k donner a toutes 
les parties de I'armure defensive les formes du nu et de la figure 
humaine, pour faire de I'hoplite comme une statue vivante etrea- 
liser jusque dans le detail ce type des hommes d'airain , yaly^zoi 
avSps?, qui parut k la fois si etrange et si redoutable aux anciens 
figyptiens , la premiere fois qu ils se trouverent en presence des 
soldats grecs ^. 

Dans les lames de bronze assez minces, doublees sur elles-m^mes 
et courbees en arc de cercle, dont la planche XLIX (n^* 19, 20 et 
22) reproduit quelques fragments a une echelle malheureusement 
tres-reduite, j'ai reconnu des debris de la bordure appel^e <£vtu$ 
ou ITU?, qui entourait les boucliers ronds des Grecs et particuliere- 
ment ceux de cuir ^. Cette partie, dans le bouclier ideal forg6 par 
Vulcain, 6tait d6cor6e par les ondes du fleuve Ocean : dans les exem- 
pies trouves k Dodone, elle a pour decoration ordinaire Tornement 
que nous appelons entrelacs y execute avec toute la finesse de la 
belle epoque hell6nique et compliqu^ parfois jusqu'a former une 
tresse a onze rangs. On voit d'autre part sur la planche LEI (fig. 24) 
une espece de patte decoupee, en bronze lamine, gamie de tetes de 
rivets et d'une sorte de fausse charniere : cette piece me parait aussi 

' Monumenti delt Instiiut. di correspond * Hirodoie, II, 152. 
denze archeoL, volume VIII, planche 41, • Hom^re, //. VII, 118; H6siode, BoucL 
ann6e 1867. d'Herc, 314. 



DBS CATEGORIES SEPTIEME ET SUIVANTES. 235 

avoir pu servir d' attache pour des courroies aTint^rieur d'un boii- 
clier de cuir. 

Les armes offensives en bronze sont tr^s-rares k Dodone, rela- 
tivement k celles de fer. C'est la un fait important k noter, bien 
que Ton ne doive pas en tirer de consequences sur la fondation de 
Toracle, deja fameux aux temps hom6riques, c'est-^-dire en plein 
kge de bronze. La seule 6pee de ce m^tal recueillie par M. Cara- 
panos estd'un type ancien (pi. LVII, n"" 1). La lame, munie d'une 
forte nervure m^diane en forme de tige arrondie, se r^tr^cit r6- 
gulierenient jusqu'a la pointe , qui etait tres-aigue , tandis que la 
base aplatie 6tait engagee dans la poignee et fix6e par des rivets. 
Deux courtes branches, tr^s-sensiblement rabattues vers la main, 
formaient une sorte de garde, oil elle entrait en partie. 

Citons encore trois pointes de fleches (pi. LVIII, n"** 16, 17 
et 18) dont Tune, d'une forme particuliere, ressemble exactement 
k une pointe du meme m^tal, trouvee par M. Renan, en Phenicie, 
et a d'autres pointes de la collection egyptienne du Louvre- Une 
elegante hachette de bronze (pi. LIII, n*" 4) a douille centrale, ter- 
min6e d'un c6te par une tete de marteau, de Fautre par un bee 
tranchant 6troit et recourbe, est brisee en partie ; mais deux ha- 
chettes du meme modele se trouvent parmi les bronzes antiques 
du Louvre, et les pointes qui dans Tune d'elles garnissent le mar- 
teau ne permettent pas de douter que ce ne fussent des baches de 
guerre. Quant aux petites plaques de la planche LIV (n^*6, 7, 9 
et 10) aplaties en forme de baches, elles appartiennent a un type 
primitif, qui devait s'emmancher a I'aide d'une fente pratiqu6e 
dans le bois et serree par une ligature. Des lames analogues exis- 
tent parmi les bronzes 6gyptiens, mais elles n'ont pas les deux sail- 
lies lat6rales qui servaient k rendre Temmanchement plus fixe. 
Quant au n"" 6 de la meme planche , cette lame s'attachait plus 



236 OBSERVATIONS SUR QUELQUES OBJETS 

simplement encore le long du manche a Faide des deux appendices 
dont elle estpourvue; des haches en fer egyptiennes pr^sentent 
la meme disposition. On pent hesiter a ranger parmi lesarmesles 
grandes tiges aplaties de la planche LVI (n""^ 1, 1 bis^ 2, 3, 4 et 5). 
II me parait douteux que ces lourdes branches de bronze massif 
aient pu servir de bras k des arcs, meme a des arcs votifs, mal- 
gre certaines apparences favorables a cette explication. Notons 
seulement que la courbe don nee a plusieurs de ces tiges, particu- 
lierement au n^ 1 bis^ est une deformation et le r^sultat d'une 
torsion^acciden telle, que la meme piece a ete brisee et rattachee, 
des Tantiquite , avec une agrafe tres-faible, enfin qu'elle portedes 
traces d'emmanchement, dans les encoches grossieres de Fextre- 
mit6 qui n'est pas fagonnee. 

A c6te des armes de bronze, il est naturel de placer les objets 
de meme metal se rapportant au harnachement 6questre. La 
planche LII (n° 1 a n° 9) contient plusieurs pieces qui appartien- 
nent certainement a cette interessante categorie. La forme des 
eperons grecs, (jLuwTie?^ 6tait deja connue par plusieurs exemples. 
La piece n** 7, sorte de balancier perce de trois trous et courbe 
en S, est Tune des barres laterales d'un mors de bridon, comme 
^taient ceux des aneiens. Par le trou du miUeu passait Fextr^mile 
du mors proprement dit, termini par une tete en forme de gland, 
dont le fragment n*" 9 donne un specimen. Les deux autres trous 
portent encore des rubans de m6tal, qui marquent les attaches 
d'une rene divisee en deux lanieres : cette disposition se retrouve 
dans un grand nombre de mors antiques , assyriens , grecs , 
italiens, gaulois, malgr6 la variete des formes capricieuses don- 
nees aux barres laterales du mors^ Dans le harnachement en 



^ Sur ce sujet, comparer principalement Gozzadini, De quelques mof'S de cheval italiques. 



DBS CATJfeGOR^IES SEPTIEME BT SUIVANTES. J37 

bronze des che vaux de marbre du char de Mausole ^ , elles sont 
courb^cs, non en S, mais en C; dans un tres-beau mors grec de 
notre Mus6e d'artillerie, on voit k la place des barres des plaques 
d6coup6es en croissant^ ; mais le principe reste toujours le meme. 
Dans ces deux exemples, on retrouve aussi des pieces semblables 
aux crochets n"^^ 5 et 8, servant a rattacher le mors aux brides de 
la teti^re : si dans le n"" 8 ce crochet paralt trop ouvert, c'est pro- 
bablement qu^il a ete forc6. C'est peut-etre aussi une garniture de 
bride, uapi^tov ^, que la rondelle en bronze n"" 19, munie de passants 
pour assujettir deux courroies a leur point de croisement. On con- 
nait Fhistoire de Gimon consacrant un mors de cheval a Minerve* : 
les jeux des Naia offraient particulierement a Dodone un motif 
pour de pareils ex-voto. 

II est difficile de croire que la plupart des armes en fer, ramas- 
sees parmi les ruines de Dodone (PI. LVII, n""' 2 a 12 et PL LVIII, 
n*^* 1 a 15), soient des offrandes religieuses, malgre le curieux 
exemple d'une strigile de ce metal portaut une longue inscription 
votive \ Elles peuvent provenir aussi d'un depAt, 67i:Xo9tq)c7i, 6tabli 
pour la defense du sanctuaire. L'616gance des formes , le soin 
avec lequel sont trac^es les nervures et les raies decoratives, n'en 
marquent pas moins une epoque oil I'art de travaiUer le fer 6tait 
fort avance. Parmi les specimens remarquables , il faut citer 
surtout les grandes piques an long fer effil6 de la planche LVII 
(n^* 7, 8 et 9), et sur la meme planche (n"" 2) une 6p6e, dont la 
lame, emmanchee comme la prec6dente, s'amincit rapidement 
a la base pour s'61argir vers la pointe en forme de spatule 
allongee ®, Si les peintures de vases nous font connaitre beaucoup 

• Newton, Halieamassus., p. 103. * Hom^re, Iltade, IV, 142. 

' C.26,d. C'est la forme qui serapproche ^ Plutarque, Cimon. 

le plus des bas-reliefs assyriens et des pein- * Planche XXVI, fig. 8 et 8 bis. 

tures de vases grecs. * Le m6me amincissement se retrouve, 



238 OBSERVATIONS SUR QUBLQUES OBJETS 

de particularit^s de rarmement traditionnel des anciens Grecs, 
elles ne nous renseignent pas au meme degr^ sur les modifications 
souvent profondes qu'y introduisirent post6rieurement les hommes 
de guerre comme Iphicrate *, les grands gen^raux thebains et les 
rois de Macedoine : sous ce rapport les armes de fer de Dodone 
ouvrent a F^tude un champ nouveau. 

II faut remarquer d' autre part que, I'fipire confinant aux 
tribus barbares du nord et du centre de la peninsule, lUyriens, 
P6oniens, Dalmates et autres, on s'explique facilement la presence 
parmi ces armes perfectionn^es de certains types ^tranges et 
d'un travail plus rude (planche LVII, figures 4, 10, 12). L'espece 
de sabre ou de grand couteau k un seul tranchant, [x.a;^aipx, )com(;, 
I\j7fk7i, dont nous avons un fragment dans le n"* 5 de la meme 
planche, n'etait pas cependant 6trangere aux Grecs. M. Garapanos 
poss^de une arme de ce genre, parfaitement conservee, qui a 
6te trouvee avec le casque en bronze mentionne plus haut, dans 
un tombeau de I'Athamanie. La poign^e se termine par une tete 
de cigogne en fer qui se recourbe de maniere a former sur la 
main une garde, entr*ouverte seulement sur un point; le tranchant 
pr6sente un angle tres-prononce, qui rappelle assez la forme du 
yatagan albanais. X^nophon pr6f6rait pour la cavalerie, au ^tcpo? 
ordinaire, une sorte de couteau ou de sabre, {jia^^^aipa, xom?, qui 
pouvait frapper de taille ^. On en voit d'analogues sur plusieurs 
vases peints, notamment dans la c61ebre peinture du sac de Troie, 
oil N^optoleme, le h6ros national de I'fepire, s'est arme justement 
d'un large couteau de ce genre, pour le massacre de Priam et 
de ses enfants ^. Sur un autre vase , le couteau avec lequel se 

mais moins prononc6, dans les 6p6es de ' X^nophon, de fie equesiri, XII. il, cf. 

bronze de Tlrlande, du Danemarket de la Anabasis, IV, 7, 16, et 8, 25. Pollux, Onoma* 

SuMe. sticon, I, 136, 137. 

' Diod.,XV,l4.X6noph.,tfe//en.,IV,4,15. * Museo Borbonico, XVI, pi. 41, 



DBS CATEGORIES SEPTIEMB ET SUIVANTES. 239 

defend un geant terrass6 par Bacchus, porte la garde caracteris- 
tique des armes de cette classe ^ 

Pour epuiser les richesses de la collection formee par M. Cara- 
panos, il resterait encore a 6tudier une multitude d'instruments 
et d'objets divers, la plupart en bronze ou en fer, quelques-uns en 
plomb, en os, en ivoire, en terre cuite, qui meritent presque 
tons I'attention des archeologues. Mais, n'ayant voulu donner ici 
qu'une idee generale des principales antiquites qui interessaient 
r^tude de I'industrie hell^nique, je ne pousserai pas plus loin 
une recherche qui dernanderait de longues et minutieuses com- 
paraisons. Je me contenterai de signaler, en terminant, trois pieces 
qui se rapportent k I'architecture et a la construction chez les 
anciens. L'une, en bronze (PI. LII, n° 21), est une piece de serru- 
rerie antique, destinee k etre scellee dans le jambage dune porte 
et a servir d' arret pour une clanche mobile ; le metal porte 
encore les traces du battement de la clanche ^. La deuxieme, en fer 
(PL LIII, n^ 14), est un barreau de grille, Optyxo?, eptyx'tov, muni 
a la base dune traverse en croix, disposee pour en affermir Ten- 
castrement sur la crete d'un mur de cl6ture. Le troisieme, en terre 
cuite (PL LXI, n"" 11), est une tuile grecque, timbree d'une ele- 
gante palmette et de deux lignes de carac teres de Tepoque mace- 
donienne ; ce sont deux noms propres au genitif, dont le premier, 
suivant Fanalogie des inscriptions du meme genre, doit etre 
determine par le mot epyov sous-entendu, et d6signe le fabricant, 
un certain Apollodoros fils de Lysanias. 

Quant aux autres menus objets ayant servi aux usages les 
plus varies, on les etudiera facilement dans les planches oil 
M. Garapanos, avee une veritable Iib6ralit6 en vers la science, a 

* Millingen,Anct'en^tinerft).Arontim.,pl.25. doit 6tre plac^e verticalement, et non cou* 

* Pour 6tre bien comprise , cette piice chie, comme dans la figure. 



240 OBSERVATIONS SUR QUBLQUBS OBJETS, ETC.j 

tenu k ce que tous les types int6ressants fussent repr6sent6s par 
des figures. En effet, pour les petits monuments de ce genre, 
trop souvent negliges dans les ouvrages qui traitent de Tantiquite 
grecque, le premier point etait qu'ils fussent reproduits fidele- 
ment par le dessin et en aussi grand nombre que possible. Cette 
abondance de renseignements sur I'industrie des Hellenes, depuis 
les temps qui touchent aux origines de Fart jusqu'^ I'^poque mace- 
donienne, sera un des grands services rendus aux 6tudes arch^o- 
logiques par les d^couvertes de Dodone. 



TABLE DES MATIERES 



Pages. 

Preface I 

Les Fouilles 1 

PREMII&RE PARTIE. 

J^TAT AGTUEL DU PAYS ET DES RUINES DE 

DODONE. 

I. Valine de Dodone 7 

II. Ruines de Dodone 10 

A. La ville ib. 

B. Le th^are 13 

G. L^enceinte sacr^e 16 

1. Kenceinte du temple. . . 17 

2. Le t6m6nos 21 

III. Ruines d6couvertes autour des 6di- 

fices de Dodone 28 

CATALOGUE 

DES OBJETS.TROUY^S DANS LES RUINES 

DU TEMPLE 
BT DU T^^NOS DE DODONE. 

Objets en bronze, en cuivre et en plomb. 30 
l'*cat6gorie. Statuettes en bronze. . 31 
V » Bas-reliefs sur plaques 

de bronze 33 

3* » Statuettes d'animauz en 

bronze 37 

4* » Ez-voto en bronze avec 

inscriptions 39 

5* » Inscriptions sur plaques 

de bronze et de cuivre. 48 



Pag«. 

6^ cat^gorie. Inscriptions de Toracle 

sur plaques de plomb. 68 
7* » Petits tr6pieds, etc. . . 84 

8* )) Bassins , vases , pat^res, 

etc 85 

9* » Anses de vases 87 

10* » Fragments de couron- 

nes, etc 91 

11* » Objets de toilette et de 

parure 93 

12* » Objets k Tusage des ca- 

valiers et des chevaux. 96 
13* » Fragments d*instruments 

divers ib. 

14* » Fragments d*objets di- 
vers 97 

15* » Objets divers ayant pro- 

bablement servi k quel- 
ques pratiques reli- 

gieuses 100 

16* » Pieces d'armures. . . . 101 

17* » Fragments destatues,etc. 103 

Objets en or et en argent 106 

Objets en fer 107 

Objets en terre cuite. Ill 

Objets en marbre 113 

Objets en pierre calcaire, en ivoire et 

en verre ib^ 

Monnaies 115 

Description sommaire des monuments 
votifs repr6sent6s dans les pi. VI 

et Vn 125 

81 



r) 



U2 



TABLE DES MATIERES. 



DEUXIJ^ME PARTIE. 



Paget. 



Paget. 



flTUDE HISTORIQUE SUR DODONE, SUR SON ORI- 
GINE ET SON INFLUENCE DANS LE MONDE 
HELL^NIQUE ET SUR TOUT CE QUI CONGERNE 
SES TEMPLES ET SON ORACLE. 

I. Origine de roracle 129 

II. Mythologie holldnique 132 

III. ifepoque h6roIque .136 

IV. Epoque historique 140 

y. Situation de Dodone 146 

VI. Nature du pays de Dodone. ... 148 

VIL De la ville de Dodone 151 

VIII. Des temples et des autres 6difi- 

ces de Dodone 155 

IX. Des pr^tres et des pr6tresses de 

Dodone 159 

X. Proc6d6s de divination employes 

parToracIe 164 

XI. Destruction de Dodone 170 



Annexe A. 



Description des statuettes et bas-reliefs 
en bronze de la 1*" et 2* catigorie du 
catalogue, par M. le baron de Witte, 
membre de llnstitut 177 

Annexe B. 

Commentaire de six inscriptions sur 
plaques de bronze et de cuivre de la 
4" et 5* cat^gorie du catalogue, par 
M. E. Egger, membre de llnstitut. 196 

Annexe C. 

Observations sur quelques objets des 
categories 7* et suivantes du catalo- 
gue, par M. L6on Heuzey, membre 
de rinsUtut 215 



Parit. — l^pographie Oeorget Cbamerot, rue dtt Saintt-Piret, 19. — 6149. 



ERRATUM 



Pag. 47, ligne 18, lire: pi. XXYI, n* 2, au lieu de: pi. XXTV, n« 2. 
» 104 » 18 » une partie de ces debris, au /t«t< (ftf ; tous ces debris, 
» 328 » 15 » jl. XL\ , au lieu de : fl. LXV . 



T 



i